Alors les français cesseront de chanter ce refrain terrible

Vous avez inévitablement entendu parler des déplorables événements qui ont eu lieu à Paris ce 13 novembre.

Je n’écrirais pas d’articles sur les attentats eux-mêmes, parce que je ne me suis pas renseigné suffisamment à leur sujet, et je ne ferais que répéter ce que vous pouvez déjà lire ailleurs. Juste une déclaration personnelle : « monde de merde ».

Sans surprise, ces attaques auront pour effet d’augmenter la « fierté d’être français » dans la globalité mondiale, y compris parmi des gens d’autres nationalités. Est-ce que c’est une bonne chose ? Est-ce que ça ne risque pas de dériver vers du super-nationalisme de chiotte ? Je n’en sais rien, je ne suis pas assez compétent pour discuter de ça.

En ce qui me concerne, j’aime bien mon pays. J’y ai vraiment réfléchi et j’en ais conclu que je l’aimais bien. Pour reprendre une expression de cette philosophe qu’est Diam’s : « ma France à moi » …

Ma France à moi c’est Raymond Devos, Florence Foresti, le jeu vidéo Another World, la Motion Twin, la bière, une nana avec des seins vraiment énormes que j’ai croisé dans la rue, les croissants géants de la boulangère, le théâtre classique/contemporain/absurde, les festivals de musique, les bibliothèques municipales, les écoles d’ingénieurs (en particulier l’UTBM), Gaston Lagaffe, vous en train de me lire, les vieux ordinateurs Thomson, le Petit Journal, le Gorafi, la blanquette (viande), la blanquette (alcool), Andreas Martens (même s’il est aussi allemand et belge), Velvet d’Amour, Gotlib, Kaamelot (la série et les BD), les piscines avec des toboggans, le ski, des villages paumés, des langues régionales dont je comprends que d’alle, René Descartes, le blog de Sam et Max, le professeur Boulet éminent blogologue, Nioutaik, l’ex-magazine 42, le Joueur du Grenier, Chantal Dubois (un personnage de Madagascar 3), Framasoft, et bien sûr : Lolo Ferrari.

Certes me direz-vous, mais la France n’est pas constituée de 100% de bonheur pur, puisqu’elle a également engendré Etienne Daho, Marc Lévy, le groupe Les Innocents (« Dans cet auuuuuutre fistinière !! »), Guillaume Gallienne, le gâteau aux marrons, Jean-Jacques Rousseau la tapette narcissique, la SNCF et leurs caténaires qui prennent feu, une langue dont l’orthographe comporte des exceptions d’exceptions, Cyril Hanouna, le jeu vidéo Les Visiteurs, la plupart des profs débiles que j’ai dû me farcir durant ma scolarité, Jean-Pierre Raffarin qui nous a volé un jour férié, sans oublier (bien qu’on préférerait justement les oublier) une bonne tripotée d’autres politiciens dont je n’ai même pas envie de citer le nom.

On s’en fiche. C’est plus constructif de porter son attention sur les aspects positifs, comme par exemple un type (pas nécessairement français) doté d’une moustache bleu-blanc-rouge.

beard-mustache-3

Or donc, qu’est-ce que je voulais dire ?

Cette fierté d’être français a diverses conséquences, dont celle de chanter la Marseillaise à la moindre occasion se présentant.

Pour ceux qui ne savent pas, la Marseillaise est une chanson écrite en 1792 par un mec appelé « Rouget de Lisle » (c’est un humain, pas un poisson). Elle a ensuite été adoptée comme hymne national de la France. La plupart des gens connaissent uniquement le premier couplet et le refrain. En réalité, il y en a plusieurs, ajoutés/supprimés/modifiés au gré du temps et des mises à jour plus ou moins officielles. La Marseillaise, comme tout un tas d’autres choses, est une œuvre vivante et changeante.

Or, j’ai un peu de mal avec le sens des paroles : « l’étendard sanglant », « les tigres qui déchirent le sein de leur mère », « qu’un sang impur abreuve nos sillons » (tête de con), etc. C’est quand même un peu brutal et boucheritesque. Je veux bien admettre qu’un hymne national doive comporter un minimum de nationalisme et de champ lexical guerrier, mais là y’en a trop. Tout cela est d’un goût moyennement courtois.

Il y en a qui réfléchissent à changer les paroles (http:// culturebox.francetvinfo.fr/tendances/evenements/apres-charlie-faut-il-reecrire-la-marseillaise-211879).

Malheureusement, j’ai bien peur que ce soit une entreprise vouée à l’échec. J’imagine qu’à la simple évocation d’une idée aussi iconoclaste, une bonne partie de mes concitoyens sortiraient instantanément de leurs maisons, brandissant torches, fourches et camemberts plantés au bout de piques, pour aller mugir en boucle dans nos campagnes l’intégralité de l’hymne, leur haleine chargée de vin AOC venant jusque dans nos narines incommoder nos fils et nos compagnes.

Toutefois, durant mes recherches documentaires d’historien, je suis tombé sur un un couplet beaucoup plus calme. Il n’est pas présent dans toutes les versions, mais il me semble tout à fait officiel. Le voici :

Enfants, que l’Honneur, la Patrie
Fassent l’objet de tous nos vœux !
Ayons toujours l’âme nourrie
Des feux qu’ils inspirent tous deux. (Bis)
Soyons unis ! Tout est possible ;
Nos vils ennemis tomberont,
Alors les Français cesseront
De chanter ce refrain terrible :

Aux armes, etc. (pour reprendre une expression de ce trublion qu’est Gainsbourg).

Et voici les sources.

  • Le Monde (http:// www. lemonde.fr/idees/article/2014/05/16/universelle-marseillaise_4420300_3232.html)
  • Wikisource (https:// fr.wikisource.org/wiki/La_Marseillaise)
  • Wikipédia (https:// fr.wikipedia.org/wiki/La_Marseillaise)

Il subsiste dans ce couplet un soupçon de nationalisme prétentieux, assertant qu’on est les meilleurs et que nos vils ennemis tomberont. Mais on n’y mentionne pas d’autre violence, et la fin est très drôle : dire qu’on ne chantera plus le refrain qu’on va chanter tout de suite après, ça atténue le sang qui y a été injecté, et c’est une phrase « so meta » qu’elle serait digne de figurer dans un recueil des meilleures blagues de Douglas Hofstadter.

Voilà, françaises français, je vous invite à chanter ce couplet la prochaine fois que la Marseillaise débarquera dans vos oreilles.

Pour la route

Prenez cette image de Clémentine Desseaux. Une mannequin française « plus size ».

Personnellement, je ne la trouve pas plus size. Elle a juste l’air normale. Mes critères d’esthétique doivent être un peu distordus par mes fantasmes.

Clementine_Desseaux

Bisous à tout le monde !

Le Caca de Base Inconditionnel

Cette histoire a été écrite dans le cadre de la Semaine Internationale (voire Intergalactique) du Revenu de Base Inconditionnel. Pour des infos un peu plus sérieuses à ce sujet, allez ici : http://revenudebase.info/

En l’an 2042, suite aux dérèglements climatiques, aux famines et aux dictatures diverses, l’immigration est devenue un fléau. Ils arrivaient de partout : en paquebot, par avion, en creusant des tunnels, en se faisant catapulter, …

big_7235_chien-bateau

Les chefs de gouvernement des pays développés étaient débordés par les problèmes d’intégration et d’identité nationale. C’est alors qu’ils trouvèrent une solution très simple : puisque tous ces gens étaient interessés par les richesses, il suffisait d’arrêter d’être riche. Ni une ni deux, ils s’employèrent avec application à détruire ce qui avait mis des siècles à se construire : acquis sociaux, entreprises, infrastructures, administrations, lois, … Et pour être sûr d’être vraiment pauvre, ils s’endettèrent encore plus que ce qu’ils n’étaient déjà, à tel point que les banques rachetèrent les États.

L’immigration s’arrêta net. Les peuples étaient tous sur le même pied d’égalité, il était enfin possible d’avancer tous ensemble. Le fait d’avoir été obligé de régresser pour en arriver à cette situation ne semblait être qu’un mal nécessaire. Il n’y avait plus qu’à tout reconstruire petit à petit, sans oublier de rembourser les dettes contractées par les États-banques envers eux-mêmes.

Un État étant avant tout défini par ses citoyens, il fut naturellement décidé de répartir les créances entre tous les humains. Chacun, dès la naissance, se voyait donc attribuer une dette de 100 000 néo-brouzoufs, à rembourser tout au long de sa vie auprès de son État-banque natal.

Malheureusement, le délabrement économique étant ce qu’il est, peu de gens parvenaient à réunir un tel montant. Bien souvent, lorsqu’une personne décédait, sa dette de naissance n’était pas entièrement, voire pas du tout réglée.

Les États-banques eurent alors une idée pour faire prendre conscience de la criticité de la situation actuelle : distribuer chaque mois, à chaque personne, une petite quantité de matière fécale proportionnelle à sa dette restante. Un slogan de circonstance fut concocté : « avoir une représentation concrète de la merde dans laquelle nous sommes tous ».

