Que devient le groupe de musique Lonah ?

C’était il y a quelques années.

Je vous propose de faire mon vieux de la veille et de vous raconter ça comme si c’était une lointaine époque dont je serais le seul survivant à me souvenir. Ça fait toujours super classe.

[Disgression : ça me rappelle une autre époque, pas si lointaine, où, dès que j’utilisais l’expression « ca me rappelle », il se trouvait un petit trou du cul de connard pour se foutre de ma gueule et m’imiter comme si j’étais quelqu’un de très vieux qui se rappelait une ancienne époque. Ce n’était pas uniquement de la moquerie, c’était aussi un acte réducteur de ma personne : le petit trou du cul sous-entendait que j’étais un jeune petit trou du cul qui voulait se donner l’impression qu’il avait une histoire, alors qu’il n’en n’a pas car il est trop jeune. Même à l’age de trois ans, j’avais déjà une histoire, trou du cul. L’histoire de millions d’autres enfants. Mais ce n’est pas le moment de parler de ça.]

En ces temps très très anciens, les licences libres logicielles (GPL, BSD, Apache, …) étaient relativement connues, mais les licences libres artistiques n’en étaient qu’à leurs blablabutiements. Les œuvres apparentées étaient donc assez rares, et souvent d’une qualité et d’un intérêt douteux. Les chantres du Libre devaient donc user d’un peu de mauvaise foi pour les défendre, et lorsqu’ils citaient des exemples, retombaient souvent sur les mêmes :

Je mets les liens grisés ici, car si je les intègre dans la liste, ce sera illisible :

  • https ://orange .blender.org/background/
  • https ://www .youtube.com/user/MastocStudio/videos?sort=dd&view=0&shelf_id=0
  • http ://art9libre .tuxfamily.org/archives/author/eldreammachine
  • http ://www .inlibroveritas.net/
  • http ://tuxracer .sourceforge.net/
  • https ://en .wikipedia.org/wiki/Quake_III_Arena
  • http ://www .xbill.org/
  • http ://web .archive.org/web/20060619144448/http://culturelibre.net:80/article.php3?id_article=330
  • https ://fr .wikipedia.org/wiki/Ehma
  • https ://lacrymosa .tuxfamily.org/
  • http ://www .le-terrier.net/index2.html

Les terres de l’Art Libre étaient encore vierges, il suffisait donc d’y produire une œuvre pas trop dégueu pour avoir un tout petit public conquis dès le départ. C’est à cette occasion que j’ai essayé de devenir riche et célèbre avec mon dessin animé Pru-Pra-Prok. Je vous ai déjà raconté cela.

L’art de la musique était un peu plus avancé que les autres dans la découverte des bouleversements interneto-générés. Un paquet de pop-corn à la main, nous assistions aux échauffourées entre les vilaines maisons de disques soutenues par la méchante Sacem, et les héros robin-des-boisesques qu’étaient Napster et autres eMule. C’est dans ce contexte qu’apparut Jamendo, une plate-forme d’écoute et de téléchargement de musique. Son positionnement par rapport au « Libre » est source de débats et d’analyses diverses (https:// framablog.org/2011/10/04/librologie-jamendo/). De son côté, Mano Solo tentait un truc, se planta, puis mourut un petit peu.

Jamie Lopez n’est pas sur Jamendo, malgré les 3 lettres initiales en commun.

Le groupe de musique Lonah, composé de gens (retrouvez les noms vous-mêmes) était un « early adopter » de Jamendo. Leur premier album « Pièces » est un joli petit concentré patchworkesque de choses belles, étranges, oniriques, volantes, interrogatives, safranées, piscinesques. Je l’aime beaucoup.

J’étais allé les voir en concert, dans un quelconque bar-salle parisien. Le petit dépliant du planning indiquait « Lionah ». Woups, boulette.

Puis ils ont sorti deux autres albums, tout aussi bien. De mon côté, j’étais parti vers d’autres choses. C’est à peu près à cette époque que j’ai commencé ce blog. La suite de cette histoire est dans mes articles.

Récemment, je suis allé traîner sur leur site, le dernier message date de 2012. On y trouve également une photo de chien-loup, à moins que ce soit un choux-lien.

Est-ce qu’ils sont partis en tournée mondiale et n’ont plus le temps de donner de leurs nouvelles ? Est-ce qu’ils se sont séparés ? Est-ce que leur gloire naissante s’est embrasée au contact trop proche d’un soleil trop attirant ? Est-ce que ça leur a finalement semblé mieux et plus jucraciel de devenir trader en cokaïne à Dubaï ? Si vous avez des infos ou si un membre du groupe me lit, ça me ferait très plaisir d’avoir un petit commentaire.

En attendant, j’ai un petit cadeau pour vous. Le groupe avait créé un très beau morceau intitulé « le roi se meurt », inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Ionesco. Même que j’avais acheté et lu le texte de la pièce suite à la découverte de cette chanson.

Celle-ci ne semble pas présente sur leur compte Jamendo. Elle est écoutable sur leur blog (http:// www. lonah.net/?q=node/24), mais il faut activer le flash, et c’est difficilement (voire impossiblement) téléchargeable.

Heureusement, j’avais récupéré le mp3 à une époque où il était disponible (je ne sais plus où). Voici donc, chers lecteurtrices/auditeurtrices, un petit trésor : Le roi se meurt en mp3 (https:// www. dropbox.com/s/itnirgtpwhec6xj/12%20Le%20roi%20se%20meurt.mp3?dl=0).

 

 

#copinage : « sans droit ni loi »

Lulu les poilu(e)s !

Y’a des gens qui écrivent sur des blogs, d’autres sur du papier.

L’une des personnes écrivant sur du papier s’appelle Jacques-Yves Martin. Dit comme ça on a l’impression que c’est un pseudo. Franchement, quand on a un nom qu’est un prénom, on s’amuse pas à avoir un prénom qu’est un double-prénom. Enfin, sauf si on est un explorateur des grands froids (Jean-Louis Étienne, Paul-Émile Victor). Vous ne pouvez pas savoir si « Jacques-Yves Martin » est son vrai nom, mais ce n’est pas le plus important.

Et donc, sur du papier, il a écrit un polar, que j’ai lu et bien apprécié. Ça s’appelle « Sans droit ni loi » (https:// jacquesyvesmartin.com/sans-droit-ni-loi/).

On y retrouve des éléments de base assez classique : un policier menant une enquête, un suicide qui n’en est pas forcément un, des endroits glauques, etc. Sauf que Jacques-Yves Martin, qui n’a pas exploraté les étendues de Grande-Froidie, a eu l’occasion d’exercer le métier de policier. Du coup, son histoire est bien plus ancrée dans la réalité que d’autres. L’enquête s’étend sur plusieurs mois, au lieu d’être torchée en 3 jours par le super-sherlock de service. Des détails assez précis sont mentionnés : concernant la médecine légale, les indices présents sur un cadavre, l’administration policière, les procédures, etc.

Boris Thibert, le héros, est un justice-holique (il est accro à la justice). Alors là vous allez me dire que c’est banal, plein de personnages de polars sont comme ça. Mais c’est pas parce que quelque chose a déjà été fait qu’il ne faut pas le refaire à sa manière. En plus, un personnage justice-holique peut amener à des dilemmes moraux bien alambiqués : il pourrait glisser dangereusement vers la notion de vengeance, ou s’opposer à d’autres justice-holique n’ayant pas la même justice, etc. Les dérives potentielles sont innombrables.

