Apéro boîtal minimaliste

Ma vraie boîte, Berniques S.A., a organisé un petit apéritif pour tous les ouvriers-prestataires qui bossent chez Merluchon Corp.

Évidemment, ils ont décidé de faire ça dans un trou paumé, mais Grand-Gris (que je ne connais que par mail) m’a arrangé le coup en m’aiguillonnant vers Gonzesse, qui y va en bagnole et peut m’emmener.

Son bureau est au 3ème étage, j’y monte. Il y a une salle avec un bar. Au début, je pige pas trop pourquoi, lorsque je me rappelle que notre domaine d’activité: le secteur NOIR, signifie Néo-nouveaux Ordinateurs Informatiques Robo-bar. Par contre, on n’en a pas à notre étage à nous et ça c’est trop injuste.

Je capte Gonzesse. Y’a un coefficient d’environ 1,25 entre la largeur de ses hanches et sa taille. C’est franchement bien.

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Vu qu’on se connaît pas du tout, on sociabilise un minimum. Elle est scribe-potiche pour un chef de multi-étage. Ça explique qu’elle ait une pièce pour elle toute seule. Elle-même doit certainement avoir le grade de chef de bureau.

Juste avant de partir, je fais le chevalier paladin lvl 69 en aidant un de ses collègues boulet, qui s’était coincé dans une fonctionnalité de Word moisie. Les gens ont toujours pas compris que Word, c’est juste pour faire des affichettes cradasses avec du texte arc-en-ciel.

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Petit voyage en bagnole et on arrive dans une espèce de restaurant-bar. Les gens spawnent petit à petit. Y’a plein de têtes que j’ai déjà croisées à Merluchon. Je savais pas qu’on était employés dans la même boîte. C’est trop bien de se connaître entre collègues.

Je m’approche de la serveuse et demande ce que y’a. Elle répond un truc complètement absurde, du genre: « Coca, ou perrier, ou cocktail de jus de fruits ». Je suppose que l’alcool, on aura le droit d’en boire après le discours du chef-chef. Je m’oriente vers les trucs à bouffer.

Évidemment y’a une bonne dizaine de crevards qui font les crampons fixes devant la table à boustifaille, et je suis obligé de parler avec eux. Deux gars m’alpaguent, un avec une calvitie, l’autre, roux. Les gens savent vraiment plus quoi faire avec leurs cheveux pour se rendre intéressants. Sainte Hahn, patronne des coiffeuses, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.

J’essaie de me maintenir un niveau de cohérence sociale un peu mieux que juste médiocre. Ce n’est pas évident, j’ai un bon kilo de morve bloquée dans le tuyau entre le pif et la bouche. La solution la plus simple serait de ramasser cette saloperie d’un grand coup de reniflement + raclement de gorge, et de tout cracher par terre en une bonne grosse huître géante. Sauf qu’on ne peut pas faire ça. Alors je passe mon temps à faire des mini-honkr. Putain de corps humain, putain de conventions sociales.

Un quiproquo gratuit, que j’ai réussi à rattraper sans même m’en rendre compte:

un mec: « De toutes façons, si on bosse, c’est principalement pour prendre de la caillasse. C’est ce qu’on se disait ce matin avec mon collègue roux, alors qu’on était en train de pisser. »

Là, je comprends, « prendre la caillasse » dans le sens « se faire engueuler, traîner dans la boue, et lapider par Deus Unlimited, les donneurs d’ordres ».

[Lapidation: It rocks!]

Du coup, je réponds une banale phrase de condoléances: « Eh oui, ce sont des choses qui arrivent. C’est notre lot à tous. Ah! quel monde pourri. »

Le mec: « Ben ouais, faut être réaliste, c’est l’argent qui compte le plus. On va pas non plus bosser que pour l’honneur et la satisfaction d’accomplissement personnel. »

Donc, le mot caillasse, c’était dans le sens « argent », et non pas « lapidation ». La leçon à retenir de tout ça, c’est qu’il vaut mieux balancer des phrases le plus neutres et le plus banales possibles. Ça permet de se tirer de situation bizarre de manière complètement naturelle. Je suis trop fier de moi. Et à part ça, j’adore l’expression « donneur d’ordres ».

Quelques mini-cuisses de poulet plus tard, le chef-chef arrive. Je le reconnais parce qu’il est petit, a une raie sur le côté grisonnante, et qu’il dit bonjour à tout le monde en se présentant avec un prénom composé à la con plein de sonorités dentales. Mais à part ça, c’est la première fois que je le vois, et personne, y compris lui-même, n’est venu me dire que c’est le chef-chef. Je décide de l’appeler Fantôme. De toutes façons toute sa boîte est fantôme. Elle existe uniquement parce que la loi interdit les transferts trop directs d’ouvriers-prestataires d’une boîte à l’autre, à clause de causes de non-concurrence.

Et à part ça, je hais les sonorités dentales, c’est vraiment une affreuse spécificité de la langue française.

Mais l’arrivée de Fantôme a du bon, il va nous faire un petit discours, et après on aura enfin le droit de piacher de l’alcool. Il ferait beau voir que je couvrasse un évènement boîtal en échange de jus d’orange et de mini-cuisses de poulet! Pour l’instant, il discutaille avec Grand-Gris et HamsterPiercing. Je trompe mon impatience en continuant de piller la bouffe (le stock baisse dangereusement) et en essayant de gardé collé à moi mes lambeaux de cohérence sociale.

