Fermat (cochon)

Cher Monsieur Pierre de Fermat.

Je vous écrit pour vous dire que j’aime beaucoup ce que vous faites. La méthode des tangentes, le coup des carrés, tout ça. C’est vraiment cool. Et aussi, vous lui avez bien mis sa race à Descartes, avec la dioptrique. Descartes, je le kiffe aussi, mais sur ce coup là, il avait un peu merdé.

Même si je m’en souviens pas du tout, j’ai cru comprendre que vous vous êtes amusé à apparaître dans un de mes rêves, afin de me révéler ma prestigieuse destinée. D’après vous, je suis supposé me consacrer à la recherche fondamentale en mathématique. À partir du théorème de nichon-pythagore en 3D que j’ai énoncé récemment, je dois exponentialiser ma réflexion vers de plus hautes sphères, pour finir par effectuer des découvertes (mathématiques ou autres) qui révolutionneront le monde.

D'oh ! Le théorème de Fermat c'est du bidon !

D’oh ! Le théorème de Fermat c’est du bidon !

Je vous remercie beaucoup de m’avoir communiqué tout cela dans ce rêve qui n’a pas existé et qui ne s’est jamais produit ailleurs que dans mon imagination (ce n’est qu’un détail). Cependant, je suis au regret de devoir décliner votre offre. En effet : je dois, comme on dit « gagner ma vie », ce qui a pour conséquence de me faire voler mon temps par une entreprise qui me sous-paye et m’infantilise. Je suppose que ce genre de choses arrivait déjà plus ou moins à votre époque.

Au cas où cela vous intéresserait, je tenais à dire que je suis passé du statut d’ouvrier-codeur à contremaître-codeur. On pourrait croire que c’est une promotion, mais en fait non. Je dois envoyer du travail à des ouvriers-codeurs indiens, relire ce qu’ils me renvoient, et les fouetter par e-mail lorsqu’ils ont fait les porcasses. C’est une activité encore moins intéressante que pisser du code par soi-même.

J’imagine que ça doit vous faire mal au cul de voir ce grand peuple que sont les Indiens, dotés d’une culture foisonnante et unique, se faire fouetter par un crétin de petit chef comme moi qui joue au connard prétentieux. D’autant plus que la civilisation indienne a offert au monde quelques-uns des plus grands mathématiciens qui existent : Srinivasa Ramanujan, Dattatreya Ramachandra Kaprekar, et leurs potes. J’en suis le premier désolé.

Moi lors d'une conf-call avec les indiens

Moi lors d’une conf-call avec les indiens

On en est donc là. Je suis en train de ne pas accomplir ma destinée, je suis en train de rendre le monde plus injuste en fouettant des innocents, et je suis en train de rendre le monde plus moche en participant à la fabrication d’objets stupides, qui de toutes façons deviendront bien vite inutiles, car « y’a plus de pétrole ».

Heureusement, je sauve une partie de mon kharma par des contributions à un webzine super lol. Le connaissez-vous, monsieur Pierre de Fermat ? Non ? Alors depuis là où vous êtes, cliquez vite ici (http:// 42lemag.fr).

Vous pourrez y télécharger la dernière mouture, et voir comment nous apportons, presque tous les mois, du bonheur et de la joie à des milliers de petits lecteurs. Tant pis pour ma destinée mathématique et mes immenses découvertes. Le magazine 42, ça compense n’est-ce pas ?

Or donc le numéro 24 est paru (depuis quelque temps d’ailleurs)

Et le thème, c’était les badass, les bourrins, les purs montagnes de muscles de l’univers et d’ailleurs.