Étrange mise en forme du texte

Les pensées internes du héros, ses réflexions, ses doutes et ses difficultés à s’affirmer sont écrites en italique et entre guillemets. D’autres parts, les pensées intimes du narrateur données en confidence au lecteur sont écrites en italique sans guillemets. Je ne suis pas sûr que ce soit les conventions standards, mais ça ne me dérange pas. De manière générale, j’aime bien voir la typographie un peu secouée par des nouvelles règles (cohérentes ou pas). Rappelons que dans les débuts de ce blog, il n’était pas rare de voir du texte changer de couleur pour montrer les moments où je craquais mon slip dans le but de l’accrocher fièrement au bout d’un bâton de majorette tel un étendard portant glorieusement les couleurs du ᵐ°uᵛₑᵚₑᴻt brownien gastrique (ha ha ha, mouvement « brownien » gastrique,  HAHAHAHAHA-HAAA !)

Hrrmm… Broumf. Je ne sais pas si je suis très clair avec ces histoires d’italique et de guillemets. Je vais donc vous montrer un exemple. Afin de ne pas vous spoiler l’histoire, il est de mon cru, inspiré de faits réels.

Réchèr entra dans le bar et jeta un regard circulaire pour repérer les gens intéressants.

« J’adore les volumineuses fesses de cette femme assise là-bas. »

La femme en question employa toute son attention à ne pas prêter attention à Réchèr.

Il aurait tant aimé être le tabouret de bar sur lequel elle était assise.

Il commanda une bière avec une paille et une touillette.

Vous voyez la subtilité ? La phrase en italique+guillemets est à la première personne car ce sont les pensées internes du personnage. Celle en italique simple est à la troisième personne car c’est le narrateur qui partage une intimité avec le lecteur.

Bon et alors ?

Eh bien je trouve personnellement que les italiques du narrateur sont inutiles. Le simple fait de lire un texte implique automatiquement une relation intime entre le lecteur et le narrateur. Ce n’est pas la peine d’en rajouter. Revoici mon exemple :

Réchèr entra dans le bar et jeta un regard circulaire pour repérer les gens intéressants.

« J’adore les volumineuses fesses de cette femme assise là-bas. »

La femme en question employa toute son attention à ne pas prêter attention à Réchèr.

Il aurait tant aimé être le tabouret de bar sur lequel elle était assise.

Il commanda une bière avec une paille et une touillette.

Je sais pas vous, mais moi je trouve ça plus fluide et moins insistant.

Un petit bug

C’est pas grave du tout, mais ça heurte ma sensibilité d’enculeur de mouches informaticien. L’histoire fait mention d’un « logiciel de cryptage ». Le mot « cryptage » ne devrait pas être utilisé. Explication rapide :

  • Pour rendre un message secret, on le « chiffre », en utilisant une « clé » (qui est un peu comme un mot de passe).
  • Pour retrouver le message original à l’aide de la clé, on le « déchiffre ».
  • Lorsqu’on tente d’obtenir le message original sans en avoir la clé, on le « décrypte ». C’est une opération plus ou moins faisable selon l’algorithme de chiffrement, la complexité de la clé, etc.

Le terme « cryptage » n’a donc aucun sens. Il voudrait dire qu’on rend un message secret sans avoir de clé, alors que c’est justement ce qui sert à chiffrer. Plus de détails par ici (https ://fr.wikipedia.org/wiki/Chiffrement#Terminologie).

Sinon, le logiciel de chiffrement dont il est question est « TrueCrypt », et il semblerait que ce ne soit pas le plus fiable. (https:// www. howtogeek.com/203708/3-alternatives-to-the-now-defunct-truecrypt-for-your-encryption-needs/). Mais c’est un autre sujet et rien n’interdit d’inventer des personnages qui s’en servent.

Le mec au whisky

Attention, dans ce chapitre je vous spoile la première page. J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop.

L’histoire débute par un mec qui boit du whisky.

Or figurez-vous que je connais personnellement l’auteur. Il m’avait demandé de relire et corriger une première version de son texte, ce que je fis, en échange de quelques dix-millièmes de bitcoins.

Dans cette première version, le mec de la première page buvait du Martini. Je lui ais suggéré que ça faisait un peu boisson de tafiole, du coup il l’a changé. Je me sens super important d’avoir eu cette petite influence.

Je vous laisse acheter et lire le livre pour découvrir le rôle que tient ce fameux « mec au whisky ».

Et sinon Jacques-Yves vient de sortir un deuxième livre : Ode à Caïssa (https:// jacquesyvesmartin.com/la-deuxieme-enquete-de-boris-thibert/).

Si je trouve le temps de le lire entre deux verres de bière (je bois pas de whisky, je suis une tafiole), j’en parlerais ici même.

« Sans droit ni loi » est un polar, mais il ne comporte pas de détective, contrairement à cette image.

Alors les français cesseront de chanter ce refrain terrible

Vous avez inévitablement entendu parler des déplorables événements qui ont eu lieu à Paris ce 13 novembre.

Je n’écrirais pas d’articles sur les attentats eux-mêmes, parce que je ne me suis pas renseigné suffisamment à leur sujet, et je ne ferais que répéter ce que vous pouvez déjà lire ailleurs. Juste une déclaration personnelle : « monde de merde ».

Sans surprise, ces attaques auront pour effet d’augmenter la « fierté d’être français » dans la globalité mondiale, y compris parmi des gens d’autres nationalités. Est-ce que c’est une bonne chose ? Est-ce que ça ne risque pas de dériver vers du super-nationalisme de chiotte ? Je n’en sais rien, je ne suis pas assez compétent pour discuter de ça.

En ce qui me concerne, j’aime bien mon pays. J’y ai vraiment réfléchi et j’en ais conclu que je l’aimais bien. Pour reprendre une expression de cette philosophe qu’est Diam’s : « ma France à moi » …

Ma France à moi c’est Raymond Devos, Florence Foresti, le jeu vidéo Another World, la Motion Twin, la bière, une nana avec des seins vraiment énormes que j’ai croisé dans la rue, les croissants géants de la boulangère, le théâtre classique/contemporain/absurde, les festivals de musique, les bibliothèques municipales, les écoles d’ingénieurs (en particulier l’UTBM), Gaston Lagaffe, vous en train de me lire, les vieux ordinateurs Thomson, le Petit Journal, le Gorafi, la blanquette (viande), la blanquette (alcool), Andreas Martens (même s’il est aussi allemand et belge), Velvet d’Amour, Gotlib, Kaamelot (la série et les BD), les piscines avec des toboggans, le ski, des villages paumés, des langues régionales dont je comprends que d’alle, René Descartes, le blog de Sam et Max, le professeur Boulet éminent blogologue, Nioutaik, l’ex-magazine 42, le Joueur du Grenier, Chantal Dubois (un personnage de Madagascar 3), Framasoft, et bien sûr : Lolo Ferrari.

