Iodification du python squaritien

Coucou ! Quatre fois n’est pas coutume, je viens encore vous parler de Squarity.

J’ai réussi à régler le problème de lenteur. J’ai lâché la librairie JS Brython, pour la WebAssembly Pyodide.

Argh, du code binaire !

D’aucuns-et-d’aucunes considèrent que les WebAssembly sont le mal absolu, car, tout comme le code binaire des fichiers exécutables, c’est non lisible par un humain. Ça va à l’encontre de l’un des dogmes du web, qui énonce que tous les composants d’un site doivent être analysables, même si cette analyse peut être compliquée. Le HTML, le javascript, le CSS, le JSON sont écrits avec des mots, et non avec des nombres. C’est en partie en raison de ce dogme que les navigateurs vont définitivement virer la technologie Flash.

J’oblige donc votre navigateur à exécuter du code que vous ne pouvez comprendre aisément, ce qui fait de moi un vilain.

Ce à quoi je répondrai : « Mouiimmpfboapf, ça va bien. Le code source de Pyodide est disponible sur internet. D’autre part, avez-vous tous les codes sources de tous les exécutables que vous lancez sur votre machine ? ». À mon avis, la seule personne qui peut vraiment le prétendre serait Richard Stallman.

(TODO : insérer ici une photo à poil de Richard Stallman, pour équilibrer par rapport à la quantité de photos de femmes rondes à poil qu’il y a dans ce blog)

Heuwargl, le chargement est lent !

L’exécution de code python dans un navigateur est plus rapide par Pyodide que par Brython. J’ai fait quelques benchmarks au doigt mouillé, en particulier avec le jeu Loops in Pool. La propagation de la boue et de l’eau sont maintenant beaucoup plus fluide.

Dans la version précédente de Squarity, j’avais testé avec un délai de 1 milliseconde entre chaque propagation, et c’était quand même lent. Alors j’ai mis 400 millisecondes pour ne pas surcharger la machine. Dans la nouvelle version, j’ai re-essayé 1 milliseconde, l’animation s’est accélérée significativement. Je l’ai laissé ainsi, youpi.

Cependant, l’initialisation de Pyodide est très lente. Il faut télécharger 20 Mo de bazar, alors que Brython tient en moins de 10 Mo (et c’est déjà beaucoup pour du javascript !). Ensuite, le navigateur doit interpréter et démarrer la WebAssembly, ce qui prend encore quelques secondes.

« Dans le monde dans lequel on vit », tout doit aller très vite. Une dizaine de secondes d’attente peut décourager certaines personnes. Ce choix de Pyodide me fera donc perdre une base potentielle de user-client-partner. Mais je préfère décourager définitivement un petit nombre, plutôt que ralentir continuellement tous les futurs fidèles qui utiliseront Squarity.

Je mettrai une barre de progress la plus précise possible. On accepte plus facilement d’attendre lorsqu’on voit un décompte qui avance. Actuellement, le progress n’est qu’une liste de 8 étapes, dont 6 sont pratiquement instantanées et 2 sont très longues. C’est pas du tout suffisant.

Prototype d’une barre de progress avec estimation de temps incertaine.

Si je pouvais éviter le re-téléchargement des 20 Mo une fois que ça a été fait, ce serait top. Je sais bien que le navigateur a un cache, mais celui-ci a une fâcheuse tendance à se vider. On a le droit de stocker des WebAssembly dans du local storage ?

J’ai également testé sur smartphone. Ça fonctionne (j’en n’étais vraiment pas sûr), par contre l’exécution reste super lente. Les fuckings millenials de la génération Ÿ écoperont des deux inconvénients : lent à l’initialisation ET à l’exécution. Je laisse comme ça pour l’instant, tant pis. De toutes façons, le premier truc à régler concernant l’utilisation sur smartphone serait le responsive design cradingue. Et dans un futur très lointain, on pourrait carrément imaginer une app.

Il suffira juste d’accepter le postulat qu’une app mobile exécutant du code python arbitraire ne constitue pas une faille de sécurité. Ha ha ha. Je ne suis même pas sûr de ce postulat concernant les sites web. Re-ha re-ha re-ha. Bref : y’a du boulot.

En tout cas, Pyodide est beaucoup plus simple à intégrer que Brython. Pour exécuter du python, j’ai une fonction à appeler, avec le code en paramètre. On peut directement lire/écrire les variables javascript, les exceptions python sont automatiquement remontées, avec traceback et message. J’ai tout ce qu’il me faut.

Avec Brython, je devais pré-placer mes variables d’échanges dans un truc à la con, mettre mon code dans une balise script, lancer une fonction sans paramètres, prier pour que la portée des variables ne se vautre pas toute seule, et lire les données de retour dans le truc à la con sus-mentionné. Je ne vous (re)parle même pas de la récupération des erreurs où j’ai eu recours à des astuces tellement tordues que mon cerveau a préféré les oublier !

Vive Pyodide. De plus, je ne désespère pas que dans quelques siècles, si l’humanité n’a pas entièrement crevé pour une raison quelconque, les navigateurs web soient nativement dotés d’un interpréteur python. Que l’on ait enfin une alternative sérieuse à ce javascript de merde.

L’ancêtre de Pyodide sur smartphone

Qui veut dessiner un beau tileset ?

Mon jeu-phare, les aventures de H2O, mériterait bien un petit coup de polish (dans le sens polissage, pas dans le sens polonais). Mais je ne suis pas un dessinateur assez doué pour ça.

Alors j’ai posté un message chez la communauté PixelJoint, pour leur demander qui serait assez gentil pour me redessiner le tileset de H2O, en mieux.

Je me suis fendu d’une explication détaillée de toutes les tiles.

Si vous élevez des pixels chez vous, n’hésitez pas à vous manifester sur le forum de PixelJoint. Il s’agit d’un concours en mode bisounours, dans lequel tout le monde gagnera. C’est à dire que je ne prendrais pas le meilleur tileset, mais je ferais une version du jeu H2O pour chaque tileset qui sera proposé.

Pour l’instant, je n’ai eu qu’une seule proposition, via message privé. Je peux m’en contenter, le pixel-artiste m’a fait un super boulot. Vous le verrez très bientôt lorsque j’aurais mis à jour le jeu.

Pour le bon plaisir de ce projet Squarity, j’ai dû me créer un compte Twitch, un compte Ludum Dare, un compte GoDaddy, un deuxième compte pythonanywhere et maintenant un compte PixelJoint. Tellement populaire, tellement social.

Il y a de jolies choses sur PixelJoint

À propos de social

L’une des prochaines grosses étapes de Squarity sera de créer un lieu d’échange et de contenu. Ça me permettra de recenser les jeux existants, de publier les release notes, d’ajouter des articles et des tutoriels, d’aider les codeureuses en herbe, etc.

Je ne sais pas encore sous quelle forme je ferai ça. Le plus simple serait un serveur Discord, mais j’aimerais éviter d’être trop dépendant d’un réseau social existant, quitte à payer un petit peu. Peut-être que ça se finira avec une instance Mastodon et un CMS à l’arrache.

Mais j’aimerais aussi éviter d’obliger les gens à se créer un enième compte sur un enième site. J’essaierais peut-être d’intégrer des authentifications tierces : les boutons « sign in with Google », « sign in with Github », etc.

Bien évidemment, je ne connais pas grand chose dans ce domaine, ça risque donc de me prendre du temps et d’être un beau bordel. On verra bien. Peut-être que dans trois semaines, j’écrirais un article de blog larmoyant expliquant que c’est trop compliqué, que j’abandonne tout, et que je préfère encore utiliser tout mon temps libre à zapper en continu sur Twitch.

(TODO: insérer ici une image prise sur Twitch de gens pixelisés déguisés en serpent qui font passer des arcs électriques dans de la vapeur d’eau pour voir si ça la disperse et qui ensuite font de la peinture sur corps).

À propos de corps

Petit rattrapage de tous les précédents articles n’ayant pas d’images de femmes rondes.

Voici Nicole Nurko, dont je vous ai précédemment parlé :

Ainsi que Kim Manana :

Et la sublime-bling-bling Gabriella Lascano :

Pro-tip : lorsque vous voulez parcourir un compte Instagram (d’une femme ronde ou pas) et que vous ne voulez pas vous inscrire car, comme dit précédemment, vous en avez marre de vous créer des comptes de partout, vous pouvez remplacez dans l’url « instagram.com » par « imginn.com ». Vous aurez toutes les photos sans les pop-ups lourdingues.

À la chopraine, comme on disait dans les années 1990.

Twitch ce mercredi à 22h !

Gzolb les prolos.

Petit article très rapide, juste pour dire que mercredi 28 octobre, à 22h, je streame sur twitch. On créera un petit jeu sur Squarity, en live.

Ça se passera par ici : https://www.twitch.tv/recher_squarity

Oh, et sinon j’ai trouvé le moyen d’afficher les messages d’erreur et la traceback quand le code python plante. Ce sera mis en prod d’ici mercredi, ce qui me permettra de beaucoup moins galérer.

Pas d’image de femme ronde parce que c’est vraiment un tout petit article. Mais si vous voulez prospecter par vous-même, tapez « Nicole Nurko » dans un moteur de recherche.

Ludum Dare 47 post-codem

Comme annoncé dans mon précédent article, j’ai participé au Ludum Dare. Vous pouvez jouer à ma contribution directement par ici.

La tradition dans les game jams est d’écrire un « post-mortem », c’est un petit (grand) texte que l’on écrit à tête reposée après avoir bossé comme un oufzor pendant tout un week-end à créer un jeu.

Je trouve l’expression « post-mortem » étrange. Je ne suis pas mort, même si ça a été assez intense et que j’en suis sorti fatigué. Donc : « post-codem ».

