Événement corporate : le semencinaire annuel

Nous avons récemment eu la chance de consommer un événement corporate, que je vais vous narrer.

Le but était triple :

  • Le midi, bâffrer gratos.
  • L’après-midi, réfléchir ensemble et ensemencer des idées pour la boîte.
  • Le soir, re-bâffrer gratos (best rendement de bâffring gratuit ever !).

Vous l’aurez compris, cet événement était placé sous le signe de la semence.

Et c’est pas vraiment un jeu de mot car les mots ‘semence’ et ‘séminaire’ ont la même racine latine.

Le midi

Rien à voir, mais une coupure de courant était prévue dans les locaux. Ça arrive de temps en temps. J’aime bien, car c’est une excuse pour demander une demi-journée de télé-travail ou pour aller glander en salle de pause.

Par un miracle dont seul le département boîtal « Orgies Internes » a le secret, la coupure de courant n’a pas empêché de dispenser des mini-carrés de pizzas, correctement réchauffés avec tout le respect qui leur était dû. Youpi !

Je passe rapidement sur cette première partie : mangeaillerie et discutailleries de-ci de-là afin de laisser transparaître un minimum de contenance sociale. Vient ensuite le moment de se transférer au lieu événematoire principal.

L’entreprise ConcreteWorld.🌏 fait toujours le choix de placer ces lieux dans des zones un peu isolées, de sorte qu’on n’ait pas d’autres choix que d’y aller en voiture, donc de limiter notre éthylisation. Mais d’autre part, nous sommes encouragés à covoiturer. J’ai donc jeté mon dévolu sur Collèguette Platona, qui a accepté avec plaisir de nous transporter, Collègue Pagne et moi. Ainsi pourrais-je me pochtronner la gueule comme il se doit.

Collègue Pagne s’appelle ainsi car il vient parfois au travail affublé d’un vêtement éponyme, pour manifester son soutien aux Carabanais, les habitants d’une île-village du Sénégal rencontrant de nombreuses difficultés.

Collèguette Platona s’appelle ainsi car elle est l’un de mes fantasmes platoniques.

Je vous explique. Son corps ressemble à ça :

(Elle a juste pas le même costume « imitation pellicule de cheveux »).

Inutile de préciser que cette dame ne m’attire pas physiquement. Mais par ailleurs on s’entend super bien et elle rigole à mes blagues débiles. Dans mes fantasmes, j’imagine donc qu’elle est complètement amoureuse de moi et qu’elle me trouve génial, en revanche on ne fait pas crac-crac. Il ne s’agit là rien de plus que l’un de mes nombreux mécanismes émotionnels d’auto-flattage d’ego.

Rien à dire sur le trajet en voiture. Nous devisons platoniquement de choses et d’autres. Nous arrivons au lieu prévu. Il s’agit d’un classique centre à événements corporates, celui-ci ayant la particularité de proposer des terrains olympiques de pétanques. On n’y jouera pas, mais le détail a son importance.

Je pose mon cadeau dans une hotte. La consigne était de fournir un présent pas cher ou fait soi-même. Ils seraient ensuite tous redistribués randomement. Je vous révélerai plus tard ce que j’ai apporté.

Café et petits gâteaux nous sont jetés en pâture. Je croise Collèguette Punkette. Nous déblaterrons sur le prestataire missionné pour ce semencinaire, que nous croisions de temps en temps dans les couloirs. Punkette pense qu’il n’aime pas les femmes, car il ne les salue pas. Je la rassure : ce monsieur n’est pas du tout mysogine, il ne salue pas les hommes non plus. Ça en a énervé plus d’un.

Personnellement, je m’en tape. Ce qui m’a toujours fait chier avec cette convention sociale du bonjour, c’est qu’absolument rien n’est prévu si tu croises deux fois une même personne dans la même journée. Il n’y a rien à lui dire. Ça me gêne énormément. À chacun de ces moments, je cherche ardemment un moyen de me donner une contenance sociale. Ça se finit en général par un sourire stupide, un onomatopée embarrassant ou une phrase inepte. Bon, c’est pas le sujet, on s’en fout.

L’après-midi

On s’installe à des tables rondes. Contrairement à un événement corporate précédent, je n’aurais pas de faux espoirs concernant l’éventualité de piacher durant les discussions. L’alcool est absent dès le départ.

On commence par des récits corporates de notre MégaChef et des vidéos de futurologues divers.

J’ai pas encore de nom pour MégaChef, promis ça viendra dès que possible.

Ce que je retiens de ces parénèses diverses :

  • Une vingtaine d’année plus avant, deux courbes représentant je-ne-sais-plus-quoi se sont croisées. C’était le signe d’un changement de paradigme.
  • Futurologue Quelconque : « il faudra se trouver des emplois complémentaires à l’Intelligence Artificielle, sinon tout le monde sera au chômage ». Alors moi je veux bien, mais si le fameux changement de paradigme sus-mentionné apparaît, est-ce que les notions d’emploi et de travail garderont leur signification actuelle ?
  • Futurologue Quelconque : « avec le Revenu de Base, dans 50 ans on aura Technopolis et dans un siècle on aura Matrix ». Et alleeeez !! Bien sûr, puisque l’IA va changer tous les humains, ça sert à rien de mettre en place un mécanisme d’investissement générique dans les êtres humains, sous forme de Revenu de Base ! Gros tocard.
  • Une fois de plus, nous nous voyons présentés un power-point comportant une image d’engrenages. Une fois de plus-plus, elle est buggée. Après les roues qui se chevauchent en tournant et le grand classique des trois roues toutes connectées ensemble, on a eu droit aux flèches de sens de rotation qui sont toutes dans le même sens. S’il vous plaît, chers marketeux et autres power-pointeurs, ne faites pas de slides avec des noms de dieu de bordel de merde de vieille pute borgne d’engrenages. Vous ne savez pas le faire. Vous trouvez inévitablement le moyen d’y claquer une couillardise qui aboutira à un système foireux. Arrêtez de vous faire mal et de nous faire mal. Merci. Merde.

Les gérants du centre à événements corporate ont pris soin de placer sur les tables des dépliants explicatifs et auto-promotionnels, sans oublier l’accessoire principal de tout pétanquistes olympiens : le petit crayon pour noter les points.

J’avais prévu le coup et avais apporté mon propre criterium. Mais c’est bien plus promoteur et respectueux d’utiliser le matériel qu’on nous met à disposition. C’est donc avec ce petit crayon que je réalise mon traditionnel dessin de réunion de le Travail. Vous l’avez déjà vu par ici. Pour pas me faire choper, j’active ma super-compétence de « retourner la feuille lorsque quelqu’un de sérieux passe à côté », acquise durant mes années collèges.

Petite pause bouffe et piache, puis vient l’étape d’ensemençage.

La personne sus-mentionnée missionnée pour cette étape se présente. Il s’agit de Prestataire Impoli, qui exerce le métier « d’Expectorateur Semencial ». Comme je suis un rebelle, je propose qu’on le désigne par « le Corporate Bullshiste ».

Ce monsieur nous explique le concept. Il s’agit de blablater dans notre table-ronde sur un sujet spécifique, pendant qu’un maître de table-ronde prend des notes sur un tableau. Ensuite, les équipes sont tradéridéra-isées, à l’exception du maître, qui reste le gardien de son sujet. Et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les équipes aient fait leur parcours complet. Chacune d’elle a un stylo de couleur différente, ce qui permettra par la suite de différencier quelle équipe a écrit quoi sur quel sujet. Cette technique d’ensemençage est nommée : « jeu de la multi-biscotte ».

Photo publicitaire pour le rugby. ramassage de savonnette dans la douche

Cette analogie entre la création d’idées et l’éjaculation est-elle sexiste ? Ça sous-entendrait que les femmes ne peuvent rien inventer. Pour équilibrer, est-ce que je ne devrais pas ajouter une analogie entre la création d’idées et l’ovulation ?

On peut utiliser le terme générique « gonades » pour désigner à la fois des testicules et des ovaires. Est-ce que l’écriture inclusive a défini un mot pour désigner à la fois l’éjaculation et l’ovulation ? Qu’est-ce qui est le plus sale entre le jeu de la biscotte avec du sperme et le jeu de la biscotte avec des menstruations ?

(On va pas mettre d’image ici).

Mais revenons-en plutôt à notre Corporate Bullshiste, qui ajoute que le « livrable » que nous devons fournir est constitué des notes prises durant nos réflexions successives. Je suis pas sûr qu’utiliser du vocabulaire corporate (le mot « livrable ») soit la meilleure manière pour créer une atmosphère ensemançante-ovulatorielle effervescente d’idées. Mais qui suis-je pour juger ?

Je ne me souviens plus précisément des sujets de table-ronde. Il y en avait un sur la diversité. On en a profité pour sortir des blagues de merde sur les inuits et les gauchers (deux minorités représentées à ConcreteWorld.🌏). À plusieurs reprises, des personnes me regardent d’un air interrogato-condescendant en faisant la remarque qu’il nous faudrait un vrai Système d’Information. Merci, je suis au courant, et je ne suis pas en train d’agir pour, car je travaille avec joie et abnégation sur l’outil Pochtronarr.

Notre Corporate Bullshiste passe entre les tables et tente de nous galvaniser, nous encourageant à noter tout ce qu’on trouve qui ne va pas. Moi ce que je trouve qui ne va pas c’est qu’il passe entre les tables et ça nous inhibe. Tout le monde sait que les éléments observés changent de comportement en présence d’un observateur. Il n’y a pas que les livrables dans la vie, il y a aussi les observables.

Moment de tension à la table-ronde tenue par Collègue Pioupiou-Géant. Celui-ci écrit peu lisiblement. Notre Corporate Bullshiste, qui s’était incrusté, le lui signale, et ajoute que ce sera difficile pour lui de recompiler les remarques si c’est noté aussi porcassement. Pioupiou fait alors l’effort d’écrire un peu mieux, mais ça ne convient toujours pas. Notre Corporate Bullshiste insiste. Pioupiou parvient à garder son flegme habituel en ne le regardant plus, y compris dans les moments où il est obligé de lui parler (laconiquement).

Nous tradéridéra-isons comme des petites toupies dans une arène Beyblade-Burst, et cette partie de jeu de multi-biscotte se termine. Notre Corporate Bullshiste demande à ceux qui ont appris des choses de lever le doigt, certains le font. Puis il demande la même chose à ceux qui n’ont rien appris, ce que d’autres font. Pour finir, il invite les gens qui le souhaitent à énoncer des remarques diverses.

Je me manifeste. L’assemblée pousse alors un cri de satisfaction général et quelques applaudissements naissent. Je suis tout fier et tout gonflé d’ego de voir que le monde me kiffe et s’attend à ce que je clôture cette épreuve par un moment de soulagement trublionesque.

Je signale que mon équipe avait le feutre de couleur jaune et que c’est complètement con comme couleur parce qu’on voit pas ce qui est écrit. On a été obligé, à chaque tour, d’expliquer au maître de table-ronde qu’il ferait mieux d’en prendre une autre et de noter qu’elle correspond au jaune.

Ça a plu. Des personnes sont venues me voir après pour me féliciter de mon intervention. Hasthag ego. J’en profite pour montrer à certains d’entre eux mon dessin terminé, dont je suis également très fier.

Après toutes ces émotions : moment joyeux de réconfort avec apéro, champagne et petits machins à manger. Comme d’habitude dans ce genre de situation, je rentabilise au maximum. Par-dessus le marché, je passe pour un mec bien en demandant à chaque fois qu’on me re-remplisse mon verre de champagne plutôt que d’en prendre un nouveau. Le petit personnel me remercie pour l’économie de vaisselle.

Soirée

Je croise Collègue Pioupiou-Géant, qui m’annonce d’un air blasé qu’il a reçu l’ordre de réécrire au propre tout ce qu’il a noté. Pauvre Pioupiou. Une personne random lui apporte du champagne of greater heal.

Collègue Lucène-Lapin apparaît déguisé en Père Noël, avec sa hotte remplie de nos cadeaux. Il s’assoit sur un fauteuil et chacun vient en prendre un. C’est une technique super classe pour mettre des filles (et aussi des mecs) sur ses genoux.

Je récupère une boîte standard de petits chocolats. J’ai cherché un peu à savoir de qui ça venait, sans trouver. Pas grave, c’est un cadeau qui me satisfait très bien. Le seul petit problème c’est que je ne peux en extraire aucune connerie ni aucun déblaterrage qui aurait trouvé sa place dans cet article.