Le caca alloué était à entreposer dans des frigos individuels. Il était interdit de s’en débarrasser, des vérifications régulières étaient effectuées par des agents spécialisés. Vous n’aviez le droit de jeter votre capital caca uniquement après vous être acquitté de la totalité de votre dette.

Ainsi, les États-banques mirent en place une industrie complexe pour produire, distribuer, conserver et recenser du caca. À la justification de prise de conscience collective s’ajouta la justification de création d’emplois.

C’est là qu’intervient le héros de notre histoire.

Cacapernic était un brillant logisticien né dans le HSBC oriental. Il était passionné d’astrophysique et pouvait prévoir si chacun de ses pets serait bruyant et/ou odoriférant. Contrairement aux héros classiques, il avait bien plus qu’une vision différente du monde qui l’entourait. Il avait une vision d’un monde différent.

Cacapernic consacra sa vie à développer un réseau de résistants ayant pour objectif de voler le caca non encore distribué, en siphonnant des silos de stockage et en détournant des caca-pipe-line. Après 60 ans d’un travail de fourmi, le réseau avait collecté pas moins de 10 millions de milliards de kilotonne d’excréments, réparties dans plusieurs entrepôts clandestins.

Le moment venu, Cacapernic déclencha l’opération « chasse d’eau ». En quelques jours à peine, tout le caca accumulé fut acheminé vers un point unique du globe, pour y former une boule géante. Les résistants, équipés de masque à oxygène et de propulseurs à gaz auto-alimentés, grimpèrent sur la boule et déclenchèrent la mise à feu. Celle-ci s’éleva doucement dans le ciel, et continua sa route jusqu’à dépasser la stratosphère.

Poon, le nouveau satellite de la Terre, était né.

aida_mori_08

Les résistants, qui avaient décidés de prendre le nom de « enfants de Christophe Colombin », commencèrent à s’organiser sur leur nouveau monde. Le terreau était fertile et il leur fut aisé de faire pousser des plantes. Celles-ci commencèrent à produire de l’oxygène et à générer une atmosphère respirable, quoi que conservant son odeur douteuse.

La surface de Poon étant relativement uniforme, il n’y avait pas lieu de la découper en pays. Ainsi, les enfants de Christophe Colombin n’eurent pas à se préoccuper de problèmes d’immigration. Ils mirent progressivement en place un Revenu de Base Inconditionnel, à l’aide d’une monnaie fabriquée à partir d’étron séché et découpé en rondelles.

Pendant ce temps, sur la Terre, les seuls habitants restant étaient les hauts fonctionnaires-dirigeants des États-banques, ainsi que les personnes travaillant dans l’industrie cacatière. Ils moururent tous en quelques années car ils étaient incapables de produire des biens de première nécessité.

tumblr_n9wr0iPDli1tg5yrmo2_1280

Unrelated pic, mais il fallait une femme ronde.

Photocopiez-vous la gueule !

Pour ce mois-ci, petit article rapide. J’ai plein de quêtes en cours, y compris dans le monde réel, et pour couronner le tout, mon PC vient d’exploser. Faut que j’en chope un autre et que je copie tout. J’avais fait exprès de rester sous Windows XP pour vérifier que les jeux que je code fonctionnent sur des vieilles rougnes. Mais c’était tellement une vieille rougne qu’elle ne veut plus démarrer, y compris avec une clé USB de boot. C’est l’delco, comme ils disaient chez Joystick. J’ai dû l’euthanasier (le PC, pas Joystick). Monde cruel.

Bref, c’est le bordel partout, mais encore plus que d’habitude.

Alors je vais vous montrer un truc vieux, mais rigolo.

Durant la joyeuse et insouciante période de mes études à l’UTBM, se déroulait un événement à-peu-près culturel, intitulé « la Semaine Des Arts ». Divers exposants, musiciens et autres philosophes venaient nous faire part du contenu de leurs neurones. On pourrait débattre sur le fait qu’un tel événement soit intéressant ou stupide, mais c’est pas le sujet ici.

En voyant ce fourmillement chamarré, j’eu une idée géniale. Et si je me photocopiais la gueule et que je l’exposais au titre d’une œuvre d’art ? Je ne fis ni une ni zéro, et ornais immédiatement le local de la photocopieuse de splendides images, dont la chamarritude n’avait rien à envier au reste.

Je vous les remets ici. Elles sont magnifiques, d’autant plus qu’à l’époque, j’avais une coiffure d’old school play-boy, et devais déjà me raser régulièrement. (Ça remonte à loin, Windows XP n’existait même pas).

DISTORDU2

ECRASE2

GROS2

HORRIBLE2

Quelques jours plus tard, les murs du local étaient tapissés de visages grimaçants, distordus et rigolards. La foule s’était jointe à ma performance.

Les étudiants avaient deux réactions très opposées face à cette Semaine Des Arts. Certains trouvaient ça super et y participaient, d’autres trouvaient ça débile et s’en moquaient. Le plus rigolo, c’est que les deux groupes ont apprécié mon idée. Le premier clamant joyeusement que c’était « de l’art », le deuxième me félicitant d’avoir trouvé une façon de se foutre de la gueule du premier groupe sans même qu’ils s’en rendent compte.

J’utilise rarement le mot « art », car il ne me semble pas très précis. On ne sais jamais ce qu’on va déclencher dans la tête des gens quand on le prononce. Je ne peux donc pas vous dire si se photocopier la gueule est « de l’art », ou pas. Ce qui est sûr, c’est que ça fédère les gens qui « aiment l’art » et ceux qui « n’aiment pas l’art », puisqu’ils ont tous trouvé ça amusant. Et peut-être que cette action fédératrice est, en elle-même, « de l’art ».

La farce fédératrice est donc une des choses qu’est l’art. Ce qui en soi constitue une farce. L’art est donc une imbrication de farces.

L’année suivante, j’ai photocopié mon cul. Mais je n’ai pas osé l’exposer. L’image était un peu obscène, je commençais à avoir une densité plutôt honorable de poils derchiens, et j’ai toujours trouvé les scrotums bizarres. Cette espèce d’impression que l’anus et le pénis étaient préalablement connectés, et qu’une couture a été faite à l’arrache pour rafistoler l’ensemble… Je dois encore avoir la photocopie dans mes archives, mais je n’ose la placer dans le scanner de mon boulot. J’espère que vous ne m’en voudrez pas.

Ceci étant dit, il est évident que je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. Je vous laisse avec les parties charnues de quelques dames. Parfois, on a envie d’être un Transformer pour pouvoir se transmorpher en photocopieuse.

bbw_photocopy_ass

Lorna-Morgan-takes-a-photocopy-of-her-fantastic-boobs

Sans transition : un nouveau l’ami de l’internet !

Ça faisait longtemps que j’en avais pas eu. Laissez-moi donc vous présenter turboroger, un mec bien, créateur de jeu, qui comme moi, n’a jamais le temps de rien. Il m’a gratifié d’un lien sur son blog personnel.

Bienséance et culte de l’imbrication oblige, voici donc un lien sur mon blog personnel permettant d’aller à l’endroit de son blog personnel où se trouve son lien vers mon blog personnel.

http://turboroger.wordpress.com/2014/11/20/repose-en-paix-idee-de-jeu/

animal-best-friends--large-msg-136633439208

Potes !

À bientôt, je pars installer des trucs sur mon nouveau PC. À commencer par le python.

Encore des idées de trucs à faire.

Yè-how tout le monde.

Je viens de publier un long article sur le blog de Sam et Max. Il recense un tas d’idées que j’ai dans mon cerveau, et que je sais très bien que je n’aurais jamais le temps de réaliser.

C’est par ici : http://sametmax.com/des-idees-que-jaurais-jamais-le-temps-de-faire/

Comme le dit si bien le professeur Ploum, éminent blogologue : vos idées ne valent rien (https:// ploum.net/votre-idee-ne-vaut-rien/).

J’ai donc offert les miennes au monde. Faites-en ce que vous voulez.

Pour fêter ça, voici l’image d’une femme qui vient elle aussi d’avoir une idée.

"J'ai une idée, je pourrais m'amuser à représenter le fait d'avoir une idée en usant de la métaphore bien connue de la lampe apparaissant au-dessus de la tête !"

« J’ai une idée, je pourrais m’amuser à représenter le fait d’avoir une idée en usant de la métaphore bien connue de la lampe apparaissant au-dessus de la tête ! »

Et c’est pas fini !

Chez Sam et Max, j’ai mis les idées qui me semblaient de la meilleure qualité. Mais il m’en reste d’autres. Je vous les mets ici, peut-être que quelqu’un aura les capacités de les raffiner. Attention, c’est vraiment en vrac et décrit à l’arrache. Ça ressemble un peu à une orgie médiévale, avec montreurs d’ours et tout.

(insérer ici une photo d’époque d’une orgie médiévale).