Certes me direz-vous, mais la France n’est pas constituée de 100% de bonheur pur, puisqu’elle a également engendré Etienne Daho, Marc Lévy, le groupe Les Innocents (« Dans cet auuuuuutre fistinière !! »), Guillaume Gallienne, le gâteau aux marrons, Jean-Jacques Rousseau la tapette narcissique, la SNCF et leurs caténaires qui prennent feu, une langue dont l’orthographe comporte des exceptions d’exceptions, Cyril Hanouna, le jeu vidéo Les Visiteurs, la plupart des profs débiles que j’ai dû me farcir durant ma scolarité, Jean-Pierre Raffarin qui nous a volé un jour férié, sans oublier (bien qu’on préférerait justement les oublier) une bonne tripotée d’autres politiciens dont je n’ai même pas envie de citer le nom.

On s’en fiche. C’est plus constructif de porter son attention sur les aspects positifs, comme par exemple un type (pas nécessairement français) doté d’une moustache bleu-blanc-rouge.

beard-mustache-3

Or donc, qu’est-ce que je voulais dire ?

Cette fierté d’être français a diverses conséquences, dont celle de chanter la Marseillaise à la moindre occasion se présentant.

Pour ceux qui ne savent pas, la Marseillaise est une chanson écrite en 1792 par un mec appelé « Rouget de Lisle » (c’est un humain, pas un poisson). Elle a ensuite été adoptée comme hymne national de la France. La plupart des gens connaissent uniquement le premier couplet et le refrain. En réalité, il y en a plusieurs, ajoutés/supprimés/modifiés au gré du temps et des mises à jour plus ou moins officielles. La Marseillaise, comme tout un tas d’autres choses, est une œuvre vivante et changeante.

Or, j’ai un peu de mal avec le sens des paroles : « l’étendard sanglant », « les tigres qui déchirent le sein de leur mère », « qu’un sang impur abreuve nos sillons » (tête de con), etc. C’est quand même un peu brutal et boucheritesque. Je veux bien admettre qu’un hymne national doive comporter un minimum de nationalisme et de champ lexical guerrier, mais là y’en a trop. Tout cela est d’un goût moyennement courtois.

Il y en a qui réfléchissent à changer les paroles (http:// culturebox.francetvinfo.fr/tendances/evenements/apres-charlie-faut-il-reecrire-la-marseillaise-211879).

Malheureusement, j’ai bien peur que ce soit une entreprise vouée à l’échec. J’imagine qu’à la simple évocation d’une idée aussi iconoclaste, une bonne partie de mes concitoyens sortiraient instantanément de leurs maisons, brandissant torches, fourches et camemberts plantés au bout de piques, pour aller mugir en boucle dans nos campagnes l’intégralité de l’hymne, leur haleine chargée de vin AOC venant jusque dans nos narines incommoder nos fils et nos compagnes.

Toutefois, durant mes recherches documentaires d’historien, je suis tombé sur un un couplet beaucoup plus calme. Il n’est pas présent dans toutes les versions, mais il me semble tout à fait officiel. Le voici :

Enfants, que l’Honneur, la Patrie
Fassent l’objet de tous nos vœux !
Ayons toujours l’âme nourrie
Des feux qu’ils inspirent tous deux. (Bis)
Soyons unis ! Tout est possible ;
Nos vils ennemis tomberont,
Alors les Français cesseront
De chanter ce refrain terrible :

Aux armes, etc. (pour reprendre une expression de ce trublion qu’est Gainsbourg).

Et voici les sources.

  • Le Monde (http:// www. lemonde.fr/idees/article/2014/05/16/universelle-marseillaise_4420300_3232.html)
  • Wikisource (https:// fr.wikisource.org/wiki/La_Marseillaise)
  • Wikipédia (https:// fr.wikipedia.org/wiki/La_Marseillaise)

Il subsiste dans ce couplet un soupçon de nationalisme prétentieux, assertant qu’on est les meilleurs et que nos vils ennemis tomberont. Mais on n’y mentionne pas d’autre violence, et la fin est très drôle : dire qu’on ne chantera plus le refrain qu’on va chanter tout de suite après, ça atténue le sang qui y a été injecté, et c’est une phrase « so meta » qu’elle serait digne de figurer dans un recueil des meilleures blagues de Douglas Hofstadter.

Voilà, françaises français, je vous invite à chanter ce couplet la prochaine fois que la Marseillaise débarquera dans vos oreilles.

Pour la route

Prenez cette image de Clémentine Desseaux. Une mannequin française « plus size ».

Personnellement, je ne la trouve pas plus size. Elle a juste l’air normale. Mes critères d’esthétique doivent être un peu distordus par mes fantasmes.

Clementine_Desseaux

Bisous à tout le monde !

Le Caca de Base Inconditionnel

Cette histoire a été écrite dans le cadre de la Semaine Internationale (voire Intergalactique) du Revenu de Base Inconditionnel. Pour des infos un peu plus sérieuses à ce sujet, allez ici : http://revenudebase.info/

En l’an 2042, suite aux dérèglements climatiques, aux famines et aux dictatures diverses, l’immigration est devenue un fléau. Ils arrivaient de partout : en paquebot, par avion, en creusant des tunnels, en se faisant catapulter, …

big_7235_chien-bateau

Les chefs de gouvernement des pays développés étaient débordés par les problèmes d’intégration et d’identité nationale. C’est alors qu’ils trouvèrent une solution très simple : puisque tous ces gens étaient interessés par les richesses, il suffisait d’arrêter d’être riche. Ni une ni deux, ils s’employèrent avec application à détruire ce qui avait mis des siècles à se construire : acquis sociaux, entreprises, infrastructures, administrations, lois, … Et pour être sûr d’être vraiment pauvre, ils s’endettèrent encore plus que ce qu’ils n’étaient déjà, à tel point que les banques rachetèrent les États.

L’immigration s’arrêta net. Les peuples étaient tous sur le même pied d’égalité, il était enfin possible d’avancer tous ensemble. Le fait d’avoir été obligé de régresser pour en arriver à cette situation ne semblait être qu’un mal nécessaire. Il n’y avait plus qu’à tout reconstruire petit à petit, sans oublier de rembourser les dettes contractées par les États-banques envers eux-mêmes.

Un État étant avant tout défini par ses citoyens, il fut naturellement décidé de répartir les créances entre tous les humains. Chacun, dès la naissance, se voyait donc attribuer une dette de 100 000 néo-brouzoufs, à rembourser tout au long de sa vie auprès de son État-banque natal.

Malheureusement, le délabrement économique étant ce qu’il est, peu de gens parvenaient à réunir un tel montant. Bien souvent, lorsqu’une personne décédait, sa dette de naissance n’était pas entièrement, voire pas du tout réglée.

Les États-banques eurent alors une idée pour faire prendre conscience de la criticité de la situation actuelle : distribuer chaque mois, à chaque personne, une petite quantité de matière fécale proportionnelle à sa dette restante. Un slogan de circonstance fut concocté : « avoir une représentation concrète de la merde dans laquelle nous sommes tous ».

Le caca alloué était à entreposer dans des frigos individuels. Il était interdit de s’en débarrasser, des vérifications régulières étaient effectuées par des agents spécialisés. Vous n’aviez le droit de jeter votre capital caca uniquement après vous être acquitté de la totalité de votre dette.