C’est Collègue Lionel-Astier qui récupère mon cadeau, il en explose de rire. Il s’agit d’un coupe-papier-toilette, accompagné d’un petit mot expliquant au bénéficiaire qu’il peut soit le garder pour sa maison, soit en faire don à ConcreteWorld.🌏. En effet, le papier toilette des toilettes boîtales est parfois extrêmement difficile à couper, surtout lorsque le rouleau n’est pas entamé. Ça m’a valu des moments de rage terrible à blom-blomer fébrilement ce putain de rouleau pour en trouver l’extrémité et arracher péniblement des lambeaux de feuilles destructurés.

Le coupe-papier-toilette

Collègue Lionel-Astier approuve l’idée et annonce que dès demain, ce prestigieux objet sera présent dans les Concrete-Gogues. Je suis heureux, c’est exactement ce que je voulais. C’était un coup risqué, car si le cadeau atterrissait dans les mains d’une personne d’un autre site, ou d’une femme, ou de quelqu’un qui aurait souhaité le garder, je n’aurai pas pu en profiter.

Est-ce que c’est sexiste de vouloir que ce soit un homme qui ait mon cadeau et pas une femme ? Et pour aller plus loin dans la réflexion : est-ce que c’est sexiste de vouloir séparer les toilettes des hommes et des femmes ?

Un collègue quelconque m’explique qu’il a récupéré son propre cadeau, comme ça « il est pas emmerdé et il a pas de mauvaises surprises ». C’est la lose totale. À une époque un peu déprimée de ma vie, je voulais me programmer ma petite descente aux enfers personnelle. J’y aurais certainement intégré des choses comme ça, entre deux étapes plus importantes.

Un magicien, dépêché sur place, passe entre les groupes et nous propose d’amusantes tromperies. Tout le monde est bluffé. Je m’attendais malgré tout à un peu mieux de sa part, il n’a pas fait de boules de feu.

Eeeeet voici la carte que vous aviez choisie !

Le repas se passe très bien. Bonne bouffe, alcool, discussions diverses, magicien qui continue son show.

J’ai compris l’un de ses tours (plus précisément, on me l’a expliqué). Il demande à trois personnes différentes de choisir un truc (un nombre, une couleur, un type d’accélérateur de particules). À chaque fois, il note quelque chose sans nous le montrer, chiffonne la feuille, et demande la réponse. À la fin, il montre toutes les bonnes réponses. En fait il à juste décalé l’écriture de chacune d’elle. Pour amorcer le truc, il avait ajouté une question initiale qui était sous une autre forme : choisir des boîtes d’allumettes dont il a appris les couleurs par cœur ou quelque chose comme ça. Bon, j’explique super mal, on s’en fout, on passe à autre chose. De toutes façons il a pas fait plus de boules de feu qu’avant.

À la fin du repas, les serveurs embarquent vivement nos bouteilles d’alcool. J’avais vu le coup venir et m’étais servi un plein verre juste avant. Mon voisin qui n’a plus soif me propose de terminer le sien. La soirée se suicide alors de façon spectaculaire, en une apothéose de molécule éthylée.

En effet, immédiatement après la fin du repas s’est amorcé un mouvement général de rentrage. J’ai trouvé ça un peu court. On aurait pu continuer de discuter un peu, ou danser sur « Royal Salute » de Brain Damage. Mais non. Go home direct.

Je me retrouve donc en voiture avec Collègue Pagne et surtout avec Colléguette Platona. Je suis aux anges, d’autant plus qu’elle nous avoue qu’elle va avoir besoin de nous pour la distraire, afin qu’elle ne s’endorme pas au volant. Ça ressemble à un début de scénario de film platonique (c’est l’inverse d’un film pornographique).

On discute de tout et de rien, puis on décide d’appeler des gens de la soirée avec la super voiture téléphonique de Platona. À chaque fois que ça décroche, on braille « Bonne annééééééé !!! » et juste après : « Tourne à gauche ! ». Y’a des gens qui ont vraiment cru qu’on leur donnait un conseil de direction voitural. On aurait pu en paumer de cette manière, ça aurait été très amusant. On propose également à certains de se retrouver en boîte de nuit, ce qui a parfois suscité de l’intérêt. Mais on s’est dégonflé et on a avoué que c’était une blague. #je_suis_trop_vieux_pour_ces_conneries.

Puis on rentre platoniquement dans nos maisons respectives.

Tourne à gauche !!

Épilogue

Tout d’abord, je me dois de compenser l’image d’indienne toute maigre que j’ai placée précédemment.

C’est mieux d’y mettre les formes

Le lendemain, debriefing général. J’apprends que notre Corporate Bullshiste a collé, voire dragouillé Colléguette Carnea pendant une bonne partie de la soirée. Ce gars est vraiment un tocard. Je l’imagine bien chez lui, au milieu de la nuit, alors que sa femme dort. Il se lèverait en douce pour se masturber, déguisé en Louis XIV, tout en écoutant du Wagner et en s’imaginant recouvrir le corps de Carnea de tranche de rumsteack Label Rouge, le tout « avec son petit coussin pour s’essuyer les doigts ».

Ça rejoint la notion de semencinaire.

Quelques semaines plus tard, nous recevons le livrable final, c’est à dire un rapport computant l’ensemble de nos remarques (y compris celles notées par Collègue Pioupiou-Géant).

Extrait :

Les supérieurs hiérarchiques doivent porter une attention abnégationelle à la priorisation des tâches de leur ouailles. Il faut réaliser en premier ce qui est facturable.

Oh, Chef Random, le tocard social de mon ancienne boîte, m’avait sorti exactement la même ineptie imprécise lorsque je l’avais interrogé sur l’ordonnancement de mes tâches. Je m’étais alors demandé ce que j’étais censé faire entre : terminer un projet qui sera facturé à la livraison, et claquer de la maintenance qui est facturée en continu chaque année.

Alors évidemment, le chef aurait répondu : « le projet d’abord, on s’en fout des maintenances ». Et l’année suivante, le client de la maintenance n’aurait plus voulu payer, parce qu’on n’aurarait rien fait. Et le chef serait revenu à la charge en me houspillant : « vous avez rien branlé espèce de branquignol, c’est de votre faute si on a perdu ce client ».

Cela dit, dans mon ancienne boîte, ça s’était pas passé comme ça. Chef Random avait répondu : « faites le projet, mais n’oubliez pas les maintenances, c’est important aussi ». Puis quand il a été débouté de son poste comme un malpropre, la réponse officielle de Chef «  » à mes demandes de priorisation était : «  » (il ne répondait pas), et sa réponse officieuse était « mais c’est des vrais gamins ! Ils sont-y donc pas capables de décider ça tout seul ? ».

J’ai déjà raconté tout ça, mais les souvenirs sont remontés et j’ai éprouvé le besoin de cracher encore un peu de ma bile. Désolé.

Un dernier extrait du livrable final :

Blasonnement parlant, l’image de ConcreteWorld.🌏 est espiègle et raffinée, percutante et disruptive.

Et sinon, il y avait une faute dans le rapport. Chouette. Je vais pouvoir faire le lèche-cul : la signaler de manière innocente, et par là-même prouver que je l’ai lu en entier et que donc je suis impliqué à donf’ de ouf’.

Raffarin pète-burne Memorial Day #6

La tradition sur ce blog est de perpétrer une célébration du lundi de Pentecôte, en tant que jour-qui-était-ferié-et-qui-l-est-toujours-mais-qu-on-se-fait-malgré-tout-enculer-d-un-jour-de-congés. Les célébrations des années précédentes sont rangées dans la catégorie idoine.

Pour ceux qui auraient été privés de leur histoire, je rappelle que cet assassinat du temps libre des Français nous a été offert par Jean-Pierre Raffarin. C’est ce mec là :

J'emberlificote le fil de mon microoooooo !!

Chui un rebel, j’emberlificote le fil de mon microoooooo !!

J’ai déjà déblatéré sur ce monsieur. Il mériterait qu’on lui déblatère dessus à l’infini, mais ce n’est pas ce que j’ai envie de faire aujourd’hui.

Rappelez-vous, l’année dernière, je vous avais présenté l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) pour le Revenu de Base Inconditionnel. J’en avais également parlé dans le blog de Sam & Max (http:// sametmax.com/comment-le-revenu-de-base-inconditionnel-pourrait-maximiser-le-bonheur/).

C’est maintenant l’occasion de faire un point sur le résultat de cette ICE. Comme on pouvait s’y attendre, elle n’aboutira pas, puisque seulement 285 042 signatures ont été récoltées dans toute l’Europe, sur les un million requis. Zut alors (http:// revenudebase.info/2014/01/15/fin-initiative-europeenne-mouvement/).

Lance Armstrong, après s’être vautré sur la Lune avec son vélo dopé à l’assistance électrique, nous avait gratifié de sa fameuse citation : « c’est un faux-pas pour moi, mais faut pas se formaliser pour l’humanité ». Je propose un détournement de cette phrase, pour vous annoncer : « c’est un échec pour l’ICE, mais pas pour l’idée du Revenu de Base en elle-même ».

Le fait d’avoir eu une action concrète à mener (obtenir le plus de signatures possible) a encouragé de nombreuses personnes, dont moi, à faire circuler l’idée. Celle-ci avance dans l’esprit des gens, et se répand dans le monde en sautant joyeusement de cerveau en cerveau. Sans me vanter, je peux revendiquer la paternité directe ou indirecte d’au moins 4 signatures parmi les 285 042.

La barre de progress des signatures a freezé.

La barre de progress de l’ICE a freezé.

Je suis persuadé que le Revenu de Base est un mode d’organisation sociale qui optimiserait le bonheur et la productivité des humains. J’entends par là : productivité au sens large, aussi bien concernant les choses utiles (échanges, éducation, écologie, …) que les futiles (casquettes à grosse tête). À noter que je reconnait sans aucune réticence que les casquettes à grosse tête ont également leur place dans ce monde.

Ce dont je suis moins persuadé, c’est si l’idée du Revenu de Base est suffisamment simple et limpide pour que la plupart des gens finissent par accepter que ce serait bénéfique. Le meilleur moyen de s’en assurer est d’en parler autour de soi, aux gens qu’on connait / qu’on connait pas. Ce que j’ai tenté de faire.

Je m’en vais donc vous présenter ici mes expériences personnelles de « faiseur de ciruler les idées ». Autant vous prévenir, les résultats ont variés et il est grandement possible de se débrouiller mieux que moi. Mais on fait avec ce qu’on a. Or sur ce blog, on a moi et pas grand monde d’autre.

Comment amener le sujet du Revenu de Base ?

Si vous êtes assez bon en blablatage, vous devriez être capable de le faire émerger au détour d’une conversation classique. Vous avez certainement remarqué que les gens se lamentent souvent, levant de grands yeux mouillés de basset sur la misère de l’univers, tout en ânonnant « qu’il n’y a plus de travail », « qu’il n’y a plus d’argent nul part », « que c’est la crise », et autre lieux-communs à l’emporte-pièce. C’est l’occasion pour vous de proposer une solution à ces problèmes, et d’embringuer sur le Revenu de Base.

N’étant pas un grand expert en relations sociales, je ne parviens pas à saisir toutes les occasions qui se présentent. Mais j’ai une autre technique. Celle-ci n’est pas utilisable par tout le monde, vous devez être muni d’un conjoint ou d’une conjointe (avec ou sans nichons).

 Moi c'est avec.

Moi c’est avec.

Première étape : parlez du Revenu de Base à votre conjoint(e). Décrivez-lui en détail les raisons pour lesquelles vous pensez que ça fonctionnerait. Si vous n’êtes pas assez convaincant, ce n’est pas grave du tout. L’important est qu’il/elle réalise à quelle point cette idée est importante pour vous. Surtout n’hésitez pas à être bien lourd, et à ramener régulièrement le sujet sur le tapis.

Seconde étape : allez à un machin social quelconque, accompagné de votre conjoint(e). Déroulez des conversations comme normalement. Si le machin social est agrémenté de drogues douces (alcool, marijuana, …), n’hésitez pas à en consommer, ça ne peut qu’aider. À un moment, quelqu’un va inévitablement sortir l’un des lieux-communs emporte-piecé sus-mentionné. Là, votre conjoint(e) devrait dire : « argh, il va encore nous bassiner avec le Revenu de Base, fuyez ! »

Si personne ne fuit, vous avez le champ libre et vous pouvez prendre la parole.