CreepUSB

Logiciel qui copie silencieusement tout le contenu d’une clé USB dès que vous la branchez. Permet de récupérer les photos de cul de votre collègue, alors que lui, tout ce qu’il voulait faire, c’était vous donner la dernière version de sa présentation Power Point sur les prévisions commerciales consolidées.

Bon en fait ça existe déjà.

Par contre, ce qui n’existe pas, c’est un logiciel de prise de contrôle à distance (genre TeamViewer), qui transfère silencieusement tout le contenu du disque dur du contrôlé vers le contrôleur. Et là y’a moyen de récupérer un volume bien plus important d’images de cul.

Pee-car

Lorsque vous voyez une voiture mal garée, vous la prenez en photo et la mettez sur le site Pee-car. Si une même voiture est mentionnée plusieurs fois, (ce qui est facile à détecter, avec les plaques d’immatriculation), elle apparaît alors dans le « top boulet ». Les personnes les plus actives sur le site ont le droit légitime et moral de faire pipi dessus.

Lorsqu’une voiture est pipitée, son propriétaire peut prendre le résultat en photo et le mettre sur Pee-car. Ça officialise l’acte, et la voiture sort du top boulet. Le pipiteur, s’il est civique, peut fournir de lui-même cette photo salvatrice.

Bien sûr, si le propriétaire continue de mal se garer, la voiture remonte dans le top boulet.

Aucun problème de droit à l’image, puisqu’on prend en photo des voitures, et non des gens. Et le site ne fait pas de connexion entre les voitures et leur propriétaire.

KeyRipper

Keylogger physique. Un tout petit truc qu’on branche entre la prise clavier (PS/2 ou USB) et le fil du clavier. Il envoie ses logs si possible par le Wi-Fi. Sinon on le récupère et on le décharge tranquillement chez soi.

Indétectable par les anti-virus, puisqu’on n’installe rien sur l’ordinateur.

Bon en fait, ça existe déjà aussi.

Plop la bulle

Google enregistre toutes vos recherches, et adapte les résultats suivants en conséquence. Il s’agit du phénomène de la « bulle de filtre » (http:// fr.wikipedia.org/wiki/Bulle_de_filtres).

Le plug-in de navigateur web « Plop la bulle » effectue périodiquement des recherches aléatoires sur Google, et clique tout aussi aléatoirement sur les pages renvoyées. Les critères de recherche sont des mots de n’importe quelle langue, voire du texte complètement random. Il fait croire à Google que vous faites n’importe quoi, donc que vous êtes fou, donc que vous ne pouvez pas être enfermé dans une bulle.

Si beaucoup de personnes l’installe, les statistiques mondiales de Google seront plus ou moins faussées, ce qui peut être rigolo.

Ted is red

Traitement d’image qui rajoute des yeux rouges aux gens sur les photos. Juste parce que c’est rigolo.

Faisez-vos-jeux

Un moteur de jeux de société en réseau. On se connecte, on voit les potes connectés, on choisit un jeu, on joue.

Y’aurait des librairies et des fonctions de base pour gérer les éléments récurrents des jeux de société : lancé de dés, cartes, pion, plateau, …

Pas de serveur central. On fait comme dans les LAN : y’en a un « qui crée » et les autres se joignent. Tous les tirages aléatoires des jeux sont répartis entre les joueurs, afin de diminuer les possibilités de tricherie.

Bon c’est pas très original comme idée et si ça se trouve, ça existe plus ou moins déjà, mais c’est mes idées, tralalée.

Format de description de mouvement de mains et de doigts

Il indiquerait les angles de pliures de doigts, de poignets, etc. Il permettrait de décrire toutes les positions de mains possibles.

Ça servirait pour pleins de trucs : des robots réalisant un spectacle de marionnettes, des logiciels de reconnaissance visuelle comprenant le langage des signes, un truc à la Minority Report, une statue géante d’un doigt qui fait « fuck », …

Momo-démineur

Démineur en MMORPG collaboratif. Avec une aire de jeu géante, des bonus à récupérer, des PNJ, des quêtes, etc.

Histoire d’être dans le bon goût, le jeu proposerait de faire des dons pour des associations luttant contre les mines anti-personnelles.

Et aussi un jeu à la 4 Elements en MMORPG collaboratif. Avec une aire de jeu géante aussi.

Paint Craft

Jeu qui effectue des copies d’écran, les analyse, et fait progresser le joueur en fonction.

Exemple :
« un smurklogz à poil long vous attaque ! Vite ! Dessinez une cuisse de poulet pour l’amadouer ! »
Là, le joueur doit ouvrir Paint (ou un autre logiciel) et dessiner. Le jeu fait périodiquement des screenshots, dès qu’il détecte un truc ressemblant à une cuisse de poulet, il avance à l’étape suivante, dans laquelle il faudra dessiner autre chose.

Pas de sauvegarde dans le jeu en lui-même. Mais on peut sauvegarder des images et les ressortir au moment demandé.

Ou alors, un jeu où on doit explorer une planète, mais il faut la dessiner avant. Selon comment on la dessine (avec de la végétation, des cailloux, …), ça fera un environnement de jeu différent.

Captain Blood

C’était un jeu avec un système de conversation (http:// www. mobygames.com/game/captain-blood).

On dialoguait avec des PNJ en assemblant des suites de signes correspondant chacun à un mot. Par exemple : « Toi connaître coordonnées planète Croolis-Ulv ? ». Il y avait la souplesse et la complexité d’un langage, sans la prise de tête des règles de conjugaison, accords, orthographe, etc.

C’était une putain de bonne idée et il faudrait réutiliser le concept. Avec un langage plus élaboré. Configurable par des « expressions régulières de signes », ou quelque chose comme ça.

Instagramiser le monde

  • Player de son qui ajout des créchitements, et qui répète parfois les mêmes secondes d’un morceau, pour faire comme un disque rayé.
  • Player de vidéo qui ajoute de la neige ou des blarbouillages comme sur les vieilles cassettes VHS, et avec lequel on ne peut pas se déplacer directement dans la vidéo. Il faut faire avance rapide / rewind, comme une bande magnétique.
  • Visualiseur de fichier texte avec des pages qui se tournent. (Comment ça, ça existe déjà ?)
  • Visualiseur de carte (Google map ou autre) avec les images qui ne changent pas selon le niveau de zoom. Ça affiche toujours le niveau le plus précis possible, donc si on est très dézoomé, on voit un gros fouillis. Et il y aurait des fausses marques de pliure de carte. Et des petits trous là où deux pliures perpendiculaires se rejoignent. Et pour quitter l’application, on serait obligé de replier virtuellement la carte, et si on n’y arrive pas, l’appli plante et on ne peut plus la relancer.
  • Flux RSS de news affichant tout comme un journal papier. Et pour quitter l’appli, il faut replier le journal et ça plante si on n’y arrive pas.
  • Client de messagerie affichant les mails sous forme d’un tas d’enveloppe. Il faut les ouvrir pour voir le contenu. Si on ne range pas le bon mail dans la bonne enveloppe, tout est en bordel. Et il faut replier les feuilles de courrier sinon l’appli plante, etc.
  • Explorateur de fichier affichant le contenu du disque sous forme d’une gigantesque bibliothèque. Une étagère = un répertoire. Un livre = un fichier. Il y a un nombre limité de livre par étagère. Les informations du fichier sont écrites sur la tranche du livre. Si on range mal les livres, c’est le bordel. Ah, mince, attendez, c’est déjà le cas avec les explorateurs classiques.
  • Calculatrice toute pourrie avec une touche par chiffre, une mémoire d’un seul élément, et n’affichant pas l’historique des opérations effectuées. Comment ça, ça existe déjà ?

GeoTV

Une smartTV géolocalisée, qui écoute les sons alentours. Au bout d’un temps d’apprentissage, elle peut ajouter dans un film (dont les scènes sont également géolocalisées) des bruits d’oiseaux de la région concernée. Avec plusieurs télés mettant leurs connaissances en commun, on peut synthétiser un accent Ch’ti, un accent du sud, …

Évidemment, le vrai but de la GeoTV est d’écouter les conversations des gens et de les revendre à des fins publicitaires. Faut pas déconner non plus.

Tweet Panic

Vous êtes une personnalité influente (au hasard, Nadine Morano). Sans le faire exprès, vous balancez une connerie sur Twitter, ce qui provoque une « omerta » dans l’internet. La société Tweet Panic vous aide à vous sortir de ce mauvais pas.

Vous leur fournissez votre compte, elle se charge de balancer d’autres conneries, adaptée à votre personnalité, mais encore plus grosse que celle que vous avez dites. Il ne vous reste plus qu’à utiliser un autre moyen de communication pour annoncer publiquement que votre compte Twitter a été piraté, et que tout ce qui y est dit ne viens pas de vous, (y compris votre connerie initiale).