Qu’y ais-je donc fait ? (pour mériter cette famie)

Page 13 : la fausse pub

J’en suis particulièrement fier. Il s’agit d’une petite historiette amusante et décalée, dont les dessins et le propos sont aussi subtils qu’une minijupe en plein hiver. Et c’est ça qu’est drôle. Et puis, ça faisait des années que ces deux associations célébrito-viandesque me démangeaient : Charal-Chabal et Bigard-Bigard. Ainsi fut fait.

minijupe dans neige (mais la dame s'appelle Lady Snow)

minijupe sans neige (mais la dame s’appelle Lady Snow)

neige sans minijupe

neige sans minijupe

Les gens qui me connaissent savent que j’affectionne tout particulièrement l’association célébrito-cafeto-gerontophilesque : « Tassimo Gargia ». Il y a tellement de choses supaères à dire à ce sujet que ça mériterait une encyclopédie entière. Un jour, je la rédigerais, à la lueur d’une bougie dans le cul de la café-crémière.

Two fails don't make a win

Two fails don’t make a win

Pour en revenir à la fausse pub : j’aime faire ces espèces de montages d’images moches. C’est un peu comme des romans-photos, sauf qu’on croirait que les photos ont été prises dans ce pays fabuleux qu’est l’internet. Je vais tenter de développer cet art. Il y aura une autre petite œuvre du même tonneau dans le prochain numéro, mais chut ! Je ne devrais pas vous le dire. Héhééé.

Page 54 : le catch à travers le monde

Si y’a bien un truc qu’est badass, c’est le catch. Comme j’y connais pas grand chose, j’ai demandé à l’ami Kalayel de m’épauler, ce qui donna ce chouette article. Qu’il en soit remercié-beaucoup.

Ceci dit, le catch vaudrait le coup que je m’y intéresse. Je trouve le concept vraiment rigolo. C’est à la fois du sport, du théâtre, et de l’impro. Sans oublier le travail qu’il y a derrière pour créer des personnages bien marqués, les costumes et tout le zarba. Et surtout, ils assument complètement leur charactère fake, contrairement au foot, par exemple.

Au passage, j’ai découvert le catch japonais et le catch mexicain, grâce à Kalayel, toujours.

Là, faudrait mettre une photo de cette discipline, histoire d’égayer l’atmosphère de l’article et aérer un peu. Mais bon, déjà que j’y connais rien, je vais pas insister sur mon ignorance. Je vous propose donc un combat d’animaux : René le requin contre Georges-Paul le géant-poulpe.

Page 70 : la minute FUUUUUUU sur les pattes préhensiles.

Vous connaissez déjà le principe de la minute FUUUU. Eh bien là, j’ai fait n’importe quoi avec. (c du FUUUUU WTF). N’empêche que, une fois de plus, je pense vraiment ce que j’écris. Pour avoir fait le singe durant de nombreuses années et encore maintenant, à grimper aux arbres et ailleurs, je peux vous dire que des pieds avec des pouces opposables, ça serait putain de bien.

Voilà c’est tout.

Et sinon, le prochain 42 risque d’avoir encore un petit mois de retard. C’est un peu de ma faute, car avec les indiens à fouetter, en ce moment, j’ai pas trop le temps. Mais c’est pas que de ma faute non plus. Faut pas déconner.

Voilà monsieur Pierre de Fermat. J’espère que tout ceci vous a plu. Ah au fait, une dernière chose : cette histoire de destin grandiose, de découvertes mathématiques, ou autres, eh bien c’est carrément des conneries. Voyez-vous, l’univers, le monde et la nature ne fonctionnent jamais en structure monolithique. Ce serait trop fragile, trop instable. On coupe la tête et paf, y’a plus rien. Tous ces trucs s’organisent plus ou moins en agents indépendants, œuvrant plus ou moins ensemble.

À partir de là, Dieu est à considérer, au mieux, comme un comportement émergent de cet ensemble d’agents indépendants.

À partir de là-là, la notion de destin me semble difficilement envisageable pour un individu isolé. On ne devrait parler de ce concept que pour des populations, des espèces, ou des tas de choucroute.

One unique fail makes one fail

One unique fail makes one fail

Et de toutes façons, mon destin n’existe pas, car je n’ai pas d’avenir. C’est foutu depuis quelques temps déjà. Ce n’est pas grave, je commence à m’y faire.

À bientôt dans un autre rêve imaginaire, monsieur Pierre de Fermat !