Comment présenter des arguments convaincants ?

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Comme très peu de gens connaissent le Revenu de Base, vous êtes de toutes façons obligé de le décrire en quelques phrases. Là, personnellement, je ne me prends pas la tête. Je ressors le même blabla à chaque fois. Ça ressemble à quelque chose de ce genre :

Le Revenu de Base consiste à donner la même somme d’argent, tous les mois, à toutes les personnes d’un pays ou d’une région. Il continue d’être perçu même lorsqu’on commence à travailler, quel que soit le salaire et le contrat de travail. La somme donnée est calculée au plus juste, mais permet de vivre « dignement », c’est à dire : pouvoir s’acheter de quoi bouffer, de quoi se loger et éventuellement quelques biens culturels de base.

Ensuite, il vous reste encore un peu de temps de parole pour adapter les arguments à votre auditoire. Là, pas de recette miracle, mais j’ai quelques exemples qui ont à peu près fonctionné.

Si vous parlez à des retraités pas trop vieux :

Le Revenu de Base n’est pas une incitation à la paresse. La plupart des gens ne se mettent pas à glander même si on leur en donne la possibilité matérielle. Par exemple, toi, ami retraité, l’État te paye, et pourtant, tu continues de t’occuper de ton jardin / de garder tes petits-enfants / de bricoler / de faire des gâteaux / de coudre des bonnets / de prendre des cours d’informatique.

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Si vous parlez à des personnes divorcées :

Le Revenu de Base est versé à une personne, et pas à un foyer. Il est mis sur un compte en banque au choix, que l’on peut changer à tout moment. Parfois, certains couples ne se sentent plus bien ensemble. Dans notre système actuel, si l’une des personnes veut partir, elle ne le peut pas toujours, à cause de la maison, du revenu assuré par le travail de l’autre, etc. Avec le Revenu de Base, on peut « s’enfuir du couple » tout en gardant un minimum vital.

Si vous parlez à de jeunes parents salariés :

Élever un enfant, c’est pas juste une aventure formidable. C’est aussi du putain de travail. Le Revenu de Base des enfants peut être directement alloué aux parents, ce qui est une forme de reconnaissance du travail d’éducation. Le montant du Revenu de Base est moins élevé pour les enfants de moins de 18 ans, mais la reconnaissance est là malgré tout.

Si vous parlez à des gens qui pensent que si on n’est pas forcés à travailler, la plupart ne vont plus rien glander et « toute l’économie sera par terre » :

L’économie est déjà plus ou moins par terre. De plus, les gens ne sont déjà pas forcés de travailler, avec le RSA, l’allocation chômage et tout un tas d’autres aides conditionnelles. Y’a juste que ce serait plus simple de donner la même chose à tout le monde plutôt que d’enquêter sur la vie de chacun afin de déterminer qui mérite les aides que l’État daigne octroyer.

Si vous parlez à un lapin :

Skouik skouik ! Cronch Cronch. Zig-zig la lapine ! Zig-zig la lapine ! Zig-zig-zig-zig-zig !

Mon auditoire est-il souvent conquis ?

Honnêtement, non.

C'est pas du gâteau. Est-ce du nichon ?

C’est pas du gâteau. Est-ce du nichon ?

Les gens me laissent présenter mon idée et m’écoutent. Mais très souvent, ils ont des contre-arguments auxquels je ne sais pas répondre. Ou si je sais y répondre, c’est trop tard, ou pas de la bonne manière. Je fini par m’embrouiller dans mes explications et mes contre-contre-argumentations, et très souvent je me fais rembarrer. Mais ce n’est pas si grave.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’avoir un avis sur quelque chose, puis quelqu’un arrive, vous explique pourquoi votre avis est mauvais, et alors vous avez répondu « Mince, c’est vrai, je me suis trompé. Tu as raison » ? Ça ne vous est jamais arrivé ? C’est normal. Personne ne fait ça. Personne n’avoue immédiatement qu’il avait tort, quel que soit le sujet. Le professeur Ploum, éminent blogologue, en parle dans cet article (http:// ploum.net/le-cout-de-la-conviction/).

Et donc, la plupart de vos tentatives de faire accepter l’idée du Revenu de Base sont vouées à au moins un premier échec. Il semblerait que ce soit valable pour beaucoup d’idées : politiques, économiques ou autres. Mais c’est un détail auquel vous ne devriez pas vous attacher. Votre but n’est pas de faire accepter une idée, mais de la répandre. Vous n’avez aucun contrôle sur ce qui peut arriver ensuite.

Comme auraient dit Maxime le Forestier et Nicolas le Jardinier, si tous deux avaient réellement existé : « je suis la graine que je place dans votre cerveau, mais je ne suis qu’une graine. »

Dans quelques semaines, une autre personne viendra parler du Revenu de Base à ces mêmes personnes avec qui vous étiez. Et celles-ci se diront : « Ah oui, un type bourré et sa copine avec des nichons m’ont raconté la même chose durant un machin social quelconque ». La petite graine sera arrosée. Il faudra l’arroser encore et encore, mais ça vaudra le coup, car elle deviendra un arbre gigantesque qui fera pousser d’autres graines.

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Concrètement, que serait-il possible de faire de plus ?

En parler autour de soi, c’est toujours ça de pris. Mais j’aimerais bien faire plus. J’ai quelques idées. Certaines productives, d’autres non. Certaines réalistes, d’autres non. Les voici en vrac :

  • Continuer de faire des articles dans mon blog. C’est fun, mais pas très rentable, vu tout ce que j’ai déjà écrit. La plupart des gens qui connaissent mon blog connaissent déjà le Revenu de Base. Le sujet mériterait d’être approfondi dans beaucoup de directions, mais d’autres font cela beaucoup mieux que moi. J’en profite pour vous rereconseiller la lecture assidue de ce site (http:// revenudebase.info/).
  • Écrire des articles pour d’autres endroits de l’internet. C’est fun et rentable, car je touche des personnes qui n’en ont peut-être jamais entendu parler. Mais il me semble avoir épuisé ce filon. J’ai blablaté dans feu le magazine 42, et chez Sam & Max. Il n’y a pas d’autres sites dans lesquels j’aurais un tant soit peu de pignon sur rue, pour me permettre d’y dumper une grande diatribe.
  • Lire le livre « La théorie relative de la monnaie », essayer de le comprendre, et le vulgariser. Pas forcément très rentable, mais possiblement fun. Je me suis promis de le faire un jour où j’aurais le temps. Mais pour avoir du temps, il faudrait que le Revenu de Base soit mis en place. Mince alors.
  • Aller dans une place fréquentée, monter sur une boîte à savon et haranguer la foule. Ce serait sûrement rentable, puisque je toucherais beaucoup de gens rencontrés aléatoirement. Mais je ne sais pas exactement comment m’y prendre pour des actions de ce genre. Je n’ai pas envie de distribuer des tracts car personne ne les lit, et c’est juste du gaspillage.

Y’a-t-il ici des harangueurs de foule qui auraient des conseils à me donner ?

soapbox harangueur de foule porte-voix

 

Le dernier numéro de 42, et une histoire juste comme ça

On est en plein milieu de l’hiverté, cette saison si particulière, à exacte-égale distance entre l’hiver, l’été, l’ivresse et la liberté. Elle existe partout, sauf dans le nord de l’Amérique. Une sorte de pied de nez de notre facétieuse planète à ce pignouf de Jo Dassin et son été indien de mes fesses.

J’émerge doucement de mon sommeil, dans mon sac de couchage brûlé au troisième degré, à motif de fleurs. Je joue avec mon cerveau. Je lui fais générer des pensées cochonnes pour avoir la trique, puis je pense à d’autres choses pour la faire retomber, puis je recommence. C’est un lendemain de cuite, évidemment. Je me lève, mes camarades de franche camaraderie dorment encore.

Ici c’est une sorte de concentré de gloss à paillettes de quelques petits moments magiques qui ont chatoyé mon histoire un peu noire. Une intégrale de « petits plaisirs simples de la vie », sur t-dt.

Au plafond est accroché un papier, volé dans un supermarché quelconque, indiquant : « ne pas gerber ». Je vais aux toilettes et fais pipi jaune foncé. Mon corps me fait bien sentir que ça l’emmerde de lâcher de précieuses gouttes d’eau pour éliminer les toxines de la veille. Je me lave les mains, puis me rappelle qu’il n’y a pas de torchon. Je m’essuie sur le chat.

finished loft area dream roof room

Pictures Wet Cats

Ça dépend des fois, mais là, mon corps est tout foufou et motivé. Alors je me lance dans le nettoyage des trois tonnes de vaisselle. Pendant ce temps, mes amis de franche amitié se réveillent en émettant divers grognements. Nous sommes 5 au total, avec autant de filles que de garçons. Nos compétences et utilités sociales sont variées : jardinage, geekeries, décoration de blouse, recyclage, musique, ouvrier-codage, décentralisation, karmagraphie, recherche d’idées, …

Le travail ne manque pas, mais comme la survie n’est pas un problème, on travaille beaucoup et bien. Y’a juste que tout ce qu’on produit n’est pas toujours immédiatement utile.

On habite tous ensemble dans un appartement sous les combles. On a toute la collection des vidéos « Happy Tree Friends » en VHS, et des petits serveurs décentralisés qui dupliquent et historisent ce qu’on fait sur nos ordinateurs. (Mais on peut effacer des trucs si on veut). Une fois, le voisin a tiré à la chevrotine sur le toit, puis son fusil a éclaté et il y eut « une pluie de petits morceaux d’homme ». En hommage à sa mémoire, j’ai accroché une bite en carton à mon velux. On a chacun notre chambre, j’ai ajouté un bar dans la mienne.

Ou peut-être que je n’habite pas dans cet endroit, et que je suis seul tout en haut d’une tour de mage. Pour sortir dehors, je descend à ski. J’ai un ski gauche et un ski droit, faut pas confondre.

minecraft mage tower

Y’a une piste rouge et une piste bleue.

Non. On dirait qu’on serait 5, parce que c’est mieux comme ça. Évidemment, on fait des trucs sexuels entre nous. Pour être sûr que certains ne soient pas lésés sur ce plan, on a mis en place un système de monnaie, dont chaque unité est divisible à l’infini. Le cours de la levrette avec douche de miel a augmenté.

Parfois, des gens nous rendent visite, ou l’inverse. Et c’est toute une population éclectique qui vient échanger avec nous bons mots, alcool, octets et souvenirs :

  • Des livreurs de cocktails-apéro.
  • La « scène » des joueurs professionnels de Hammerfest (parce qu’on organise des compétitions).
  • Le Scrameustache et son ami imaginaire Gimli, à qui il lance une plaquette de chocolat pendant les matchs de rugby et de foot.
  • Le commissaire-huissier du Guiness des Records de l’insomniaquie. Il est drôle, il apporte toujours de la Guiness.
  • Le passeur de boîtes de nuit, qui vogue au dessus de la foule dans son bateau sobre, pour transporter ceux qui se sont perdus entre les tables et la piste.
  • Sans-Nom, le héro de Fight Club.
  • Une très grande blonde et une petite asiatique.
  • Morak.
  • Velvet d’Amour.
  • Un mec bizarre que personne ne connaît et qui tient absolument à dire « musaraigne ».
  • Des prostitués (hommes et femmes) payés par l’État, qui proposent des coups gratuits ou juste une conversation. Une fois, juste pour le fun, j’ai donné un cent-millième d’unité de notre sexo-monnaie à une belle poularde au gros nougats. Mais ça ne lui servira à rien, personne d’autre que nous ne l’utilise.

garbage girl porn

  • Vous, bien sûr. Et j’en profite pour vous en remercier.

Dugrain, l’un de mes amis, sort de son sac de couchage, prend un tout petit gâteau dans le frigo, et doucement, progressivement, se met à pleurer à cause du danger potentiel de perdre ce petit gâteau sans en avoir suffisamment profité. Il pleure avec des putains de chaudes larmes bien viriles, de celles d’un mec tellement viril qu’il a une confiance absolue en sa virilité, et qui a donc conscience que pleurer ne pourra en aucune façon l’entâcher.

Je le prends dans mes bras et le console. Je pleure un petit peu moi aussi, parce que ça fait du bien.