Au bout de quelques jours, Tweet Panic vous rend votre compte. Vous annoncez alors publiquement que vous avez pu le récupérer, vous vous excusez de cette erreur, vous la jouez humble en disant que c’est de votre faute, que vous utilisiez un mot de passe faible, vous remerciez le gouvernement, Twitter et plein d’autres gens sans qui vous n’auriez jamais pu vous sortir de ce mauvais pas. Et vous êtes fin prêt pour balancer d’autres conneries !

Sondage sur les indicateurs visuels

Pour indiquer une quantité de truc par rapport à une quantité globale (par exemple un pourcentage), on peut utiliser une barre horizontale, verticale, ou un camembert. Lequel des trois permet le plus facilement et le plus précisément de visualiser la quantité ? Faisons un gigantesque sondage mondial pour le savoir !

J’ai tenu à vous faire part de cette idée parce que j’ai jamais pu blairer les montres à aiguilles. On n’y comprend rien et on sait jamais vraiment ce que ça affiche. Pourtant, des connards me soutiennent mordicus qu’on se rend mieux compte de l’heure qu’il est par rapport à une montre à numéro. Je ne suis pas d’accord. Ça m’énerve. Ces conneries de montre à aiguilles ne sont qu’un héritage de l’époque où on n’avait pas encore inventé les écrans. Il serait temps de passer à autre chose. D’où : sondage.

Décentraliser des trucs

La religion, le système législatif, les notaires…

Sérieusement, les notaires, c’est des mecs qui prennent un gros tas de pognon juste pour faire l’arbitre lors de la vente d’une maison. Je reconnais que pour quelque chose d’aussi important, il faut faire valider la transaction par une tierce partie neutre. Mais est-ce qu’on ne pourrait pas avoir cette tierce partie sous forme d’un ensemble de gens qu’on payerait un petit peu chacun, plutôt qu’un seul gros truc monolithique qui prend tout le fric ?

Jeu vidéo de corrida

On pourrait jouer le taureau ou le toréador. Ça permettrait de réfléchir à ce sport, avec le point de vue des deux parties.

Il y aurait des personnages ayant des opinions inhabituelles :

  • Un taureau qui pense que c’est super cool les corridas, car c’est la chance de sa vie d’être reconnu et de laisser un souvenir pour les générations futures.
  • Un toréador retrouvé embringué dans cette histoire alors qu’il n’a jamais rien demandé (pression sociale, familiale, tout ça).
  • Francis Cabrel.

Le jeu ne prendrait pas partie au sujet de la tauromachie. Il se contenterait de présenter plusieurs points de vue différents. À la sortie du jeu, on pourrait voir les associations pro et anti s’étriper à son sujet. Et ce serait rigolo.

Universal bricks

Des briques de jeu de construction « multi-modales », permettant d’associer des briques de différents jeux entre elles. Comme ça on pourrait assembler des Legos avec des Duplos, des « Mega Bloks » avec des Legos, etc.

Smart Player

Un player de vidéo et de sons qui filtre la voix et floute le visage des artiste qu’on n’aime pas. Parce que j’en ai marre de tomber sur du Christophe Maé quand j’écoute la radio, parce que j’en ai marre de tomber sur du Guillaume Galienne quand je regarde une émission.

Des macros pour construire des .svg

J’ai utilisé Inkscape pour dessiner les pièces de monnaie de mon superbe jeu Kawax. Je partais de quelques formes simples, puis j’effectuais des opérations dessus (union, intersection, différence, …). Une fois la forme finale obtenue, je m’apercevais que j’aurais du élargir tel côté, ou décaler tel élément.

Et là il fallait tout recommencer. Reprendre mes formes simples de départ, les modifier comme je le souhaitais et refaire toutes les opérations. C’est chiant.

Donc ce qui serait super, ce serait d’avoir des macros, et un petit plug-in d’Inkscape qui les jouerait en live, pendant qu’on modifie les formes simples de départ. Comme ça on se rendrait tout de suite compte du rendu final. Comment ce serait cool !

Mange-correctement

J’ai jamais su manger. C’est une histoire un peu longue et pas très intéressante. Je vous passe les détails. Mais dès qu’un plat est un peu compliqué, je galère.

Quand vous allez au restaurant, la description des plats sur le menu vous renseigne à peu près sur ce que vous allez bouffer, mais nullement sur la façon dont vous êtes censé le bouffer. Il faut donc un site internet pour ça.

Sur ce site, vous indiquez, pour un plat donné dans un restaurant donné, les difficultés inhérentes à son mangeage :

  • sauce salissante, risque de giclures ;
  • trucs compliqués à découper (viande, os, …) ;
  • morceau de gras qu’on voit pas et qui sont pas bons ;
  • arêtes de poisson ;
  • baguettes chinoise ;
  • trucs bizarres à décortiquer : escargot, moule, crevettes, … ;
  • couverts spécifiques ;
  • double assiette (du coup c’est super compliqué de poser un couvert sur le bord de l’assiette parce que ça se casse la gueule) ;
  • trucs à prendre avec les doigts ;
  • obligation de faire des grosses bouchées (par exemple les sushis) ;
  • allergies spécifiques ;
  • risque de quinte de toux avec des poudres diverses (farine, sucre glace) ;

Le site n’indiquerait pas si c’est bon, si c’est copieux, si le service est rapide, etc. Il y a déjà des tonnes de site de gastronomie qui font ça très bien. La seule chose qu’on renseignerait, c’est : « est-ce que socialement, c’est délicat de manger ce plat dans ce restaurant ? ».

Ce sera tout pour aujourd’hui

À la prochaine !

Du berceau jusqu’à …

Cette histoire a été écrite dans le cadre de la Semaine Internationale (voire Intergalactique) du Revenu de Base Inconditionnel. Pour des infos un peu plus sérieuses à ce sujet, allez ici : http://revenudebase.info/

En 2042, après plusieurs épisodes douloureux de crise et de guerre, le Revenu de Base Inconditionnel fut instauré.

Progressivement, chaque État en créa sa propre version. Elles respectaient toutes l’esprit original de l’idée. On lui associait souvent le slogan « du berceau à la tombe », en hommage à l’une de ses anciennes supportrices.

L’humanité devint heureuse, les peuples vivaient dans la dignité et avaient confiance en l’avenir. Les États se portaient à merveille, car le versement de cette allocation était en pratique très simple à effectuer. Pas de conditions à respecter pour y avoir droit, donc pas de fraude possible, pas de contrôle à effectuer, très peu de papier à remplir, aucune lourdeur administrative.

gens_heureux

Sauf que des fraudes apparurent malgré tout.

Lorsqu’une personne âgée décédait, sa famille attendait parfois quelques jours avant de le déclarer, afin de laisser passer le mois suivant et de toucher un dernier montant. Cet argent était ensuite récupéré par la famille via l’héritage.

Petit à petit, la fraude s’organisa. Lorsque quelqu’un mourait, des entreprises de pompes funèbres peu scrupuleuses s’occupait de récupérer le corps et d’organiser une cérémonie la plus discrète possible. Les allocations continuaient d’être versées. Si la famille avait accès aux comptes en banque du défunt, elle s’en servait de temps en temps pour des achats du quotidien, afin de simuler l’activité d’une personne vivante. Le décès pouvait être officiellement déclaré des mois, voire des années plus tard.

Les États finirent par se rendre compte de l’astuce, et réfléchirent à une contre-mesure. Puisque les fraudes se jouaient sur la condition à remplir pour avoir droit au Revenu de Base, à savoir : être vivant, c’est cette condition qu’il fallait contrôler.

Les États imposèrent aux gens de se rendre chaque année dans un « centre de contrôle de présence ». Les formalités étaient réduites au plus simple, tout en interdisant à une personne de se faire passer pour une autre : une signature et quelques mesures biométriques. Passé un certain âge, les contrôles devenaient un peu plus fréquents : tous les 6 mois, puis tous les 2 mois. Des aménagements étaient prévus pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer. Un agent assermenté pouvait venir à domicile et constater la « présence » de la personne.

Ces contrôles avaient un coût, et les États durent légèrement augmenter leurs impôts, mais cela ne porta pas préjudice aux peuples, qui continuaient de vivre dans la joie, le bonheur et la confiance en l’avenir.

Les mesures biométriques étaient plus simples que ça

Avec des mesures biométriques plus simples que ça.

* * *

Pendant ce temps, au plus profond de la Forêt-Noire, dans les caves de son sombre manoir, le docteur Otto Von Gestörlebendig finalisait les dernières étapes de son expérience. Il prit une gigantesque seringue étiquetée « produit Ẍ » et en injecta le contenu dans un corps allongé sur une table d’opération.

De son regard torve, il examina un électrocardiogramme. Son rire malsain résonna alors dans toutes les pièces du manoir : « Il semble vivant !! IL SEMBLE VIVANT !! HA HA HA HA HA !! »

gene-wilder-young-frankenstein

* * *

Monsieur Duprol, sa femme et ses 6 enfants sortirent de la maison de retraite. Ils arboraient la mine triste exigée par les conventions sociales dans ce genre de circonstances.