Fonctionnement du jeu

Les premiers retours m’indiquent que c’est difficile à prendre en main au départ. J’ai donc fait une petite vidéo de démo explicatoire. J’y parle anglais, c’est une catastrophe. Vous avez le droit de mettre en mute.

L’aire de jeu est une piscine qui se recouvre entièrement de boue et de lierre (les petits traits verts). Vous sélectionnez une première case, en appuyant sur le bouton « 1 », puis vous en sélectionnez une deuxième, et elles s’échangent. Le but est de construire, par échanges successifs, des boucles fermées de lierre, ce qui déclenche la suppression de la boue qui est à l’intérieur.

Il faut commencer par créer une boucle à côté de la fontaine d’eau en haut à gauche. L’eau avance lorsqu’elle est en contact avec une zone sans boue. Vous devez la propager petit à petit jusqu’à l’arrivée en bas à droite.

Vous ne pouvez pas échanger une case si elle n’est pas unie, c’est à dire ayant un mix de boue et d’eau. C’est gênant lorsque vous avez deux boucles proches : vous ne pouvez pas créer de mini-boucle entre les deux pour les fusionner. J’ai donc ajouté un pouvoir spécial, lorsque vous activez le bouton « 2 » sur une case comportant de la boue, un trait vert se rajoute, qui peut vous permettre de finaliser une boucle.

Par le pouvoir du lierre !!

Post-codem au sujet du jeu

Le thème était : « Stuck in a Loop », c’est à dire : « Coincé dans une boucle ».

Il y a deux modes de participation au Ludum Dare :

  • Jam : vous avez 3 jours pour créer un jeu vidéo, en équipe ou en solo. Vous pouvez réutiliser des images, des sons et des codes existants (en respectant les licences et autres fucking copyright, évidemment).
  • Compo : c’est le « hard mode ». Vous n’avez que 2 jours, en solo. Tous les éléments de votre jeu doivent être originaux et doivent avoir été créés durant ces 2 jours. Obligation de partager le code source. Mais vous pouvez utiliser des outils de création privatifs (Unreal Engine, par exemple).

J’ai choisi compo. C’est pas que je veuille me la péter en démarrant directement en hard mode. C’est juste que j’avais mon week-end de dispo, mais pas le lundi après. Et les autres contraintes de la compo me convenaient.

Bien entendu, je n’ai pas eu le temps de réaliser toutes les idées que j’avais. Ça arrive à chaque projet (artistique ou non). Comme c’est systématique, on sait à l’avance qu’on ne pourra pas tout faire, on peut donc diminuer ses prétentions dès le départ. Mais même ainsi, les prétentions restent trop grandes, et on finit toujours par finir à l’arrache.

Ouais, à la

Comme dirait Helmut : voilà un jeu de mot franco-allemand qui Kohl très bien à l’article.

Échec de la continuous delivery

J’ai tellement galéré à coder (j’explique pourquoi dans le dernier chapitre de cet article), que ce n’est que le dimanche à 12h que j’ai eu une version pre-pre-alpha, comportant uniquement la fonction d’échange et la détection des boucles.

Note pour les prochains Ludum Dare : se réserver des petites plages de temps pour tester et faire tester son jeu par des gens quelconques. Ça permet d’ajuster la difficulté et éventuellement de glaner de nouvelles idées.

Ce que j’avais imaginé au début : coder un petit bout de truc, le montrer aux gens qui vivent avec moi, même si ça ne constitue pas un vrai jeu, montrer le bout de truc suivant, et ainsi de suite. On aurait avancé tous ensemble durant le week-end, ces mini-démonstrations régulières auraient permis de me faire pardonner le fait que je me serait comporté en geek pendant 48 heures.

Au lieu de ça, j’ai passé les trois premiers quarts du week-end à grogner devant mon ordinateur. Lorsque quelqu’un venait me voir, je lui grognais que rien ne marchait. Pas très interactif.

Groumpf ! A marche pô !

Échec de l’explication du mécanisme du jeu

J’avais prévu de faire un petit tutoriel, qui s’est terminé en un pseudo-manuel écrit en 20 minutes, sous forme de docstring au début du code python. J’ai ensuite pseudo-copié-collé ce manuel pour le mettre dans la description Ludum Darienne.

Ça n’aide pas trop à comprendre le fonctionnement du jeu quand on le découvre. D’où la petite vidéo que j’ai faite après. Qui est elle-même créé à l’arrache, mais ça c’est parce que j’ai très peu d’expérience dans ce domaine. Je cause très mal anglais alors que d’habitude en vrai conversation je m’en sors potablement. De plus, on m’entend prendre de grandes inspirations avant chaque phrase. C’est malaisant.

Même la longueur de la vidéo est une erreur. J’explique tous les mécanismes du jeu durant les 4 premières minutes, puis je passe 6 minutes à terminer ma partie. Lorsque les ordispectateurtrices-joueureuses arrivent sur ma page Ludum Darienne, ces personnes voient une vidéo ayant une durée de 10 minutes. Elles ne la regardent pas forcément, parce que c’est trop long. Si la durée affichée avaient été plus courte, il y aurait eu plus de chances qu’elles cliquassent sur « play », parce que gâcher 4 minutes de sa vie dans notre monde actuel est quelque chose d’encore à peu près acceptable. Ce serait d’ailleurs intéressant de connaître la probabilité de clic sur un bouton « play » en fonction de la durée d’une vidéo, mais ce n’est pas le sujet.

Les graphismes sont manifestement beurkys. Les explications du jeu utilisent le terme « vines » (du lierre), il faut comprendre que ça correspond aux traits verts. Ces traits sont une représentation métaphysique aristotélicienne du lierre quand on n’a pas eu le temps de le dessiner correctement.

Possible échec de la promotion de Squarity

Cette participation au Ludum Dare, et les futures participations à d’autres game jams, n’ont pas pour but de créer un jeu génial qui sera premier au classement et restera dans la mémoire de l’humanité (même si ça me plairait bien). Le but est de promouvoir Squarity.fr, ma plate-forme de création et partage de jeux.

Je veux provoquer chez les Ludum Daristes une réaction de type :

« Voyons voir ce jeu… Moui bof. Pas génial.

Oh, mais quelle est donc ce site web étrange… Squarity ? Mais que vois-je dans la partie droite ? Une fenêtre de texte avec du code python dedans, et d’autres informations qui semblent définir le jeu auquel je suis en train de jouer !

Que va-t-il se passer si je change des trucs et que je clique sur le bouton de validation en-dessous ? Oh bon sang ! Le jeu se modifie instantanément ! Ce site est génial ! Je vais de ce pas m’en servir pour créer tous mes prochains jeux. Je participe au Ludum Dare, c’est bien que je veux créer des jeux pour le restant de ma vie !

Mon avenir sera squaritien ou ne sera pas ! »

Pour provoquer une telle réaction, il faut bien entendu que Squarity soit amélioré (ce qui se fera progressivement), mais la moindre des choses aurait été que je commente mon code python, afin d’aider le monde à comprendre son fonctionnement, et par là même le fonctionnement de Squarity.

J’ai échoué sur ce point, mon code est cradingue et très peu documenté. J’essayerais d’arranger ça dans les jours à venir. Et puis je voulais aussi créer un mini-jeu tutoriel de Squarity. Tant de choses à faire, comme d’habitude…

Les carrés sont l'avenir du monde

Succès de la fontaine !

J’avais prévu d’afficher la quantité de mana sous forme d’une jauge dans un coin de l’aire de jeu. Mais en me levant le dimanche matin, j’ai eu une idée géniale : Squarity ne permet que d’afficher des images, mais la transparence est gérée. Lorsque le mana est bas, je peux noircir la fontaine en superposant plus ou moins de pixels noirs transparent dessus !

Pas besoin de perdre de temps à dessiner une jauge de mana et à coder des choses compliquées pour l’afficher. Avec 4 lignes de code dégueux et un seul sprite supplémentaire (créé rapidement à partir du sprite de la fontaine, en mettant tous ses pixels en noirs-transparents), j’avais un indicateur de mana bien mieux intégré dans le jeu.

Pour fignoler le tout, j’ajoutais un petit log indiquant la quantité exacte de mana lorsqu’on sélectionne la fontaine.

À droite de la fontaine se trouve l’image correspondant à son « ombre ».
if self.pool_mana < 100:
    nb_fountain_darking = (100 - self.pool_mana) // 5
    for _ in range(nb_fountain_darking):
        gamobjs.append("darkfountain")

Je vois aussi cette fontaine comme un très très lointain clin d’œil à l’un de mes jeux préférés intemporels et intraspatial : Might and Magic – World of Xeen.

Alamar, you misguided mechanism ! You’ll destroy us all !

N’ayant pas peur de faire de la surenchère, je rajoutais un autre lointain clin d’œil à World of Xeen : dans le pseudo-scénario de mon jeu, le personnage de la « Countess du Swagging » est une référence au mot de passe secret « Count Du Money ».

Cette fontaine est un auto-clin d’œil, puisque c’est le logo de New World Computing

Si jamais je continuais le dev de ce jeu

Je note ici toutes les idées que je pourrais rajouter dans une hypothétique version post-ludum.

Faciliter le début en pré-plaçant du lierre

Si on n’a pas de bol, on commence comme ça :

Peu de lierre partent de la zone d’eau. Pour y coller des boucles, on risque d’être obligé d’utiliser le pouvoir d’ajout de lierre. Or c’est un pouvoir qui coûte assez cher en mana, car on ne devrait normalement l’utiliser qu’en dernier recours.

J’aurais dû ajouter automatiquement quelques connexions partant de la zone d’eau. Quelque chose comme ça :

C’est beaucoup plus facile de tracer un chemin depuis le trait vertical qui est sous la zone jusqu’au trait diagonal, ou bien depuis le trait horizontal à droite jusqu’au trait diagonal, et ainsi créer une première boucle sans s’arracher les cheveux.