Ainsi, les États-banques mirent en place une industrie complexe pour produire, distribuer, conserver et recenser du caca. À la justification de prise de conscience collective s’ajouta la justification de création d’emplois.

C’est là qu’intervient le héros de notre histoire.

Cacapernic était un brillant logisticien né dans le HSBC oriental. Il était passionné d’astrophysique et pouvait prévoir si chacun de ses pets serait bruyant et/ou odoriférant. Contrairement aux héros classiques, il avait bien plus qu’une vision différente du monde qui l’entourait. Il avait une vision d’un monde différent.

Cacapernic consacra sa vie à développer un réseau de résistants ayant pour objectif de voler le caca non encore distribué, en siphonnant des silos de stockage et en détournant des caca-pipe-line. Après 60 ans d’un travail de fourmi, le réseau avait collecté pas moins de 10 millions de milliards de kilotonne d’excréments, réparties dans plusieurs entrepôts clandestins.

Le moment venu, Cacapernic déclencha l’opération « chasse d’eau ». En quelques jours à peine, tout le caca accumulé fut acheminé vers un point unique du globe, pour y former une boule géante. Les résistants, équipés de masque à oxygène et de propulseurs à gaz auto-alimentés, grimpèrent sur la boule et déclenchèrent la mise à feu. Celle-ci s’éleva doucement dans le ciel, et continua sa route jusqu’à dépasser la stratosphère.

Poon, le nouveau satellite de la Terre, était né.

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Les résistants, qui avaient décidés de prendre le nom de « enfants de Christophe Colombin », commencèrent à s’organiser sur leur nouveau monde. Le terreau était fertile et il leur fut aisé de faire pousser des plantes. Celles-ci commencèrent à produire de l’oxygène et à générer une atmosphère respirable, quoi que conservant son odeur douteuse.

La surface de Poon étant relativement uniforme, il n’y avait pas lieu de la découper en pays. Ainsi, les enfants de Christophe Colombin n’eurent pas à se préoccuper de problèmes d’immigration. Ils mirent progressivement en place un Revenu de Base Inconditionnel, à l’aide d’une monnaie fabriquée à partir d’étron séché et découpé en rondelles.

Pendant ce temps, sur la Terre, les seuls habitants restant étaient les hauts fonctionnaires-dirigeants des États-banques, ainsi que les personnes travaillant dans l’industrie cacatière. Ils moururent tous en quelques années car ils étaient incapables de produire des biens de première nécessité.

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Unrelated pic, mais il fallait une femme ronde.

Photocopiez-vous la gueule !

Pour ce mois-ci, petit article rapide. J’ai plein de quêtes en cours, y compris dans le monde réel, et pour couronner le tout, mon PC vient d’exploser. Faut que j’en chope un autre et que je copie tout. J’avais fait exprès de rester sous Windows XP pour vérifier que les jeux que je code fonctionnent sur des vieilles rougnes. Mais c’était tellement une vieille rougne qu’elle ne veut plus démarrer, y compris avec une clé USB de boot. C’est l’delco, comme ils disaient chez Joystick. J’ai dû l’euthanasier (le PC, pas Joystick). Monde cruel.

Bref, c’est le bordel partout, mais encore plus que d’habitude.

Alors je vais vous montrer un truc vieux, mais rigolo.

Durant la joyeuse et insouciante période de mes études à l’UTBM, se déroulait un événement à-peu-près culturel, intitulé « la Semaine Des Arts ». Divers exposants, musiciens et autres philosophes venaient nous faire part du contenu de leurs neurones. On pourrait débattre sur le fait qu’un tel événement soit intéressant ou stupide, mais c’est pas le sujet ici.

En voyant ce fourmillement chamarré, j’eu une idée géniale. Et si je me photocopiais la gueule et que je l’exposais au titre d’une œuvre d’art ? Je ne fis ni une ni zéro, et ornais immédiatement le local de la photocopieuse de splendides images, dont la chamarritude n’avait rien à envier au reste.

Je vous les remets ici. Elles sont magnifiques, d’autant plus qu’à l’époque, j’avais une coiffure d’old school play-boy, et devais déjà me raser régulièrement. (Ça remonte à loin, Windows XP n’existait même pas).

DISTORDU2

ECRASE2

GROS2

HORRIBLE2

Quelques jours plus tard, les murs du local étaient tapissés de visages grimaçants, distordus et rigolards. La foule s’était jointe à ma performance.

Les étudiants avaient deux réactions très opposées face à cette Semaine Des Arts. Certains trouvaient ça super et y participaient, d’autres trouvaient ça débile et s’en moquaient. Le plus rigolo, c’est que les deux groupes ont apprécié mon idée. Le premier clamant joyeusement que c’était « de l’art », le deuxième me félicitant d’avoir trouvé une façon de se foutre de la gueule du premier groupe sans même qu’ils s’en rendent compte.

J’utilise rarement le mot « art », car il ne me semble pas très précis. On ne sais jamais ce qu’on va déclencher dans la tête des gens quand on le prononce. Je ne peux donc pas vous dire si se photocopier la gueule est « de l’art », ou pas. Ce qui est sûr, c’est que ça fédère les gens qui « aiment l’art » et ceux qui « n’aiment pas l’art », puisqu’ils ont tous trouvé ça amusant. Et peut-être que cette action fédératrice est, en elle-même, « de l’art ».

La farce fédératrice est donc une des choses qu’est l’art. Ce qui en soi constitue une farce. L’art est donc une imbrication de farces.

L’année suivante, j’ai photocopié mon cul. Mais je n’ai pas osé l’exposer. L’image était un peu obscène, je commençais à avoir une densité plutôt honorable de poils derchiens, et j’ai toujours trouvé les scrotums bizarres. Cette espèce d’impression que l’anus et le pénis étaient préalablement connectés, et qu’une couture a été faite à l’arrache pour rafistoler l’ensemble… Je dois encore avoir la photocopie dans mes archives, mais je n’ose la placer dans le scanner de mon boulot. J’espère que vous ne m’en voudrez pas.

Ceci étant dit, il est évident que je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. Je vous laisse avec les parties charnues de quelques dames. Parfois, on a envie d’être un Transformer pour pouvoir se transmorpher en photocopieuse.

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Sans transition : un nouveau l’ami de l’internet !

Ça faisait longtemps que j’en avais pas eu. Laissez-moi donc vous présenter turboroger, un mec bien, créateur de jeu, qui comme moi, n’a jamais le temps de rien. Il m’a gratifié d’un lien sur son blog personnel.

Bienséance et culte de l’imbrication oblige, voici donc un lien sur mon blog personnel permettant d’aller à l’endroit de son blog personnel où se trouve son lien vers mon blog personnel.

http://turboroger.wordpress.com/2014/11/20/repose-en-paix-idee-de-jeu/

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Potes !

À bientôt, je pars installer des trucs sur mon nouveau PC. À commencer par le python.

Encore des idées de trucs à faire.

Yè-how tout le monde.

Je viens de publier un long article sur le blog de Sam et Max. Il recense un tas d’idées que j’ai dans mon cerveau, et que je sais très bien que je n’aurais jamais le temps de réaliser.

