Un jeu de connexion en D3.js et du non-cis-genrisme

Au cours de mes diverses tâches dans le monde de Le Travail, j’ai dû utiliser à l’arrache la librairie graphique D3.js.

C’est plutôt rigolo, même si je n’ai pas tout compris. À un moment, je trashe puis reconstruis de zéro toute la structure de données définissant ce qui doit être représenté à l’écran. Sans sourciller, le D3 me fait une gentille petite animation de transition entre l’ancienne et la nouvelle structure. Très pratique, mais très étrange.

Notons cependant que ça reste du putain de javascript, c’est à dire un langage comportant 6 façons différentes de parcourir un tableau, pas forcément équivalentes entre elles.

(ici on pourrait mettre une image faisant un jeu de mot entre « D3 » et « Detroit », mais ne sommes-nous pas au-dessus de tout ça ?)

J’ai profité de ces connaissances joyeusement glanées pour créer un tout petit jeu.

Il s’agit d’un hommage à Eye Of The Beholder. Vous devez associer les armes, armures et objets aux différentes classes de personnages qui savent les utiliser. Attention, malgré le fait que j’ai regroupé certaines de ces classes, il y a des objets qui doivent être associés plusieurs fois. De plus, je ne peux totalement garantir que mes souvenirs soient restés exacts, s’il y a des oublis ou des erreurs, n’hésitez pas à me le hurler dessus.

Le jeu peut fonctionner en local, et il est configurable assez facilement. Les associations à trouver pourraient être entre des gens que vous connaissez et leurs hobbies, entre des fruits et leurs couleurs, entre des recettes de cuisine et leurs ingrédients, etc. Toutes les explications et les ressources sont dans le repository github prévu à cet effet.

Réflections à 2 centimes sur le cis-genrisme dans les jeux vidéos.

« Cis-genrisme » est un mot que j’ai plus ou moins inventé, sans trop savoir exactement ce qu’il pourrait signifier. Débrouillez-vous avec ça.

Et tant qu’à tout mélanger, j’ai aussi balargué de l’écriture inclusive dans le jeu. Il y a des gens qui n’en ont rien à foutre de l’écriture inclusive, donc ils ne l’utilisent pas. Mon but est de montrer que je n’en ai encore plus rien à foutre, à tel point que ça ne me dérange pas de l’utiliser.

Ouais bon bref.

Il ne vous aura pas échappé qu’il existe différents types de jeux vidéos :

  • Ceux qui sont tellement azimutés et vaporeux qu’ils ne peuvent être ni pour ni contre le cis-genrisme. Par exemple : Osmos, un jeu dans lequel vous êtes une bulle (https:// www. osmos-game.com/).
  • Ceux qui montrent explicitement qu’il existe d’autres manières de penser que le cis-genrisme. Par exemple Dys4ia, de Anna Anthropy (https ://fr. wikipedia.org/wiki/Dys4ia).
  • Ceux qui s’en foutent complètement.
  • Ceux qui sont explicitement cis-genre, voire explicitement sexiste, sans forcément l’assumer.

Eye of the Beholder irait plutôt dans la catégorie « qui s’en foutent ». Mais, sans le faire exprès, il a peut-être un tout petit peu contribué à faire évoluer les esprits.

Comme dans tout bon jeu de rôle qui se respecte, vous devez initialement créer vos personnages, définir leur métier, leurs attributs, leur genre et leur trombine. Le panel de choix est le suivant :

Certes, il y a moins de femmes que d’hommes, une partie d’entre elles montrent leurs nichons, et je vous laisse débattre sans moi concernant la présence d’un voile.

Pour autant, ces femmes que nous voyons ne sont pas toutes à sourire bêtement et ne sont pas toutes féminisées à outrance, certains visages sont mêmes suffisamment marqués pour laisser imaginer des personnalités spécifiques (une borgne, une toute verte, etc.). À l’heure des polémiques sur les princesses Disney qui ont toutes la même gueule, un jeu vidéo vieux de plus de 10 ans a essayé de diversifier les personnalités des femmes dans un espace délimité par un rectangle de 257×100 pixels (https ://every-flavored-bean.tumblr.com/post/112569173199/every-woman-in-every-disneypixar-movie-in-the).

C’est toujours ça de gagné.

Les têtes, les genres et les noms que vous choisissez pour vos personnages n’ont aucune incidence dans la suite du jeu, mais ça en a peut-être sur vous-même.

Si vous n’êtes pas trop débile, vous placerez systématiquement votre guerrière en première ligne et votre prêtre à l’arrière, vous confierez le livre de sorts à votre magicienne et les outils de crochetage à votre voleur. Ces choix sont contraints par le fonctionnement du jeu.

Mais qui attaque en premier ? Qui est placé derrière qui ? Comment organisez-vous les objets dans les inventaires ? Qui(s) stocke(nt) la nourriture ? et les potions ? et les bijoux ?

Comme ces choix sont mineurs et sans grandes conséquences, peut-être que vous les prendrez en vous laissant inconsciemment influencer par d’autres détails mineurs. Les noms et les visages de vos personnages ne changent pas le jeu, ils changent la manière dont vous allez vivre le jeu. Et puisque notre comportement global d’humain est déterminé par nos expériences passées (réelles ou virtuelles), ils changeront aussi votre vie, même infinitésimalement.

Mais ce n’est pas exactement de ça dont je voulais vous parler.

