Événement corporate : les Temps Forts de Pochtronarr (1/2)

Hey vous, voici le récit d’un événement corporate.

Y’en a une tartine, donc je l’ai coupé en deux.

Contextualisation rapide

Je travaille à ConcreteWorld.🌏, une société qui a pour mission de conserver la réalité dans l’univers.

Nous détectons et corrigeons les événements de non-application des lois de la physique avec une réactivité et un soin exemplaire. Vous avez entendu parler des bugs dans la Matrice ? Eh bien dans les mètres-cubes-seconde de coordonnées spatio-temporelles dont nous avons la charge, il en est survenu très peu. Notre activité grandit progressivement, car la confiance de nos clients, la ténacité de nos commerciaux et l’abnégation de nos techniciens nous font remporter de plus en plus de m³.s.

Cette description provient de notre site internet. J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop pour le corporate bullshit.

Comme toute entreprise qui se respecte, nous utilisons un « outil de gestion de trucs ». Celui-ci supervise, entre autres, les latences de causalité, les pertes d’euclidianité, la localisation des relais de synchronisation d’entropie, la surveillance de la machine à café, les stocks de papiers toilette, etc.

Très souvent, le fameux outil « pour tout gérer » ne gère finalement rien, mais ce n’est pas intrinsèquement de sa faute. C’est juste qu’il faudrait finir de le configurer, le maintenir, saisir les données nécessaires, mettre à jour les processus, etc. Bref, tout ce qui a été malencontreusement pas mentionné ni prévu lors de son achat. L’outil végète donc dans un coin et est utilisé pour 0.05 trucs sur les 1000 imaginés au départ. Pour achever le tout, il est souvent indisponible et avec un temps de réponse décourageant, car le serveur sur lequel il a été installé héberge maintenant 10 autres applications qui elles, sont utilisées réellement.

À ConcreteWorld.🌏, c’est un peu différent. Si l’outil qui gère tout ne gère rien, ce n’est pas uniquement à cause de son environnement, c’est aussi et surtout la faute de l’outil lui-même, buggé jusqu’à la garde. Je ne vais pas vous faire la liste complète des aberrations de ce charnier de code, j’en aurais pour une bonne douzaine d’articles de blogs. Retenez juste ces 3 informations principales :

  • L’outil se nomme Pochtronarr.
  • Il est édité (et vendu à un prix non négligeable) par une société appelée « Ploucocratt ».
  • Il est tout pourri.

Le décor étant planté, je peux maintenant vous narrer l’événement corporate dont il est question : Ploucocratt nous a convié à un rassemblement de leurs Clients, afin de nous présenter les évolutions des produits, d’échanger entre nous, de participer à des tables rondes, de bouffer gratuit, etc. Ils ont baptisé cette journée : « Les Temps Forts de Pochtronarr », en précisant bien qu’elle serait placée « sous le signe de la convivialité ». Youpi.

L’invitation à ces Temps Forts nous est arrivée sous forme d’un mail, dont la première ligne était :

Bonjour, cher {nom_du_contact}.

Petit souci de template de mass mailing. M’étonnerait pas qu’ils aient programmés ça avec Pochtronarr.

J’étais moyen chaud pour faire le déplacement, mais Semi-Chef Pez y tenait grave taquet, alors j’ai fini par dire « banco ».

Semi-Chef Pez est le responsable de la mise en place de Pochtronarr. En fait c’est un Collègue, mais Chef Peyotl m’a donné pour ordre de suivre ses directives, ce qui l’a donc promu au grade de Semi-Chef.

Il s’appelle Pez car il a une dépendance au sucre. Il a toujours un chargeur de ces petits bonbons, et en ingère un de temps en temps dans un petit bruit de « cla-clak ».

Chef Peyotl s’appelle ainsi car il a visité tous les pays du monde pour trouver l’alcool qu’il apprécierait le plus. Ça s’est révélé être le peyotl.

 

En route !

Nous voilà donc partis en road trip, Semi-Chef Pez et moi, en direction du fief de Ploucocratt.

Comme précédemment révélé, je suis une grosse quiche au volant. Il existe des conducteurs qui maîtrisent, mais qui aiment les sensations fortes, ce qui les rend dangereux. Moi c’est plus simple, je maîtrise juste pas.

Semi-Chef Pez est une grosse quiche en guidage de conducteur, car il ne sait pas se servir d’un Tom-tom.

Nous avons donc très intelligement attribué le rôle de conducteur à moi-même, et celui de copilote à Pez. Plusieurs mois après, il m’a avoué que mon style de conduite chaotique lui avait fait « chier de l’huile » durant tout le trajet.