« De toutes façons, ce n’est pas très difficile de prendre l’air triste, se dit Monsieur Duprol. Quand je pense que lorsque cette vieille carne vomira sa dernière cuillerée de compote, on devra dire adieu à son allocation. 15 néo-brouzoufs par mois qui partent en fumée. C’était pas rien tout de même ».

Alors qu’ils passaient la grille, un petit homme malingre aux cheveux gras et mal peignés vint s’adresser à lui.

— Vous me semblez devoir assister à une fin de vie difficile.

— Qui êtes-vous ?

— Aucune importance. Je peux vous aider. Non pas pour prolonger la vie de votre parent, mais pour donner l’illusion d’une prolongation. Une illusion suffisante, pour… vous savez… les contrôles de présence.

— Monsieur, je ne vous permets pas ! Ma mère est sur le point de mourir, c’est une question de semaines. Et vous osez me parler d’argent ! Filez d’ici, espèce de charognard !

— Charognard, dites-vous ? C’est amusant, car je me définirais justement comme le contraire : une sorte d’agent conservateur. Mais je ne vous dérange pas plus longtemps. J’ai laissé quelques cartes de visite à l’accueil, vous n’aurez qu’à en prendre une la prochaine fois que vous rendrez visite à votre mère.

Quelques jours plus tard, Monsieur Duprol se leva plus tôt que d’habitude. Il vérifia que sa femme et ses enfants dormaient toujours, puis il composa un numéro de téléphone.

— Monsieur « l’agent conservateur ». J’appelle de la part d’un ami dans le besoin. J’aurais voulu savoir comment fonctionne votre méthode de prolongation.

— J’ai mis au point une sorte de médicament. Lorsque vous l’injectez à un défunt, le cœur se remet à battre et le cerveau reprend une activité électrique. N’importe quel médecin établira que la personne est dans le coma, mais bel et bien vivante. Mon médicament est indétectable, il se dissout dans le corps au bout de quelques minutes. Mais l’activité de vie fictive dure 24 heures.

— Est-ce qu’il y a des effets secondaires ?

— Je me permets de rappeler que le produit est à injecter dans un cadavre. Quels effets secondaires peut-on craindre sur la santé d’un mort ?

— Certes, vu sous cet angle… Ça fonctionne jusqu’à combien de mois ?

— En plus de simuler la vie, mon produit ralentit la décomposition du corps. Si vous faites des injections régulières, vous pourrez le faire tenir plus d’une année.

— Ça me semble intéressant. Je vais en acheter pour mon ami dans le besoin qui tient à rester discret.

— Bien sûr, je comprends. Nous livrons à domicile. Vous pouvez aussi venir chercher le produit directement à notre laboratoire, en Forêt-Noire.

2000-15-29-1-2079

* * *

Les fonctionnaires dans les centres de contrôle de présence s’aperçurent bien vite d’un changement. De plus en plus de personnes arrivaient en fauteuil roulant, accompagnée par un membre de la famille, le plus souvent un fils ou un neveu. La personne accompagnante, l’air éploré et d’une voix solennelle, louait le Revenu de Base, expliquant que sans cela, il lui aurait été impossible de s’occuper de son pauvre parent devenu totalement dépendant.

Lorsque le fonctionnaire demandait d’où provenait cette odeur pestilentielle, la personne accompagnante répondait que le malheureux n’était plus capable de se laver, puis elle éclatait en sanglots.

La nouvelle de l’existence du produit Ẍ parvint aux oreilles des États. Malheureusement, ceux-ci ne savaient comment réagir. Impossible, en effet, de faire la différence entre un honnête grabataire et un « mort prolongé ». On réalisa des tests, des recherches, on tenta de découvrir la formule du produit Ẍ. Rien n’y fit, il était bel et bien indétectable.

Mais, de manière surprenante, cette fraude généralisée ne mis à mal ni l’économie, ni la souveraineté des États. Car il s’agissait d’une fraude limitée, réalisable par tout le monde. Elle n’augmentait donc pas les inégalités entre individus. Les États diminuèrent simplement le montant des allocations, au prorata du maximum fraudable.

Les économistes nommèrent ce phénomène : « malhonnêteté de groupe ». Pour l’expliquer, ils utilisaient l’exemple du restaurant universitaire.

Soit un restaurant universitaire vendant des repas à un prix de départ raisonnable. Les étudiants qui s’y rendent volent des couverts et des assiettes pour leur utilisation personnelle. Le restaurant décide en conséquence d’augmenter les prix. Voyant cela, les étudiants n’ayant encore rien volé souhaitent en avoir pour leur argent, et volent à leur tour. Mais ceux qui ont déjà volé ne recommencent pas, car il n’y aurait aucun intérêt à stocker des dizaines de couverts chez soi. Les prix augmentent à nouveau. Le point d’équilibre est atteint lorsque tous volent dans le restaurant. Si vous ne volez pas, vous n’en avez pas pour votre argent. Vous êtes forcé d’être malhonnête. Mais comme vous n’êtes pas plus malhonnête que les autres (soit parce que c’est techniquement impossible, soit parce que ça n’aurait aucun intérêt), l’équilibre est conservé.

La malhonnêteté de groupe a pour effet d’avantager un acteur économique, qui a contribué, ou pas, à l’apparition du comportement malhonnête. Dans l’exemple, c’est le fournisseur de couverts du restaurant qui est avantagé, au détriment des autres fournisseurs.

Il arrivait parfois que des étudiants volent plusieurs assiettes.

Il arrive parfois que des étudiants volent plusieurs assiettes, mais c’est rare.

* * *

Sur la plus haute terrasse de son manoir entièrement rénové, allongé dans une chaise longue, à côté d’une piscine grande comme un terrain de football, le docteur Otto Von Gestörlebendig savourait sa victoire.

L’entreprise qu’il avait monté affichait des bénéfices records. Ses usines de produit Ẍ, implantées dans le monde entier, tournaient à plein régime. Officiellement, il s’agissait d’un médicament contre les maux de têtes. Dans certains pays, il avait même réussi à le rendre remboursable par les assurances maladie. C’était très amusant de voir un produit permettant de frauder un État être remboursé par l’État lui-même.

Il continuait parfois de travailler dans son laboratoire, juste pour le plaisir. C’est ainsi qu’il découvrit une méthode pour détecter le produit Ẍ dans le corps d’un cadavre. Mais celle-ci ne pouvait être trouvée qu’en connaissant la formule chimique complète. C’est pourquoi, il garda cette information secrète. Aucune autre personne au monde ne savait exactement comment le fabriquer. Dans ses usines, le mélange des composants était réalisé par des robots doseurs qu’il programmait et installait lui-même.

Afin d’être sûr que personne ne trouverait la méthode de détection, il brûla les résultats de ses recherches, et s’interdit de travailler à nouveau dessus. Il avait de toutes façons de quoi s’occuper, entre les cocktails mondains, les parties de golf et les soirées mousses organisées dans des monuments historiques privatisés.

Ça se voit pas, mais là on est tout en haut de l'arc de triomphe.

Ça se voit pas, mais là on est tout en haut de l’arc de triomphe.

* * *

C’était une matinée ordinaire au centre de contrôle de présence de Freudenstadt. La file d’attente s’allongeait un peu, du fait de la quelque dizaine de grabataires attendant patiemment leur tour.

Otto Von Gestörlebendig passa les portes d’un air nonchalant. Il était devenu l’un des hommes les plus riches de la planète, mais il continuait de percevoir son Revenu de Base comme tout un chacun. Afin de se donner bonne conscience et de parfaire son image médiatique, il le reversait intégralement à la Fondation des Seniors Sans Famille. Il déclarait souvent que cette contrainte de devoir se rendre personnellement dans un centre ne le dérangeait absolument pas. Au contraire, cela lui permettait de « garder un contact avec les petites gens », « de ne pas perdre pied », « de conserver un lien avec la réalité », etc.

Au passage, il aperçut Monsieur Duprol, maintenant dans un fauteuil poussé par sa belle-fille. « Le cycle normal de la plus-ou-moins-vie », se dit-il. Il lui sourit.

Alors, des dizaines de jambes, restées immobiles durant des mois, s’animèrent. Les vieillards se levèrent lentement. Ils se dirigèrent, les bras en avant et d’un pas mal assuré, vers le docteur. Des voix caverneuses sortirent de leur bouche édentée : « Papaaaaaaa, papaaaaaa ».

Otto tenta de s’enfuir. Mais plusieurs fauteuils bloquaient la porte de sortie. Il hurla, se débattit, appela au secours. Les autres personnes du centre tentèrent de maîtriser le groupe d’enragés. Lorsqu’elles y parvinrent, il était trop tard. Le docteur Otto Von Gestörlebendig avait été mis en pièce et dévoré.

« En voilà au moins un dont on est maintenant sûr qu’il est mort », ne put s’empêcher de penser le fonctionnaire derrière le guichet.