Re-regardez bien tous ces portraits, aussi bien les hommes que les femmes. Deux d’entre eux apparaissent dans les deux genres :

Dans Eye of the Beholder, vos personnages peuvent avoir un aspect physique ne permettant pas de déduire si c’est un homme ou une femme. Appelez-ça comme vous voudrez : hermaphrodite, neutre, asexué(e), non-cis-genrifié-e, inclusi(fve), inclusifive, inclusisix, inclusiseven, …

Il est probable que l’intention initiale n’était rien de plus qu’augmenter artificiellement le panel de choix, sans nécessiter plus de travail pour les graphistes. Mais c’est là. On peut s’amuser à penser que ça ait hypothétiquement aidé quelques personnes à entrevoir plusieurs possibilités d’être.

En ce qui me concerne, ça m’a rappelé que je n’ai jamais vraiment joué aux jeux Eye of the Beholder 2 et 3. Faudrait que je trouve le temps de m’y mettre, même s’il paraît que le 3 est pourri.

Youhou !

Je vous laisse avec MechaLilith, en une not-so-related-pic.

Une réponse à “Un jeu de connexion en D3.js et du non-cis-genrisme

  1. Source des images

    Screenshot de mon jeu

    Bon, la source c’est mon cerveau. Et j’ai mis le lien vers mon jeu. Mais il ne faut pas oublier toutes les images des objets de Eye of the Beholder. Je les ais trouvé ici : https:// www. vgmaps.com/Atlas/PC/AdvancedDungeons&Dragons-EyeOfTheBeholder-Key.png . Ce site web, vgmaps, est un musée essentiel. On y trouve énormément de maps de jeux vidéos, aussi bien des RPG que n’importe quoi d’autres. J’y ai passé plusieurs heures à parcourir des mondes dont je me souviens plus ou moins précisément : Might and Magic évidemment, ZZT que je connais très mal mais qui m’intéresse beaucoup, Xargon, et même Popcorn. Voici le lien vers la page d’accueil. Allez-y voir, vous y retrouverez peut-être des trésors de votre enfance : https:// www. vgmaps.com/Atlas/PC/index.htm .

    Ivy Valentine, personnage du jeu vidéo Soul Calibur
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=agc
    https ://kotaku .com/how-video-game-breasts-are-made-and-why-they-can-go-so-1687753475

    Évidemment, plein de gens ont réagi par rapport à ce personnage et au sexisme dans les jeux vidéos. Je ne sais pas si ce que je pourrais dire à ce sujet apporterait quelque chose à tout ce qui a déjà été dit. Et puis je viens quand même d’en parler en-long-en-large-en-travers dans l’article. J’attire juste votre attention sur la page où j’ai trouvé cette image. Il s’agit d’un article décrivant les différentes manières dont les mouvements de seins sont modélisés dans les jeux vidéos. Très intéressant. Et pas juste parce que j’aime bien les nichons. Je vous invite à le lire. Oh, et en fait l’image ne vient pas exactement de cet article. Vous y trouverez une vidéo de Ivy, montrant la même chose, mais pas la gif animée que j’ai mise dans mon article à moi. Le vrai lien d’origine est cet article un peu naze, mais que j’aime bien quand même : https ://www. barnorama.com/15-gifs-of-boobs-in-video-games/ . J’ai trouvé plus intéressant de linker vers une étude sur les mouvements de seins, plutôt que vers un simple déballage d’animations montrant des mouvements de seins.

    Les trombines des personnages de Eye of the Beholder
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=agd
    https ://www .spriters-resource.com/pc_computer/adndbeholder/sheet/50925/

    Bon eh bien voilà, ce sont les personnages. Il manque ceux que l’ont peut recruter durant le jeu. Mais j’ai ajouté des liens vers ça, dans les crédits du repository git. Par contre c’est du fucking jpeg, donc on perd la précision des pixels. Les gens devraient pas utiliser le jpg pour distribuer des images en pixel art. Ça me semble évident, mais bon… Vive le png, sacrebleu ! Et une fois de plus, le lien d’origine est une énorme ressource de pleins de sprites de jeux vidéos, aussi bien PC que consoles. Et un fois de plus, je viens de perdre une grosse demi-heure (et même plus les jours d’avant), à explorer tout ça. Je ne suis qu’un faible.

    Les deux trombines spécifiques

    Eh bien c’est une partie de l’image précédente, donc la source est la même. Soyez pas débile. Ouuuaaaarrrggggzz.

    Screenshot du jeu Shoot1Up
    http://recher.pythonanywhere.com/urluth/?u=agf
    http ://mommysbestgames.com/shoot1up.html

    Ce jeu a l’air vraiment très bizarre dans ses dessins. Donc intéressant. La presse à ce sujet précise que l’un des boss est un utérus. Qui suis-je pour juger ? En ce qui me concerne, je voulais juste une photo de seins et de jeux vidéos. J’ai été servi. La boss de l’image se nomme MechaLilith. Cool. Et il semblerait que le gameplay ait un twist par rapport aux autres shoot-em’up. On joue toutes ses vies en même temps. Lorsqu’on gagne une vie, un vaisseau s’ajoute à l’ensemble qu’on a déjà, et on les pilote tous en même temps. On peut rassembler ses vaisseaux en un seul pour passer entre les tirs, et les déployer pour cracher un énorme tas de plasma destructeur. Ça me fait penser que j’ai toujours trouvé intéressant que le mot « plasma » ressemble au mot « placenta ». Mais je suppose que ça n’a rien à voir avec le reste de cet article. Ah si, mon inconscient/subconscient me dit que si. Ça a à voir. OK.

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