Well, that’s it viewers.

Don’t forget to turn off your set.

Was it enough for you ?

(1000 points d’ego à la première personne capable de me dire de quel jeu vidéo est tirée cette citation).

Pourquoi j’ai écrit tout ça ?

dernier magazine 42 couverture

Je n’ai pas à me justifier de ce que je mets dans ce blog, mais là, j’ai décidé que si. Je n’ai pas à me justifier du fait que parfois, je me justifie, et parfois pas.

Le magazine 42 a fermé ses lourdes portes d’airin sur plus de 3 ans de lol, images débiles, trolls et autres croublougnastreries. À cette occasion, je voulais raconter quelques souvenirs marquants et quelques sentiments qui ont été miens durant toute cette aventure (On croirait lire Valéry Zettoun dans Popstar).

Puis je me suis aperçu que les souvenirs marquants, ce sont mes contributions à 42 en elle-même, et les sentiments qui les accompagnent, je les ai déjà racontés dans mon au-revoir inclus dans le dernier numéro. (Ce, qui par ailleurs, constitue une contribution, donc un souvenir marquant, accompagné de sentiment, raconté dans l’au-revoir, paf vortex récursif).

Comme tout avait donc été dit, j’ai décidé de raconter, ici, des souvenirs autres que ceux liés à 42, en les mélangeant bien afin de conserver mon anonymat et d’optimiser mon bonheur de relecture.

Sans transition (bizarre cette expression), voici mes contributions à cet ultime, dernier et post-post-antépénultième opus.

images de transformation d'un rat-garou

Là, c’est avec transition. Ou juste zoophilie.

Page 30 : Mon top 3 des jeux vidéos 2012

Comme l’année dernière, j’ai essayé de produire des tops de 3 origines différentes. Il y a donc un jeu flash, un jeu de la Motion-Twin et un jeu d’un studio indépendant.

Sauf qu’Island Tribe 3 n’est pas si indépendant que ça, ne vaut pas grand-chose, n’est pas très original, et me fait à chaque fois éprouver un léger sentiment de honte lorsque j’y joue. De plus, ce serait bien moins lourdingue si on pouvait programmer à l’avance les actions des personnages, plutôt que de cliquer partout comme un gros débile sans avoir le temps de réfléchir.

Je me suis rattrapé avec Flightless, jeu flash nanti d’un concept original et provenant d’un studio suffisamment indépendant à mon goût : Nitrome. Essayez-le, c’est mignon, astucieux et rigolo. Je vous mets directos un lien indirectos (http:// www. nitrome.com/steam/flightless/#.UPbroKy57w4).

Un jour, peut-être, j’explorerais plus en détail ce que font ces gens de chez Nitrome, et j’en rédigerais un article.

Pour finir, j’ai choisi Galaxy 55, déjà mentionné ici et là. À ce sujet, je me permet de hurler à la face du monde moderne : « je veux un Minecraft-like avec des petits robots qui feraient tous le boulot à notre place, et qu’on programmerait soi-même, à l’aide d’un langage dédié ! » Même si c’est qu’en 2D. Je serais prêt à payer pour ça. (En bitcoins).

Edit d’hier soir à l’arrache à 2h du matin : les robots, c’est pas encore gagné. la Motion-Twin va arrêter Galaxy 55 pour un temps fini non déterminé.

doom fingernail

Quand on retrouve un peu partout des références à un truc, ce truc devient de la culture.

Page 66 : mes adieux personnels au lectorat de 42

Dans la vie d’une personne célèbre du show-bizz et de la taylay, il y a toujours un moment où elle révèle tout de son si trépidant parcours. Elle en sort un livre, un sketch ou un spectacle, et ça lui rapporte mass pognon. C’est ce que je fais dans cette article de 42 : je raconte mes secrets les plus intimes, et je n’ai plus rien à cacher, et c’est beau. Nan je déconne. Même si je n’avais vraiment rien à cacher, je ferais semblant d’en avoir à, juste pour me rendre intéressant.

En revanche, ce que je ne vous cache pas, c’est que cet arrêt de 42 me fait me sentir un peu plus « libre ». La contrainte d’une production régulière ayant disparue, je vais pouvoir me lancer dans des projets de plus grande envergure. Aboutiront-ils ou pas ? Je l’ignore. Seul le futur le sait (et encore, c’est uniquement parce qu’il a regardé dans une boule de cristal pour voir son propre futur, le futur).

Vous trouverez quelques détails supplémentaires concernant mes raisons d’arrêter 42, et les ouvertures dont auxquelles ça décombe, dans un post du forum (http:// www. nioutaik.fr/daultimatewebzine/viewtopic.php?pid=170485#p170485).

Page 73 : roman-photo Anonymous

La classe, comme d’habitude. J’avais envie de me foutre de la gueule des Anonymous, car peu de gens le font. Ceux qui les soutiennent les encensent. Ceux qui les détestent les insultent copieusement, mais ne se foutent pas de leur gueule. Comme si c’était un sujet trop sérieux pour être moqué.

Je me permet de vous rappeler que si on en a envie, tous ce qui est sérieux peut ne plus l’être. Il ne faut pas abuser de ce pouvoir de non-sérieusisation, mais il faut savoir qu’on peut l’appliquer à absolument tout.

« On peut rire de tout, mais on ne peut pas rire tout le temps, sinon ça devient lourdingue ».

L’autre chose que je voulais messagifier dans ce roman-photo, c’est que les échanges entre humains passent aussi par le visage, les expressions, les sourires, les faisages de tronche, etc. Et les conventions sociales, quelles qu’elles soyent, préconisant de se cacher le visage handicapent ces échanges. Il peut y avoir de bonnes raisons de cacher son visage, mais il ne faut pas oublier qu’après, c’est plus difficile de communiquer. C’est tout.

En route pour de nouvelles aventures ?

Je m’en vais vous faire découvrir un extrait de ma liste de trucs à faire. Au passage, comme l’a souligné le professeur Ploum (éminent librologue), les listes de choses à faire ne sont pas des listes, mais des arborescences.

MMmmmhhh… Non. Attendez, ce ne sont pas des arborescences. Ce sont des espèces de graphes de dépendance, avec des petites boîboîtes connectées entre elles un peu n’importe comment, mais pas complètement n’importe comment parce qu’on n’a pas le droit de faire de boucle. Enfin c’est ce que j’ai cru comprendre de son article (http:// ploum.net/post/changing-the-world-one-task-at-a-time).

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Décompostition arborescente de la tâche « faire la vaisselle »

Voici une partie de ce que j’ai prévu pour les mois/années à venir :

  • Remettre de l’ordre dans le souk que constitue ce blog. Dans la mesure du possible, j’aimerais bien avoir un seul article dans la partie « Trucs Uber Importants » située à droite. Celui-ci aurait pour sujet principal : MOI, et recenserait toutes mes « grosses créations » faites depuis le début de ma vie de glandeur de l’internet. Ça veut dire qu’il va peut-être s’écouler un certain temps avant qu’un nouvel article apparaisse à nouveau sur ce blog. Mais restez dans le coin quand même.
  • Continuer de remettre de l’ordre dans le souk que constitue ce blog, en complétant certains commentaires de listage de source d’images, et en remettant comme il faut les liens à pub, que super-Wordpress m’a un peu fichu en l’air. À ce sujet, se référer à la fin du précédent article, où je m’exprime avec colère, car la colère de quelqu’un qui utilise un service gratuit est toujours totalement justifiée et devrait être écoutée, voyez-vous.
  • Continuer de participer au blog pythonien tenu par Sam&Max (http:// sametmax.com/).
  • Condenser des conneries sur moins de 140 caractères et les raconter dans mon twittère-poil-au-derrière.
  • Créer un wiki regroupant les subtilités et les détails des BD d’Andreas, mon auteur préféré.
  • D’autres grands projets cachés.
  • Et surtout : me reposer, glander, ne rien faire, jouer à des jeux vidéos en toute inculpabilité, me la couler douce, farnientiser dans la farine, etc.
  • Je sais pas, et ça me fait bien plaisir de pas savoir !

Comme dirait un héros d’un livre de Houellebecq : « Il était manifestement arrivé à une fin de cycle ».

black BBW dans une voiture

Monte dans ma voiture, et en-routons-nous vers de nouvelles aventures, disais-je donc.

Pas au revoir, et pas-merci pour le pas-poisson.

Champagne et herbe à chat pour tout le monde !

herb cat

Pour ceux qui auraient manqué les derniers épisodes, et ceux hallucinogénés plus que de raison par les vapeurs d’herbe à chat, sachez que j’ai récemment changé de boulot. Ça se passe macroscopiquement bien. Je détaillerais le nouveau boulot une autre fois.

Le but de cette article est de régler les dernières couillardises que j’ai eu avec l’imbrication d’anciennes boîtes pour qui je bossais auparavant. Car il y en a eu, des couillardises.

J’ai besoin de les cracher ici. Même si macroscopiquement ça ne vous intéresse pas. Je veux en finir définitivement avec ces clowns de chiasse, qui ont exploité mon cerveau en esclavage pendant plusieurs années.

Les soirées-embauche, c’est de la bonne comm’

Au début de cette amusante histoire, je bossais en tant qu’ouvrier-codeur prestataire pour Merluchon Corp, dans un lieu géographique qui me convenait assez bien (appelons-le « Hyodelahoutîï »), avec une ambiance de travail plutôt correcte. Lorsque soudain, j’appris que mon contrat allait se terminer. Je n’avais plus qu’à rentrer dans ma boîte-mère (Brouillis Consulting). Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, parce que bon, on est humain quand même. Non, ça c’est fait d’un vendredi au vendredi suivant.

La façon dont ça m’a été annoncée a été très drôle. Je téléphone à Germaine-Germaine, ma cheffe, afin de lui demander, comme d’habitude, son accord pour les prochains jours de congés que je compte prendre. Elle m’informe alors d’une voix gênée : « En fait, on ne te reprends pas. Mais c’est pas de ma faute, moi j’ai toujours fait attention à ce que tu ais du travail. Je peux pas me passer de toi. Oh oui oh oui. » OK, merci, au revoir.

You are fired

J’étais bien dégoûté. Mais ça ne m’a pas empêché de faire un pot de départ où j’ai fini complètement saoul, à faire des démonstrations de ventre-crawlé sur table. Ensuite HamsterPiercing m’a appelé pour me parler de ma situation (il était évidemment complètement à l’arrache, c’était le tout dernier après-midi de mon contrat). Je ne me souviens absolument pas de ce que je lui ai raconté tellement j’étais gewürtz. Mais à priori j’avais un air normal vu depuis le téléphone. Ensuite, Baguedelamor m’a ramené en bagnole. Je suis pas forcément fier de tout ça, mais c’est mon histoire, elle est là, avec moi.

bouteilles bottles

Professionnellement, ça sentait donc le moisi. Je me suis dit que c’était le bon moment pour tenter de se faire embaucher par Merluchon Corp, et ainsi supprimer un intermédiaire de sous-traitance. Or, pile-poilement, Merlu s’était prévue une soirée-recrutement, avec l’objectif ferme et sérieux de recevoir plusieurs centaines de personnes! Je m’y inscrivais dare-dare, officiellement s’il vous plait, via le site échafaudé exprès pour. Je revampais mon CV en fonction du dernier millésime en date, et partais à ce corpo-événement le cœur plein d’espoir et la bite gorgée de confiance dans le futur.

La soirée se passait dans les locaux de Deus Unlimited, gracieusement prêté à Merluchon pour l’occasion. Les chouettes produits fabriqués par Deus y étaient achalandés en exposition. Pour les entretiens, nous étions primesautièrement assis dans des tondeuses à gazon haut-de-gamme à 2 places.

Je suis en terrain connu, puisque je retrouve Jupette, Popov et d’autres gens. Mon entretien doit se dérouler sous l’égide de Monsieur RoueDeVelo, qui me connaît déjà un peu. Je déblatère mon blabla pré-mâché de circonstance. Selon lui, mon enrôlement ne devrait pas poser de soucis, ils me connaissent et savent comment je bosse. À la fin, je pose la question habituelle : « yo, pour la suite, on fait comment? »

− On te contacte sous 10 jours, me répond-il doctement. Comme tu le vois, nous sommes dans une démarche active. Ouais on a vraiment besoin de pleins de petits cerveaux bien turgescents.