C’est par ici : http://sametmax.com/des-idees-que-jaurais-jamais-le-temps-de-faire/

Comme le dit si bien le professeur Ploum, éminent blogologue : vos idées ne valent rien (https:// ploum.net/votre-idee-ne-vaut-rien/).

J’ai donc offert les miennes au monde. Faites-en ce que vous voulez.

Pour fêter ça, voici l’image d’une femme qui vient elle aussi d’avoir une idée.

"J'ai une idée, je pourrais m'amuser à représenter le fait d'avoir une idée en usant de la métaphore bien connue de la lampe apparaissant au-dessus de la tête !"

« J’ai une idée, je pourrais m’amuser à représenter le fait d’avoir une idée en usant de la métaphore bien connue de la lampe apparaissant au-dessus de la tête ! »

Et c’est pas fini !

Chez Sam et Max, j’ai mis les idées qui me semblaient de la meilleure qualité. Mais il m’en reste d’autres. Je vous les mets ici, peut-être que quelqu’un aura les capacités de les raffiner. Attention, c’est vraiment en vrac et décrit à l’arrache. Ça ressemble un peu à une orgie médiévale, avec montreurs d’ours et tout.

(insérer ici une photo d’époque d’une orgie médiévale).

CreepUSB

Logiciel qui copie silencieusement tout le contenu d’une clé USB dès que vous la branchez. Permet de récupérer les photos de cul de votre collègue, alors que lui, tout ce qu’il voulait faire, c’était vous donner la dernière version de sa présentation Power Point sur les prévisions commerciales consolidées.

Bon en fait ça existe déjà.

Par contre, ce qui n’existe pas, c’est un logiciel de prise de contrôle à distance (genre TeamViewer), qui transfère silencieusement tout le contenu du disque dur du contrôlé vers le contrôleur. Et là y’a moyen de récupérer un volume bien plus important d’images de cul.

Pee-car

Lorsque vous voyez une voiture mal garée, vous la prenez en photo et la mettez sur le site Pee-car. Si une même voiture est mentionnée plusieurs fois, (ce qui est facile à détecter, avec les plaques d’immatriculation), elle apparaît alors dans le « top boulet ». Les personnes les plus actives sur le site ont le droit légitime et moral de faire pipi dessus.

Lorsqu’une voiture est pipitée, son propriétaire peut prendre le résultat en photo et le mettre sur Pee-car. Ça officialise l’acte, et la voiture sort du top boulet. Le pipiteur, s’il est civique, peut fournir de lui-même cette photo salvatrice.

Bien sûr, si le propriétaire continue de mal se garer, la voiture remonte dans le top boulet.

Aucun problème de droit à l’image, puisqu’on prend en photo des voitures, et non des gens. Et le site ne fait pas de connexion entre les voitures et leur propriétaire.

KeyRipper

Keylogger physique. Un tout petit truc qu’on branche entre la prise clavier (PS/2 ou USB) et le fil du clavier. Il envoie ses logs si possible par le Wi-Fi. Sinon on le récupère et on le décharge tranquillement chez soi.

Indétectable par les anti-virus, puisqu’on n’installe rien sur l’ordinateur.

Bon en fait, ça existe déjà aussi.

Plop la bulle

Google enregistre toutes vos recherches, et adapte les résultats suivants en conséquence. Il s’agit du phénomène de la « bulle de filtre » (http:// fr.wikipedia.org/wiki/Bulle_de_filtres).

Le plug-in de navigateur web « Plop la bulle » effectue périodiquement des recherches aléatoires sur Google, et clique tout aussi aléatoirement sur les pages renvoyées. Les critères de recherche sont des mots de n’importe quelle langue, voire du texte complètement random. Il fait croire à Google que vous faites n’importe quoi, donc que vous êtes fou, donc que vous ne pouvez pas être enfermé dans une bulle.

Si beaucoup de personnes l’installe, les statistiques mondiales de Google seront plus ou moins faussées, ce qui peut être rigolo.

Ted is red

Traitement d’image qui rajoute des yeux rouges aux gens sur les photos. Juste parce que c’est rigolo.

Faisez-vos-jeux

Un moteur de jeux de société en réseau. On se connecte, on voit les potes connectés, on choisit un jeu, on joue.

Y’aurait des librairies et des fonctions de base pour gérer les éléments récurrents des jeux de société : lancé de dés, cartes, pion, plateau, …

Pas de serveur central. On fait comme dans les LAN : y’en a un « qui crée » et les autres se joignent. Tous les tirages aléatoires des jeux sont répartis entre les joueurs, afin de diminuer les possibilités de tricherie.

Bon c’est pas très original comme idée et si ça se trouve, ça existe plus ou moins déjà, mais c’est mes idées, tralalée.

Format de description de mouvement de mains et de doigts

Il indiquerait les angles de pliures de doigts, de poignets, etc. Il permettrait de décrire toutes les positions de mains possibles.

Ça servirait pour pleins de trucs : des robots réalisant un spectacle de marionnettes, des logiciels de reconnaissance visuelle comprenant le langage des signes, un truc à la Minority Report, une statue géante d’un doigt qui fait « fuck », …

Momo-démineur

Démineur en MMORPG collaboratif. Avec une aire de jeu géante, des bonus à récupérer, des PNJ, des quêtes, etc.

Histoire d’être dans le bon goût, le jeu proposerait de faire des dons pour des associations luttant contre les mines anti-personnelles.

Et aussi un jeu à la 4 Elements en MMORPG collaboratif. Avec une aire de jeu géante aussi.

Paint Craft

Jeu qui effectue des copies d’écran, les analyse, et fait progresser le joueur en fonction.

Exemple :
« un smurklogz à poil long vous attaque ! Vite ! Dessinez une cuisse de poulet pour l’amadouer ! »
Là, le joueur doit ouvrir Paint (ou un autre logiciel) et dessiner. Le jeu fait périodiquement des screenshots, dès qu’il détecte un truc ressemblant à une cuisse de poulet, il avance à l’étape suivante, dans laquelle il faudra dessiner autre chose.

Pas de sauvegarde dans le jeu en lui-même. Mais on peut sauvegarder des images et les ressortir au moment demandé.

Ou alors, un jeu où on doit explorer une planète, mais il faut la dessiner avant. Selon comment on la dessine (avec de la végétation, des cailloux, …), ça fera un environnement de jeu différent.

Captain Blood

C’était un jeu avec un système de conversation (http:// www. mobygames.com/game/captain-blood).

On dialoguait avec des PNJ en assemblant des suites de signes correspondant chacun à un mot. Par exemple : « Toi connaître coordonnées planète Croolis-Ulv ? ». Il y avait la souplesse et la complexité d’un langage, sans la prise de tête des règles de conjugaison, accords, orthographe, etc.

C’était une putain de bonne idée et il faudrait réutiliser le concept. Avec un langage plus élaboré. Configurable par des « expressions régulières de signes », ou quelque chose comme ça.