On devrait avoir le droit de dire sur son CV qu’on est, voituralement parlant, un handicapé saltimbanque cyclothymique.

Rien d’autre de notable à dire sur ce passage de ma vie. On arrive à l’hôtel, on s’installe, on se retrouve pour bouffer, on a une discussion conventionnelle, on se retire chacun dans notre chambre-bungalow respectif. Je trouve un scolopendre dans le lavabo, mais osef.

 

Le matin

Mini-trip en voiture, mini-chiage d’huile par Pez et nous arrivons au prestigieux lieu des Temps Forts. Nous sommes accueillis par des Ploucocratiens habillés en semi-formal, ce qui souligne la convivialitude de l’événement, tout en montrant qu’ils ont fait un petit effort pour nous, car un peu de lèche-bottage ne fait jamais de mal.

On nous donne à chacun un sac à goodies contenant du bla-bla de présentation, un formulaire de participation à un quizz stupide, un polo et un chargeur universel de trucs rechargeables. Ce serait des objets intéressants s’ils n’étaient pas estampillés « Pochtronarr ».

Nous nous voyons également offrir un petit carton à notre nom, à accrocher à notre boutonnière, afin de savoir qui est qui et de quelle boîte. Nonobstant le fait que la police de caractère utilisée est le Comic Sans MS, les prénoms ne sont pas écrits. C’est « Monsieur Machin », « Madame Truc », etc. C’est pas ce qui aide le plus à se placer « sous le signe de la convivialité ».

On prend place pour les premières démonstrations, le thème étant « les nouveautés de la nouvelle version ». Je ne vous conte pas tout en détail, ce serait lourdingue (autant que le fait que cela nous est présenté sous forme de Power Point). Voici donc un florilège des moments les plus amusants.

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Diapo de remerciement général, avec les logos de tous les gentils clients, disposés de manière à former le mot « merci ». Celui de ConcreteWorld.🌏 n’y est pas. On ne doit pas être assez prestigieux, ou alors ils nous détestent parce qu’on arrête pas de relever leurs bugs et leurs failles de sécurité.

Diapo de trombinoscope des fringants employés ploucocratiens. Le locuteur annonce : « je vais lister les gens de gauche à droite » et il les liste de haut en bas.

Nous avons :

  • Fournisseur-Mega-Chef TecNoTIC.
  • Fournisseur-Consultant Frigo.
  • Fournisseuse-Commerciale Jacquotte.
  • Fournisseur-Dir-Tech Ashereff.
  • Fournisseur-Sous-Mega-Chef Mick-Jagger.
  • Fournisseur-Support Jeunot.
  • Fournisseur-Consultant Craquelé.
  • Fournisseur-Développeur Drache-Code 1
  • Fournisseur-Développeur Drache-Code 2
  • etc.

Vous l’avez certainement déjà compris : leur titre de noblesse à tous est préfixé de « Fournisseur » car ils sont fournisseurs de ConcreteWorld.🌏. On aurait pu utiliser le préfixe « Sous-Traitant », mais c’est moins classe, et ça aurait fait des titres encore plus long.

Nous expliquerons au fur et à mesure du récit les noms de certaines de ces personnes.

Diapo animée vantant les fonctionnalités de Pochtronarr, avec des engrenages qui tournent. Ils ne sont pas synchros et se traversent. C’est très amusant et très représentatif de l’outil : à première vue tout fonctionne, mais dès qu’on fait le moindre simple test, des symptômes révèlent que tout va péter et que c’était totalement irréaliste de croire que ça allait marcher.

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Dans une présentation corporate, l’humilité assumée est le nouveau moyen de se la péter. On dit qu’on s’est planté, pour pouvoir ensuite insister sur le fait qu’on a été suffisamment observateur pour détecter le problème, suffisamment intelligent pour se remettre en question et suffisamment re-intelligent pour trouver une autre approche. Fusent alors des expressions comme : « on s’est aperçu que », « on a corrigé les erreurs de jeunesse », « on reconnaît que », etc.

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Expressions qui claquent :

« On se développe à l’international, nous avons maintenant des clients à Monaco. »

Ouais, sauf que la base de données de l’outil est encodée en Latin-1. Du coup, vous allez vous développer à l’international-anglais. Oublions les chinois, les arabes, les russes et les grecs.

« Nous éditons un ERP Métier ».

Le mot « Métier », ça impressionne toujours.

« Une solution adaptée au marché, avec les nouvelles technologies ».