Ah, détail important : la nana qui nous plaçait sur les tondeuses avait des gros nichons.

big tits yeah !

Ensuite, il y a eu cocktail-bouffe-empiffratoire, pour faire causer entre eux les recruteurs et les candidats « dans une ambiance conviviale ». Les recruteurs étaient tous en petits groupes fermés, à discuter et se palucher entre eux. Les candidats étaient de toutes façons déjà partis. Personnellement, j’ai appliqué mes techniques habituelles de crevard, et me suis fait mon repas gratoche, avec alcool. Puis je suis parti, raisonnablement sobre.

10 jours et plus après, personne ne m’avait encore rappelé. J’ai recontacté RoueDeVelo et Popov. Ils m’ont dit qu’ils avaient tout transmis au « département RH ». Et ça a été tout. Ensuite, rien. Qu’on ne veuille pas de moi, pour une raison ou pour pas de raison, je veux bien l’accepter. Mais qu’on ne me réponde rien alors qu’on a dit qu’on me répondrait, et que je me suis fait chier à venir à leur soirée à la con, c’est de l’impolitesse avérée. Bref : Merluchon = pauvres crétins sans savoir-vivre.

La rumeur court que cette soirée-recrutement stupide n’était qu’une manoeuvre de « comm' » pour faire croire au monde et aux actionnaires que Merlu embauche taquet tellement elle se porte bien.

Bosser comme un dingue, ça ne sert à rien

Après un petit passage d’inter-contrat de glande, on m’a retrouvé une autre mission, toujours chez Merluchon. J’ai pu négocier ma relocalisation dans le joyeux village de Hyodelahoutîî. J’étais content. De retour en héros auprès de mes anciens collègues du village, mon travail consistait à faire le contremaître-codeur auprès de deux serfs indiens. J’en ai parlé dans cet article.

L’informatique indienne, c’est comme ça.

Comme je voulais pérenniser cette situation, j’ai bossé comme un dingue, à faire des heures sup’ pour de vrai, sans glander. C’était chiant, mais je voyais que mon travail était apprécié. Au passage, j’élaborais un algorithme super-optimisé de fusion de segment à une dimension. Cela fera l’objet d’un article ultérieur.

Edit 2013-10-05 : l’article est fait. Je l’ai donné comme contribution au blog de Sam&Max (http ://sametmax.com/union-dun-ensemble-dintervalles/).

Et là, mes superconnards de chef n’ont rien trouvé de mieux que de m’arracher à ce projet d’indiens, et de me balarguer vers autre chose de totalement différent, pour le compte de la société FrakassMass, située en plein péquenopôle de la banlieue de Zogzogunterkirche, à 2h30 de trajet de chez moi. Je vous ai déjà parlé des transports de la région ? Oui je crois.

J’avais donc fait des heures sup’ pour rien, puisque mon pérennisage de situation venait d’échouer lamentablement, alors que y’avait moyen de pas. Fort heureusement, je m’étais trouvé un plan de secours.

Dans un moment de désespérance totale, et sur les conseils de ma supermeilleure amie, j’étais allé traîner mes guêtres sur le site de l’A.N.P.E. Il est moche, mal foutu, inutilisable, et le cookie d’identification expire au bout de 5 minutes. Après quelques défrichages dans leur broussailleuse base de données, j’y dénichais une offre d’emploi d’artisan-codeur, dans une société de logiciels de karmagraphie.

les cookies pourris du site de l'ANPE

Cookie pourri du site de l’ANPE.

Hop paf, contact, CV, entretien, sobriété, tout ça. Et voilà-t-y pas que je posais joyeusement ma démission chez les autres crétins, et m’apprêtais à partir en courant et en laissant tout s’écrouler derrière moi.

Mais, mes chefs super intelligents m’ont dit que j’allais quand même amorcer la mission chez FrakassMass, pendant mon préavis de démission. Assez prévisiblement, je leur ai balancé : « vous savez que ça m’intéresse pas, votre truc, et que je serais, de toutes façons, pas motivé ? ». Ce à quoi ils ont rétorqué : « Bleu ! Bleu ! La lumière bleue du fond de l’âme ! », et je n’ai pas eu gain de cause. Détail amusant : cette mission était proposée, une fois de plus, par l’entremise de Merluchon. Donc : Brouillis Consulting = Merluchon = Gros Boulets qui envoient des démissionnaires sur des nouveaux projets à remporter.

Démission = mission. Tiens, c’est rigolo ça.

the mission film

Une mission pour les gastronomes en culotte courte !

Glander, ça ne porte pas à conséquence

Je suis donc allé pointer chez FrakassMass, pendant 2 mois, avec 5 heures de trajet par jour, à faire le clown d’ouvrier-concepteur, pour un projet auquel je n’ai rien compris.

L’environnement bucoliquo-technique était assez particulier. Déjà il y avait un patio-jungle dans le bâtiment. Ensuite, on ne m’a pas laissé coder une seule ligne. Car « faut faire la conception avant de coder, sinon c’est n’importe quoi ». Je ne suis pas d’accord avec ce précepte, qui date d’au moins 10 ans.

Lorsqu’on débarque dans un nouveau contexte, bidouiller du code est le moyen le plus simple et le plus sûr (car égal à la réalité) de comprendre le bordel dans lequel on baigne. Le code produit durant cette période n’est pas forcément réutilisable, mais il permet justement d’élaborer une conception sur des bases réelles. Mon ami SuperGeek m’a dit que ça s’appelait des « architectural drill ». Fort bien.

Merluchon était tenu, par contrat, d’apporter un bonhomme et un ordinateur. Ils ont mis 10 jours pour déplacer mon ancienne machine de Hyodelahoutîï vers le péquenopôle. Pendant ce temps, j’ai dû apporter mon geekordinateur personnel.

Bref : conception sans code (donc aucun moyen concret, pour un chef, de valider mon travail), préavis de départ, ordi personnel, patio-jungle. Vous vous doutez bien que dans une telle situation, j’ai glandé comme un gros porc bien gras.

Moi en train de glander.

Cependant, on a tenté de me museler, puisque je n’avais aucun accès à internet. Argh ! Comment faire ? Ais-je été obligé de TRAVAILLER, par dépit et par manque d’occupation autre ? Que nenni ! Mon cerveau est suffisamment foisonnant pour que je sois capable de m’auto-alimenter en glandouille.

Voici donc mon « rapport d’activité » de ces 2 mois :

  • Jouer à se lancer une balle en mousse avec mes collègues geek sous-traitants.
  • Dormir dans les toilettes. Au moins 20 minutes par jour, j’en avais vraiment besoin.
  • Écrire des articles pour 42.
  • Écrire les résumés de mariage de mes amis personnels.
  • Avancer un petit peu dans la programmation de Kawax, mon prochain jeu.
  • Faire de la conception (eh oui !) pour Gmarble, mon prochain-prochain jeu.
  • Jouer au Solitaire, à Spider et à Freecell. Imaginer une modélisation générique de tous ces jeux de cartes.
  • Coder en python une résolution alzheimerienne des tours de Hanoï. Je vous la présenterais ici ulté-ultérieurement.

Mais je n’ai pas joué au golf, contrairement à d’autres.

Cest fini !

J’avais refait mon pot de départ à Hyodelahoutîï (en finissant sobre, eh oui, on ne peut pas gagner à tout les coups). J’ai ensuite fait un mini-pot avec muscat et croissant chez FrakassMass. Je n’ai pas fait de pot chez Merluchon, car les gens que je voulais revoir, en particulier Germaine-Germaine et Prof, étaient en vacances. Je n’ai pas fait de pot chez Brouillis Consulting, car je n’y connaissais que 2 personnes, bien que c’était ma vraie boîte.

J’ai rendu mon babadge de Merluchon, mon babadge de la machine à café de Merluchon, et mon babadge provisoire de Deus Unlimited, qui était de toutes façons périmé depuis 1 an, « autant qu’une barquette de foie de veau oubliée entre deux T-shirts ».

Au passage, j’ai croisé Jupette, à qui j’ai demandé pourquoi j’avais pas eu de réponse à ma candidature de leur soirée-recrutement-mes-couilles. Elle m’a récité : « On embauche pas les sous-traitants. Car si on pique les ouvriers des boîtes de sous-traitance, elles voudront plus jamais travailler avec nous ». C’est faux, d’autres ont été embauchés. Et de toutes façons, c’est pas ce que je voulais savoir. Je voulais juste savoir pourquoi je n’avais pas du tout eu de réponse. Qu’elle soit positive ou négative est un autre problème.

Et ensuite, je suis parti comme un prince.

Je leur ai laissé en pièce jointe mon algorithme commenté des tours de Hanoï. Je crois qu’ils n’ont pas compris pourquoi j’ai fait ça. C’était une façon un peu alambiquée de leur dire : « Je suis un artisan-codeur hors normes. Vous n’avez même pas profité à fond de mon cerveau pendant tout ce temps. Maintenant que vous ne voulez plus de moi, voyez le potentiel que vous perdez ». C’est très prétentieux évidemment. Mais, hey ! C’est moi !

Nan, en fait c’est pas fini !

On m’a craché des petites crassounnettes jusqu’au bout, histoire de bien me faire me sentir coupable, du fait que j’étais un vilain garnement de démissionner comme ça.

Je n’ai pu récupérer mon chèque de solde de tout compte qu’après avoir quitté la boîte. Car « il était pas prêt, et vous comprenez, ça prend du temps de calculer tout ça ». J’ai donc dû me retaper un trajet de 80 kilomètres aller-retour, juste pour récupérer mon putain de pognon !

Where is my fucking money ?

Quelques jours plus tard, je recevais un courrier de Brouillis Consulting, me demandant de remplir et renvoyer par la poste une paperasserie quelconque. Super ! Vous pouviez pas vous occuper de ça quand je suis repassé chez vous pour récupérer mon putain de pognon ? Bien joué, connards !

Je les ai appelés et leur ai dis : « c’est quoi la prochaine étape ? Vous allez me demander de voter en appelant un numéro de téléphone surtaxé ? ». La conne au bout du fil a rigolé, parce qu’elle avait rien d’autre à faire de sa putain de journée de merde de conne inutile.

le telephone rouge s'amuse 3467180gkpzf_2084

Moi en train d’appeler un numéro surtaxé.

J’avais presque vu juste, avec mon histoire de téléphone, puisqu’ils m’ont recontacté, pour me demander combien de jours j’avais travaillé pour eux dans le mois d’août. Il y avait un désaccord d’une demi-journée entre Merlu et Brouillis. Ça m’a beaucoup fait rire.

Bref : Merluchon = Brouillis Consulting = gros bouffons qui savent pas compter. Ce qui m’amène à me poser des questions sur le calcul exact de mon solde de tout compte. Sauf que moi non plus je sais pas le compter, ce foutu bidule.

Et maintenant place à l’amour !

Love Beach Sunset by danicafaye 721652

Je suis content d’avoir vomi tout cela. Je suppose que ça en fait un article beaucoup trop long pour être lu. Ce n’est pas grave, je l’ai surtout écrit pour moi-même.

Maintenant que ma haine s’est entièrement écoulée par le trou de ma bite, je peux vous lister les moments heureux que je retiendrais de ces années, en particulier lorsque j’étais entouré de mes collègues du village de Hyodelahoutîï :

  • Jouer au palet breton entre midi et deux.
  • Alimenter des discussions philosophiques concernant les gobelets de la machine à café (kawaaaaaax !).
  • Se retrouver dans un resto à 8 heure du mat’, à manger de la choucroute pour soutenir l’équipe locale de beach volley (bitch volet ?).
  • Jouer au jeu des anagrammes/substitutions de lettres sur le tableau Velleda. Je suis putain de fier de mon SALOPE -> OPALES.
  • Discuter Allocation Universelle avec un fervent défenseur de la 6ème république chauve (le défenseur, pas la république).
  • Augmenter mon score et mes badges sur Kongregate, avec force jeux vidéos à la con.
  • Se foutre de la gueule de Baguedelamor parce qu’il met des POINTS-VIRGULES dans ces phrases. Plus personne ne fait ça !
  • Finir les fonds de bouteille avec mon ami TchôTchô.
  • Montrer mon jeu vidéo, tout en discutant au téléphone avec Germaine-Germaine, et que même qu’elle s’est doutée de rien.
  • Râler contre Duboulet, qui code en python comme on encule une poule avec un couteau en cassant des oeufs. int(« 0x1234 », 16). Bien, mon crétin. for val in [ for i in range(a, b) ]. Bien, crétin².
  • Truander les chiffrages et les « rapports d’activités », pour essayer de grapiller des minutes autorisées de glandage. J’estime n’en avoir pas volées tant que ça. J’ai été trop gentil.
  • Faire un schéma de science-physique pour expliquer comment je me suis fait une cicatrice à la lèvre en jouant (bourré) sur une bascule d’une aire de jeu pour enfants.
  • Créer des niveaux de Drod avec quelques petits scripts bien sympas. J’ai un projet en attente à ce sujet, mais je doute qu’il voye le jour un jour.
  • Écrire, relire, corriger et commenter des articles de blogs.
  • Chanter « Hisse et ho » avec le rythme trop vite.
  • Écouter un DJ massacrer des chansons de Johnny. En même temps, Johnny mérite rien de mieux que ça.
  • Voir un type jongler avec n’importe quoi, puis réussir un Rubik’s Cube.
  • Bouffer gratuit pendant une semaine pour finir les restes du repas de Noël.