Instagramiser le monde

  • Player de son qui ajout des créchitements, et qui répète parfois les mêmes secondes d’un morceau, pour faire comme un disque rayé.
  • Player de vidéo qui ajoute de la neige ou des blarbouillages comme sur les vieilles cassettes VHS, et avec lequel on ne peut pas se déplacer directement dans la vidéo. Il faut faire avance rapide / rewind, comme une bande magnétique.
  • Visualiseur de fichier texte avec des pages qui se tournent. (Comment ça, ça existe déjà ?)
  • Visualiseur de carte (Google map ou autre) avec les images qui ne changent pas selon le niveau de zoom. Ça affiche toujours le niveau le plus précis possible, donc si on est très dézoomé, on voit un gros fouillis. Et il y aurait des fausses marques de pliure de carte. Et des petits trous là où deux pliures perpendiculaires se rejoignent. Et pour quitter l’application, on serait obligé de replier virtuellement la carte, et si on n’y arrive pas, l’appli plante et on ne peut plus la relancer.
  • Flux RSS de news affichant tout comme un journal papier. Et pour quitter l’appli, il faut replier le journal et ça plante si on n’y arrive pas.
  • Client de messagerie affichant les mails sous forme d’un tas d’enveloppe. Il faut les ouvrir pour voir le contenu. Si on ne range pas le bon mail dans la bonne enveloppe, tout est en bordel. Et il faut replier les feuilles de courrier sinon l’appli plante, etc.
  • Explorateur de fichier affichant le contenu du disque sous forme d’une gigantesque bibliothèque. Une étagère = un répertoire. Un livre = un fichier. Il y a un nombre limité de livre par étagère. Les informations du fichier sont écrites sur la tranche du livre. Si on range mal les livres, c’est le bordel. Ah, mince, attendez, c’est déjà le cas avec les explorateurs classiques.
  • Calculatrice toute pourrie avec une touche par chiffre, une mémoire d’un seul élément, et n’affichant pas l’historique des opérations effectuées. Comment ça, ça existe déjà ?

GeoTV

Une smartTV géolocalisée, qui écoute les sons alentours. Au bout d’un temps d’apprentissage, elle peut ajouter dans un film (dont les scènes sont également géolocalisées) des bruits d’oiseaux de la région concernée. Avec plusieurs télés mettant leurs connaissances en commun, on peut synthétiser un accent Ch’ti, un accent du sud, …

Évidemment, le vrai but de la GeoTV est d’écouter les conversations des gens et de les revendre à des fins publicitaires. Faut pas déconner non plus.

Tweet Panic

Vous êtes une personnalité influente (au hasard, Nadine Morano). Sans le faire exprès, vous balancez une connerie sur Twitter, ce qui provoque une « omerta » dans l’internet. La société Tweet Panic vous aide à vous sortir de ce mauvais pas.

Vous leur fournissez votre compte, elle se charge de balancer d’autres conneries, adaptée à votre personnalité, mais encore plus grosse que celle que vous avez dites. Il ne vous reste plus qu’à utiliser un autre moyen de communication pour annoncer publiquement que votre compte Twitter a été piraté, et que tout ce qui y est dit ne viens pas de vous, (y compris votre connerie initiale).

Au bout de quelques jours, Tweet Panic vous rend votre compte. Vous annoncez alors publiquement que vous avez pu le récupérer, vous vous excusez de cette erreur, vous la jouez humble en disant que c’est de votre faute, que vous utilisiez un mot de passe faible, vous remerciez le gouvernement, Twitter et plein d’autres gens sans qui vous n’auriez jamais pu vous sortir de ce mauvais pas. Et vous êtes fin prêt pour balancer d’autres conneries !

Sondage sur les indicateurs visuels

Pour indiquer une quantité de truc par rapport à une quantité globale (par exemple un pourcentage), on peut utiliser une barre horizontale, verticale, ou un camembert. Lequel des trois permet le plus facilement et le plus précisément de visualiser la quantité ? Faisons un gigantesque sondage mondial pour le savoir !

J’ai tenu à vous faire part de cette idée parce que j’ai jamais pu blairer les montres à aiguilles. On n’y comprend rien et on sait jamais vraiment ce que ça affiche. Pourtant, des connards me soutiennent mordicus qu’on se rend mieux compte de l’heure qu’il est par rapport à une montre à numéro. Je ne suis pas d’accord. Ça m’énerve. Ces conneries de montre à aiguilles ne sont qu’un héritage de l’époque où on n’avait pas encore inventé les écrans. Il serait temps de passer à autre chose. D’où : sondage.

Décentraliser des trucs

La religion, le système législatif, les notaires…

Sérieusement, les notaires, c’est des mecs qui prennent un gros tas de pognon juste pour faire l’arbitre lors de la vente d’une maison. Je reconnais que pour quelque chose d’aussi important, il faut faire valider la transaction par une tierce partie neutre. Mais est-ce qu’on ne pourrait pas avoir cette tierce partie sous forme d’un ensemble de gens qu’on payerait un petit peu chacun, plutôt qu’un seul gros truc monolithique qui prend tout le fric ?

Jeu vidéo de corrida

On pourrait jouer le taureau ou le toréador. Ça permettrait de réfléchir à ce sport, avec le point de vue des deux parties.

Il y aurait des personnages ayant des opinions inhabituelles :

  • Un taureau qui pense que c’est super cool les corridas, car c’est la chance de sa vie d’être reconnu et de laisser un souvenir pour les générations futures.
  • Un toréador retrouvé embringué dans cette histoire alors qu’il n’a jamais rien demandé (pression sociale, familiale, tout ça).
  • Francis Cabrel.

Le jeu ne prendrait pas partie au sujet de la tauromachie. Il se contenterait de présenter plusieurs points de vue différents. À la sortie du jeu, on pourrait voir les associations pro et anti s’étriper à son sujet. Et ce serait rigolo.

Universal bricks

Des briques de jeu de construction « multi-modales », permettant d’associer des briques de différents jeux entre elles. Comme ça on pourrait assembler des Legos avec des Duplos, des « Mega Bloks » avec des Legos, etc.

Smart Player

Un player de vidéo et de sons qui filtre la voix et floute le visage des artiste qu’on n’aime pas. Parce que j’en ai marre de tomber sur du Christophe Maé quand j’écoute la radio, parce que j’en ai marre de tomber sur du Guillaume Galienne quand je regarde une émission.

Des macros pour construire des .svg

J’ai utilisé Inkscape pour dessiner les pièces de monnaie de mon superbe jeu Kawax. Je partais de quelques formes simples, puis j’effectuais des opérations dessus (union, intersection, différence, …). Une fois la forme finale obtenue, je m’apercevais que j’aurais du élargir tel côté, ou décaler tel élément.

Et là il fallait tout recommencer. Reprendre mes formes simples de départ, les modifier comme je le souhaitais et refaire toutes les opérations. C’est chiant.

Donc ce qui serait super, ce serait d’avoir des macros, et un petit plug-in d’Inkscape qui les jouerait en live, pendant qu’on modifie les formes simples de départ. Comme ça on se rendrait tout de suite compte du rendu final. Comment ce serait cool !

Mange-correctement

J’ai jamais su manger. C’est une histoire un peu longue et pas très intéressante. Je vous passe les détails. Mais dès qu’un plat est un peu compliqué, je galère.

Quand vous allez au restaurant, la description des plats sur le menu vous renseigne à peu près sur ce que vous allez bouffer, mais nullement sur la façon dont vous êtes censé le bouffer. Il faut donc un site internet pour ça.