Une « learning curve » moins violente

Il faudrait ajouter des niveaux. Les premiers seraient rendus plus facile par :

  • un tutoriel,
  • des maps plus petites,
  • des délimitation de cases plus marquées,
  • l’absence de traits diagonales.

J’ai eu beaucoup de remarques au sujet des délimitation de cases. Les gens analysent la map, repèrent une case qui leur convient, et s’aperçoivent ensuite que ce n’en est pas une mais que c’est 4 coins de 4 cases différentes. J’avais fait exprès de brouiller les limites entre les cases parce que je trouvais ça cool et j’aime créer des choses difficiles pour ensuite prendre un air condescendant auprès des gens qui n’y arrivent pas. Mais peut-être que j’ai overkillé.

Alors que les grands comédiens gomment les coupures entre vers lorsqu’ils déclament des alexandrins, je gomme les coupures entre cases lorsque je crée des jeux grid-2D.

J’embroche vos rimes, mon épée vous tru-Cid.

Un monde ouvert

Il y aurait une aire de jeu plus grande que ce que peut afficher l’écran. On ne pourrait pas scroller partout. On aurait un personnage et le scroll serait limité autour de lui. On pourrait déplacer ce personnage uniquement vers une case recouverte d’eau. Pour progresser dans le monde, il faudrait donc faire des boucles et propager l’eau petit à petit.

Par contre, ça gâcherait un peu si on permet de faire des boucles géantes, et surtout il y aurait le risque que le temps de calcul de vérifs des boucles soit trop long. Donc il faudrait limiter les tailles de boucle. Ce qui pourrait être sujet à des bonus : au début on ne peut faire que des boucles ayant une longueur de 5, puis 6, puis 7, etc.

Bien entendu, ce grand monde ouvert serait truffé de bonus, de mana, de sorts et de pouvoirs à gagner. Pour récupérer quelque chose, il faudrait amener son personnage dessus, donc l’entourer avec une boucle.

Et puis des passages secrets et des zones super compliquées à atteindre. Par exemple un grand couloir de 3 cases de large avec un super bonus au bout.

Je voulais aussi faire une super blague, avec un genre de quête annexe. Une map où l’objectif serait à côté du point de départ, mais il y aurait un grand mur entre les deux. Il faudrait faire tout un détour pour l’atteindre. À la fin, le personnage aurait dit : « j’ai du créer toutes ces boucles de lierre juste pour parcourir une grande boucle qui me ramène à mon point de départ ! WTF ? ». Haha, lolilol potentiel.

D’autres idées en vrac

L’échange entre une case de boue et une case d’eau ne coûterait pas de mana, mais ne ferait que déplacer les lierres de l’eau sur la case de boue. On perdrait les lierres de boue. Ça nettoie la piscine et ça encourage à étendre l’eau le plus possible, pour conquérir des lierres qu’on pourra ensuite placer gratuitement.

Des statistiques :

  • longueur & surface de la plus grande boucle réalisée,
  • nombre de boucle créées en une seule action,
  • maximum de mana atteint,
  • rentabilité (mana gagné / mana dépensé),
  • nombre de case d’eau créées,
  • etc.

Et bien sûr, des achievements et des bonus liés à ces stats.

Des robots

Quand on fait une boucle, ça ne supprime pas immédiatement la boue. Il faut poser des petits robots nettoyeurs qui enlèvent la boue autour d’eux. Ils fonctionnent pendant un temps limité. Donc si on les pose sur une boucle trop grande, ils ne nettoieront pas tout et la boue se repropagera dans la boucle. Si on les pose sur une boucle plus petite, ils nettoient tout, la boue ne se propage pas car elle ne peut pas traverser les lierres. On peut alors déclencher la propagation de l’eau vers la boucle nettoyée.

C’est une idée qui reste à finaliser. Parce qu’actuellement, l’eau peut passer à travers le lierre. Donc si on commence à nettoyer une boucle avec des robots, l’eau peut alors se propager tout de suite dans une boucle dont le nettoyage n’a pas été terminé, et ça peut donner n’importe quoi.

Ou alors on dit que l’eau ne passe pas le lierre. Et on doit enlever manuellement le lierre qui sépare l’eau de la boucle nettoyée. À réfléchir si on a envie.

Je laisse cette idée là où elle est, j’ai peur d’avoir embrouillé tout le monde en la décrivant.

Robot nettoyant la boue (à moins que ce soit l’inverse)

Post-codem concernant Squarity

Voici maintenant mes retours en tant que simple utilisateur/créateur de cette plate-forme de jeu.

Les messages d’erreur, rogntudjuu !

Comme l’a si bien dit 10kbis en commentaire de mon précédent article, il faut les messages d’erreur et les tracebacks !

Quand le code du jeu plante à l’initialisation, le message s’affiche comme il faut dans la console du navigateur. Mais quand ça plante pendant l’exécution d’une callback, on a que d’alle. On ne sait pas où ça a planté, ni pourquoi. Je n’ai pas encore pris le temps de régler ce problème.

Je pensais être capable de coder du python sans visibilité sur les messages d’erreur. Je m’étais dit : « je suis super fort, et au pire, je pourrais toujours débuguer à coups de print ».

Débuguer à l’aveugle, c’est ce que j’ai fait pendant tout le week-end. C’est la raison pour laquelle je n’ai eu une version pre-pre-alpha que très tard. Ça m’a aussi mis de sérieux doutes sur ma capacité à sortir quelque chose de jouable avant la fin.

J’avais prévu, après le Ludum Dare, de me poser un peu concernant le dev, faire un semblant de road-map, nettoyer et documenter un peu mon code. Mais là, nope. Avant de faire tout ça, il faut que je règle cette non-gestion des erreurs.

Bien. Il me reste 12h pour faire tout le reste et j’ai pas encore mangé.

Ajouter les événements de clics de souris

Je m’étais promis que pendant le Ludum Dare, je m’occuperais uniquement du jeu, sans mettre à jour le site Squarity. Je voulais prouver que la présente version est suffisamment aboutie pour créer un jeu, même très simple, même avec beaucoup de galère.

Puis j’ai réalisé que Loops in Pool serait beaucoup plus pratique si on pouvait directement cliquer sur les cases. Alors j’ai décidé que je ferais une entorse à ma promesse et que je rajouterais à la va-vite la gestion des clics dans Squarity.

Finalement, je n’ai pas du tout eu le temps de faire ça. Je suis donc parvenu à être suffisamment à l’arrache pour tenir ma promesse. Youpi !

Ayez l’amabilité de bien vouloir gérer ce mulot, mon brave.

Ça peut être très lent

Exécuter du python dans un navigateur web, c’est lent. Je m’en doutais un peu, mais je ne pensais pas que ça se révélerait dès maintenant.

Lorsqu’on échange deux tiles, il faut attendre une ou deux secondes avant de pouvoir faire autre chose. C’est le temps pour vérifier si l’échange a créé une boucle ou pas. On exécute pour cela un algo pourri de Dijkstra sur 2240 pauvres petits nodes. Ça devrait se faire instantanément, or ce n’est pas le cas.

C’est pour ça que la boue se remplit progressivement au début. Si je calculais toute la propagation dès le départ, ça prendrait vachement de temps et on pourrait croire que le jeu ne marche pas.

Heureusement, quand on fait des jeux simples nécessitant peu de traitement, il n’y a aucun problème, le jeu du magicien et H2O en sont des preuves. Mais il ne faut pas trop abuser.

Je n’ai pas de solution miracle pour ce problème, juste des pistes :

  • Faire des tests de performances, en déduire des manières de coder plus rapide que d’autres et les documenter dans des bonnes pratiques. Je suppose que le python dans un navigateur se code et s’optimise différemment par rapport au python normal.
  • Essayer de faire des traitements parallèles ou asynchrones. Je ne sais même pas si on peut faire ça proprement dans un navigateur web, que ce soit en javascript ou en python.
  • Mesurer en live les performances du code, pour repérer les parties de code les plus ralentisseuses.
  • Optimiser l’affichage. Au lieu de redessiner toutes les tiles à chaque fois, on en marque certaines comme « dirty ». Seules celles-là seront redessinées. Mais, je ne suis pas sûr que ça améliore grandement la vitesse.

D’autre part, j’ai fait une modif qui me semble cool : j’ai redirigé les print. Normalement, ils vont dans la console du navigateur. Moi je les affiche dans la zone de texte en bas à gauche. Figurez-vous que ça aussi, ça ralentit tout. Faites une dizaine de print à chaque appui de bouton : ça devient horrible, même dans un jeu simple.

Je ne sais pas pourquoi. Est-ce que le navigateur doit recalculer tout le DOM à chaque fois qu’on écrit dans un élément <textarea> ? Ce serait embarrassant. En attendant, l’effet de bord est très amusant : le seul moyen actuel de débuguer est de faire des prints, mais les prints ralentissent tout. Bon courage !!!

Je ne parviendrais peut-être pas à régler ce gros défaut de lenteur, ce qui risque de bloquer des créateurtrices potentieleulleux dans la réalisation de leurs jeux.

Ça ne me fera pas abandonner ce projet, ni déroger de mon idée principale : créer et partager des jeux 2D en python dans un navigateur web. C’est ce que je veux faire, et plus que ça, c’est aussi ce que j’ai envie d’avoir. Je veux utiliser mon propre outil pour créer une foisonnance de jeux bizarres/amusants/pulpesque/dérangeants/moches/etc. Bref, des jeux que je veux voir exister.

Un jeu « pulpe-zinesque » créé par Anna Anthropy, dont je vous parlerai à l’occasion

Autres trucs-en-vrac

Il faut des sons et de la musique. C’est prévu, mais les conseils que j’ai pu récolter à l’occasion du Ludum Dare me confirment que c’est très important pour se démarquer. Si j’avais pas un tas de choses déjà prioritaires, je prioriserai les sons.