Moments bizarre:

un mec: « Ils font de l’off-shore, mais ils livrent tout: le logiciel, le support, la maintenance, etc… »
moi: « Ouais, et les indiens aussi! Ils sont livrés avec! »

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Tout le monde a gentiment fait semblant d’avoir rien entendu. J’ai fait un magnifique bide.

une nana: « nous, on fait de l’EPB »
Calvitie, à Roux: « Aaaahh ouaaaiiis. Tu vois, ils font de l’EPB. Hmmm hmmmmmmm……. »

Attends, c’est facile de sortir des phrases pourries comme ça pour se donner une contenance! Moi aussi je pourrais le faire si j’avais un pote roux à portée de main.

Au passage, la fille avait une coiffure de mec. Quand je vous disais que les gens font n’importe quoi.

J’apprends que AntiFumeur, mon ex-responsable, s’est barré de la boîte, et que c’est maintenant Grand-Gris le nouveau contremaître des ouvriers-prestataires. En vrai, j’aurais dû l’apprendre plus tôt puisque j’avais reçu un mail à ce sujet. Mais je l’avais lu en diagonale en buvant mon café et en pensant à des jeux vidéos. Forcément, ça aide pas à la mémorisation.

Ça me fait beaucoup rire. Lors de mon entretien d’embauche, AntiFumeur m’avait vanté les qualités de Berniques S.A. et de Merluchon Corp., à grands renforts de ventilation et de belles phrases violoneuses. Et maintenant, il s’est barré comme un voleur. Quelle pauv’ merde.

un mec: « Enfin tu vois quoi, on fait ce qu’on connaît. »
moi: « Oui ça vaut mieux. Si on fait ce qu’on connaît pas, ça donne n’importe quoi. »
le mec: « Mais non au contraire. Il faut faire ce qu’on connaît pas, comme ça on apprend, on évolue petit à petit, on gagne de l’expérience. »

Et d’une, je pige pas pourquoi il me cause de leveling alors que ça n’a rien à voir avec le sujet actuel, et de deux, il serait gentil de pas relever mes propos pour s’amuser à les contredire, parce que moi, si je fais des phrases, c’est pas  pour échanger des informations, c’est juste pour essayer de cacher le fait que je suis là que pour la bouffe et l’alcool. Merci. Ducon.

À propos d’alcool. Je sens bien que vous ne pouvez plus supporter le suspense que j’ai progressivement installé tout le long de mon article. Alors je m’en vais le tuer tout de suite:

Il n’y a jamais eu de discours de Fantôme, de réapprovisionnement de bouffe, et surtout d’alcool!!!

J’ai attendu-attendu, il n’est jamais venu. Zaï, Zaï, Zaï, Zaï. Tulu lulu tu. Zaï, Zaï, Zaï, Zaï.

Ça m’a rappelé mes boums de colonies de vacances (pas les boums du collège, on m’y invitait pas). Y’avait des pépitos, du Banga, de la dance, et des gens plantés là. Par contre, j’avais pas eu droit au CD de la schtroumpf party, il est arrivé trop tard sur le marché pour que j’aie pu en profiter.

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et hop, ça, c’est subtilement amené:

schtroumpf_nana1

Voilà. Il a eu donc fait beau voir que j’eus couvrassé un évènement boîtal sans alcool. Tout fout le camp.

À la fin, un mec m’a ramené près de chez moi.

4 réponses à “Apéro boîtal minimaliste

  1. Une bien belle nana.
    http://cur.lv/mbql
    http ://www .kissabutt.com/autorank/index2.shtml

    Je crois qu’elle s’appelle Hella Hoes. C’est con, j’arrive pas à trouver beaucoup d’images d’elles. Celle que j’ai n’est qu’une pub. Et en fait c’est du morphing.
    (Cliquez sur les liens vers les autres pages si vous trouvez pas l’image tout de suite)

    Le WordArt. Tout a déjà été dit à ce sujet.
    http://cur.lv/mbqm
    http ://www .unitype.com/globaloffice.htm

    Indien dans un carton.
    http://cur.lv/mbqn
    http ://www .flickr.com/photos/joeshlabotnik/408926289/

    Si votre indien n’est pas livré en 30 minutes, vous en avez un deuxième gratuit.

    Qui mieux que skyrock pouvait parler de la schtroumpf party ?
    http://cur.lv/mbqo
    http ://schtroumpf-party-music.skyrock.com/

    La nana déguisé en schtroumpf.
    (Lien mort, non webarchivé, gardé pour la postéri-posthumitude)
    http:// public.fotki.com/GoddessBBW/october-25-2008/page2.html

    La photo se passait chez GoddessBBW, une organisatrice de soirée pour femmes rondes, hommes ronds, et ceux qui les kiffent à donf.

  2. Va donc me tricoter un aspirateur dans ta cuisine ! Moi je dois boire mes pizzas-télés en beuglant des bières.

  3. Pingback: sans alcool « Réchèr : le Grand Tout

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