Sur ce site, vous indiquez, pour un plat donné dans un restaurant donné, les difficultés inhérentes à son mangeage :

  • sauce salissante, risque de giclures ;
  • trucs compliqués à découper (viande, os, …) ;
  • morceau de gras qu’on voit pas et qui sont pas bons ;
  • arêtes de poisson ;
  • baguettes chinoise ;
  • trucs bizarres à décortiquer : escargot, moule, crevettes, … ;
  • couverts spécifiques ;
  • double assiette (du coup c’est super compliqué de poser un couvert sur le bord de l’assiette parce que ça se casse la gueule) ;
  • trucs à prendre avec les doigts ;
  • obligation de faire des grosses bouchées (par exemple les sushis) ;
  • allergies spécifiques ;
  • risque de quinte de toux avec des poudres diverses (farine, sucre glace) ;

Le site n’indiquerait pas si c’est bon, si c’est copieux, si le service est rapide, etc. Il y a déjà des tonnes de site de gastronomie qui font ça très bien. La seule chose qu’on renseignerait, c’est : « est-ce que socialement, c’est délicat de manger ce plat dans ce restaurant ? ».

Ce sera tout pour aujourd’hui

À la prochaine !

Du berceau jusqu’à …

Cette histoire a été écrite dans le cadre de la Semaine Internationale (voire Intergalactique) du Revenu de Base Inconditionnel. Pour des infos un peu plus sérieuses à ce sujet, allez ici : http://revenudebase.info/

En 2042, après plusieurs épisodes douloureux de crise et de guerre, le Revenu de Base Inconditionnel fut instauré.

Progressivement, chaque État en créa sa propre version. Elles respectaient toutes l’esprit original de l’idée. On lui associait souvent le slogan « du berceau à la tombe », en hommage à l’une de ses anciennes supportrices.

L’humanité devint heureuse, les peuples vivaient dans la dignité et avaient confiance en l’avenir. Les États se portaient à merveille, car le versement de cette allocation était en pratique très simple à effectuer. Pas de conditions à respecter pour y avoir droit, donc pas de fraude possible, pas de contrôle à effectuer, très peu de papier à remplir, aucune lourdeur administrative.

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Sauf que des fraudes apparurent malgré tout.

Lorsqu’une personne âgée décédait, sa famille attendait parfois quelques jours avant de le déclarer, afin de laisser passer le mois suivant et de toucher un dernier montant. Cet argent était ensuite récupéré par la famille via l’héritage.

Petit à petit, la fraude s’organisa. Lorsque quelqu’un mourait, des entreprises de pompes funèbres peu scrupuleuses s’occupait de récupérer le corps et d’organiser une cérémonie la plus discrète possible. Les allocations continuaient d’être versées. Si la famille avait accès aux comptes en banque du défunt, elle s’en servait de temps en temps pour des achats du quotidien, afin de simuler l’activité d’une personne vivante. Le décès pouvait être officiellement déclaré des mois, voire des années plus tard.

Les États finirent par se rendre compte de l’astuce, et réfléchirent à une contre-mesure. Puisque les fraudes se jouaient sur la condition à remplir pour avoir droit au Revenu de Base, à savoir : être vivant, c’est cette condition qu’il fallait contrôler.

Les États imposèrent aux gens de se rendre chaque année dans un « centre de contrôle de présence ». Les formalités étaient réduites au plus simple, tout en interdisant à une personne de se faire passer pour une autre : une signature et quelques mesures biométriques. Passé un certain âge, les contrôles devenaient un peu plus fréquents : tous les 6 mois, puis tous les 2 mois. Des aménagements étaient prévus pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer. Un agent assermenté pouvait venir à domicile et constater la « présence » de la personne.

Ces contrôles avaient un coût, et les États durent légèrement augmenter leurs impôts, mais cela ne porta pas préjudice aux peuples, qui continuaient de vivre dans la joie, le bonheur et la confiance en l’avenir.

Les mesures biométriques étaient plus simples que ça

Avec des mesures biométriques plus simples que ça.

* * *

Pendant ce temps, au plus profond de la Forêt-Noire, dans les caves de son sombre manoir, le docteur Otto Von Gestörlebendig finalisait les dernières étapes de son expérience. Il prit une gigantesque seringue étiquetée « produit Ẍ » et en injecta le contenu dans un corps allongé sur une table d’opération.

De son regard torve, il examina un électrocardiogramme. Son rire malsain résonna alors dans toutes les pièces du manoir : « Il semble vivant !! IL SEMBLE VIVANT !! HA HA HA HA HA !! »

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* * *

Monsieur Duprol, sa femme et ses 6 enfants sortirent de la maison de retraite. Ils arboraient la mine triste exigée par les conventions sociales dans ce genre de circonstances.

« De toutes façons, ce n’est pas très difficile de prendre l’air triste, se dit Monsieur Duprol. Quand je pense que lorsque cette vieille carne vomira sa dernière cuillerée de compote, on devra dire adieu à son allocation. 15 néo-brouzoufs par mois qui partent en fumée. C’était pas rien tout de même ».

Alors qu’ils passaient la grille, un petit homme malingre aux cheveux gras et mal peignés vint s’adresser à lui.

— Vous me semblez devoir assister à une fin de vie difficile.

— Qui êtes-vous ?

— Aucune importance. Je peux vous aider. Non pas pour prolonger la vie de votre parent, mais pour donner l’illusion d’une prolongation. Une illusion suffisante, pour… vous savez… les contrôles de présence.

— Monsieur, je ne vous permets pas ! Ma mère est sur le point de mourir, c’est une question de semaines. Et vous osez me parler d’argent ! Filez d’ici, espèce de charognard !

— Charognard, dites-vous ? C’est amusant, car je me définirais justement comme le contraire : une sorte d’agent conservateur. Mais je ne vous dérange pas plus longtemps. J’ai laissé quelques cartes de visite à l’accueil, vous n’aurez qu’à en prendre une la prochaine fois que vous rendrez visite à votre mère.

Quelques jours plus tard, Monsieur Duprol se leva plus tôt que d’habitude. Il vérifia que sa femme et ses enfants dormaient toujours, puis il composa un numéro de téléphone.

— Monsieur « l’agent conservateur ». J’appelle de la part d’un ami dans le besoin. J’aurais voulu savoir comment fonctionne votre méthode de prolongation.

— J’ai mis au point une sorte de médicament. Lorsque vous l’injectez à un défunt, le cœur se remet à battre et le cerveau reprend une activité électrique. N’importe quel médecin établira que la personne est dans le coma, mais bel et bien vivante. Mon médicament est indétectable, il se dissout dans le corps au bout de quelques minutes. Mais l’activité de vie fictive dure 24 heures.

— Est-ce qu’il y a des effets secondaires ?

— Je me permets de rappeler que le produit est à injecter dans un cadavre. Quels effets secondaires peut-on craindre sur la santé d’un mort ?

— Certes, vu sous cet angle… Ça fonctionne jusqu’à combien de mois ?

— En plus de simuler la vie, mon produit ralentit la décomposition du corps. Si vous faites des injections régulières, vous pourrez le faire tenir plus d’une année.

— Ça me semble intéressant. Je vais en acheter pour mon ami dans le besoin qui tient à rester discret.

