La cryogénisation du blog Sam et Max

Il y a quelques années de ça, un chien et un lapin se rencontrèrent.

− Bonjour monsieur le chien.

− Bonjour monsieur le lapin.

− …

− …

− …

− …

− …

− …

− Mais, que nous arrive-t-il ? Je sens comme un arc de tension sexuelle s’établir entre nous deux.

− Moi aussi. Cela va être difficile de le contrôler.

− Pourquoi ne pas céder à cet amour qui s’offre à nous ?

− Je n’ai rien contre les homosexuels, mais je n’en fais pas partie.

− Qui parle d’homosexualité ? Vous êtes un chien et je suis un lapin. Il ne s’agit rien de plus que de zoophilie.

− Comme vous avez raison. Faisons l’amour !

(Quelques mois plus tard…)

− Je suis enceint !

− Moi aussi !

− Quel bonheur ! Nous mettrons au monde toute une marmaillerie de petits chien-lapins !

(Encore quelques années plus tard…)

− Qu’allons nous faire de tous ces chien-lapins et autres lapin-chiens ?

− Il est impossible pour nous de nous occuper d’un aussi grand nombre d’enfants.

− Achetons un congélateur et cryogénisons-les.

− Sage décision. Malheureusement, les techniques de réveil après cryogénisation ne sont pas encore aboutie. Nous risquons de tuer ces pauvres petites créatures lorsque leurs futurs parents adoptifs voudront les réanimer.

− J’ai une idée ! Il nous suffit de les cloner à plusieurs reprises et de cryogéniser ces clones dans plusieurs congélateurs. Nous pourrons ainsi tenter des réanimations au fur et à mesure que la technologie évoluera.

C’est ce qui fut fait.

Archi-archivisme

Le blog http://sametmax.com/ existe toujours, mais aucun nouvel article ne sera ajouté. Les commentaires ont été réouverts momentanément. Lorsqu’ils seront fermés, le blog ne changera plus.

Il n’y a aucune garantie future qu’il restera en ligne. C’est insupportable ces gens qui ne se sentent coupables de rien sous prétexte qu’ils mettent leur travail à disposition librement et gratuitement. Encore un coup des trotskistes.

Ces messieurs Sam et Max ont expliqué comment récupérer tout le contenu de leur blog. Je n’ai pas de moyen de lancer des commandes « wget » de chez moi (désolé, Windows, tout ça). Je pourrais le faire au Travail, mais ça me gêne de mobiliser du CPU, de la bande passante et de la place disque en quantité indéterminée pour quelque chose que je ne peux pas trop justifier.

Alors j’ai fait le gros bourrin avec l’utilitaire WinHTTrack. Ça a mouliné sa mère pendant des heures. Je ne suis pas sûr d’avoir tout récupéré. Certains articles semblent avoir échappé au moissonage, car leur titre est trop long (en particulier toute la partie sur la programmation orientée objet). Je les ai récupérés manuellement, en espérant que d’autres n’ont pas planté de la même manière.

Puis j’ai tout compressé et tout balancé dans dropbox. Vous pouvez télécharger un énorme fichier .zip avec tout dedans. C’est cadeau c’est bonheur.

Il y a aussi des autoblogs, vous permettant de consulter directement les articles sans vous embêter à tout télécharger en local. Mais ils ne sont pas forcément à jour, et ont le même niveau de non-garantie de continuité que le blog de Sam&Max lui-même.

Dropbox pourrait également décider de virer ma sauvegarde.

Internet n’est pas forcément durable.

Ni vos ordinateurs. Ni le réseau de distribution d’électricité. Ni vous-même. Tout fout le camp.

C’est pour ça que lorsqu’on tient à quelque chose, il faut en faire le plus de sauvegardes décentralisées possibles, dans le plus d’endroits différents. Ce dropbox est ma toute petite contribution à cela.

Le passage nostaltriste

Le blog de Sam&Max s’est offert à mon temps de cerveau, il y a quelques années de cela, par le biais de roro, un ami bizarre de l’internet. Je le salue au passage, s’il me lit encore.