Do a barrell roll !

Au revoir à tous !

Y’a de tout dans le package d’au-revoirisation qui va suivre. Aussi bien des gens que je n’ai jamais pu blairer, que des personnes que j’ai vraiment appréciées, que des que j’espère revoir à l’occasion, que des qui ne m’intéressent pas plus que ça. C’est en vrac, vous ferez le tri.

Mes collègues. En rouge/noir les méchants. En blanc les gentils.

Donc, au revoir à Wiki-Disney, Vêtements, Cheveux, Karo, SuperGeek musical, SuperGeek vietnamien, Pompière, Underground, Rose, la nana aux énormes seins de l’hippodrome de Munchäusen, Fumigène dardant ses aussi-énormes seins vers l’avant, AntiFumeur, Long-Pif, ChouGras, Blablabla, Grand-Echalas, Gonzesse et ses superbes hanches, Pied-Agile, Rayures (c’est le frère de l’autre, j’avais pas capté au début), le mec avec le portrait de Zorro, Skrüü De Flüü, Candido, Jupette, Braillou, Prof, Popov, Germaine-Germaine, Madame Chouette, Quelqu’un, Jean-Luc et Demi et son groupe de mauvais musiciens, Scramasaxe, HamsterPiercing et ses chemises grises à l’extérieur roses à l’intérieur, Grand-Gris, Fantôme, Nichons la DRHette, Un roux, un mec avec une calvitie, un autre, Sabretooth, la nana qui fait de l’EPB (on sait pas ce que c’est et osef), Castoropoil, les 4 andouilles en T-shirt qui se sont pas assumés jusqu’au bout, mister Mystère, un vieux rocker, Greumzy, DuMoisi, Duboulet, Lord Grillet, l’hôtesse d’accueil à qui « on ne va tout de même pas apprendre son métier », Lord Grandzboube, Lord Moustache, Lord To-Be-Determined, une nana cinquantenaire en jupe noire et pull tricotée main, Lord Unknown, Vashkiri et Bahraputt (mes indiens chéris), TchôTchô, Baguedelamort (mon chauffeur officiel quand je suis bourré à un pot de départ), Supersyndicaliste, Minisyndicaliste, VroumLaMoto, Gros, le type tout au fond de l’open space que j’ai jamais su son nom et qu’était toujours tout seul, Loup-Garou (il avait 2 tons de voix) et Frigo-la-cascade.

Je voudrais juste  faire un petit retour sur AntiFumeur. C’était le DRH qui m’avait fait passer les entretiens d’embauche initiaux. Il m’avait dit que j’allais faire du J2EE, et que ça pourrait être pas mal que je m’auto-forme un chouïa à ce fatras spécifique. Eh bien je n’ai jamais fait de J2EE tout le temps que j’ai été chez eux. Donc Brouillis Consulting = Merluchon = Implacables incapables, même si je l’ai déjà dit.

emploi consultant J2EE

J2EE’vrais pit-être arrêter de dire di counneries.

Maintenant, tout va mieux. Je travaille sur des projets de karmagraphie, et j’ai déjà un événement über-corporate de planifié pour mi-décembre, que je vous narrerais (ou pas) avec joie et concupiscence.

Rubrique à Brac 4

La gloire!! LA GLOIRE!!!

Salut à toi, masse d’humains inconnus et médiocres. J’ai le plaisir de t’annoncer que je te suis superior. Je viens d’unlocker un epic achievement.

rocky balboa gg

Vous connaissez le magazine 42 ? (http:// 42lemag.fr/) C’est LA référence culturelle monolithique de tout être vivant ou mort-vivant qui se respecte.

magasine 42 numero 7

Eh bien je suis publié dedans!! Il y a quelques mois, je leur avais envoyé quelques poèmes de mon cru. Les jolys gens de la rédaction, avec leur oeil critique finement ciselé, ont immédiatement détecté la fibre filandreuse qui y ressortait en filigrane, et ont gravé mes écrits sur leurs rotatives. Venez-y voir pour le croire (http:// 42lemag.fr/archive_n7.php).

C’est téléchargeable et  consultable sous tous les formats que vous voulez, et je vous laisse me trouver dedans.

À titre d’avant-goût exemplatoire, voici l’un des petits haïkus dont je leur ai fait don. Celui-ci traduit en quelques phrases toute la subtilité et la psychologie de la theory du dickwad.

Un type normal,

anonymat, Audience…

Petapourrissage !!!

Il y en a plein d’autres. Des qui riment, des qui riment pas, des rimes riches, des chansons…

Hahaha, maintenant je suis célèbre! À moi l’argent, les femmes, l’alcool, les soirées orgie, les vêtements en peaux de ragondins et les gens qui crient YEEEEAAAHH quand ils me croisent!!! Stupre pour tout le monde!!!

argent fete femmes dawn perignon

argent fete femmes taylor steven

Si j’arrive à me secouer le derche, je tenterai de réitérer l’exploit, pour le prochain numéro. À priori, ce ne sera pas sous forme de poème. Je verrai bien. Et rien ne m’assure que les jolys gens de la rédaction daigneront sacrer de nouveau le produit de mon cerveau. Nous verrons bien.

Pendant que j’y suis, rien que pour vous, monde entier, je vous dévoile les différents grands projets sur lesquels je travaille en ce moment:

  • Un nouvel épisode de Pru-Pra-Prok, en flash.
  • Un espèce de programme en Java pour jouer plus facilement à Xiang-Xiang (un jeu web rigolo)
  • Un niveau pour le jeu DROD (dont j’ai déjà parlé ici). Je le ferai le plus bizarre possible
  • Un jeu de type « Match-3 », en python, qui sera super-vachement-configurable à fond. (Mais super moche).
  • Plein d’articles de blogs.

Bien évidemment, il n’y a pas de délai pour toutes ces fabuleuses oeuvres artistiques. Sachez quand même que tout cela reste assez vapor-projesque. Par exemple, pour le nouveau Pru-Pra-Prok, je bosse dessus depuis un an, et j’ai fait une scène et demi. Si vous voulez que j’aille plus vite, donnez-moi votre argent.

Tout ça pour dire que ça fait quand même bien du bien à l’égo tout ça.

Soirée boîtale maximaliste

L’évènement a eu lieu fin 2008. Mais je n’ai pas pu faire le résumé avant, parce que j’ai passé du temps à dormir.

Le lieu d’orgie est dans un trou encore plus paumé que d’habitude. Ça se passe à Tuningheim, en frontière de la Rhénanie du sud-sud-ouest. C’est Monsieur Vêtement qui m’emmène dans sa tuture, accompagné de son minicollègue portatif: Wiki-Disney, l’homme qui peut faire l’historique de chaque attraction de chaque disneyland de l’Amériquie. Ah, la culture est partout.

[Oh Bambi, comme c’est triste, tu viens de te faire spoiler ton complexe d’Oedipe par un evil hunter lvl 99. À la mémoire de ton innocence perdue, nous construirons une aire de jeu en coussin-plastique à ton effigie.]

bambi_kaput

Décembre. La nuit est tombée sur le temps qui se couvre. Perdu au milieu d’une forêt sombre, éclitiquement accroché aux abords d’un lac marécageux et embrouillé, un bar-boîte-restaurant-motel de série B lance dans le vide ses appels lumineux périodiques. Monsieur Vêtement parque son auto sur un parking boueux. L’endroit est désert. On s’extirpe de la portière et le froid humide transperce nos habits. Je prends mes rollers, ils constituent mon plan de dernier recours lorsqu’il me faudra rentrer chez moi. Vêtement ne compte pas s’éterniser longtemps à cette soirée, pour cause de forte dépendance aux jeux vidéos.

Nous carillonnons à la grille, et l’écho se perd dans le lointain. Trop tôt encore. Alors nous décidons de faire le tour de ce lac fangeux. La terre grasse se colle à nos chaussures. Pas un souffle de vent. Pas un animal. Les arbres nous scrutent avec un amusement sadique non feint. Le petit air que je sifflote en claquant des dents ne parvient pas à détendre l’atmosphère.

foret_hantee

Le temps s’écoule. Nous demi-tourons et revenons au bar-boîte. La porte est maintenant ouverte, des gens sont là. L’intérieur ne fait pas vraiment motel de série B, mais plutôt entrepôt désaffecté pour meeting gothiques. Des bâches en plastique transparent remplacent quelques murs, un chauffe-clochards est installé pas loin.

chauffe_clochard

clochard

Pour cette soirée, foin de chevaux ni de paris à la con. Il s’agit simplement de présenter les joly résultats de 2008 de Merluchon Corp. Et, contrairement aux apéros de taffioles de chez Berniques S.A., on aura bientôt droit à des kilolitres d’alcool bon marché. Pas tout de suite, car là c’est le moment de malaise social. On cherche à faire la conversation à n’importe qui n’importe comment, pourvu qu’on donne pas l’air de se faire chier tout seul dans son coin. C’est pas toujours pratique que les gros nichons et les jeux vidéos ne fassent pas partie des sujets classiques de l’homme du monde moderne. Chacun essaye deux trois petites choses:

– Un type dit: « Ouais, je fais du sekh. C’est pour ça que je suis pas mouillé ». Alors la blague, elle est déjà pas drôle quand on connaît le contexte, mais là en plus il va falloir l’expliquer. Le « sekh », c’est une partie des logiciels qu’on fabrique. C’est le truc qui commande la vitesse de rotation des pales de la tondeuse en fonction de la solidité de l’herbe. Le nom vient d’une divinité égyptienne à la con, (le Dieu des coordonnées polaires, ou un truc comme ça). Pas de blague avec le mot sexe. Pourtant, « sekh ». Enfin bref.

– Je dis: « Il nous faudrait de l’alcool » en croyant être entouré d’ami. Et en fait y’avait qu’un seul mec à côté de moi, que je connais pas. Il s’est empressé d’absolument pas réagir du tout.

– Bablabla débarque et dit: « alors la garçonnasse, ça va? » Ce qui est l’une des choses les plus bizarres que j’ai entendues de ma vie. (Avec l’indétrônable « Si ça te gratte, faut pas te gratter »).

Sur ce, la réunion-ventilage commence. Braillou se met sur une estrade, on fait un gigantesque cercle carré devant le rétro-projecteur, qui d’ailleurs n’est pas spécifiquement rétro, mais osef, c’est pas le premier truc de l’univers que je pige pas. Et Madame Chouette (la chef de bonshommes) se met toute seule au milieu pour piloter le défilement des z’images, d’une souris de maître(sse).

Comme il faut être rigolo, le power-point de présentation comporte des p’tits dessins, des tondeuses à gazon, et même quelques gifs animés. Pour ceux qui ne connaîtraient l’humanité que depuis peu de temps, il faut savoir que le media « power-point » est l’un des vecteurs les plus importants de la culture de notre espèce. l’UNESCO doit d’ailleurs les regrouper dans une bibliothèque numérique de 800 m de hauteur, implantée au pôle Nord. Mais je m’égare, je m’égare.