Les images des objets ne peuvent pas déborder de leur tile. On peut faire sans, mais pour dessiner un trait qui rejoint deux tiles en diagonale, il faudrait pouvoir placer quelques pixels sur les tiles diago-adjacentes. Ça mériterait un petit dessin pour vous expliquer, mais là, pfouf, cet article est déjà bien assez long.

L’image de tileset devrait pouvoir être uploadée depuis le disque en local, dans le navigateur (en local aussi, du coup). Actuellement, il faut publier l’image sur un site d’hébergement, et ce à chaque changement. Même si on ne souhaite pas publier son jeu. C’est relou. En ce qui me concerne, je met l’image dans un repo github. Mais les push d’images dans github ne sont pas instantanément mis à jour dans leur site web.

Tôt ou tard, il me faudra un lieu d’échange et de création de contenus autour de Squarity (articles, documentation, tilesets, jeux, …). Je me permettrais de commencer par un tout petit truc. Mais il me le faut vraiment ce petit truc, car actuellement j’ai rien du tout, à part des comptes sur des rézosociaux « annexes », comme ce blog. Or, ces comptes n’ont pas pour utilité principale de décrire Squarity. Il va falloir que je me lance dans un mini-CMS Django, et/ou une instance Mastodon, ou autre chose de mieux si vous avez une idée.

Rappelons que l’utilité principale de ce blog est de vous faire découvrir des images de femmes rondes. Ceci ne va pas changer de sitôt. À ce sujet je vous présente llindaa23

À la prochaine, je me remet sur mon code et mes gestion d’erreurs.

Démarrage d’un gros projet complètement à l’arrache !

Ce que j’avais prévu

1 : Faire les fonds de tiroir de mes activités créatives, packager proprement les trucs qui méritent de l’être, même ceux qui ne sont pas finis. C’est ainsi que vous avez eu Blarg sur github, Kawax, Pru-pra-prok, l’archivage de tous les articles du magazine 42, L’animation du tunnel pour l’UTBM, une grosse série d’article concernant mon dernier changement de crémerie, et tout un tas d’autres machins.

2 : Terminer en packageant mes très vieux programmes Pascal que j’écrivais au lycée et à l’UTBM, et les mettre à disposition ici.

3 : Écrire un article de blog émouvant dans lequel j’explique que je me sens prêt à démarrer un gros projet créatif. Expliquer que ça fait un peu peur, que jusqu’à maintenant, le peu de projets que j’ai réussi à mener jusqu’au bout étaient soit de taille moyenne, soit une succession de mini-projets (par exemple, tous les articles pour le magazine 42). Ajouter qu’il est fort possible que j’abandonne au bout de deux mois pour cause de découragement honteux, ou pour cause de découverte d’une toute nouvelle idée que je croirais encore meilleure. Terminer l’article en demandant à mes lecteurtrices, avec des trémolos dans la voix, quelques commentaires de soutien pour ce nouveau projet, même si je ne l’ai pas du tout décrit pour le moment. Insister sur le fait qu’un soutien inconditionnel de leur part serait une magnifique démonstration de fidélité, rappeler (toujours avec des trémolos) que ce blog existe depuis plus de 10 ans et que certains d’entre vous me suivent depuis plusieurs années.

4 : Espérer deux ou trois commentaires de soutien, pas plus, pour ne pas être déçu.

5 : Travailler pendant un mois ou deux sur ce projet secret.

6 : Écrire un nouvel article, montrer la première version du projet même si elle est bancale. Expliquer que c’est une plate-forme de création de mini-jeux web en 2D sur une grille. Annoncer qu’il suffit de savoir coder un peu en python pour créer des premières choses toutes simples. Ajouter qu’il n’y a pas besoin d’installer de logiciel ou de s’inscrire (mais il faut quand même un compte github pour partager ses jeux). Arguer du fait que, même si la plate-forme est simple, sa souplesse permettrait de créer des jeux très variés tels que des Match 3, un Laser Tank, voire des jeux de stratégie comme Advance Wars. Préciser tout de même qu’il ne sera jamais possible de placer des objets à cheval entre deux cases de la grille, que c’est un choix conscient destiné à assurer la simplicité. Donner l’exemple de Zelda sur la NES, qui ne serait pas recréable sur cette plate-forme puisque le personnage peut se trouver entre deux cases. Terminer sur un ton faussement humble en disant que je me suis inspiré de PuzzleScript, Drod et même ZZT.

7 : Écrire une doc, pas forcément complète ni bien peaufinée, mais qui expliquerait au minimum comment créer et partager des jeux. Espérer que quelques personnes commencent à s’y mettre, même si c’est rustique et pas du tout ergonomique dans un premier temps.

8 : Améliorer encore le projet pendant quelques mois.

9 : Participer au Ludum Dare (une compétition de création de jeu en un week-end). Ne pas s’attendre à un glorieux classement, mais utiliser cette participation pour montrer la plate-forme au plus de gens possible.

10 : Éventuellement, créer une vidéo ou un stream sur twitch montrant la genèse du jeu créé pour le Ludum Dare. Utiliser cette vidéo comme tutoriel et comme démo de ce qu’il est possible de faire.

12 : Donner rendez-vous aux prochains Ludum Dare, tous les 6 mois. Indiquer que l’on profitera de ces compétitions pour s’imposer des dead lines fixes, qui devraient apporter la motivation nécessaire pour produire régulièrement de nouvelles versions de la plate-forme.

13 : Continuer comme ça sur plusieurs années, et voir jusqu’où ça nous mène.

Pour l’instant, ça mène ici.

Ce qu’il s’est réellement passé

1 : Réaliser qu’il n’y a plus que quelques mois avant les grandes vacances, et qu’on aimerait avoir une première version du projet à ce moment là.

2 : Laisser en plan le packaging des vieux jeux Pascal.

3 : Réaliser une première version ultra à l’arrache de la plate-forme, afin de pouvoir la montrer aux potes qu’on retrouvera pendant les vacances.

4 : Ne pas oser parler de ce projet aux potes en question, parce que l’occasion ne s’est pas présentée et que j’ai toujours l’impression de passer pour un mendiant quand je quémande de l’attention aux gens, même quand c’est mes potes.

5 : Continuer de bosser sur le projet, pester intérieurement que, comme toujours, ça avance trèèès lentement.

6 : Au passage, créer une chaîne twitch et s’amuser à streamer des Clash of Code, même si ça n’a absolument rien à voir avec la choucroute.

7 : Réaliser que le prochain Ludum Dare est dans à peine quinze jours, que la plate-forme est à peu près utilisable mais pas du tout documentée, qu’on n’aura pas forcément le temps de la documenter d’ici là, et qu’on n’a rien annoncé pour l’instant.

8 : Jeter à la gueule de ses lecteurtrices le lien vers la plate-forme : http://squarity.fr.

9 : Leur jeter un autre lien à la gueule, en croyant que ce sera suffisant pour comprendre comment créer et partager des jeux : squarity.fr#fetchez_githubgist_darkrecher/bd49300f9c480b789a70315155571e9d/raw/gamecode.txt

10 : Espérer que l’on arrivera à faire quelque chose de pas trop pourri pour le Ludum Dare.

11 : Continuer comme ça sur plusieurs années, et voir jusqu’où ça nous mène.

Pour conclure, inévitablement

12 : Expliquer que le mot « squarity » signifierait « la carrétitude », puisque les jeux sont créés sur un quadrillage en 2D. Ajouter que le fait d’aimer les carrés n’empêche pas d’aimer aussi les courbes. Pour illustrer ce propos, insérer une image de Myesha Boulton :

13 : S’endormir sur son clavier parce qu’il est tard.

Pots de départ multiplexés

Suite à un tas d’événements qui m’échappent, la boîte ConcreteWorld-🌍 a dû recourir à une opération de lourdage massif du personnel.

Heureusement pour moi, les personnes affectées au super-projet secret « POILS_PUBIENS » n’ont pas été impactées, parce qu’au niveau comptable, gestion boîtale et autres subtilités administrativo-légales, c’est pas foutu pareil. Mais ça fait une ambiance un peu bizarre. Je crois que certaines personnes aimeraient avoir une preuve tangible de l’utilité de notre beau projet. Ça viendra.

En attendant, lecteurtrice, je t’en dois quand même une description minimale.

Description du projet POILS_PUBIENS

Comme tu le sais, l’entreprise ConcreteWorld-🌍 a la vocation (pour ne pas dire « l’abnégation ») de lutter contre les distortions spatio-temporelles de l’univers, sur les plans d’existence confiés par nos clients, afin d’empêcher un débordement de chaos. Comme toute entreprise ayant pour métier le maintien de la réalité, nous adoptons plusieurs approches :

  • blocage direct des déformations spatio-temporelles,
  • déplacement temporel afin de prévoir et bloquer les déformations spatio-temporelles,
  • déformation spatio-temporelle locale contrôlée afin de rendre impossible une déformation spatio-temporelle chaoticogène.

Le projet POILS_PUBIENS adopte une approche totalement innovantatrice. Nous réalisons une déformation spatio-temporelle globale, complémentaire et orthogonale à la déformation chaoticogène, afin, non pas de bloquer frontalement celle-ci, mais de la rendre normale. La déformation chaoticogène existe toujours, mais ce n’est plus une déformation.

C’est un peu compliqué à comprendre, alors je vais employer une analogie. Imaginons par exemple que vous ayez un pli sur votre drap. Vous pourriez tirer dessus, puis badigeonner le drap d’amidon pour le rendre entièrement rigide. Nous, nous faisons le choix de découper et reconstruire une partie du lit, ainsi que la maison autour, et la Terre, et l’univers, de façon à ce que le pli du drap ne se remarque plus. C’est aussi simple que ça.

Pour en revenir au plan de lourdage massif : celui-ci a déclenché un combo de deux pots de départ, que je vais vous narrer.