J’y ai lu tous les articles paru depuis que je l’ai découvert. Je me suis promis de me faire une rétrospective générale des anciens non encore lus.

Certains de ces articles ont augmenté ma culture générale informatique et ma veille technologique.

L’un en particulier m’a directement fait économiser plusieurs heures de travail de mon vrai Travail. Il s’agissait de l’explication d’un concept générique : les itérateurs avec yield . Et en plus ça m’a même pas servi pour du python, mais du C#.

Je me suis fendu de quelques petits commentaires chez eux, plus ou moins pertinents, plus ou moins utiles.

Je leur ai proposé quelques articles, qu’ils ont gentiment accepté de publier. En voici la liste.

J’avais l’idée de deux autres sujets qui auraient pu être intéressants :

– comment créer un plug-in Sublime Text.

que se passe-t-il en interne quand on définit une variable en python ? (https ://nedbatchelder.com/text/names.html)

Je les écrirais peut-être ici, dans mon blog à moi. C’est dommage. L’audience y est beaucoup plus faible, je ne pourrais donc pas en retirer tout le flattage d’ego que j’aurais pu en espérer.

Ça me fait quand même un petit quelque chose de voir le blog de Sam&Max s’arrêter. Un peu le même effet que la fin du magazine 42, même si ce n’est pas du tout le même genre de création. Snif snif beuheu-beuheu ouin.

Finalement, peut-être que cette nouvelle m’apporte plus de réconfort égoïste que de tristesse. Tous ces « créateurs de contenus web », qui parviennent à obtenir plus « d’audience » et « d’attention » que moi, finissent par abandonner et passer à autre choses. Moi je suis toujours là, depuis plus de 10 ans, sur mon blog pourri avec à peine 30 visites non-uniques par jour, à publier un article par mois.

Je m’accrocherai autant que je le pourrais, comme un vieux chewing-gum dégueulasse à la chlorophylle oublié au fond d’une poche.

Sur ce, voici une dernière image de lapine pour conclure.

Jessica Rabbit !

Adieu à une boîte de nuit

Il y a une boîte de nuit qui va fermer, et ça me chagrine un peu. Alors j’ai écrit un petit poème.

À l’heure nocturne où terminent les bars,
on s’abîme en ce lieu ouvert sur le tard.

Au bas d’un grand escalier vertigineux,
s’ébroue un brouet de bons hobereaux scabreux.

Très soucieux de voir consommer, le patron,
fait dire aux inhabitués : « nous nous barrons ».

Dans les miroirs, reflètent l’absence d’espace,
la faune aphone dissout le temps qui passe.

La moyenne d’âge, c’est correct, est quarante,
Mais l’écart-type est étrangement de trente.

Collègues, amis, dont ce joyeux Long-barreau,
accoudés au bar, rond, nous étions les héros.

Disparu dans la fumée dont nous nous parons,
Notre whisky rituel, autre part, nous boirons.

Vous ne pouvez pas savoir de quel établissement il s’agit. Mais c’est possiblement celui-là :

À la prochaine !

Raffarin Pète-Gonade Memorial Day #11 : Hais-toi toi-même

Et voici comme chaque année notre petite commémoration, pour se souvenir de ce lundi de Pentecôte qui était férié à une époque, et qui nous a été mangé par Raffarin. (Qu’est-ce qu’il devient au fait ce cornard ? Oh on s’en fout).

Raff non contractuel

C’est l’occasion pour moi de faire un petit point sur mes conditions de travail, un changement non négligeable a eu lieu.

J’ai intégré une équipe de développeurs ayant un projet de ouf’patate. Un truc qui va au moins révolutionner le monde de la réalité, si ce n’est pas l’univers entier. C’est ultra-secret, même Mark Zuckerberg est pas au courant. Je ne peux pas vous en parler ici, j’utiliserais donc le nom de code secret « POILS_PUBIENS » pour le désigner.