En vrai c’est du C#, les pages web sont en asp.net, et le langage de script pour implémenter les process Métier c’est du … On verra ça plus tard, je vous laisse la surprise.

« On a un existant qui est lourd ».

Ça veut dire que leur base de code est pourrie, mais qu’ils n’ont pas la capacité intellectuelle et/ou financière de poser leurs gonades sur leur clavier et de tout remettre à plat. Donc ils rajoutent des couches de bordel, des patchs, des bouchons, des solutions de secours, des outils externes qui rattrapent les boulettes, etc. En tout cas, cet « existant lourd » est leur excuse par défaut à chaque bug que je leur signale.

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Un gros paquet de communication a été émis concernant la nouvelle version majeure de Pochtronarr, un paquet encore plus gros sur la refonte totale de l’aspect visuel, l’ergonomie et la convivialité. (Décidément, ce mot « convivialité », il claque, voire même il chabraque du brontosaure hydrocéphale à la scie égoïne).

Durant les différentes démonstrations, les impondérables suivants ont été relevés :

  • Un clic sur une option fait apparaître un sous-menu déroulant, mais celui-ci est masqué par certains éléments de la page. Petit souci de « z-bug ».
  • Un tableau de données s’affiche au même endroit qu’un autre texte. Il faut développer-réduire deux fois de suite ce tableau pour que ça se réorganise correctement.
  • La liste d’une combo-box est coupée par la limite du formulaire dans laquelle elle se trouve, et n’affiche que les deux premiers choix.
  • Une fenêtre d’alerte mal taillée, cachant la fin du texte du message.
  • Diverses fautes d’orthographe dans les formulaires, en particulier des terminaisons de verbe « er/é ». (Astuce futée : remplacer par un verbe du troisième groupe, le mieux étant le verbe ‘prendre’, car il permet de détecter le féminin avec ‘prise’).
  • Un mail envoyé automatiquement, comportant le mot « Mail » dans son sujet. Merci Captain Obvious.

Je dois toutefois modérer mon propos : plus tard, j’ai eu l’occasion de tester cette fameuse nouvelle version avec Chrome et Firefox, et la plupart de ces impondérables n’y sont pas apparus. C’est juste que là c’était sous IE.

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Madame Roupy, de la société Nil, glousse à chaque remarque prétendument humoristique.

Est-ce que c’est sexiste, de mentionner ce non-événement, ou pas ?

Ça ne devrait pas, puisque cet article brosse également le portrait d’individus masculins, en des termes aussi peu élogieux que ce que je viens d’écrire là. Mais le gloussage est une activité qu’on attribue péjorativement aux femmes, donc c’est sexiste de renforcer ce stéréotype. De plus, je mentionne beaucoup d’hommes, ce qui amène quelques petits passages avec des termes moins pas-élogieux que d’habitude. Or, je n’ai pas l’occasion de faire cela avec les femmes, puisqu’elles sont moins mentionnées. Là encore, c’est sexiste. Mais c’est pas de ma faute dans le sens où il y avaient beaucoup plus d’hommes que de femmes lors de ces Temps Forts.

Est-ce que je dois augmenter artificiellement la mention et la présence des femmes dans cet article, pour atténuer le sexisme et la non-parité inhérente aux métiers de l’informatique ? Est-ce que ça ne risque pas de rendre mon article bidon, encore plus irréaliste que ce qu’il n’est déjà, et entâché de bien-pensance niaise ?

Est-ce que c’est sexiste d’avoir écrit ce paragraphe de réflexion interne, qui sous-entend lourdement que si je me suis senti obligé de l’écrire, c’est justement parce que notre époque a changé et qu’on doit maintenant faire beaucoup plus attention à ne pas balancer des remarques relevant du sexisme ordinaire ?

Je ne sais pas. Passons à autre chose.

Où sont les femmes qui auraient pu faire de l’informatique ? Ah ben elles sont là.

*)

Ces Temps Forts sont également l’occasion pour les ploucocratiens de s’envoyer des fleurs entre eux et se faire des petites blagounettes de convivialititude.

« Le rendu des graphiques en mode image était très mauvais. Mais nos développeurs ont arrangé ça et j’ai été bluffé. »

« Je ne désespère pas qu’ils améliorent la fonctionnalité des récaps. (Hu hu hu, j’en profite pour leur passer des messages). »

« On est les seuls à faire un produit qui soit compatible Oracle, postgreSQL et SQL Server »

Oui, euh… ça s’appelle un ORM (Object-relational mapping). Django le fait, pour ne citer qu’eux. Sauf que vous, vous mettez les différences de dialecte SQL au niveau des scripts de process métiers, alors que ça devrait être à un niveau plus bas (dans le moteur de l’outil). Parce que là on doit tout se repalucher à chaque script. Dans les faits, on repaluche rien, on reste sur le SGBD choisi au départ, et on prie pour qu’on n’ait jamais besoin de le changer.