480px-Dead_rising_wheelchair_as_weapon

* Épilogue *

Otto n’ayant aucune famille, la question de l’héritage fut difficile. Après plusieurs batailles juridiques, les États parvinrent à mettre la main sur une partie de son patrimoine. C’est ainsi qu’ils eurent accès à une usine, et à des robots doseurs du produit Ẍ.

Les ingénieurs les plus talentueux et les savants les plus éminents se mirent alors au travail. Ils découvrirent bien vite la formule chimique secrète ainsi que la méthode de détection du produit. Après des recherches plus approfondies, ils tombèrent sur une autre information importante: l’existence d’un effet secondaire pouvant se déclencher à tout moment. Ils le nommèrent : « bug de réanimation imprévue ». Ils ignoraient s’il existait un antidote. Mais de toutes façons, il était un peu tard pour le chercher. Dans tous les cimetières du monde, des tombes commencèrent à s’ouvrir…

zombie_hands

Il me faut une image avec des boobs, car j'en ai au moins une par article.

Sur internet, personne ne sait que vous êtes Zlatan

Cet article constitue ma participation au « Day we fight back » (https:// thedaywefightback.org/). Il s’agit d’une journée d’action contre la surveillance généralisée d’internet. Je suis un rebelz.

Y’a des fois, je râle contre les publicités. Mais là, je vais en encenser une : celle avec Zlatan Ibrahimovic (http:// www. lequipe.fr/Jeux-video/Actualites/fifa-14-la-publicite-xbox-one-avec-zlatan-ibrahimovic/421780).

Résumé : Zlatan et un gamin générique jouent à un jeu de foot sur la Xbox, chacun à son domicile. Le hasard les fait s’affronter en ligne. Le gamin s’interroge sur le pseudo de son adversaire. Zlatan répond d’une voix Zlatanesque que « il n’y a qu’un Zlatan ! « . Le gamin générique gagne le match. Zlatan, pour ne pas perdre la face, lui annonce alors qu’il n’est pas Zlatan.

Zlatan avec sa tête zlatanienne.

Dans cette publicité, Zlatan nous montre donc l’importance d’une notion qui lui tient à cœur : l’anonymat sur internet. Sans cet anonymat, il ne pourrait pas se sentir libre de jouer à la Xbox comme il en aurait envie. Zlatan, aussi grand et puissant soit-il, nous avoue ici qu’il a de temps en temps besoin de se sentir quelqu’un d’autre, pour se construire différemment, pour échanger avec les autres différemment, ou tout simplement pour se reposer un peu. Cette liberté lui permet d’être encore plus « ZLATAN » durant les moments où il doit l’être.

Sans entrer dans la schizophrénie, la personnalité d’un être humain possède diverses facettes. Pour Zlatan, il est important que ces facettes ne puissent pas toutes être reliées entres elles. Cela permet de se développer dans différentes voies, de tester des comportements, d’avoir droit à l’erreur, et finalement, de devenir quelqu’un d’intéressant, avec toujours quelque chose à découvrir à l’intérieur. Pour contribuer à faire connaître cette importantitude, ZLATAN, merci.

Bon accessoirement, il fait aussi un peu de pub pour la Xbox et le foot, mais on ne lui en tiendra pas rigueur. Ne sont-ce pas là quelques activités comptant parmi ses nombreuses passions ? Accordons-lui ce petit bonus qu’il offre à sa célébrité et son compte en banque.

Triple Face Mask. beppyiram.blogspot.com Double Faced Mask

Donc Zlatan lutte pour le droit à l’anonymat. Mais z’au fait …

À quoi ça sert l’anonymat ?

Ça facilite la liberté d’expression, et ça permet de dire des choses sans les assumer complètement. Ce n’est pas nouveau comme astuce. L’anonymat existe depuis que la création artistique existe. Si vous avez envie de déclarer quelque chose d’un peu délicat, et que vous avez peur des réactions que ça pourrait provoquer, inventez une histoire comportant un personnage qui fera la déclaration à votre place. Si ça merde, vous pourrez toujours dire que c’est pas ce que vous pensez réellement.

Présenté de cette manière, l’anonymat semble un peu pourri, il autorise les gens à ne plus avoir le courage de leurs opinions. Seulement voilà, j’ai un scoop :

La liberté d’expression n’est pas le privilège des gens courageux.

COURAGE Un pingouin avec des cymbales.

Parce que des fois, pour acquérir le courage de dire une chose difficile, il faut commencer par la dire sans courage, en enrobant le propos, en y rajoutant un gros tas d’humour. « Ha ha ha, non c’est pas vrai. Je rigole. Ha ha ha. »

Parce que des fois, on dit un truc et c’est pas ça du tout qu’on voulait dire. L’anonymat peut permettre de revenir en arrière. « Quoi ? Mais non ! Je n’ai jamais dit ça. Voyons, où vas-tu chercher ces idées. ha ha ha ha ha. hem. *tousse *tousse. Bon, où est passé l’alcool ? »

Parce que le fait d’être courageux ou pas n’est pas spécialement lié au fait d’avoir ou pas des choses intéressantes à dire. De plus, le fait d’avoir ou pas des choses intéressantes à dire ne devrait pas être lié au fait de pouvoir jouir ou pas de la liberté d’expression. C’est chiant comme tout, parce que du coup, des tas de connards en profitent pour raconter n’importe quoi, mais faut faire avec.

Petit exemple : ce manque de courage est parfois reproché au groupe des Anonymous (se référer aux déclarations de Christophe Barbier). Et ça se défend. Lorsqu’on dit quelque chose sans courage, ça a moins d’impact que si on le disait avec. Sauf que les Anonymous s’en tamponnent, ils n’ont pas l’intention de tirer leur force de leur courage, mais de leur nombre. C’est une stratégie qui peut fonctionner, car en acceptant les non-courageux, les Anonymous augmentent énormément la quantité potentielle de gens qui peuvent les rejoindre.

Christophe Blindé Barbier contre les Anonymous

Si l’anonymat diminue la force du propos, c’est pas si génial.

Oui, mais c’est pas si grave. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’anonymat vous offre une possibilité de plus de vous exprimer. Soit vous révélez votre identité, et vous augmentez vos chances d’être écouté, soit vous restez anonyme, et vous courez le risque que tout le monde n’ait rien à foutre de votre avis. Vous avez le choix, et c’est important que ce choix soit toujours possible.

D’ailleurs, si on regarde l’histoire globale du monde mondial, on se rend compte que les propos ont tendance à se diluer.

Ce que j’appelle « dilution des propos », c’est le fait que tout ce qu’on dit ait de moins en moins d’impact.

A B C Des lettres qui se liquéfient.

Aaahhh ! Je fonds ! Je fonds !

Ça a l’air d’être une régression, car ça signifie que les mots ont de moins en moins d’importance. Mais en fait c’est plutôt bien. Ça permet un foisonnement de propos, plus ou moins intéressants, duquel peut sortir des idées plus diversifiées.

Au début, copier des livres c’était chiant. Alors on préférait ne copier que ce qui semblait être le plus important : la Bible. Et on faisait ça bien, avec des belles lettres chiadées. Chaque phrase, chaque mot de la Bible était très important, et a été étudié sous tous ses aspects.

Ensuite, on a inventé l’imprimerie. Les gens ont eu peur, et considéraient que les livres étaient dangereux, qu’ils implanteraient de mauvaises idées dans le cerveau des enfants et les détourneraient des choses importantes (comme travailler aux champs par exemple). Pour parachever le tout, des tas de livres stupides et inintéressants étaient imprimés. La Bible a perdu de son impact, les mots sont devenus moins importants et la notion de « blasphème » est devenu obsolète.

Kaori. Japonaise masquée avec des nichons.

Une bonne utilisation de l’anonymat.

Malgré ce foisonnement de stupidité et cette déliquescence du sens, des œuvres de qualité ont réussi à apparaître et à trouver leur public. Transposé à notre époque, ça donnerait : « la prolifération des romans de Marc Lévy n’a pas empêché Chuck Pahlaniuk d’écrire ‘Fight Club' ». Comment ça je suis partial ?

Ensuite, internet est arrivé, et a provoqué plus ou moins les mêmes réactions, mais au niveau supérieur. Plein de gens écrivent pleins de trucs stupides et inintéressants, on a peur que le cerveau des enfants soit corrompus, et des choses traumatisantes et taboues telles que la pédophilie et le nazisme sont librement évoquées. (J’ai pas dit « intelligemment évoqué », juste « librement évoqué »).

Au début de l’internet, les mots avaient encore une certaine importance. Puis des gens se sont amusés à troller. Les victimes de ces trolls se sont tout d’abord insurgées, et répondaient de manière détaillée, expliquant pourquoi c’était pas bien de dire ces trolleries. Ensuite, on s’y est habitué. Lorsque quelqu’un trollait, plus personne ne lui répondait. Le trollage est maintenant en déperdition, mais il a eu le temps de participer à la dilution des propos.