POILS_PUBIENS est un projet super génial, mais j’avoue regretter un peu mon environnement de travail précédent, où j’étais le seul développeur. J’avais plein de boulot, mais j’étais le roi du pétrole. Dès que je créais un petit truc, le monde était génialement impressionné. À quelques exceptions près (voir mes deux articles sur l’outil Pochtronarr), j’avais suffisamment de liberté dans mes choix techniques. Si vous avez la possibilité de bosser en tant que développeur dans un milieu de non-développeurs, sautez sur l’occasion, c’est une place rare et en or.

Péquenologiquement parlant, je découvre actuellement le framework Symfony et le CMS Drupal. C’est plutôt bien ficelé, je pense que les personnes qui ont créé ces outils se sont franchement bien débrouillées. Il y a juste un point embarrassant : pourquoi ils ont écrit ça en PHP ? Craquage complet, là.

Dans cette nouvelle équipe, nous sommes en forfait à l’année. Dixit Colléguette Choucroute : « c’est plus adapté, car vous êtes en mode projet dans un environnement agile ». J’ai toujours pas compris ce qu’elle a voulu dire, possiblement elle non plus, on n’est plus à ça près.

Nous devons réaliser 1607 plombes de trawaille par an, n’importe quand, à n’importe quel rythme (en respectant quand même les contraintes légales tels que les heures de repos consécutives, etc). Ce calcul provient d’une moyenne à l’année, et tient compte des week-ends, jours fériés, jours de congés, etc.

Je me suis évidemment posé la question de ce 1607, semblant sortir de nul part. Il ne vous aura pas échappé que c’est un magnifique nombre premier. Pour une valeur censée provenir d’un lissage, où on s’attend à ce que des trucs soit multipliés par d’autres trucs, ça semble assez étrange.

Le calcul est décrit ici (https:// www. legisocial.fr/contrat-de-travail/duree-de-travail/savez-comment-determinee-duree-legale-annuelle.html).

La « vraie » valeur devrait être 1600, qui est un magnifique nombre pas-premier. Devinez d’où vient le +7 ? La chiottasserie d’enculerie de bite borgne de Raffarinade précédemment putain de mentionnée !

Il y aurait d’autres choses à dire sur le calcul en lui-même, bourré d’approximations allant toujours dans le sens de l’arnaquage du salarié, ce sera pour une autre fois.

Two wrongs don’t make a right, 10 000 « abouts » don’t make an « exact ».

Le forfait à l’année est une bonne idée dans son principe. Mais ça n’enlève pas le risque que si on ne vous laisse pas déclarer les heures que vous avez réellement faites, c’est sodomie-gravier gratuite. Ce risque est présent quel que soit l’organisation de votre travail. À vous de trouver des chefs qui sachent rester respectueux et corrects. En ce qui me concerne, pour l’instant, c’est ok. D’ailleurs ils nous ont redonné ces fameuses 7 heures de fériés.

Du coup, il nous a fallu un outil pour comptabiliser le temps de tra-tra effectué. Le truc que je déteste. Le truc qui force les employés à s’engager sur des délais de réalisation qu’ils sont contraints d’estimer à l’arrache en 5 minutes. Le truc qui fait qu’un chef vous demandera de « ne pas passer plus de 2 heures sur telle tâche », pour profiter des approximations et empêcher qu’elle soit tracée.

Devinez quoi ? C’est moi qui suis chargé de mettre en place cet outil. C’est moi qui ai créé le modèle des fichiers excel à remplir, c’est moi qui ai écrit le petit script python pour les parser, c’est moi qui ai envoyé un mail de rappel à l’ordre à mes propres collègues, pour dire de ne pas bidouiller leur fichier sinon ça pourrissait mon script, c’est moi qui ai refait un mail de rappel à l’ordre pour leur dire d’essayer d’associer un livrable à chaque tâche. Je hais Excel, mais on n’a pas le temps de coder une vraie appli. On n’a pas le temps de mesurer notre temps.

Tout ce que j’ai subi de la hiérarchie des entreprises précédentes, je l’ai imposé à mes collègues de l’équipe de dev dans laquelle j’ai été intégré. Je suis un vilain, je me hais, j’ai honte, je vais aller me cacher et vivre comme un ermite dans la forêt.