« Il reste un petit souci avec les indicateurs graphiques, mais les développeurs vont nous optimiser tout ça. Il y a eu un gros effort d’intégration. »

« Haha, quel rigolo je fais ! Dans le formulaire, je n’ai coché que des PC marqués comme étant ‘en panne’. »

« Oups, ça n’a pas marché. Mais c’est normal, le champ Description est obligatoire. Quel intelligent coquin cet outil ! Il me demande de me justifier. »

Fournisseur-Mega-Chef TecNoTIC annonce fièrement :

« on a entièrement restructuré nos méthodes de travail en interne, maintenant, on est AGILE. Les développeurs sont à fond durant leurs ‘ ‘ ‘sprints’ ‘ ‘. ».

Il avait tellement mis de guillemets autour du mot « sprint » qu’on a tous compris que pour lui, ça restait un terme très exotique. Et il avait tellement mis de guillemets autour des guillemets autour du mot « sprint », qu’on avait également compris qu’il revendiquait sa non-comprenance totale de la méthode AGILE.

TecNoTIC s’appelle ainsi car il travaille dans une entreprise de TIC, mais lui-même n’y connait rien. Vous avez peut-être déjà rencontré ce genre de chef. Ils se vantent de leur ignorance. C’est un comportement que l’on pourrait relier au concept de « l’humilité assumée qui est un nouveau moyen de se la péter. ».

Mais c’est aussi une insulte envers lui-même. L’informatique fait maintenant tellement partie de notre vie que même si vous ne travaillez pas dedans, c’est important de s’y connaître un minimum.

Et c’est aussi-aussi une manifestation de condescendance, voire de mépris, envers ses employés : « la programmation est un domaine pour les gueux travaillant au bas de l’échelle. Je suis au-dessus de ça, donc je n’ai pas besoin de m’y connaître ».

Petit édulcorage de mon propos : j’ai eu l’occasion, plus tard, de rediscuter avec cette personne, il se trouve qu’il s’y connait malgré tout un minimum. Disons qu’il sait ce qu’est un cookie et qu’il a une vague connaissance du concept de l’authentification décentralisée.

Allez les gueux ! Finissez-moi ces features et pondez-moi cette release ! *claquement de fouet

*)

Je profite de toutes ces démos pour remplir la feuille du quizz à la con.

Il est gavé de questions stupides et captain-obvioussesques. C’est limite un dénigrement de mon intelligence et de ma mémoire.

La dernière question :

Qu’y a-t-il dans la nouvelle version de Pochtronarr (multi-cochage possible) ?

– Une refonte totale et endoscopique de l’interface utilisateur.

– Un module d’analyse d’image vous obligeant à utiliser des photos de vous à poil pour votre image de profil.

– Un changement de paradigme intrinsèque dans le noyau du sous-moteur déterminant la couleur des graphes en camemberts.

Je rajoute une case en dessous, sans la cocher, et j’écris : « intégration du langage python, parce que les scripts métiers en Small-Talk avec l’IDE de Scratch, on a fait mieux depuis ».

Voilà comment ont programme les scripts. Ça valait le coup de l’annoncer avec un peu de suspens.

*)

Parfois, les ploucocratiens s’envoient de vilaines petites piques.

« Nombreux sont les consultants qui ont eu un peu de mal avec la nouvelle fonctionnalité de multi-affichage. »

« On a eu quelques mauvaises surprises sur les temps de réponses. »

(Après une remarque d’un ploucocratien random) : « Non mais c’est à moi de parler, c’est pas à toi ».

« Je suis pas commercial, je fais pas d’effet d’annonce. »

*)

Et bien sûr, nous avons les inévitables aléas dûs au célébrissime « effet démo ».

« Ah, mon poste n’est pas en forme. »

Le glisser-déplacer d’un fichier dans une zone d’un formulaire web qui foire.

Une belle petite erreur 500. On a les mêmes. Elles sont totalement aléatoires.

« Moui bon, il y’a un petit souci sur les abscisses. »

(Aspect visuel, convivialitationnitudité, tout ça…)

Tentative de faire un regroupement de champ avec un tableau de données de 3000 enregistrements. Boum, ça pète.