— Bien sûr, je comprends. Nous livrons à domicile. Vous pouvez aussi venir chercher le produit directement à notre laboratoire, en Forêt-Noire.

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* * *

Les fonctionnaires dans les centres de contrôle de présence s’aperçurent bien vite d’un changement. De plus en plus de personnes arrivaient en fauteuil roulant, accompagnée par un membre de la famille, le plus souvent un fils ou un neveu. La personne accompagnante, l’air éploré et d’une voix solennelle, louait le Revenu de Base, expliquant que sans cela, il lui aurait été impossible de s’occuper de son pauvre parent devenu totalement dépendant.

Lorsque le fonctionnaire demandait d’où provenait cette odeur pestilentielle, la personne accompagnante répondait que le malheureux n’était plus capable de se laver, puis elle éclatait en sanglots.

La nouvelle de l’existence du produit Ẍ parvint aux oreilles des États. Malheureusement, ceux-ci ne savaient comment réagir. Impossible, en effet, de faire la différence entre un honnête grabataire et un « mort prolongé ». On réalisa des tests, des recherches, on tenta de découvrir la formule du produit Ẍ. Rien n’y fit, il était bel et bien indétectable.

Mais, de manière surprenante, cette fraude généralisée ne mis à mal ni l’économie, ni la souveraineté des États. Car il s’agissait d’une fraude limitée, réalisable par tout le monde. Elle n’augmentait donc pas les inégalités entre individus. Les États diminuèrent simplement le montant des allocations, au prorata du maximum fraudable.

Les économistes nommèrent ce phénomène : « malhonnêteté de groupe ». Pour l’expliquer, ils utilisaient l’exemple du restaurant universitaire.

Soit un restaurant universitaire vendant des repas à un prix de départ raisonnable. Les étudiants qui s’y rendent volent des couverts et des assiettes pour leur utilisation personnelle. Le restaurant décide en conséquence d’augmenter les prix. Voyant cela, les étudiants n’ayant encore rien volé souhaitent en avoir pour leur argent, et volent à leur tour. Mais ceux qui ont déjà volé ne recommencent pas, car il n’y aurait aucun intérêt à stocker des dizaines de couverts chez soi. Les prix augmentent à nouveau. Le point d’équilibre est atteint lorsque tous volent dans le restaurant. Si vous ne volez pas, vous n’en avez pas pour votre argent. Vous êtes forcé d’être malhonnête. Mais comme vous n’êtes pas plus malhonnête que les autres (soit parce que c’est techniquement impossible, soit parce que ça n’aurait aucun intérêt), l’équilibre est conservé.

La malhonnêteté de groupe a pour effet d’avantager un acteur économique, qui a contribué, ou pas, à l’apparition du comportement malhonnête. Dans l’exemple, c’est le fournisseur de couverts du restaurant qui est avantagé, au détriment des autres fournisseurs.

Il arrivait parfois que des étudiants volent plusieurs assiettes.

Il arrive parfois que des étudiants volent plusieurs assiettes, mais c’est rare.

* * *

Sur la plus haute terrasse de son manoir entièrement rénové, allongé dans une chaise longue, à côté d’une piscine grande comme un terrain de football, le docteur Otto Von Gestörlebendig savourait sa victoire.

L’entreprise qu’il avait monté affichait des bénéfices records. Ses usines de produit Ẍ, implantées dans le monde entier, tournaient à plein régime. Officiellement, il s’agissait d’un médicament contre les maux de têtes. Dans certains pays, il avait même réussi à le rendre remboursable par les assurances maladie. C’était très amusant de voir un produit permettant de frauder un État être remboursé par l’État lui-même.

Il continuait parfois de travailler dans son laboratoire, juste pour le plaisir. C’est ainsi qu’il découvrit une méthode pour détecter le produit Ẍ dans le corps d’un cadavre. Mais celle-ci ne pouvait être trouvée qu’en connaissant la formule chimique complète. C’est pourquoi, il garda cette information secrète. Aucune autre personne au monde ne savait exactement comment le fabriquer. Dans ses usines, le mélange des composants était réalisé par des robots doseurs qu’il programmait et installait lui-même.

Afin d’être sûr que personne ne trouverait la méthode de détection, il brûla les résultats de ses recherches, et s’interdit de travailler à nouveau dessus. Il avait de toutes façons de quoi s’occuper, entre les cocktails mondains, les parties de golf et les soirées mousses organisées dans des monuments historiques privatisés.

Ça se voit pas, mais là on est tout en haut de l'arc de triomphe.

Ça se voit pas, mais là on est tout en haut de l’arc de triomphe.

* * *

C’était une matinée ordinaire au centre de contrôle de présence de Freudenstadt. La file d’attente s’allongeait un peu, du fait de la quelque dizaine de grabataires attendant patiemment leur tour.

Otto Von Gestörlebendig passa les portes d’un air nonchalant. Il était devenu l’un des hommes les plus riches de la planète, mais il continuait de percevoir son Revenu de Base comme tout un chacun. Afin de se donner bonne conscience et de parfaire son image médiatique, il le reversait intégralement à la Fondation des Seniors Sans Famille. Il déclarait souvent que cette contrainte de devoir se rendre personnellement dans un centre ne le dérangeait absolument pas. Au contraire, cela lui permettait de « garder un contact avec les petites gens », « de ne pas perdre pied », « de conserver un lien avec la réalité », etc.

Au passage, il aperçut Monsieur Duprol, maintenant dans un fauteuil poussé par sa belle-fille. « Le cycle normal de la plus-ou-moins-vie », se dit-il. Il lui sourit.

Alors, des dizaines de jambes, restées immobiles durant des mois, s’animèrent. Les vieillards se levèrent lentement. Ils se dirigèrent, les bras en avant et d’un pas mal assuré, vers le docteur. Des voix caverneuses sortirent de leur bouche édentée : « Papaaaaaaa, papaaaaaa ».

Otto tenta de s’enfuir. Mais plusieurs fauteuils bloquaient la porte de sortie. Il hurla, se débattit, appela au secours. Les autres personnes du centre tentèrent de maîtriser le groupe d’enragés. Lorsqu’elles y parvinrent, il était trop tard. Le docteur Otto Von Gestörlebendig avait été mis en pièce et dévoré.

« En voilà au moins un dont on est maintenant sûr qu’il est mort », ne put s’empêcher de penser le fonctionnaire derrière le guichet.

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* Épilogue *

Otto n’ayant aucune famille, la question de l’héritage fut difficile. Après plusieurs batailles juridiques, les États parvinrent à mettre la main sur une partie de son patrimoine. C’est ainsi qu’ils eurent accès à une usine, et à des robots doseurs du produit Ẍ.

Les ingénieurs les plus talentueux et les savants les plus éminents se mirent alors au travail. Ils découvrirent bien vite la formule chimique secrète ainsi que la méthode de détection du produit. Après des recherches plus approfondies, ils tombèrent sur une autre information importante: l’existence d’un effet secondaire pouvant se déclencher à tout moment. Ils le nommèrent : « bug de réanimation imprévue ». Ils ignoraient s’il existait un antidote. Mais de toutes façons, il était un peu tard pour le chercher. Dans tous les cimetières du monde, des tombes commencèrent à s’ouvrir…

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