Alors oui, internet est plein de merde. Mais il vaut mieux plein de merde avec quelques trucs cools cachés au milieu, plutôt que pas de merde, avec vraiment très peu de trucs cools mis en évidence. C’est plus compliqué, vous devez filtrer la merde, et personne ne peut le faire à votre place, car ce qui est intéressant pour vous est peut-être de la merde pour les autres. Eh oui, ça me fait mal au cul de le dire, mais vous avez le droit d’aimer Marc Lévy.

Un tuyau sale et un tuyau propre.

Pensez à nettoyer vos filtres.

Mais si tout le monde peut dire de la pure merde, ça va être la merde !

C’est un problème inhérent à la liberté d’expression. On a trop tendance à croire que la liberté d’expression est un truc « qu’il faut préserver à tout prix ». Ce n’est pas tout à fait cela. En fait c’est un truc « pour le meilleur et pour le pire », qu’il faut quand même préserver à tout prix.

Parce que si tout le monde a le droit de dire de la merde, tout le monde a également le droit de contredire ceux qui disent de la merde, de dénoncer la merde, de décrire pourquoi c’est de la merde, de proposer mieux ou tout simplement de ne pas y prêter attention.

(Ici, il faudrait une photo d’une merde géante, mais j’en ai déjà mise une dans un précédent article).

Des tas d’autres choses sont « pour le meilleur et pour le pire » : la science, les tronçonneuses, les vêtements moulants, les recettes de cuisine, la vie, le sexe, … Le droit à l’anonymat et la liberté d’expression sont à ranger dans la même besace.

Jessica Nigri Juliet Starling du jeu vidéo Lollipop Chainsaw

Tronçonneuse, vêtements moulants … le meilleur du meilleur ?

On pourrait faire une sorte de parallèle capillotracté avec l’opposition « logiciels propriétaires/libres ». Le propriétaire a des avantages :

  • il n’y en a souvent qu’un seul dans sa catégorie, pas besoin de se prendre la tête à en évaluer plusieurs
  • ça marche pas trop mal
  • c’est soutenu par un gros truc qui offre une sorte de garantie de pérennité.

Le libre a d’autres avantages :

  • on sait que n’importe qui peut inspecter comment c’est fait dedans
  • en général c’est gratuit
  • les mises à jour sont plus fréquentes.

En conterpartie, le libre, c’est le bordel, il y a trouzemille produits différents, qui font tous plus ou moins la même chose mais pas tout à fait. C’est compliqué de trouver celui qui correspond le mieux à ce qu’on veut faire.

On pourrait également faire une autre parallèle capillotracté avec l’opposition « licences propriétaires/libres ». Les œuvres sous copyright classique ont l’avantage d’être super simple. Vous n’avez rien le droit de faire avec, et il n’y a pas de texte de trouzemille mots à se farcir.

Les œuvres sous licences libres permettent de faire plus de choses, mais jamais exactement les mêmes. Il faut se renseigner précisément sur ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas. On peut très difficilement passer d’une licence à une autre, bien qu’il y en ait des plus ou moins équivalentes. Et lorsque vous créez une œuvre, bonne chance pour choisir celle qui correspond le mieux à ce que vous souhaitez ! Mais au moins, il y a le choix.

Le dragon-cornucopia.

Pokécorne d’abondance !

C’est peut-être ça, ce fameux « passage de l’économie de rareté à l’économie d’abondance », dont on entend parler ici et là. L’abondance, c’est très bien, mais ça soulève un nouveau problème : le choix. Des millions de biens (physiques et virtuels) vous sont proposés, la plupart ne vous conviennent pas tout à fait, et c’est à vous de trouver ceux qui vous conviennent parfaitement. C’est une difficulté qu’on n’avait jamais vraiment rencontré jusque là, et il va falloir se donner les moyens de la résoudre, chacun à sa manière.

Mais cessons de capillotracter, et revenons à la notion de liberté d’expression.

Il faut bien une limite, quand même !

La loi et/ou les conventions sociales doivent-elles définir des choses qu’on ne peut décemment pas dire ? Des concepts que l’on ne peut pas vanter ? Si oui, lesquels ?

La nénétte du groupe 2unlimited avec ses nichons.

No limit for boobs.

C’est la question qui tue que des tas de gens (philosophes, juristes, politiques, blogueurs du dimanche, Michel Drucker) se posent. Je n’ai pas la réponse. La loi française fixe une limite, qui ne me semble pas trop mal, mais est-ce la meilleure ? Voyons voir…

Légalement, je n’ai pas le droit de dire, de manière sérieuse, que les noirs et les roumains sont des connards. Mais j’ai le droit de dire que les sportifs sont des gros beaufs, que les vieux sont grincheux et emmerdants, et que les garagistes sont des voleurs. Pourquoi ?

L’explication semble simple. Être noir ou roumain, c’est quelque chose qui nous arrive à la naissance, on ne le choisit pas. On peut changer sa nationalité après coup, et même sa couleur de peau (coucou Michael Jackson !), mais ça reste fortement ancré dans la personnalité. Donc : les trucs non choisis, on n’a pas le droit de s’en moquer, les trucs choisis (comme le métier ou les passions), on a le droit.

Sauf que ça colle pas. Certaines personnes choisissent elles-mêmes leur religion, en leur âme et conscience, après plusieurs années d’interrogations personnelles. Pourtant je n’ai pas le droit légal de dire que les bouddhistes sont des barbares ignorants. Les femmes ne choisissent pas la taille de leurs nichons, pourtant, j’ai le droit légal de dire que toutes celles qui ont des petits seins sont frigides (ce sera un propos très mal accueilli par une majorité de gens, mais j’ai le droit légal de le dire). On choisit son orientation sexuelle, pourtant je n’ai pas le droit légal de dire que les homosexuels sont des sous-hommes.

Minorités provenant du corporate-bullshit-land.

Minorités provenant du corporate-bullshit-land.

Ce n’est pas non plus par rapport à la quantité de gens offensés. Les femmes sont nombreuses, je n’ai pas le droit d’avoir des propos sexistes. Les automobilistes sont nombreux, j’ai le droit de dire que ce sont des égoïstes paresseux et pollueurs. Les handicapés moteurs sont peu nombreux, je n’ai pas le droit de dire qu’il faut les parquer dans une réserve car ils nous gênent avec leurs putains de fauteuils. Les végétariens sont peu nombreux, j’ai le droit de dire que ce sont des chiffes molles de hippies moralisateurs.

Ce n’est pas non plus par rapport à ce qui définit notre personnalité. Des tas de gens se définissent plus par rapport à leur métier que par rapport à leur nationalité, pourtant on peut dire du mal des informaticiens, mais pas des japonais. Les handicapés essaient de se définir autrement que par leur handicap, pourtant on ne peut pas se moquer de leur handicap.

Il semble donc impossible de définir, dans l’absolu, des critères de non-moquabilité. Pourtant, d’après ce que j’ai compris, la loi est censée s’inscrire le plus possible dans l’absolu, et la morale encore plus. Je vous laisse vous démerder avec tout ce bordel.

La martyre de l’anonymat

Je ne vais pas m’étendre sur cette partie, parce que l’article commence à être un peu long et que je voudrais me faire du thé. J’aimerais juste vous parler un peu de Jessi Slaughter. Je vous laisse prendre connaissance de ce qui lui est arrivé ici et ici (http:// www. truecrimereport.com/2010/07/jessica_leonhardt_aka_jessi_sl.php, http:// www. dailydot.com/society/jessi-slaughter-leonhardt-damien-cyberbully-return/).

Monsieur de la cyber-police. e-swat

La cyber-police.

Il est clair que l’anonymat a joué un rôle important, et très négatif dans cette triste histoire. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut le combattre. Comme dit plus haut, l’anonymat fait partie de ces concepts « pour le meilleur et pour le pire ».

Ce qu’il faut combattre, c’est le harcèlement. Et ça existait déjà dans les écoles primaires, les lycées et les collèges, avant internet.

Dernière remarque, proposée par mon ami imaginaire de la facilité : si Jessi avait su utiliser efficacement le concept d’anonymat, elle n’aurait pas eu tous ses problèmes. En masquant son visage sur les vidéos, en ne donnant pas son vrai nom, elle aurait certainement eu une bordée de commentaires insultants sur ses comptes youtube / facebook / twitter / etc, mais ce défèrlement de haine n’aurait pas débordé dans le monde réel.

D’après vous, pourquoi n’y a-t-il aucune photo de moi dans ce blog à la noix ? Je ne me fais pas d’illusions, il est certainement possible de retrouver mon vrai nom, où j’habite, etc. Mais ce n’est pas à la portée du premier débile venu, et c’est ce qui compte. Car perpétrer du harcèlement nécessite une masse importante de débiles.

Bon, il était un peu trop sérieux cet article. Promis, la prochaine fois, je vous raconte n’importe quoi !

L’histoire de ce roi mort de n’avoir pas pu te rencontrer

Cette histoire a été écrite dans le cadre de la Semaine Internationale (voire Intergalactique) du Revenu de Base Inconditionnel. Comme déjà dit dans cet article, ainsi que sur le blog de Sam&Max, je vous invite à signer l’Initiative Citoyenne Européenne, pour obliger nos amis politiciens à réfléchir à cette idée.