Tout continue de bien aller à Merluchon Corp. (Rappelez-vous, nous n’étions que fin 2008, c’était la lointaine et heureuse époque où « la crise » n’était pas encore à la mode). À part ça, tout le chiffre d’affaire se fait sur Deus Unlimited. Braillou fait péter la blagounette habituelle au moment de la page des nouveaux embauchés: « Tout ceux dont les noms apparaissent ont normalement préparé un numéro de claquettes ou de jonglage, et doivent monter sur l’estrade. » (personne ne rigole). « J’espère qu’on n’a oublié personne. Honnêtement c’est possible. » (Personne ne rigole non plus, dommage, parce que c’était pas drôle).

Le blabla continue, j’entends mon téléphone sonner. Panique totale. Je le sors fébrilement de ma poche pour l’éteindre, tout en bredouillant quelques excuses. Ce n’est pas moi qui sonne, mais un connard proche de moi, ayant le même téléphone. Sauf que comme j’ai bougé dans tous les sens, les gens vont croire que c’est de MA faute! Et par-dessus le market, j’ai même pas pu repérer le connard-ninja. Je me calme et répète discrètement à la cantonade que c’est pas de ma faute. Merde! Y’a pas de raison que je porte le chapeau! Ça m’énerve ces conneries. Y’a qu’à moi qu’il arrive des trucs aussi débiles.

Le discours court se finit. Un groupe de musique vient remplacer notre cher chef de comté. Ils essaient d’être comique-troupier en commençant par un enregistrement de fausse annonce de gare SNCF panachée de « ceci n’est pas un exercice » et saupoudrée de bruits de tondeuse à gazon. Un moment total de non-humour. Mais quand on assume, on peut faire n’importe quoi.

Le vin commence à couler à gros bouillons. Mais comme le corps met toujours un petit laps de temps avant de mettre en application l’alcool qu’on lui met dedans, la gêne sociale n’est pas totalement terminée. Heureusement, il y a de la lumière noire:

Moi: Oh, regarde la serviette, elle est toute lumineuse! Il doit y avoir de la radioactivité.
Quelqu’un: Ho ho ho. C’est une marque qui vient de Tchernobyl.

On remarquera la réponse totalement master-of-the-obvious du Quelqu’un. Ça sert à rien de blaguer sur le fait que ça vient de Tchernobyl si j’ai déjà parlé de radioactivité! Mais bon, quand on est pas assez saoul, ben on est pas assez saoul. Que voulez-vous?

La musique démarre, puis se termine, à je sais plus trop quels moments. Je croise SuperGeek, qui me dit que le groupe était assez mauvais. Comme c’est un geek musical, je sais pas trop si il le pense vraiment, ou si il dit ça juste pour la contenance sociale.

Je commence à avoir plein de trucs rigolos dans ma tête. Je me réfugie aux toilettes pour les noter. Entrepôt de gothique oblige, l’ambiance est sombre due aux lumières cassées, et il faut rappuyer sur le bouton-minuterie toutes les 30 secondes. C’est pas un lieu pour avoir la chiasse. Pendant que je consigne mes conneries sur des bouts de papier (feuille-grand-format-petits-carreaux comme on disait à l’école), je réalise que je suis atteint du syndrome du photographe compulsif, mais en version « mode texte ».

Edutainment:
Le syndrome du photographe compulsif existe depuis Monsieur Daguerréotype, mais s’est véritablement répandu avec l’apparition des appareils-photos-caméscope numériques. Il s’agit d’une gêne psychologique vous obligeant à vouloir capturer le plus d’images possible d’un évènement donné, ce qui a pour résultat de vous maintenir en dehors de cet évènement. Il existe, dans chaque famille, au moins une personne atteinte de ce désagrément.

On relèvera également une version « lourde » du syndrome, dans lequel le sujet force son entourage à adopter des poses stupides et des sourires niais durant le rituel de prise d’image, allant jusqu’à s’énerver contre eux s’ils n’obtempèrent pas. (Ce qui supprime totalement les éventuels lambeaux de naturellité qui auraient pu subsister dans les sourires, hu hu hu, paradoxe).

Bon, eh ben moi, j’ai le même syndrome. Sauf que si je m’externalise d’un évènement, ce n’est pas pour prendre des photos, mais pour écrire des absurdités en vue d’articles.

Et là, ça fait déjà un bon paquet d’absurdités.

Je reviens dans les gens. Y’a SuperGeek qui patrouille dans le coin. Mais je peux plus aller discuter avec lui, car je l’ai déjà utilisé. De toutes façons le vide social s’est définitivement estompé, vu que des pelletées de victuailles ont été épandues sur les tables. Je me coule dans la foule, glisse entre quelques épaules, m’arrime à un coin de nappe et commence à bâfrer. Je ne sais pas trop ce que j’ingurgite parce qu’il fait super sombre avec leur ambiance à la con, mais c’est pas vraiment un problème.

Karo la top-model mexicaine vient à passer. Je lui dis bonjour et elle me répond pas. Aujourd’hui, elle est sobrement habillée d’un machin noir, pas de carreaux à l’horizon. (Tiens, qu’est-ce que ça pourrait bien donner un carreau à l’horizon: un rectangle? une droite? hmmm… Faudra que j’étudie la question).

perspective_carreau

Monsieur Vêtement n’est toujours pas parti. Fort bien. Il peut encore me ramener. Les pellicules sur ses vêtements font un mouchetage fluorescent. Enfin je dis ça, mais je viens de regarder mon clavier, c’est un vrai bac à sable. Balam bam tchiiii.

Des gens se prennent en photos, puis regardent les photos, puis rigolent. Finalement, le syndrome du photographe compulsif, c’est parfois générateur de moments de bonheur. Un peu comme dans les pubs de Parfait-Mondie: « provocateur de talents », « initiateur de rêve », etc.

Wikidisney fait une tête bizarre à moitié pas dans le cadre. On se moque de lui. Je sais plus trop pourquoi, mais le sport national du moment, c’est de dire que ce mec est pervers. Personnellement je désapprouve ce genre de quolibets. Si y’a un pervers ici, c’est MOI.

Soudain, voilà que débarque Germaine-Germaine. C’était pas prévu au départ, parce qu’elle pouvait pas faire garder son fils jumeau ou un truc comme ça. Quelques gens sont heureux de sa présence, la plupart des autres s’en foutent parce qu’on est quand même une foule de 200 non-gothiques en train de violer des saladiers de nouilles et des magnums de rouge rouge.

Petite précision: Germaine-Germaine, c’est la Germaine de l’un de mes articles précédents. J’ai décidé de lui mettre un prénom composé, c’est plus rigolo. Elle est cheffe de pièce, et comme on habitebosse dans la même pièce, elle est par là même consécutivement ma cheffe.

Je sais pas comment ça vient, mais je finis par causer de gonzesses avec elle. Je lui dit que Madame Chouette a plus de classe que Jupette. Soudain mon cerveau s’emballe et me fait annoncer, plus ou moins discrètement, que j’aime les nanas bien roulées. Heureusement, tout le monde s’en fout et on part sur autre chose.

Je sais pas trop pourquoi, j’ai pas envie de dire à mes collègues que j’aime bien les femmes rondes. Par contre, ça me dérange pas de le hurler à mes potes, ainsi qu’à la face de l’univers entier. Peut-être que j’assume pas totalement. Si, je crois que si. Mais j’évite de mélanger ma vie privée avec le boulot. Ils ne savent même pas que mon vrai nom c’est Réchèr.

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Pour en revenir à Jupette, ça fait un moment que je l’ai pas croisée en train de rigoler et de lancer des trucs sur les gens. Ah ça manque un peu au panache de la soirée quand même.

Je croise Braillou qui discute avec un mec, et j’attrape une phrase corporate rigolote: « Ouais, si ça peut te permettre de gagner du périmètre tant mieux. » Oui, avec Braillou, c’est tutoyage. On est cool nous.

Il se passe plein de trucs à bouffer. Le groupe de musique vient rejoindre le public, je commence à délirer avec eux. J’apprends que ce sont des vrais employés de Merluchon Corp. Je les félicite pour leur assumage total de leur moment de non-humour total au début du concert.

digression:

Une fois, un prof de théâtre m’a parlé des « acteurs studios »: avant une représentation, ils chient en public devant le public. Et après ça, plus rien de fâcheux ne peut leur arriver. « Héros » n’est pas tout à fait le mot exact, mais c’est le premier qui vient à l’esprit.

digression²:

Ça me fait penser à Choke, un roman de Chuck Palahniuk. Un gamin tombe sur des images d’un vieux bedonnant se faisant mettre des marrons dans l’anus par un singe. Le gamin est fasciné, il se dit que, une fois qu’on a fait un tel acte, la honte n’existe plus. On peut assumer tous les travers possibles, on est invincible. D’où le mot « héros ». Il faut que je relise du Chuck Palahniuk.

monkey_nuts

Le joyeux groupe de musique de Merluchon est doté d’un Jean-Luc. Donc évidemment, j’anagrammise le terme. C’est très drôle. Le chef de musique s’appelle Medi et je suis suffisamment saoul pour mettre au moins 30 secondes à m’apercevoir que c’est un anagramme de « Demi ». Y’a un type qui filme. Je leur annonce que c’est aussi l’anagramme de « Idem ». Puis mon cerveau trouve « Dime », mais celui-là je le garde pour moi car la conversation est partie sur un autre sujet. Je sais pas trop lequel c’est, tant pis, j’en discute quand-même.

J’en ai marre d’être ridicule, alors je me barre. Je retombe sur Germaine-Germaine. C’est un peu une catastrophe sociale: je dis une connerie de contenance, je termine par « et voilà », et elle répète « et voilà ». C’est complètement absurde. Et ce qui m’énerve le plus c’est que personne se fout de sa gueule. J’ai connu nombre de petits cons, lors de séjours linguistiques en Angleterre, qui auraient explosé en un rire sardonique pour bien moins que ça.

La catastrophe nucléaire sociale totalement révoltante, c’est quand cette andouille de Germaine-Germaine s’amuse à verser son verre de coca dans le verre de vin blanc de Scramasaxe. Et ça la fait rire.

injection

Elle m’aurait fait ça à moi, j’aurais dû faire un travail psychologique titanesque pour pas lui retourner une paire de claque DEREK! Et ça m’aurait fait perdre beaucoup de personnalité et de points de santé mentale. C’est pas parce que l’alcool est gratuit qu’il faut le gâcher.

Et pis si elle est amoureuse de Scramasaxe, elle devrait peut-être changer de technique d’approche. Merde, draguer c’est pas compliqué quand on est une gonzesse: suffit de foutre un décolleté, d’avoir l’air bourrée, et c’est dans la poche.

dawn perignon glouglou

Devant tant de pathétisme, je préfère, une fois de plus, m’enfuir en titubant. J’échoue sur Pied-Agile. (Il y a quelques mois, il s’était foutu une lame de faux dans les arpions pour gagner des congés maladie.)

foot scythe

A part ça, il a le grade de chef de porte, et la fonction de bouc-émissaire-diplomate. Il effectue les liaisons protocolaires entre Deus Unlimited et Merluchon Corp, et se fait donc détester par les deux bords. C’est grâce à lui si la relation donneur d’ordre <-> sous-traitant fonctionne aussi bien. Au lieu que les gens se foutent sur la gueule d’une boîte à l’autre, ils foutent tous sur sa gueule à lui. Je ne manque pas de participer à cette curée à mon petit niveau, dès que j’en ai l’occasion.

Comme il travaille à fond sa détestitude, il fait automatiquement le beau, et me narre l’historique des soirées de Merluchon Corp. (Parce qu’il a bien évidemment tout vu, tout entendu et tout fait) (y compris des trucs avec des lames de faux). Il me dit que c’était mieux avant, que les gens étaient bien plus torchés, qu’à l’époque on savait s’amuser. Ah bah oui hein.

À côté de ça, Blablabla danse sur la piste, et en profite pour bousculer le verre d’un mec. Je me précipite vers le lieu du crime pour rendre justice et énoncer de manière solennelle et prévisible que c’est mal de gâcher l’alcool comme ça. J’essaye de provoquer une bagarre générale, mais apparemment, tout le monde s’en branle qu’un tel gaspillage puisse être perpétré en toute impunité. Y’a plus de respect. C’était mieux avant.

Je reprends de la bouffe puis je la bouffe. Comme toujours dans ce genre d’évènement, on a son assiette dans une main, son verre dans une autre main, et sa fourchette-couteau dans une autre autre main. Vêtement me regarde faire et se fout de ma gueule. Franchement je vois pas comment il peut se permettre ça, vu le grade social de loser benêt qu’il se traîne depuis la maternelle. Ou alors c’est moi qui suis plus bas que lui dans l’échelle du monde. En attendant, il est toujours pas rentré chez lui, c’est bon à savoir.