Présentation des lourdé·e·s

Colléguette Rosemonde

Il s’agit de l’ex-cheffe du département boîtal « Orgies Internes ». Elle s’appelle ainsi à cause d’un gros délire sorti de nul part durant une pause de midi.

Collègue TuLaBoucles, qui aime bien taquiner les gens, a dit que c’était une grande poétesse et qu’elle écrivait des textes d’une incommensurable époustouflance. C’est resté, elle a alors pris le nom de Rosemonde Gérard, une autre poétesse, qui ne lui arrive cependant pas à la cheville.

C’est une nana bien, plusieurs personnes dans la boîte s’accordaient à dire que c’était « la grande sœur de tout le monde ».

J’apprendrais plus tard qu’elle s’est fait lourder d’une manière quelque peu cavalière. je n’en dis pas plus pour l’instant, pour ne pas spoiler.

Rien à voir, mais son fils était présent à certains des cours de python que j’ai prodigué.

Chef Peyotl

L’ex-grand-chef du département boîtal « Corrélations Inter-spatio-temporelles des Réalités Locales ».

Pour rappel : il se nomme Chef Peyotl car il a parcouru tous les pays du monde à la recherche de l’alcool qui lui conviendrait le mieux, et qui s’est révélé être le peyotl.

Techniquement, il n’a pas été lourdé. Il est parti de lui-même, suite à « une accumulation de divergences d’opinions avec MégaChef En-Même-Temps ». J’en sais pas plus.

Un cactus peyotl n’ayant pas la même opinion que les autres.

Les autres

Ces personnes n’ont pas fait de pot de départ, ce qui peut se comprendre, car elles ont été prises au dépourvu. Certaines sont particulièrement dégoûtées.

Je vais me contenter de lister leur noms pour que leur mémoire soit à jamais gravée dans votre mémoire à vous.

  • Colléguette Carnea
  • Colléguette Louloute
  • DRHe Bourgeoise-Rappeuse
  • Collègue Rocker
  • Collègue Megabite
  • Collègue Kirikou
  • Collègue Bo (physiquement, il ressemble à l’autre dans la série SuperStore)
  • Collègue FautLireLaDocQuExistePas
  • Je crois qu’il y a une dernière personne mais désolé je l’ai oublié. (Pour le gravage dans la mémoire, c’est raté).

Comme d’habitude, à chaque fois qu’il y a des départs, volontaires ou non, un tabou temporaire le recouvre. Faut pas trop l’ébruiter, chacun l’apprend individuellement de manière détourné, tout en ayant la consigne de ne pas le transmettre.

Un départ dans une entreprise, c’est un peu comme une personne à l’article de la mort. On n’en parle pas ouvertement, des murmures se propagent progressivement sur l’état (sanitaire ou professionnel) de la personne concernée, mais tout le monde finit par le savoir. Je ne détaille pas plus cette situation, vous l’avez certainement déjà vécue, soit vous-même, soit par des collègues, soit par des proches.

Partie à peu près sobre de la soirée

Comme je suis très alternatif et que j’aime moi aussi à distordre gentiment la réalité, je vais vous narrer les deux pots de départ sous forme multiplexée, en un seul et même article de blog.

Il n’y a pas d’heure fixe, je débarque un peu à l’arrache. Multiplexement parlant, ça se passe dans un bar-tapas entrelacé avec un barbecue. À côté se trouvent des tireuses groupes-électrogènisées que personne n’arrive à démarrer. Les serveurs promettent de venir me voir pour prendre la commande, mais ils n’en font rien, alors je me bouge au comptoir.

Il y a plein de collègue·ttes que je n’ai pas croisé·e·s physiquement depuis longtemps. Leurs coiffures sont parfois un peu spéciales.

Les cheveux ont poussés pendant le confinement.

Et parfois, les cheveux ont frisotté sur la fin.

Colléguette Platona vient discuter avec moi. Même si nos sujets de conversation sont banals (le boulot, les gens, les enfants), ce moment est teinté d’une aura spirituelle mystique. Je réalise que lorsque je vous ai présenté cette dame, j’ai parlé un petit peu de son physique, ce qui était inapproprié, veuillez m’en excuser. Ce qui compte avec Colléguette Platona, c’est uniquement sa personnalité iridescente et sa façon toute particulière qu’elle a de la chatoyer pour illuminer mon ego. Je suis revegoré.

J’atteins Chef Peyotl, qui est derrière un bosquet de bouteilles, gobelets et autres cacaouètes. Je lui transmets les amitiés de Chef Lucene-Lapin qui n’a pas pu venir. La dernière fois que je vous ai parlé de Lucene-Lapin, il avait pour titre de noblesse « Collègue ». Ça a changé depuis le projet POILS_PUBIENS. Faudra que je décrive de ce gars là en détail, un jour.

Méga-Chef En-Même-Temps est là aussi. On discute de trucs couillus et virils de chefs d’entreprise : l’EPR de Flamanville, la sous-traitance off-shore, la culture japonaise, les piliers de ponts, … Je sais absolument pas quoi dire, heureusement, un autre collègue est là pour assurer la conversation. Je m’éclipse non-discrètement en prétextant que je dois remplir mon verre à la tireuse (que des gens ont réussi à faire fonctionner).

Pour éviter de me refaire piéger dans la même conversation, je squatte un groupe au hasard. J’y trouve Colléguette Pauline. On discute de choses diverses et de la situation du monde. Sa fille était présente à certains des cours de python que j’ai prodigué.

Petite partie de Mölkki durant laquelle je ratatine divers collègues, ainsi que Chef NightWish et ses enfants. On m’en repropose une autre, tellement elle a duré peu de temps, tellement je les ai tous ratatinés. Mais je décline l’invitation car je préfère boire et discuter avec des gens. Rien à voir, mais l’un des fils de Chef NightWish était présent à certains des cours de python que j’ai prodigué.

Petit échange avec Collègue Pagne, qui joue à d’anciens jeux d’aventure sur une ScummVM installée sur son smartphone. Je lui parle de Loom, un jeu Lucas Arts très beau et très onirique. Il faut que je lui envoie les fichiers. Vous pouvez télécharger la version anglaise EGA ici.

Je cause avec Mascotte À-Fleurs, de python et autres geekeries.

Au loin, Colléguette Platona discute avec d’autres gens. Des particules de sa personnalité volettent dans le Monde des Idées jusqu’à ma propre personnalité personnelle, et je m’en enivre.

Nous nous installons à une table pour manger. Dans ces situations, le placement est toujours crucial. Mais là ça va, car nous nous mélangerons, lèveront et assoiront aléatoirement. C’est cool.

Colléguette Babiole-Poétique me parle de la dernière fois où nous étions à cette même table, et où j’avais ébloui l’assemblée avec mes connaissances sur les moules à caca. Un moment anthologique. Si les moules à caca vous intéressent, en voici un article détaillé.

Les mélanges aléatoires de place me propulsent jusqu’à Colléguette Rosemonde, avec qui je peux enfin discuter un peu. Elle me révèle qu’elle va quitter la ville pour tenter l’aventure ailleurs. Dans l’ouest. Le grand ouest où tout est possible. Elle va me manquer. On se faisait de temps en temps le trajet du boulot en vélo, elle m’a montré tous les petits chemins secrets pour éviter la rocade de la mort que si t’y vas en vélo tu te fais tailler un shortasse. C’était sympa de faire cette route avec elle. Il faisait beau. Les dinosaures-marionnettes illusionnistes bleuissaient le ciel d’une jugulence idiosyncrasique.

Je cause avec Collègue Huître d’un ancien collègue, qui’il considérait comme un trou du cul. Ce n’est pas mon avis. Pour moi, cet ancien collègue était trop respectueux des humains, donc ne sortait jamais de blague sur des minorités diverses, donc n’était pas hyper drôle, mais ça n’en faisait pas un trou du cul.

Le robot DJ nous passe du Parov Stelar. J’aime bien l’electro swing. C’est de la bonne musique pour se concentrer pendant qu’on code.

Je continue de papillonner entre les groupes et les personnes, à deviser sur des sujets divers : le python, notre super-projet, la bière… Je réalise alors avec frayeur que je suis conversationolique.

Quelques minutes à peine après avoir entamé une discussion, je ne la juge pas suffisamment intéressante, et me dis que je ferais mieux de m’en éclipser pour espérer trouver une autre personne plus cultivée ou plus apte à faire gonfler mon ego. Je suis comme un alcoolique qui boit un verre et qui en veut un autre immédiatement après, comme un fumeur chronique voulant se griller une clope alors même qu’il est en train d’en fumer une. Je dois faire attention à ça.

Ensuite, je réalise autre chose : Méga-Chef En-Même-Temps est parti. On peut complètement arrêter d’avoir l’air digne, ce qui nous amène à la partie suivante de la soirée.

Partie n’importe quoi

Semi-Chef Pez vient participer à une conversation. Chef Peyotl le réprimande : « parle pas si fort, tu parles trop fort ». C’est rigolo parce que Chef Peyotl était le chef de Semi-Chef Pez, et il le taquinait régulièrement.

Je dis à Collègue Fêtard que c’est dommage car cette fois on ne pourra pas finir au Baron. Il m’annonce qu’il y a un espoir que cet établissement réouvre, on ne sait pas trop quand. Je me garde cette info.

Sans savoir pourquoi, je pense à un pote, dans un bar, qui a dit en revenant des toilettes : « Ils sont pas pratique leurs urinoirs. Ils sont super haut et la chasse d’eau nettoie pas bien les bords ». Un autre pote lui avait alors répondu : « Y’avait pas d’urinoir. Que des lavabos ».

Il ne m’a pas semblé que Colléguette Rosemonde ait eu un cadeau de départ, possiblement parce que son départ n’était pas souhaité et que son pot a été décidé à l’arrache.