Cette histoire ne contient pas vraiment de morale et elle ne vous fera pas forcément réfléchir. Mais j’avais envie de l’écrire.

dead king of clubs by happy hollow niggi d5ddz5c

Alors voilà, ce serait l’histoire d’un roi, gentil et cool. Y’aurait qu’à l’appeler Henri 4.1. Il serait roi de la Patatonie et il gouvernerait avec l’aide de son ami de toujours, qu’on appellerait Conseiller_Générique.

Aujourd’hui, Henri 4.1 est malheureux, son bon peuple est pauvre et crie un petit peu famine. Alors il convoque son ami pour une séance de brainstorming royal.

− Tous les Patatoniens devraient pouvoir manger de la poule au pot le dimanche.

− J’ai bien une idée, Sire, mais je risquerais de me faire traiter de filou générique. On pourrait annoncer au peuple ce que vous venez de dire, puis juste après on supprimerait les dimanches. Ainsi les Patatoniens travailleraient plus, et vous auriez tenu votre promesse.

− Je vous en prie mon bon Conseiller_Générique, tout ceci est sérieux. Ce qu’il faudrait faire, c’est donner des poules au pot à ceux qui n’ont pas les moyens. Nous sommes déjà en mesure de déterminer, pour chacun de mes sujets, s’il est pauvre ou pas. Il suffit de fixer un seuil à partir duquel on a droit à une poule au pot par semaine.

− Mais le bon peuple ne risque-t-il pas de se rendre pauvre exprès, afin d’avoir à manger gratuitement et sans rien faire ?

− Vous avez raison. Il ne faut en donner qu’à ceux qui le méritent vraiment. Ce n’est pas le tout d’être pauvre, il faut aussi montrer que si on était riche, on serait capable de faire preuve de la même solidarité dont le royaume fait preuve actuellement.

− Ce sera un peu plus compliqué à évaluer. Nous aurons besoin de psychologues, et de lois décrivant le plus précisément possible la notion de mérite. Sans oublier des meta-psychologues, qui évalueront le mérite des psychologues.

− Mon bon Conseiller_Générique, je vous fais toute confiance pour mettre cette structure administrative en place.

poule au pot square home news

Quelques mois plus tard, Conseiller_Générique et Henri 4.1 se réunirent à nouveau.

− La situation est mitigée, Sire.

− Eh bien, le bon peuple ne mange-t-il donc pas à sa faim ?

− Plus ou moins, Sire. Mais l’abondance de poule au pot a eu d’autres impacts sur leur comportement. Certains récupèrent les plumes pour en faire des cure-dents, d’autres utilisent la peau pour confectionner des gants de toilette, et j’ai même pu acquérir cette tête séchée montée en pince à sucre.

− Ce sont là des activités économiques annexes. C’est plutôt positif, n’est-ce pas ?

− Les cure-dents se brisent en laissant des morceaux dans la mâchoire, lorsqu’on se lave on finit recouvert d’une pellicule de graisse, et j’ai des hauts-le-cœur quand je regarde mes sucres en face. D’autre part, nous recyclons les abats de poule pour en faire une sorte de farine, afin de nourrir les nouvelles poules. Or, il semblerait que ce ne soit pas très bon pour leur santé. Mais nous n’avons pas d’autres choix, nous manquons d’agriculteurs.

− Pour les agriculteurs, aucun souci. Nous instaurerons des primes au replantage d’épis de blé, cela devrait relancer l’attrait pour cette profession.

− J’ai bien peur que le problème soit plus global, et lié à notre choix culinaire initial. Le seul intérêt qu’il puisse y avoir dans une poule, c’est son aspect comestible. Tout le reste n’est que de piètre qualité. On dit que dans le cochon, tout est bon. C’est sûrement vrai. Mais dans la poule, seule la viande est bonne.

− Vous voulez dire que nous aurions dû établir une loi stipulant que tout Patatonien puisse manger du cochon au pot le dimanche ?

− Peut-être. Il est de toutes façons difficile de revenir en arrière. Nous n’avons plus d’éleveurs de cochons, ils se sont tous reconvertis.

− Voilà une solution simple : nous allons interdire le commerce des poules au pot et de leur produits dérivés. Le gouvernement en donne au peuple, il les mange. Tout autre échange ou transformation concernant cette denrée sera considéré comme clandestin, et passible d’une lourde amende. Allons mon bon ami ! Légiférons ! Légiférons !

King Arthur of Camelot monty python and the holy grail 591189_500_281

Quelques mois plus tard, c’est un Conseiller_Générique totalement paniqué qui revient parler à Henri 4.1.

− Sire, les végétariens et les personnes n’aimant pas la poule au pot ont formé une délégation, et désireraient s’entretenir avec vous de l’injustice de vos nouvelles lois. Ils n’ont que faire de ce qu’on leur donne gratuitement, et leur seul moyen de s’en débarrasser est de le jeter directement aux ordures, ce qui constitue un gaspillage désastreux, sans compter l’odeur. Le point positif, c’est qu’une nouvelle confrérie vient de voir le jour. Ils se proclament « les poulophiles de l’amour », et proposent leur aide pour résoudre cette crise.

− Nous pouvons rajouter quelques lois supplémentaires. Mettons en place des dérogations, en autorisant le commerce de poules au pot à ceux qui en ont réellement besoin.

− Fort bien, Sire. Mais comment déterminer exactement la notion de « besoin » ?

− Eh bien, engageons d’autres psychologues et d’autres juristes ! Au point où nous en sommes !

− Je vous sens un petit peu fatigué, Sire.

− Excusez-moi mon bon Conseiller_Générique, je m’emporte. Pouvez-vous me laissez maintenant ? Je dois préparer le discours pour le Grand Festin Annuel de Finition des Restes.

Au fil des mois, il fallut encore apporter des ajustements à la loi. Les nouveaux-nés âgés de 3 mois à un an devaient obligatoirement être nourris avec de la poule au pot mixée, afin de diminuer les chances qu’ils n’aiment pas ce plat dans le futur. Les sujets qui justifiaient d’une bonne résistance stomacale avaient le droit de demander 2 poules au pot périmées au lieu d’une comestible. On leva de nouveaux impôts pour financer la recherche en amélioration de farine d’abats. Le proxénétisme poulophile fut encadré de manière stricte, tout en restant le plus respectueux possible des orientations affectives de chacun.

tumblr_m3hus9k41R1r3zqgxo1_500

2 poules pour le prix d’une ! Et elles sont pas périmées !

C’est là que « tu » aurais pu intervenir.

« Tu », c’est toi. La personne à cause de qui le roi est mort de ne pas l’avoir rencontré.

Mais au fait, qui es « tu » ?

Tu es un sujet générique du royaume. On va dire que tu exerces le métier d’éleveur. Tu n’es pas sûr de pouvoir conserver ton emploi, car la ferme d’élevage poulier intensif dans laquelle tu travailles risque de tomber en faillite, du fait de la pression fiscale. L’État a besoin d’argent pour payer les meta-fonctionnaires-psychologues-juristes. D’autre part, les importations de poules étrangères, certes un peu plus chères, mais de bien meilleure qualité, ont continué de mettre la ferme à mal. Heureusement, la nouvelle législation réglemente très précisément les importations.

Mais tout cela n’est pas très important. L’important c’est ta passion pour le bricolage, en particulier, la menuiserie.

Tu aimes concevoir des meubles beaux, solides et simples à monter. Tu pousses le détail jusqu’à rédiger des petits manuels que même un crétin poulonital comprendrait. Tu aimerais bien monter ta petite entreprise de meubles, et pourquoi pas, répandre ta renommée dans d’autres pays. Mais tu peux difficilement te consacrer pleinement à cette activité, la ferme poulière a besoin de ton travail pour survivre.

Henri 4.1 ne t’a pas rencontré, et il ne connait pas ton talent.

Un jour, il voulut consulter les textes relatifs à l’impôt sportif de solidarité aux choléstéroleux. Ceux-ci se trouvaient sur la plus haute étagère de l’armoire législative de référence, un meuble de 40 mètres de haut et 100 mètres de large, contenant toutes les lois du royaume, correctement datées et versionnées.

tumblr_l53da0BqvE1qzb5wz

Une armoire de sauvegarde annexe. (Celle de référence est beaucoup plus grande).

Il prit une échelle et partit à l’assaut de ce monolithe brinquebalant. Arrivé en haut, il s’appuya sur la dernière étagère pour souffler un peu. Celle-ci ne tenait pas bien, et céda. L’armoire entière s’écroula dans un tonnerre de bois et de papier, ensevelissant le pauvre roi.

Les planches étaient fixées par des tenons en os de poulet agglomérés.

Quant à Conseiller_Générique, il mourut d’une blennorragie aviaire. Mais tu as moins de regret à avoir par rapport à lui. Même si tu l’avais rencontré, il serait mort pareil.

unrelated bbw cuisse pic