Peut-être que j’y rencontrerais Colors of Autumn.

Colors_of_autumnn, c’est son pseudo (avec deux N).

Tchô.

Dessins de l’Ovuliaire 2019

Yo-ho-hoooo.

Comme promis le mois dernier, voici mes petits dessins réalisés lors du dernier événement corporate : l’Ovuliaire 2019.

Tout d’abord, une tour. À noter que les trois oiseaux sont une référence très lointaine à la série de BD Rork, de Andreas Martens.

Dessin d'une tour de magicien avec des oiseaux et une Lune géante

Et ensuite une algue géante croisée avec un poulpe. Mascotte À-Fleurs, en voyant ce dessin, m’a dit : « oulàlà, mais c’est un peu du hentaï, ça ».

Euh… Non. C’est juste que récemment, je venais de me refaire le jeu Day of the Tentacle. Mais bon, qui suis-je pour juger les pensées hentaï de mes collègues ?

Comme toujours quand je publie un article avec des dessins, j’en ajoute un qui n’est pas de moi et qui représente des femmes rondes. Celui que je vous propose aujourd’hui est un Robert Crumb, dessinateur de comics américain underground. Je l’ai découvert dans les BD de Scott McCloud. Il aime et dessine des amazones avec des jambes musclées et des seins tout à fait honorables.

Zouplaï.

L’article de ce mois-ci est un peu petit. Mais celui du mois précédent était long, alors pouet-pouet.

Jouez avec un phrase-bizarre-otron

Coucou !

Petit article rapide.

J’ai participé à un concours de code, sur le thème : « réalisez un truc qui ressemble plus ou moins à de l’intelligence artificielle ».

J’ai créé un programme qui lit un roman et génère des phrases bizarres à partir de ça. Elles sont (presque) grammaticalement correctes, mais n’ont aucun sens.

Vous pouvez l’essayer ici : https://repl.it/talk/challenge/FrankenPhrase/10740

Comme romans, j’ai mis :

  • En français :
    • 20 000 Lieues Sous Les Mers
    • Les Trois Mousquetaires
  • En anglais
    • Frankenstein
    • The Story of Nuclear Energy, de Isaac Asimov.
  • Plus, ceux que vous voulez, si vous prenez le temps de les uploader, tout en lisant la doc d’utilisation.

Ça fait parfois des phrases marrantes :

« Quelques explications, un coup de pintadines, je vous souhaiter que les oubliettes. »

« Que Votre Éminence, qui, et, le jeune femme que dit Aramis, traversant la reine. »

ou parfois des choses poétiques :

« C’était alors la conversation sur son sein des monocentres, plus facile. »

« La surface de latitude nord, je passerai sous nos yeux une grande dépense du fleuve de toi. »

Si vous avez le temps, inscrivez-vous sur le site et laissez-moi un petit upvote.

La méthode de génération est super simple : c’est juste des statistiques par rapport aux fréquences d’apparition des mots. Par exemple, le mot « géantes » apparaît plus souvent à côté du mot « fesses » que du mot « tripoter ».

Pas d’analyse sémantique, on ne cherche pas à identifier les verbes, les sujets, ou autres. Pas de réseaux de neurones non plus. En fait je sais même pas si ce que j’ai fait peut être considéré comme de l’I.A. ou même du machine learning.

En tout cas, c’est assez rigolo. Ça donne des textes surréalistes, un peu à la André Breton.

André Breton me fait penser aux bretons me fait penser aux bretonnes me fait penser à une vidéo intitulée « Dominique la grosse bretonne ».

Voilà.

 

Que devient le groupe de musique Lonah ?

C’était il y a quelques années.

Je vous propose de faire mon vieux de la veille et de vous raconter ça comme si c’était une lointaine époque dont je serais le seul survivant à me souvenir. Ça fait toujours super classe.