En revanche, Chef Peyotl a eu plein de belles choses : Du peyotl bien entendu, un tas d’autres alcools, ainsi qu’un stage de ball-trap bazooka, son sport favori. Ça fait plaisir de voir quelqu’un avoir le minimum de personnalité nécessaire pour être capable d’être fan d’autre chose que l’aquafootball chilien, notre enculerie de sport local à la con qui fait la fierté de la ville.

Il nous gratifie d’un petit discours conventionnel : « j’ai adoré bosser avec vous, je vous aime, bonne continuation à vous, les oiseaux, les petites fleurs, etc. »

Et c’est beau. Toutes ces soirées, toutes ces molécules d’alcool, toutes ces conversations aléatoires, toutes ces années de travail, toutes ces lignes de code torturées n’ont existées que pour ce petit moment précis, cette toute petite seconde où la voix de Chef Peyotl a chevroté, et où ses yeux se sont un tout petit peu humidifiés.

La larmichette de Chef Peyotl

Mais ensuite, Semi-Chef Pez, comme à son habitude, fait son gros relou et sort un commentaire inintéressant pendant le discours. Il le fait quasiment à chaque fois.

Le re-hasard des placements me remet à côté de Colléguette Rosemonde. J’apprends que pour l’opération de lourdage massif, les chefs ont dû noter leurs ouailles, mais lesdites ouailles avaient le droit de demander leur note, ce que Rosemonde a fait. Sa cheffe, Semi-cheffe PositiveAttitude, lui a filé une note toute pourrite. C’est quelque peu cavalier.

Je suis un peu étonné de ça et préfère adopter l’attitude de la fuite : à savoir auto-persuader mon esprit que c’est sûrement pas comme ça que ça s’est passé, mais que j’ai mal compris parce que je suis bourré.

Il y a des gens qui font un feu juste à côté des groupes électrogènes et des noisetiers. Embarrassant.

Mon cerveau mate la magnifique personnalité de Colléguette Platona, tel le pervers platonique qu’il est.

Semi-Chef Pez, obéissant à l’entropie qui règne dans ses neurones, décide de s’improviser DJ et demande au maître du smartphone BlueToothé à l’enceinte de passer du død / violinbwoy. Il nous annonce, de sa voix de stentort (comme un stentor, mais qui aurait eu tort de le devenir), que c’est en souvenir du road-trip en ma compagnie, lorsque nous sommes allés aux Temps Forts de Pochtronarr. Un événement narré ici et ici. Je ne me souviens pas du tout qu’il avait passé cette musique, mais je me souviens que sur le chemin du retour on avait croisé une prostituée aux magnifiques formes généreuses.

J’avais filé des cours de python à son fils. (nan j’déconne).

Faisant fi de mon conversationolisme, je vais voir chef Peyotl et lui dit que j’ai beaucoup apprécié travailler avec lui, et que quand même ça fait quelque chose de le voir partir, parce que c’est lui qui m’avait embauché (même si je n’avais pas été le seul, évidemment). Il me répond que lui aussi il avait trouvé ça cool que je sois dans son équipe et qu’il aurait aimé que j’y reste un peu plus longtemps. Il ajoute conventionnellement qu’il est quand même content pour moi, parce qu’il sait que je m’éclate à fond sur le projet POILS_PUBIENS. Je lui réréponds conventionnellement que oui c’est tout à fait ça.

Je suis assez bourré pour ajouter, de manière taquine, que si j’avais aimé travailler avec lui, c’est aussi parce que je pouvais faire le roi du pétrole. Y’avait aucun autre développeur dans son équipe et c’est moi qui m’occupais de toute cette partie. Plein de gens me considéraient comme un super-héros.

Je m’allonge dans l’herbe et réalise que je suis super bien et super heureux. Souvent, on ne se rend pas immédiatement compte de son bonheur. C’est seulement après, lorsqu’on devient malheureux, qu’on réalise comme on était heureux avant. Alors je profite de ce moment de lucidité pour en profiter pleinement. Je regarde lentement tout autour de moi afin de bien m’imprégner des molécules volatiles de félicité et de béatitude. Je faisais pareil durant mes joyeuses études. Je m’adossais au bar de la Maison des Élèves, à l’UTBM, et j’opérais un lent regard circulaire, pour bien prendre conscience de tout ce qui était autour de moi et qui était bien.

Et voilà que ma stupide nostalgie revient. Alors que je suis dans un moment de bonheur et que je m’en rends pleinement compte, je suis nostalgique des fois précédentes où je m’étais pleinement rendu compte que j’étais dans un moment de bonheur.

Le vertige me prend et je réalise qu’il y a à peine quelques années, à ConcreteWorld-🌍, on faisait des soirées nimp’ dans les bars, et des soirées jeux de société avec un collègue qui est parti depuis, sans oublier les semencinaires/ovuliaires annuels. Tout ça s’est étiolé dans le temps et risque de ne plus trop revenir, maintenant que la cheffe du département « Orgies Internes » a été lourdée. Il y a aussi cette histoire de virus.

Heureusement, je peux toujours profiter des gaudrioleries que nous faisons entre membres du projet POILS_PUBIENS. Pour l’instant, je n’arrive pas à en retirer des choses à raconter. Il faut le temps que ça incube dans mon cerveau.

La carte de Chef Peyotl où on écrit un petit mot d’adieu circule plus ou moins discrètement. C’est lui qui avait pris la décision initiale d’acheter le super-outil de gestion de trucs « Pochtronarr » et qui m’avait laissé me démerdouiller avec. Je ne peux pas le laisser partir sans lui laisser une pique à ce sujet. J’écris :

Putain
Ondoyante
Carabistouille
Hail !
Terrible
Rouflaquette
Onirique
Nocturne
Amazing
Roooarrrr !
Réussite.

Et j’écris « Bisous » à la fin.

Les dernières personnes qui restent rangent les trucs du barbecue et s’au-revoirisent progressivement. On paye le bar-tapas.

On finit à trois : Collègue Fêtard, Collègue HumourBlanc et moi. On erre dans les rues à la recherche d’un dernier endroit où s’en coller une. Mais, comme déjà expliqué, il n’y a plus de Baron. Alors on squatte un bar random.

Dans un éclair épiphanique, j’explique à Collègue Fêtard que, globalement, dans l’univers mondial, ce qui est important ce ne sont pas les choses. Ce sont les liens entre les choses.

Les liens entre atomes sont plus importants que les atomes, car c’est ce qui fait les molécules. Les liens entre neurones sont plus importants que les neurones, car c’est ce qui fait l’intelligence. Les liens entre pièces de Lego sont plus importants que les pièces de Lego, car c’est ce qui fait une construction. Les liens entre les liens sont plus importants que l’éolien.

Collègue Fêtard réalise que je suis un génie. Il est tellement heureux qu’il nous paye un verre.

On boit, puis chacun rentre à pied chez soi.

Log out

C’était deux superbes pots de départ multiplexés. Merci à toutes les personnes qui ont participées.

Au revoir à Lourdée Rosemonde, Démissionné Peyotl, et aux autres lourdé·e·s.

Bonnes nouvelles-aventures à vous !

Découvrir le python – chapitre 3 – list’oire de la vie

Le titre de l’article est une blague par rapport à la chanson naze et bien-pensante du Roi Lion : « C’est l’histoâââââre de la viiiiiiiie ». Ce troisième article de découverte du python a pour sujet principal : les listes.

Je tenais à expliquer cette blague, car quand on explique une blague, elle n’est plus drôle. Mais quand une blague est pas drôle dès le départ et qu’on l’explique, ça devient drôle.

Avant tout, pif paf la solution au devoir du précédent article. C’était plus un travail de géométrie que de programmation. Des fois, on croit qu’on fait un truc et on en fait un autre. C’est comme ça la vie, jeune lecteurtrice. L’histoâââre de la viiiiieeeuuuuu.

De la couleur

Remet-toi sur le site Trinket, ajoute les deux instructions habituelles du début : « import turtle », « turtle.speed(0) ».

Ensuite, tu copie-colles la fonction « dessiner_diams » créée dans l’article précédent (tu peux la récupérer dans la correction du devoir).

Pour finir, ajoute une seule ligne après la fonction, dans le programme principal : « dessiner_diams(0, 0, 50) ». On est devenu des prolos et on fait des petits diamants.

On est des prolos, mais on n’est pas forcément des communistes. On voudrait pouvoir faire des diamants ayant une autre couleur que ce rouge pétaradant.

Tu as certainement déjà repéré la ligne de code de la fonction spécifiant que le diamant est rouge. Pour les anglophonophobes, je rappelle que « red » signifie « rouge ». Indique une autre couleur à la place : « green », « blue », …

C’est top-de-la-housse, mais ça ne permet pas de dessiner des diamants de couleurs différentes.

Alors tu vas appliquer la même méthode que dans l’article précédent, lorsqu’on avait ajouté le paramètre « taille » :

  • Ajoute un paramètre supplémentaire dans la fonction « dessiner_diams ». On va l’appeler « couleur ».
  • Utilise ce paramètre dans le corps de la fonction. À toi de trouver où il faut le mettre et à la place de quoi.
  • Ajoute ce paramètre lorsque tu appelles la fonction, dans ton programme principal.

On va profiter de cette souplesse supplémentaire que tu viens de conférer à ta fonction (lecteurtrice, tu te rends compte que tu con-faire ? Tellement génial). Remplace la ligne du programme principal par ces deux lignes :

dessiner_diams(0, 0, 50, "green")
dessiner_diams(25, 25, 50, "blue")

Et voilà !

Lien vers la solution si t’as perdu tes couleurs.