Une nana s’approche de moi pendant que je suis encore en train de noter des conneries sur des bouts de papelard. Puis elle s’éloigne.

J’en ai marre et j’ai envie de rentrer. Je cherche Vêtement, il s’est barré avec sa voiture et son Wikidisney. Alors comme prévu dans mon plan de dernier secours, je prends mes rollers et je me barre, sans rien dire à personne. Évidemment, au bout de 500 mètres, je me paume, il fait froid, la petite bourgade de Tuningheim dort tous feux éteints. Je suis obligé de téléphoner à ma chérie pour qu’elle me fasse le GPS avec mappy (de toutes façons elle avait rien d’autre à faire à part dormir). Le trajet dure environ 2h30. Moi au départ j’aurais dit moins.

** debriefing du lendemain **

Je m’écroule sur mon siège de bureau. Les gens autour n’arrêtent pas de parler de la soirée d’hier, comme si ça avait été un évènement mondial unique au monde (et c’est vrai, on n’aura jamais exactement la même soirée durant le reste de nos vies. Ouahou).

Germaine-Germaine me dit que j’étais saoul. Bon ça OK. Et elle ajoute qu’à un moment je lui ai fais peur, parce que je me suis énervé contre ses potes: Wikidisney, Scramasaxe et d’autres. Le moment me revient en mémoire. J’ai oublié le sujet de la discussion, mais je me souviens très bien que je ne m’énervais pas. J’avais simplement joué à monter sur mes grands chevaux de façon théâtrale, pour une raison délibérément idiote. C’est d’ailleurs cette idiotie exagérée qui aurait dû la mettre sur la voie de l’ironie.

J’en avais été fier de cette « performance », même si je m’en souviens qu’à moitié. J’avais réussi à construire une scène très enlevée. Mais que voulez-vous, quand les gens pigent rien au théâtre, ils pigent rien au théâtre.

angry actor

Quelques ragots fusent: un mec a dragué une nana et pour ce faire, il a préalablement enlevé sa bagouze de mariage/fiançailles/casage. C’est Germaine-Germaine qui a remarqué ça. Le fait qu’elle l’ait vu fait d’elle, au choix: une fine limière à qui aucun détail n’échappe, une nana qu’a pas quitté des yeux le mec en question, parce qu’elle l’aurait voulu pour elle, ou bien une pauvre fille qui se fait tellement chier dans la vie qu’elle scrute l’humanité entière.

En attendant, heureusement qu’elle est là pour faire péter des ragots aussi funs.

Un autre ragot, plus facile à repérer celui-là: une nana un peu bourrée a dansé partout, avec plein de mecs. Et évidemment y’a maintenant des photos d’elle qui circulent entre collègues. Et ça, moi ça m’énerve.

yiii haaaa VivaLaValerie Viva La Valerie

Si on peut même plus faire n’importe quoi à une soirée boîtale sans se faire espionner ou prendre en photos, où va le monde corporate, foutrerie de caca boudin! Y’a un minimum de respect à avoir envers les « générateurs de ragots », sinon après ils se calment et tout devient morne. morne. morne.

Je suis sûrement mal placé pour dire ça, avec mon blog débile qui raconte n’importe quoi sur des gens qui existent réellement. Seulement voilà, par pudeur et par gentlemanisme, je ne donnerai aucun détail concernant le « mec à la bague » et la « nana bourrée ». Pas de surnom, pas de grade, pas de fonction, pas de description de leur personnalité. Ce sont peut-être des gens dont j’ai déjà parlé, ou pas, dans cet article, ou dans un autre. Vous ne le saurez jamais. Et maintenant, en route vers de nouvelles aventures.

Apéro boîtal minimaliste

Ma vraie boîte, Berniques S.A., a organisé un petit apéritif pour tous les ouvriers-prestataires qui bossent chez Merluchon Corp.

Évidemment, ils ont décidé de faire ça dans un trou paumé, mais Grand-Gris (que je ne connais que par mail) m’a arrangé le coup en m’aiguillonnant vers Gonzesse, qui y va en bagnole et peut m’emmener.

Son bureau est au 3ème étage, j’y monte. Il y a une salle avec un bar. Au début, je pige pas trop pourquoi, lorsque je me rappelle que notre domaine d’activité: le secteur NOIR, signifie Néo-nouveaux Ordinateurs Informatiques Robo-bar. Par contre, on n’en a pas à notre étage à nous et ça c’est trop injuste.

Je capte Gonzesse. Y’a un coefficient d’environ 1,25 entre la largeur de ses hanches et sa taille. C’est franchement bien.

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Vu qu’on se connaît pas du tout, on sociabilise un minimum. Elle est scribe-potiche pour un chef de multi-étage. Ça explique qu’elle ait une pièce pour elle toute seule. Elle-même doit certainement avoir le grade de chef de bureau.

Juste avant de partir, je fais le chevalier paladin lvl 69 en aidant un de ses collègues boulet, qui s’était coincé dans une fonctionnalité de Word moisie. Les gens ont toujours pas compris que Word, c’est juste pour faire des affichettes cradasses avec du texte arc-en-ciel.

burmese_word_art

Petit voyage en bagnole et on arrive dans une espèce de restaurant-bar. Les gens spawnent petit à petit. Y’a plein de têtes que j’ai déjà croisées à Merluchon. Je savais pas qu’on était employés dans la même boîte. C’est trop bien de se connaître entre collègues.

Je m’approche de la serveuse et demande ce que y’a. Elle répond un truc complètement absurde, du genre: « Coca, ou perrier, ou cocktail de jus de fruits ». Je suppose que l’alcool, on aura le droit d’en boire après le discours du chef-chef. Je m’oriente vers les trucs à bouffer.

Évidemment y’a une bonne dizaine de crevards qui font les crampons fixes devant la table à boustifaille, et je suis obligé de parler avec eux. Deux gars m’alpaguent, un avec une calvitie, l’autre, roux. Les gens savent vraiment plus quoi faire avec leurs cheveux pour se rendre intéressants. Sainte Hahn, patronne des coiffeuses, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.

J’essaie de me maintenir un niveau de cohérence sociale un peu mieux que juste médiocre. Ce n’est pas évident, j’ai un bon kilo de morve bloquée dans le tuyau entre le pif et la bouche. La solution la plus simple serait de ramasser cette saloperie d’un grand coup de reniflement + raclement de gorge, et de tout cracher par terre en une bonne grosse huître géante. Sauf qu’on ne peut pas faire ça. Alors je passe mon temps à faire des mini-honkr. Putain de corps humain, putain de conventions sociales.

Un quiproquo gratuit, que j’ai réussi à rattraper sans même m’en rendre compte:

un mec: « De toutes façons, si on bosse, c’est principalement pour prendre de la caillasse. C’est ce qu’on se disait ce matin avec mon collègue roux, alors qu’on était en train de pisser. »

Là, je comprends, « prendre la caillasse » dans le sens « se faire engueuler, traîner dans la boue, et lapider par Deus Unlimited, les donneurs d’ordres ».

[Lapidation: It rocks!]

Du coup, je réponds une banale phrase de condoléances: « Eh oui, ce sont des choses qui arrivent. C’est notre lot à tous. Ah! quel monde pourri. »

Le mec: « Ben ouais, faut être réaliste, c’est l’argent qui compte le plus. On va pas non plus bosser que pour l’honneur et la satisfaction d’accomplissement personnel. »

Donc, le mot caillasse, c’était dans le sens « argent », et non pas « lapidation ». La leçon à retenir de tout ça, c’est qu’il vaut mieux balancer des phrases le plus neutres et le plus banales possibles. Ça permet de se tirer de situation bizarre de manière complètement naturelle. Je suis trop fier de moi. Et à part ça, j’adore l’expression « donneur d’ordres ».

Quelques mini-cuisses de poulet plus tard, le chef-chef arrive. Je le reconnais parce qu’il est petit, a une raie sur le côté grisonnante, et qu’il dit bonjour à tout le monde en se présentant avec un prénom composé à la con plein de sonorités dentales. Mais à part ça, c’est la première fois que je le vois, et personne, y compris lui-même, n’est venu me dire que c’est le chef-chef. Je décide de l’appeler Fantôme. De toutes façons toute sa boîte est fantôme. Elle existe uniquement parce que la loi interdit les transferts trop directs d’ouvriers-prestataires d’une boîte à l’autre, à clause de causes de non-concurrence.

Et à part ça, je hais les sonorités dentales, c’est vraiment une affreuse spécificité de la langue française.

Mais l’arrivée de Fantôme a du bon, il va nous faire un petit discours, et après on aura enfin le droit de piacher de l’alcool. Il ferait beau voir que je couvrasse un évènement boîtal en échange de jus d’orange et de mini-cuisses de poulet! Pour l’instant, il discutaille avec Grand-Gris et HamsterPiercing. Je trompe mon impatience en continuant de piller la bouffe (le stock baisse dangereusement) et en essayant de gardé collé à moi mes lambeaux de cohérence sociale.

Moments bizarre:

un mec: « Ils font de l’off-shore, mais ils livrent tout: le logiciel, le support, la maintenance, etc… »
moi: « Ouais, et les indiens aussi! Ils sont livrés avec! »

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Tout le monde a gentiment fait semblant d’avoir rien entendu. J’ai fait un magnifique bide.

une nana: « nous, on fait de l’EPB »
Calvitie, à Roux: « Aaaahh ouaaaiiis. Tu vois, ils font de l’EPB. Hmmm hmmmmmmm……. »

Attends, c’est facile de sortir des phrases pourries comme ça pour se donner une contenance! Moi aussi je pourrais le faire si j’avais un pote roux à portée de main.

Au passage, la fille avait une coiffure de mec. Quand je vous disais que les gens font n’importe quoi.

J’apprends que AntiFumeur, mon ex-responsable, s’est barré de la boîte, et que c’est maintenant Grand-Gris le nouveau contremaître des ouvriers-prestataires. En vrai, j’aurais dû l’apprendre plus tôt puisque j’avais reçu un mail à ce sujet. Mais je l’avais lu en diagonale en buvant mon café et en pensant à des jeux vidéos. Forcément, ça aide pas à la mémorisation.

Ça me fait beaucoup rire. Lors de mon entretien d’embauche, AntiFumeur m’avait vanté les qualités de Berniques S.A. et de Merluchon Corp., à grands renforts de ventilation et de belles phrases violoneuses. Et maintenant, il s’est barré comme un voleur. Quelle pauv’ merde.

un mec: « Enfin tu vois quoi, on fait ce qu’on connaît. »
moi: « Oui ça vaut mieux. Si on fait ce qu’on connaît pas, ça donne n’importe quoi. »
le mec: « Mais non au contraire. Il faut faire ce qu’on connaît pas, comme ça on apprend, on évolue petit à petit, on gagne de l’expérience. »

Et d’une, je pige pas pourquoi il me cause de leveling alors que ça n’a rien à voir avec le sujet actuel, et de deux, il serait gentil de pas relever mes propos pour s’amuser à les contredire, parce que moi, si je fais des phrases, c’est pas  pour échanger des informations, c’est juste pour essayer de cacher le fait que je suis là que pour la bouffe et l’alcool. Merci. Ducon.

À propos d’alcool. Je sens bien que vous ne pouvez plus supporter le suspense que j’ai progressivement installé tout le long de mon article. Alors je m’en vais le tuer tout de suite:

Il n’y a jamais eu de discours de Fantôme, de réapprovisionnement de bouffe, et surtout d’alcool!!!

J’ai attendu-attendu, il n’est jamais venu. Zaï, Zaï, Zaï, Zaï. Tulu lulu tu. Zaï, Zaï, Zaï, Zaï.

Ça m’a rappelé mes boums de colonies de vacances (pas les boums du collège, on m’y invitait pas). Y’avait des pépitos, du Banga, de la dance, et des gens plantés là. Par contre, j’avais pas eu droit au CD de la schtroumpf party, il est arrivé trop tard sur le marché pour que j’aie pu en profiter.

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et hop, ça, c’est subtilement amené:

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Voilà. Il a eu donc fait beau voir que j’eus couvrassé un évènement boîtal sans alcool. Tout fout le camp.

À la fin, un mec m’a ramené près de chez moi.