[Disgression : ça me rappelle une autre époque, pas si lointaine, où, dès que j’utilisais l’expression « ca me rappelle », il se trouvait un petit trou du cul de connard pour se foutre de ma gueule et m’imiter comme si j’étais quelqu’un de très vieux qui se rappelait une ancienne époque. Ce n’était pas uniquement de la moquerie, c’était aussi un acte réducteur de ma personne : le petit trou du cul sous-entendait que j’étais un jeune petit trou du cul qui voulait se donner l’impression qu’il avait une histoire, alors qu’il n’en n’a pas car il est trop jeune. Même à l’age de trois ans, j’avais déjà une histoire, trou du cul. L’histoire de millions d’autres enfants. Mais ce n’est pas le moment de parler de ça.]

En ces temps très très anciens, les licences libres logicielles (GPL, BSD, Apache, …) étaient relativement connues, mais les licences libres artistiques n’en étaient qu’à leurs blablabutiements. Les œuvres apparentées étaient donc assez rares, et souvent d’une qualité et d’un intérêt douteux. Les chantres du Libre devaient donc user d’un peu de mauvaise foi pour les défendre, et lorsqu’ils citaient des exemples, retombaient souvent sur les mêmes :

Je mets les liens grisés ici, car si je les intègre dans la liste, ce sera illisible :

  • https ://orange .blender.org/background/
  • https ://www .youtube.com/user/MastocStudio/videos?sort=dd&view=0&shelf_id=0
  • http ://art9libre .tuxfamily.org/archives/author/eldreammachine
  • http ://www .inlibroveritas.net/
  • http ://tuxracer .sourceforge.net/
  • https ://en .wikipedia.org/wiki/Quake_III_Arena
  • http ://www .xbill.org/
  • http ://web .archive.org/web/20060619144448/http://culturelibre.net:80/article.php3?id_article=330
  • https ://fr .wikipedia.org/wiki/Ehma
  • https ://lacrymosa .tuxfamily.org/
  • http ://www .le-terrier.net/index2.html

Les terres de l’Art Libre étaient encore vierges, il suffisait donc d’y produire une œuvre pas trop dégueu pour avoir un tout petit public conquis dès le départ. C’est à cette occasion que j’ai essayé de devenir riche et célèbre avec mon dessin animé Pru-Pra-Prok. Je vous ai déjà raconté cela.

L’art de la musique était un peu plus avancé que les autres dans la découverte des bouleversements interneto-générés. Un paquet de pop-corn à la main, nous assistions aux échauffourées entre les vilaines maisons de disques soutenues par la méchante Sacem, et les héros robin-des-boisesques qu’étaient Napster et autres eMule. C’est dans ce contexte qu’apparut Jamendo, une plate-forme d’écoute et de téléchargement de musique. Son positionnement par rapport au « Libre » est source de débats et d’analyses diverses (https:// framablog.org/2011/10/04/librologie-jamendo/). De son côté, Mano Solo tentait un truc, se planta, puis mourut un petit peu.

Jamie Lopez n’est pas sur Jamendo, malgré les 3 lettres initiales en commun.

Le groupe de musique Lonah, composé de gens (retrouvez les noms vous-mêmes) était un « early adopter » de Jamendo. Leur premier album « Pièces » est un joli petit concentré patchworkesque de choses belles, étranges, oniriques, volantes, interrogatives, safranées, piscinesques. Je l’aime beaucoup.

J’étais allé les voir en concert, dans un quelconque bar-salle parisien. Le petit dépliant du planning indiquait « Lionah ». Woups, boulette.

Puis ils ont sorti deux autres albums, tout aussi bien. De mon côté, j’étais parti vers d’autres choses. C’est à peu près à cette époque que j’ai commencé ce blog. La suite de cette histoire est dans mes articles.

Récemment, je suis allé traîner sur leur site, le dernier message date de 2012. On y trouve également une photo de chien-loup, à moins que ce soit un choux-lien.