« Ça devient moins rapide au fur et à mesure qu’on rajoute des fonctionnalités. »

Euh, non. Quand le moteur interne est bien structuré et que la fonctionnalité est ajoutée correctement, ça ralentit pas tout le reste. Mais bon…

« Ouh, vous êtes un aventurier. »

C’est la réponse que j’ai obtenue après avoir demandé qu’on teste quelque chose de particulier (je ne sais même plus ce que c’était, et osef). À vrai dire, j’avais à peine énoncé une action préliminaire à ce que je voulais réellement voir testé. Rien que ça faisait déjà de moi « un aventurier ».

« Globalement, normalement, ça fonctionne. »

*)

Parfois, les problèmes ne viennent pas d’un vilain et inattendu effet démo, mais des fonctionnalités elles-mêmes, ou de la manière de les présenter.

« À la demande de beaucoup de nos clients, l’enquête de satisfaction a été intégrée dans les mails ».

Dit comme ça, c’est impressionnant. En vérité, c’est juste des urls ouvrant sur une page spécifique de Pochtronarr. Et comme les infos de connexion ne sont pas enregistrées dans un cookie comme dans tout site qui se respecte (me demandez pas où elles sont enregistrées, j’ai même pas cherché), eh bien il faut se relogger pour répondre à l’enquête. Passons…

Démonstration de cette fonctionnalité. L’exécuteur de la démo clique sur la note la plus mauvaise (un petit smiley pas content du tout, #on_est_trop_des_geeks) et indique en commentaire : « ça ne marche pas, gros nuls ». Voilà un story-telling couronné de conconvivivialiturpitude !

« Le champ ‘Remarques’, vous oubliez ».

Ce champ contenait du putain de SQL. Merci de ne pas nous prendre pour des débiles. S’il est là, à priori c’est pas pour rien et faut justement pas « l’oublier ». D’autres part, quelle décadence d’enchaînement d’événements a-t-on dû s’infliger pour se retrouver dans une situation dans laquelle un champ intitulé « Remarques » doit contenir du SQL  ?

« Wolk on line »

Il s’agit de la manière dont Fournisseur-Consultant Frigo prononce le terme « Wake on lan ». (Plus de détails ici : https :// fr.wikipedia.org/wiki/Wake-on-LAN).

De manière générale, j’ai remarqué que l’ensemble des interfaces et de la documentation de Pochtronarr montre des symptômes inquiétants de gloubiboulgatisation sémantique et de mauvaise maîtrise du langage (qu’il soit parlé ou de programmation) : fautes d’orthographes, homonymes dans les noms de concepts, code non factorisé, encodage et caractères spéciaux non compris, etc. Ce « wolk on line » en est une confirmation.

Vous vous rappelez de Collègue Eurod’, l’anti-Raymond Devos de l’ancienne crémerie où je travaillais ? Je retrouve un petit peu de lui dans Pochtronarr.

Sur ce, les fabuleuses démonstrations du matin se terminent, il est temps de se précipiter vers la boustifaillou-graillasse.

 

Repas de midi

Sauf que c’est pas tout de suite l’instant boustifaillou-graillasse. Là c’est « temps libre pour sociabiliser avec nos homologues d’autres sociétés ». Une idée fort louable, mais pour laquelle je n’ai que très peu de talent. J’envoie un SMS à une personne imaginaire pour me donner une contenance.

Semi-Chef Pez, qui est meilleur que moi à ces mondanités, parvient à choper « Monsieur Mucarpet », un techos d’apparat de chez CarGlass affublé de lunettes de la sécurité sociale. Oui oui, ils ont des techniciens informatiques chez CarGlass. Et leurs verres de lunettes sont très épais.

C’est une belle prise de la part de Pez, car nos deux instances de Pochtronarr ont un bug en commun. Une histoire de changement d’état d’un neuro-transmetteur virtuel qui est aléatoirement non pris en compte. On est à la fois rassurés de voir qu’on n’est pas les seuls à avoir une foule de problèmes avec cette merde, et inquiets de voir que ces problèmes ne semblent pas résolus, ni même pris en compte, ni même reconnus par les ploucocratiens.

On tente de le leur faire entendre. Fournisseur-Dir-Tech Ashereff répond : « chez d’autres clients ça marche », et « c’est la faute à vos scripts métiers, quand vous en codez un, il faut toujours mettre le changement d’état en dernier ». Je veux bien être d’accord, mais le bug a lieu lors de l’exécution d’un script standard fourni avec Pochtronarr. Donc soit ils respectent pas leurs propres consignes, soit ça vient pas de là. Bref, chou blanc pour tenter d’attirer leur attention sur ce bug.