De la couleur RVB

Les couleurs c’est fun et bigarré, mais c’est chiant de devoir les identifier par des noms, surtout en anglais. C’est un coup à ce que ça parte en bastonnade entre d’éminents chromatologues qui se crêperont l’arc-en-ciel sur la différence entre le cyan et le turquoise. Encore heureux que turtle ne reconnaît pas le fuschia, sinon je vous dis pas le bordel ! Personne ne connaît vraiment ce mot.

Il existe une manière plus standard de définir les couleurs en informatique. On indique trois nombres, correspondant aux quantités des trois couleurs primaires : rouge, vert et bleu.

Je t’entends protester d’ici, lecteurtrice : « han mais n’importe quoi, mon prof de dessin il m’a dit que les couleurs primaires c’est rouge, bleu et jaune ! ». Alors je te répondrai d’écouter ton prof mieux que ça, car il a plutôt dit que les couleurs primaires sont magenta, cyan et jaune. Finalement, je te répondrais que ça dépend si on est en synthèse additive ou en synthèse soustractive. Écris ces termes dans un moteur de recherche si tu veux en savoir plus.

Si tu as joué avec des logiciels de dessins, tu connais déjà les sélecteurs de couleurs. En voici un disponible en ligne : https://lehollandaisvolant.net/tout/tools/color/ .

Choisis la couleur que vu veux et retiens les trois nombres de la ligne « RGB » (Red Green Blue).

Dans ton code python, tu peux écrire ces trois nombres à la place du nom de la couleur. Mais attention, il faut mettre des parenthèses pour les délimiter. Par exemple :

dessiner_diams(0, 0, 50, (42, 234, 69))

« dessiner_diams(0, 0, 50, 42, 234, 69) », ça ne marcherait pas.

Miss Diamond Doll, puisqu’on reste sur les diamants

Tuple et zante ?

Pourquoi il faut des parenthèses en plus ?

La couleur ne doit constituer qu’un seul paramètre. Mais celui-ci peut être de type simple (un texte entre guillemet), ou de type composé.

Ces trois nombres entre parenthèses définissent une valeur de type tuple. « Tuple » est le mot générique pour dire un couple / un triplet / un quadruplet / un n-uplet.

Pour toutes les fonctions de la librairie turtle nécessitant des couleurs dans leurs paramètres, on peut indiquer un texte correspondant à un nom de couleur valide, ou bien un tuple de 3 entiers. Une conversion est effectuée en interne dans turtle.

Les tuples sont des types de valeurs comme les autres, tu peux donc les mettre dans des variables :

ma_couleur = (42, 234, 69)
dessiner_diams(0, 0, 50, ma_couleur)

Et aussi utiliser des variables numériques comme composantes d’un tuple:

le_rouge = 42
le_bleu = 69
# J'ai la flemme de créer la variable pour le vert.
dessiner_diams(0, 0, 50, (le_rouge, 234, le_bleu))

Plus d’infos sur les tuples dans cette chouette documentation : https://courspython.com/tuple.html

Profitons de cette nouvelle connaissance et réalisons un joli dégradé de couleur.

Tu me fais une boucle qui dessine 100 diamants :

  • La coordonnée X varie de 5 en 5, en partant de -200 : -200, -195, …
  • La coordonnée Y reste à 0.
  • La taille reste à 50.
  • La couleur rouge reste au maximum, c’est à dire 255.
  • La couleur verte reste à 0.
  • La couleur bleue varie de 2 en 2, en partant de 50 : 50, 52, 54, …., 246, 248.

Ça donnera un magnifique dégradé :

Lien vers la réponse, si ton cerveau s’est dégradé.

Vous êtes l’éliste de la nation

Tu vas mettre en commentaire ta belle boucle du chapitre précédent, car on va partir sur autre chose. Nous arrivons enfin au sujet majeur de cet article : les listes.

Dans le programme principal, juste après la définition de la fonction dessiner_diams, tu vas créer une liste contenant quelques nombres :

ma_liste = [-70, 38, 45, -20, 113]

Tu peux parcourir cette liste à l’aide d’une boucle. En voici une toute simple, je te laisse deviner ce que ça fait :

for elem in ma_liste:
    print(elem)

On retrouve la même syntaxe que pour les autres boucles : for {bidule} in {truc}:

Sauf que cette fois-ci, le {truc} que tu parcoures n’est pas une fonction « range » qui ne fait que compter. C’est une liste, avec tout et n’importe quoi dedans.

Lecteurtrice, je vois bien, à ton œil mouillé et ton air rébarbatoire, que tu as envie de me poser une question qui dérange :

« Wesh, auteurtrice, c’est quoi l’intérêt d’avoir inventé deux types : les listes et les tuples ? Ils font la même chose : stocker une suite d’éléments. »

Eh bien voilà : les tuples ne peuvent pas changer de contenu. Les listes, si. On peut y ajouter ou enlever des éléments, en remplacer un par un autre, etc.

Re-lecteurtrice, je te revois bien me redemander :

« Re-wesh, à quoi ça sert d’avoir inventé des tuples qu’on ne peut pas changer, si on a déjà les listes, qui font la même chose et qu’en plus on peut changer ? »

C’est pour les performances. Les tuples prennent très peu de place en mémoire et sont très rapides d’accès. Quand on a besoin d’une suite de trucs et qu’on sait qu’on ne la changera pas, on prend un tuple.

Voilà un autre lien avec plein de détails sur les listes : https://openclassrooms.com/fr/courses/235344-apprenez-a-programmer-en-python/232026-creez-des-listes-et-des-tuples-1-2

Si tu ne veux pas tout lire, je te montre très rapidement ce dont tu auras besoin pour la suite :

ma_liste = [-70, 38, 45, -20, 113]
# Accès à un élément
print(ma_liste[2])
# Ajout d'un élément à la fin
ma_liste.append(99)
# Écriture de toute la liste.
print(ma_liste)

Mets ça dans un programme et regarde ce que ça fait. C’est d’une comprenabilité qui ne me semble pas pharaonique.

On peut boucler sur les listes, comme sur les tuples. De manière générale, il y a des tas de choses en commun entre les listes et les tuples, qui se font exactement de la même manière. C’est possible grâce à un concept de programmation appelé le duck typing.

Ça disgresserait trop d’expliquer ce concept dans cet article. Pour ne rien te cacher, je l’ai mentionné juste pour avoir l’occasion de placer cette superbe image :

Si ça fait coin-coin comme un canard, c’est un canard.

List-ception

En informatique, on aime mettre des trucs dans les mêmes trucs : un sous-bloc de code dans un bloc de code, un sous-répertoire dans un répertoire, …

J’ai le plaisir de t’annoncer qu’on peut mettre des listes dans des listes, des tuples dans des tuples, des tuples dans des listes dans des tuples dans des tuples, etc.

Voici une liste avec des tuples dedans :

des_coords = [ 
    (-100, -40), (100, -40), (-80, -70), 
    (80, -70), (-60, -90), (60, -90),
    (-40, -100), (40, -100), (-20, -110), 
    (20, -110), (0, -115),
    (-70, 120), (70, 120),
]

Tu remarqueras qu’on peut l’écrire sur plusieurs lignes, à condition de ne pas oublier le crochet ouvrant au début ni le crochet fermant à la fin, et de respecter l’indentation.

Ajoute cette liste de tuples dans ton programme et fais une boucle dessus.

  • À la première itération, tu récupéreras le tuple (-100, -40), et tu me dessineras un diamant aux coordonnées X=-100 ; Y=-40.
  • À la deuxième itération, tu dessineras au autre diamant en X=100 ; Y=-40.
  • Puis en X=-80 ; Y=-70.
  • etc.

Pour la couleur des diamants, met ce que tu veux. Personnellement, j’ai choisi un espèce de jaune-orangé : (250, 150, 0).

Tu obtiendras un joli sourire de joker !

Why so serious ?

Lien vers la réponse, si t’as plus de cartes joker.

Je return à ma maison

OK lecteurtrice, si tu en es là dans l’article, et que tu as codé tous les exercices avec les doigts nus de tes mains nues, sans trop regarder les réponses, tu as de la motivation et de la comprenitude. J’ai confiance en toi, je sens que tu ne vas pas t’évanouir si je t’apprends DEUX choses différentes dans un même chapitre.

Mets-toi face à moi pour bien recevoir toute ma décharge cognitive.

1)

Une fonction peut renvoyer quelque chose (un nombre, une liste, …). Le code ayant appelé la fonction peut récupérer ce qui a été renvoyé.

Voilà un exemple :

def renvoyer_une_liste():
    print("coucou")
    return [4, 6, 15, 9]
    print("On ne voit pas ce texte.")
    print("Car une fonction s'arrête après un return.")

liste_que_je_recupere = renvoyer_une_liste()
print(liste_que_je_recupere)

Si tu exécute ce bout de code, ça écriras : « coucou », puis « [4, 6, 15, 9] ».

On a le droit d’écrire plusieurs « return » dans une même fonction. Mais dès que l’exécution arrive sur l’un d’eux, la fonction s’arrête, et renvoie ce qui est indiqué.

2)

La fonction turtle.pos() renvoie un tuple de deux éléments, contenant les coordonnées de la position actuelle de la tortue. Tu peux tester comme ceci :

ma_position = turtle.pos()
print(ma_position)

Et maintenant tu vas mettre tout ça en pratique.

  • Au début de la fonction dessiner_diams, tu crées une liste vide. On va l’appeler « coord_des_pointes ».
  • Dans la boucle de la fonction, juste après l’instruction turtle.circle, tu récupères la position actuelle de la tortue.
  • Tu ajoutes cette position dans coord_des_pointes. Celle liste contiendra donc des tuples.
  • À la fin de la fonction, tu « return » coord_des_pointes.
  • Dans le programme principal, tu exécutes une seule fois la fonction dessiner_diams,
    • coordonnées X=0 ; Y=0, taille = 50, couleur = ce que tu veux.
  • Tu récupère la valeur renvoyée par la fonction, et tu la printes.