Est-ce qu’ils sont partis en tournée mondiale et n’ont plus le temps de donner de leurs nouvelles ? Est-ce qu’ils se sont séparés ? Est-ce que leur gloire naissante s’est embrasée au contact trop proche d’un soleil trop attirant ? Est-ce que ça leur a finalement semblé mieux et plus jucraciel de devenir trader en cokaïne à Dubaï ? Si vous avez des infos ou si un membre du groupe me lit, ça me ferait très plaisir d’avoir un petit commentaire.

En attendant, j’ai un petit cadeau pour vous. Le groupe avait créé un très beau morceau intitulé « le roi se meurt », inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Ionesco. Même que j’avais acheté et lu le texte de la pièce suite à la découverte de cette chanson.

Celle-ci ne semble pas présente sur leur compte Jamendo. Elle est écoutable sur leur blog (http:// www. lonah.net/?q=node/24), mais il faut activer le flash, et c’est difficilement (voire impossiblement) téléchargeable.

Heureusement, j’avais récupéré le mp3 à une époque où il était disponible (je ne sais plus où). Voici donc, chers lecteurtrices/auditeurtrices, un petit trésor : Le roi se meurt en mp3 (https:// www. dropbox.com/s/itnirgtpwhec6xj/12%20Le%20roi%20se%20meurt.mp3?dl=0).

 

 

#copinage : « sans droit ni loi »

Lulu les poilu(e)s !

Y’a des gens qui écrivent sur des blogs, d’autres sur du papier.

L’une des personnes écrivant sur du papier s’appelle Jacques-Yves Martin. Dit comme ça on a l’impression que c’est un pseudo. Franchement, quand on a un nom qu’est un prénom, on s’amuse pas à avoir un prénom qu’est un double-prénom. Enfin, sauf si on est un explorateur des grands froids (Jean-Louis Étienne, Paul-Émile Victor). Vous ne pouvez pas savoir si « Jacques-Yves Martin » est son vrai nom, mais ce n’est pas le plus important.

Et donc, sur du papier, il a écrit un polar, que j’ai lu et bien apprécié. Ça s’appelle « Sans droit ni loi » (https:// jacquesyvesmartin.com/sans-droit-ni-loi/).

On y retrouve des éléments de base assez classique : un policier menant une enquête, un suicide qui n’en est pas forcément un, des endroits glauques, etc. Sauf que Jacques-Yves Martin, qui n’a pas exploraté les étendues de Grande-Froidie, a eu l’occasion d’exercer le métier de policier. Du coup, son histoire est bien plus ancrée dans la réalité que d’autres. L’enquête s’étend sur plusieurs mois, au lieu d’être torchée en 3 jours par le super-sherlock de service. Des détails assez précis sont mentionnés : concernant la médecine légale, les indices présents sur un cadavre, l’administration policière, les procédures, etc.

Boris Thibert, le héros, est un justice-holique (il est accro à la justice). Alors là vous allez me dire que c’est banal, plein de personnages de polars sont comme ça. Mais c’est pas parce que quelque chose a déjà été fait qu’il ne faut pas le refaire à sa manière. En plus, un personnage justice-holique peut amener à des dilemmes moraux bien alambiqués : il pourrait glisser dangereusement vers la notion de vengeance, ou s’opposer à d’autres justice-holique n’ayant pas la même justice, etc. Les dérives potentielles sont innombrables.

Étrange mise en forme du texte

Les pensées internes du héros, ses réflexions, ses doutes et ses difficultés à s’affirmer sont écrites en italique et entre guillemets. D’autres parts, les pensées intimes du narrateur données en confidence au lecteur sont écrites en italique sans guillemets. Je ne suis pas sûr que ce soit les conventions standards, mais ça ne me dérange pas. De manière générale, j’aime bien voir la typographie un peu secouée par des nouvelles règles (cohérentes ou pas). Rappelons que dans les débuts de ce blog, il n’était pas rare de voir du texte changer de couleur pour montrer les moments où je craquais mon slip dans le but de l’accrocher fièrement au bout d’un bâton de majorette tel un étendard portant glorieusement les couleurs du ᵐ°uᵛₑᵚₑᴻt brownien gastrique (ha ha ha, mouvement « brownien » gastrique,  HAHAHAHAHA-HAAA !)