Entre temps, Semi-Chef Pez alpague d’autres ploucocratiens pour les vilipender, comme quoi l’installation de notre Pochtronarr aurait été effectuée via un concours de lancers de seaux de vomi.

Les ploucocratiens alpagués admettent sans trop de résistance que le consultant qui nous a été affecté s’est révélé par la suite être un radiateur de la planète Radiateur, déguisé en humain et visitant la Terre dans le cadre d’une excursion « Tourisme authentique de galaxies panachées ». Il a été viré depuis, mais les séquelles de son passage parmi nous restent encore.

Je suis content que Ploucocratt avoue avoir copieusement merdé. Par contre le minimum aurait été de réparer. Or, la seule chose qu’ils nous proposent c’est : « on corrige vos bugs, on finit de livrer ce que vous avez demandé au départ, on tire un trait et on repart à zéro ». Mouais bof. Je trouve ça un peu léger comme réponse. Et de toutes façons, il n’ont pas spécialement corrigé leurs bugs (se référer à ce que je viens de raconter juste avant).

Dialogue entre Semi-Chef Pez et Fournisseuse-Commerciale Jacquotte :

− On aimerait aussi avoir une fonctionnalité d’arborescentisation des psycho-tropismes. Comment on peut faire ça ?
− Pour toute demande d’évolution, voyez avec votre consultant.
− Oui, et c’est qui ? Parce que ça a changé quatre fois depuis cette histoire de radiateur déguisé en humain.
− …

Jean-Rudy Radiateur, en train de se reposer.

Fini pour aujourd’hui

Comme annoncé, je coupe ce récit en deux. La suite arrivera le mois prochain. J’imagine qu’une multitude de questions cruciales hantent maintenant votre esprit :

  • Qui remportera les cadeaux du quizz idiot ?
  • Réchèr aura-t-il l’occasion de boire suffisamment d’alcool pour se désinhiber et dire ce qu’il pense vraiment de Pochtronarr ?
  • Quel est le secret du nom de Fournisseur-Consultant Frigo ?
  • Pourquoi ?

Vous le saurez au prochain numéro.

2 réponses à “Événement corporate : les Temps Forts de Pochtronarr (1/2)

  1. Source des images

    Présentation corporate avec un monsieur qui se facepalm
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=ra
    https ://www .smiletemplates.com/powerpoint-templates/fail-in-business/00061/

    C’est super drôle par rapport à plein de trucs. D’abord c’est une diapo d’un Power Point. Donc ça fait « Diapower Point ». Ensuite c’est la diapo initiale, donc celle de présentation. Or, les trucs Power Point, on appelle aussi ça une « présentation ». Donc c’est une Diapo de présentation d’une présentation Power Point. Ou encore une « Diapower Point de présentation de présentation ». ((Ha ha ha)⁴²¹³³⁷). Et sinon c’est over-drôle dans le sens où c’est un template de présentation, avec « Your company name », et que le paragraphe relaté est celui avec le template fail « {nom_du_contact} » de Pochtronarr. Du coup : ((Ha ha ha)ʰᵃʰᵃʰᵃ⁽ʰᵃʰᵃʰᵃ⁾)

    Deux vieux dans une rosalie
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=rb
    https ://www .ouest-france.fr/pays-de-la-loire/chateaubriant-44110/rosalie-solaire-nouveau-moyen-de-transport-ecolo-chateaubriant-4506334

    Alors en fait il parait que c’est top génial car c’est une rosalie à énergie solaire. C’est super. Ça me rappelle un souvenir de merde. Je squattais dans un parc avec des potes. Et le type qui s’occupe des rosalies nous dit : « si vous voulez, je vous offre un mini-tour gratuit, parce que toutes les rosalies qui sont là, faut les ramener là-bas ». On trouvait ça plutôt cool, et on en a pris chacun une. Au bout du chemin, j’ai planté la bagnole dans je-sais-plus-quoi, et tous mes potes se sont foutus de ma gueule. J’aime vraiment pas conduire, même des putains de rosalie. Et ça me fait aussi penser à Carlos. Rosalie, Rosalie, Rosalie, Oh. Sérieusement, quand tu vois ce mec là, tu te dis qu’il faut surtout pas lire les bouquins de Françoise Dolto.