Hrrmm… Broumf. Je ne sais pas si je suis très clair avec ces histoires d’italique et de guillemets. Je vais donc vous montrer un exemple. Afin de ne pas vous spoiler l’histoire, il est de mon cru, inspiré de faits réels.

Réchèr entra dans le bar et jeta un regard circulaire pour repérer les gens intéressants.

« J’adore les volumineuses fesses de cette femme assise là-bas. »

La femme en question employa toute son attention à ne pas prêter attention à Réchèr.

Il aurait tant aimé être le tabouret de bar sur lequel elle était assise.

Il commanda une bière avec une paille et une touillette.

Vous voyez la subtilité ? La phrase en italique+guillemets est à la première personne car ce sont les pensées internes du personnage. Celle en italique simple est à la troisième personne car c’est le narrateur qui partage une intimité avec le lecteur.

Bon et alors ?

Eh bien je trouve personnellement que les italiques du narrateur sont inutiles. Le simple fait de lire un texte implique automatiquement une relation intime entre le lecteur et le narrateur. Ce n’est pas la peine d’en rajouter. Revoici mon exemple :

Réchèr entra dans le bar et jeta un regard circulaire pour repérer les gens intéressants.

« J’adore les volumineuses fesses de cette femme assise là-bas. »

La femme en question employa toute son attention à ne pas prêter attention à Réchèr.

Il aurait tant aimé être le tabouret de bar sur lequel elle était assise.

Il commanda une bière avec une paille et une touillette.

Je sais pas vous, mais moi je trouve ça plus fluide et moins insistant.

Un petit bug

C’est pas grave du tout, mais ça heurte ma sensibilité d’enculeur de mouches informaticien. L’histoire fait mention d’un « logiciel de cryptage ». Le mot « cryptage » ne devrait pas être utilisé. Explication rapide :

  • Pour rendre un message secret, on le « chiffre », en utilisant une « clé » (qui est un peu comme un mot de passe).
  • Pour retrouver le message original à l’aide de la clé, on le « déchiffre ».
  • Lorsqu’on tente d’obtenir le message original sans en avoir la clé, on le « décrypte ». C’est une opération plus ou moins faisable selon l’algorithme de chiffrement, la complexité de la clé, etc.

Le terme « cryptage » n’a donc aucun sens. Il voudrait dire qu’on rend un message secret sans avoir de clé, alors que c’est justement ce qui sert à chiffrer. Plus de détails par ici (https ://fr.wikipedia.org/wiki/Chiffrement#Terminologie).

Sinon, le logiciel de chiffrement dont il est question est « TrueCrypt », et il semblerait que ce ne soit pas le plus fiable. (https:// www. howtogeek.com/203708/3-alternatives-to-the-now-defunct-truecrypt-for-your-encryption-needs/). Mais c’est un autre sujet et rien n’interdit d’inventer des personnages qui s’en servent.

Le mec au whisky

Attention, dans ce chapitre je vous spoile la première page. J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop.

L’histoire débute par un mec qui boit du whisky.

Or figurez-vous que je connais personnellement l’auteur. Il m’avait demandé de relire et corriger une première version de son texte, ce que je fis, en échange de quelques dix-millièmes de bitcoins.

Dans cette première version, le mec de la première page buvait du Martini. Je lui ais suggéré que ça faisait un peu boisson de tafiole, du coup il l’a changé. Je me sens super important d’avoir eu cette petite influence.

Je vous laisse acheter et lire le livre pour découvrir le rôle que tient ce fameux « mec au whisky ».

Et sinon Jacques-Yves vient de sortir un deuxième livre : Ode à Caïssa (https:// jacquesyvesmartin.com/la-deuxieme-enquete-de-boris-thibert/).

Si je trouve le temps de le lire entre deux verres de bière (je bois pas de whisky, je suis une tafiole), j’en parlerais ici même.

« Sans droit ni loi » est un polar, mais il ne comporte pas de détective, contrairement à cette image.