    Des engrenages qui tournent pas bien

    L’image est de moi, donc je vous ais mis le lien d’écueil, comme d’habitude. J’ai fait les différentes images d’animation avec InkScape, puis j’ai assemblé le tout avec un service online quelconque de gif-isation d’images. Il y a quelques temps de ça, je voulais faire une extension de navigateur qui aurait dégifisé les images. Par défaut, l’anim se déroule. Mais si tu as envie, tu peux mettre en pause, regarder image par image, etc. Et ensuite je me suis rendu compte que ça servirait à personne, et qu’en plus c’était pas évident à faire car les navigateurs sont pas trop fait pour du processing d’images. Ce serait tellement bien qu’on ait un format de fichier standard et reconnu par les navigateurs pour faire des animations. Mais un truc ouvert et simple à éditer, human-readable, et un peu plus optimisé que juste stocker toutes les images successives comme un gros bourrin. Donc pas du gif et pas du flash, voyez. On verra ça plus tard. Tout ça pour dire que y’a plein d’entreprises qui utilisent des engrenages pour leurs images/animations corporate. C’est bien mais faut quand même faire gaffe à ce qu’on fait. Tout le monde se souvient de la boîte je-me-souviens-plus, qui utilisait comme logo trois engrenages liés entre eux. Super. Eh bien ça peut pas tourner !

    Stacking order avec fail menu contextuel
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=rc
    https ://webdesign .tutsplus.com/articles/what-you-may-not-know-about-the-z-index-property–webdesign-16892

    J’ai piqué l’image sur le site indiqué par le lien sourcial, et je l’ai ensuite modifié pour ajouter le menu contextuel fail lol. J’ai fait ça, non pas avec InkScape, mais avec Paint.Net. Vous vous en foutez ? Ah bon. Mais c’est pas plus mal que je sois tombé là-dessus, parce que les rares fois où j’ai essayé de jouer avec le z-index dans des pages web, ça faisait jamais ce que je voulais. Ben ça vient peut-être de là. Merci en tout cas. Oh, le mot « merci » me fait penser à une fille croisée dans un métro qui avait dit « merci », mais les circonstances étaient bizarres, et vous vous en foutez. L’expression « vous vous en foutez » me fait penser à Chef Random. Comme quoi je l’ai encore et toujours en travers de la gueule ce truc là. M’en fous, je le vois plus, et il est possiblement mort maintenant.

    Image sexiste avec James Bond et des James Bond girls
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=rd
    http ://imgarcade .com/sexist-pictures.html

    Ouais James Bond. Super. Je pige pas comment les scénariste peuvent faire gober qu’un mec avec une gueule comme ça puisse faire tomber toutes les femmes d’un claquement de doigt. C’est pas juste du sexisme, c’est aussi du foutage de gueule. Le type est pas spécialement beau ni même particulier de la gueule. Que les femmes en tombent amoureuse, pourquoi pas, on raconte une histoire donc on fait ce qu’on veut. Mais à ce moment là, faut pas qu’elles tombent amoureuses juste en voyant sa gueule. C’est ça qui m’intriguait souvent, dans les quelques rares films que je regardais quand j’étais petit. Y’avait très souvent un type avec une gueule générique, qui faisait tomber direct toutes les femmes. C’était peut-être les canons de beauté qui était différent. N’empêche j’y comprenais rien et ça m’énervait de voir qu’il n’y avait aucune justification à ça.

    Des moines copistes en train de copister
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=re
    http ://www .notrecinema.com/communaute/v1_detail_film.php3?lefilm=25677

    Tiré du film « Le batard de Dieu ». Bon, osef. Par contre, le site où j’ai chopé ça est super vintage web 0.5. Et c’est bizarre, quand on clique sur une image pour afficher le fichier image, ça s’ouvre dans un nouvel onglet (jusqu’ici tout va bien), mais l’onglet de départ change d’url, et on est redirigé vers la page invitant à s’inscrire et tout et tout. Ha ha, bande d’andouilles. Pourquoi j’irais m’inscrire à votre truc si je peux choper les images directement ? Et même si fallait vraiment s’inscrire, je l’aurais pas fait parce que c’est casse-gonades. Je serais allé sur un autre site pour trouver d’autres images.

    Screenshot de Scratch
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=rk
    http ://www .stemulate.org/2013/03/26/student-engagement-competitions-stem-challenge/

    Scratch c’est super fun. C’est un outil éducatif pour apprendre aux enfants à programmer, à faire des animations, etc. C’est super important d’apprendre aux gens (enfants ou adultes) à coder. Tout le monde dit ça pour faire bien. Moi je le dis parce que vraiment je le pense. Ça éveille la créativité des gens, ça leur donne un regard critique sur toutes ces machines, et ça permet d’éviter de se retrouver dans des situations à la con avec un TecNoTIC qui est fier de montrer qu’il n’y connait rien à l’informatique. Et donc, Pochtronarr se code avec Scratch. C’est bien, mais pour faire des vrais projets sérieux de développement, c’est pas super adapté.

    Whitney Thore qui rigole
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=rj
    http ://www .dailymail.co.uk/femail/article-2936392/Who-s-laughing-Whitney-Thore-27-stone-star-Fat-Girl-Dancing-YouTube-video-says-s-happier-given-TV-show.html

    J’adore cette nana ! Elle fait des émissions de télé de cours/démonstrations de danse. Et l’idée, c’est évidemment de dire qu’une femme ronde qui danse, c’est possible et même sympa à regarder. Bon, après y’a toute la bien-pensance qui va avec : « elle est ronde, mais c’est super qu’elle puisse faire ça, youpi ». Bon, j’aurais préféré que le public se contente d’apprécier ses danses et son aspect physique sans se lancer dans une croisade pour la size-acceptance et tout ça, mais c’est pas grave on va faire avec. En tout cas j’aime beaucoup ses vidéos, son entrain, sa joie et ses fesses. Tiens, le mot « fesse » me fait penser à … Non, ça c’était nul.

    Bébé déguisé en abeille devant un seau de vomi
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=rg
    http ://www .bsmpg.com/Blog/bid/52969/The-Puke-Bucket

    Comment on peut avoir envie de faire ce genre de photos ? C’est une blague-troll où c’est sérieux ? On dirait du Anne Geddes trash. Enfin moi je trouve ça rigolo. Parce que quand même, Anne Geddes, c’est quand même méchamment cul-cul la praline. Alors que là, y’a quelque chose. Le pauvre bébé quand même… Est-ce que c’est pas un peu de l’exploitation de ch’ti n’enfants tout ça ? Et quel est le rapport entre une abeille et un seau ? Elles mettent pas leur miel dans des seaux, que je sache. Aaaah, les abeilles. Tout le monde en parle parce qu’elles sont en voie de disparition, mais je suis pas sûr qu’on fasse grand-chose. Comment je pourrais montrer que je m’en branle pas totalement ? Car oui, je dois avouer/révéler que je m’en branle pas totalement.

    Couchette/chauffeuse fabriquée avec des morceaux de radiateur
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=rh
    https ://www .recyclart.org/2016/05/radiator-lounge-seat-cnc-music-factory/

    Ha ha, que c’est chouette l’art. Et puis j’aime bien le mot « chauffeuse », c’est rigolo, parce que je vois pas du tout le rapport avec un truc qui chauffe. C’est juste des coussins organisés de manière à former un truc sur lequel on peut s’asseoir et s’allonger. Ça chauffe pas. Et sinon, la blague avec le radiateur, je l’ai piqué à la série Futurama. Super chouette cette série. C’est Fry qui dit : « vous avez fait des trucs super, mais moi j’ai réussi à sortir avec cette femme-radiateur de la planète Radiateur ». Leela dit : « Fry, c’est un radiateur ». Et Fry dit : « Oups, quelqu’un sait où je peux trouver de la crème anti-brûlures ». C’est totalement du WTF, parce que tout le reste de l’épisode n’a rien à voir du tout avec ça, mais c’est pas grave. Ouais, tiens, en parlant de truc qu’ont rien à voir, j’ai les ongles trop longs, va encore falloir que je les coupe, c’est lourdingue. Dès que j’ai les ongles un peu longs, c’est gênant de taper au clavier, parce que j’utilise tous les doigts et je tape avec les bouts des doigts. Je devrais peut-être réapprendre à taper au clavier comme un débile avec seulement deux doigts. C’est con ce que je dis ? Ouais désolé. Mais qu’est-ce con rigole !

    Images « To be continued » avec des asiatiques dessus
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=ri
    https ://www .dramafever.com/drama/4786/To_Be_Continued/

    Je sais plus si c’est une série télé ou une chanson. Enfin de toutes façons, on s’en tamponne, vu que j’ai pris l’image juste pour le texte « To be continued », et aussi leurs tronches de cake et leurs sourires idiots. Et vous savez quoi, j’avais déjà utilisé une image « To be continued » ayant rapport avec une série télé ou une chanson (plus précisément, une pochette de CD), et avec des tronches de cake dessus. C’était avec le groupe « The temptations ». Je vous laisse retrouver l’image sur internet, et éventuellement mon article qui l’utilise. Sauf qu’avec the temptations, les tronches de cake sont noires, et non pas asiatiques. Est-ce que c’est raciste ce que je dis ? Bah c’est pas grave, tant que c’est pas sexiste.

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