Ça devrait t’afficher ça dans la sortie standard :

[(0.0, 50.0), (50.0, 0.0), (0.0, -50.0), (-50.0, 0.0)]

Lien vers la solution, en cas de surcharge cognitive.

Je vous emmerde et je return à ma maison

Des diamants dans des diamants

Puisque tu as récupéré des coordonnées, profites-en pour dessiner des diamants avec ! Mais tu les fais un peu plus petits. Une taille de 25, par exemple.

Ça donnera quelque chose dans ce style (même si c’est pas ces couleurs là) :

Est-ce que tu vois ce qui va venir après, lecteurtrice ? Est-ce que tu réalises qu’on est maintenant très proche de l’image finale que je t’ai promise il y a plus de deux mois ?

À chaque fois que tu traces les 4 petits diamants, la fonction renvoie à nouveau les coordonnées de leurs 4 coins. Tu pourrais toutes les récupérer, (16 coordonnées en tout), et dessiner sur chacune d’elles un autre diamant, encore un peu plus petit que les précédents. Ne serait-ce pas fractalement uber-classe ?

Il te reste à régler un petit détail : tu ne récupères pas les 16 coordonnées en un seul coup.

Dans le programme principal, avant la boucle où tu dessines les diamants de taille 25, tu crées une liste vide. On va l’appeler coord_mini_diamants.

À chaque dessin de diamant, tu récupères 4 coordonnées, que tu ajoutes dans coord_mini_diamants. Sais-tu comment on ajoute une liste à la fin d’une autre liste ?

Eh non lecteurtrice, ce n’est pas la fonction « append ». Celle-ci permet d’ajouter un élément simple au bout d’une liste. Pour ajouter une liste au bout d’une liste, on utilise l’addition, tout simplement.

Tu aura donc ceci dans ta boucle :

coord_mini_diamants = coord_mini_diamants + dessiner_diams(x, y, 25, (255, 0, 0)

Une fois que cette liste est remplie, plus qu’à s’en servir.

Et paf, un niveau de diamant supplémentaire :

Lien vers le code, si les diamants ne sont pas tes meilleurs amis.

diamant(diamant(diamant(diamant())))

Pour finir, tu re-appliques la même démarche, pour un dernier niveau supplémentaire.

Je te récapitule le tout :

  • premier diamant : taille = 50, couleur= (128, 0, 0)
  • 4 diamants autour : taille = 25, couleur= (255, 0, 0)
  • 16 diamants autour : taille = 12.5, couleur= (255, 70, 70)
  • 64 diamants autour : taille = 6, couleur= (255, 120, 120)

Le fait de reproduire plusieurs fois la même forme, à d’autres endroits, et de plus en plus petite, me permettrait de te présenter les notions de fractales et de récursivité. D’ailleurs, on pourrait dessiner tous les diamants en une seule et même boucle. Mais je ne vais pas t’embêter avec ça, cet article est déjà assez cerveauphage.

Tout ça pour dire que nous arrivons enfin à notre image finale ! Yiiipiii !

Lien vers la réponse, si tu t’es fait une fracture de la fractale.

C’est tout pour aujourd’hui

Voici inévitablement des devoirs. Pour cette fois, je t’en donne deux !

Le premier est assez facile, c’est une reprise du devoir précédent. Il faut dessiner cet anus de licorne :

Petit indice : tu vas devoir trouver comment tracer des formes remplies de couleur, mais sans le trait noir de délimitation.

Le deuxième :

Là c’est un peu plus dur. Il faut reprendre ce qu’on a fait avant, en annulant le dessin de certain diamants. Le tout est de savoir lesquels. Un coup c’est celui de droite, un coup celui du haut, …

Tu vas peut-être devoir apprendre par toi-même à utiliser une notion que je n’ai pas du tout présentée : le branchement conditionnel, if-then-else.

 

Et la suite ?

La librairie turtle permet également de créer des animations. Dans Trinket, on peut faire quelque chose comme ça :

Je pourrais donc te pondre un ou deux articles là-dessus, lecteurtrice. Mais je ne sais pas si ça vaut le coup. Je voudrais écrire d’autres trucs et me lancer dans d’autres projets.

J’ai mis cette série d’article de découverte du python sur mon compte Linkedin (vous ne savez pas lequel c’est, mais vous n’en avez pas besoin). Dans l’ensemble, j’ai eu des retours très aléatoires :

  • zéro commentaire dans ce blog, mais ça j’y suis habitué,
  • plein de commentaires et repartages Linkedin pour le premier article,
  • un seul repartage (de mon super-pote) pour le second article.

Je suis un peu perplexe. Je ne sais pas si c’est les gens qui ne me répondent rien parce que je ne les intéresse pas, ou si c’est Linkedin qui ne met pas mes articles dans le fil d’actualité des gens pour une raison obscure (le fait d’avoir placé le mot « fouetter » lorsque j’ai décrit les sévices corporels destinés aux personnes ne faisant pas leur devoirs ?)

Et désolé, il n’y a pas autant de blagues et de jeux de mots débile dans cet article. Un réajustement effectué par mon inconscient ? Je ne sais pas.

Je vais attendre les retours, mais si j’en ai à nouveau aussi peu, je ne me prendrais pas la tête. Le tout dernier article de la série (s’il y en a un) sera du code brut : les corrections des devoirs et l’animation.

Tchôrp.

Encore un peu d’UTBM et de nostalgie

Mais cette fois-ci, séparément.

L’UTBM

 

Un petit post sympa sur Linkedin

Ce post montre les logos de toutes les promos, affichés dans de jolis cadres, accrochés au mur du campus de Sevenans.

On y trouvera bien sûr celui de la promo 01.

Ça me fait très plaisir de voir ça, car cela montre une reconnaissance officielle, de la part de l’UTBM, de la notion de « promo ».

Lorsque j’étais en deuxième année de Tronc Commun, l’administrateur « provisoire » de l’UTBM (dont je ne citerais pas le nom ici tellement il a peu d’intérêt) avait organisé une réunion avec les diverses associations étudiantes : AE, BDS, BDF, etc. C’était l’occasion d’expliquer le rôle de chacune, de rappeler les actions des années précédentes, et de demander un peu de sous. Notre bon administrateur avait ajouté : « je vois parfois des affiches et des mails mentionnant une certaine ‘promo 01’, j’aimerais en rencontrer les responsables, car je n’ai aucune idée de ce que c’est ».

Les responsables (le président et le trésorier de l’association) y étaient allés. Moi non, parce que j’avais cours d’espagnol en même temps. Je sais, c’est une excuse à la con, mais sur le coup, cette réunion ne m’avait pas spécialement semblé importante.

Le président et le trésorier résumèrent le but de la promo 01 : fédérer les élèves de l’UTBM qui sont arrivés en 2000/2001 et organiser des repas de promo et des ventes de T-shirts. Notre bon administrateur annonça : « Moui, bof. ça ne me plaît pas trop ce genre de choses ». Le président répondit : « On ne vous demande rien, aucune subvention, aucun appui. Si on est ici, c’est uniquement parce qu’on a été invités ». Ils en restèrent là. Et je n’ai pas regretté d’être allé en cours d’espagnol à la place.

J’aimais bien les cours d’espagnol, je m’amusais à ajouter des grosses fesses et des gros seins aux femmes dessinées sur les polycopiés de cours.

 

La vidéo « corporate 2019 » de l’UTBM

Allez la voir par ici. Je ne sais pas pourquoi elle est intitulée « corporate ». Il m’avait semblé qu’une école d’ingénieurs n’était pas spécialement censée être corporate, mais ce n’est pas grave.

À 2 minutes 23, on voit un mec en blouse bordeaux dans un concert en train de brailler. Cela montre une reconnaissance officielle par l’UTBM de l’existence de ces blouses. C’est très discret, le gars n’est visible qu’une seule seconde, dans une seule vidéo officielle parmi plein d’autres. Mais ça me fait très plaisir.

Excusez-moi de refaire mon vieux papi, mais je vais encore devoir vous sortir une phrase commençant par « à l’époque ».

À l’époque, un article était paru dans Détours, le journal interne officiel de l’UTBM. Il y était écrit, en substance : « C’est malheureux de constater qu’à chaque événement étudiant, on retrouve systématiquement des ex-enibiens faisant les zouzous-zouaves. Quand donc verrons-nous disparaître la blouse et le béret ? ».

Le journal était placardé sur un panneau, quelqu’un avait écrit dessus « MENTEUR !! ».

Je suis vraiment heureux de voir que la hache de guerre a été enterrée et que toutes ces histoires et ces rancœurs ont définitivement disparues. J’aurais aimé que ça se fasse plus rapidement, car je n’oublie pas qu’on en a tous un peu chié, lorsqu’on voulait faire émerger et faire vivre l’identité étudiante UTBMienne.

 

Même vidéo, mais plus rigolo

Je me souviens d’un certain prof, un type pas trop naze, par rapport à d’autres que j’ai eu et qui étaient super nazes. Il était un peu à côté de la plaque concernant les exigences qu’on peut demander à un ingénieur, tout en martelant qu’il s’y connaissait de ouf’ de guedin.

Une anecdote en particulier : il nous avait donné pour projet « implémenter le principe de la compression jpeg ». Lorsqu’on lui demandait des détails, il se contentait de spécifier : « faites comme vous voulez, avec le langage que vous voulez. Je veux une compression jpeg et un rapport expliquant comment vous l’avez codé ».

Je ne connaissais pas le python à l’époque, mais je n’avais déjà plus envie de me prendre la tronche avec du C++. Alors je l’ai réalisé en Matlab. L’interaction utilisateur était réduite à son strict minimum : deux constantes à définir au début du script, indiquant le nom du fichier d’entrée et le nom du fichier de sortie.

Arrive la soutenance. Il m’interroge : « ou est l’interface graphique ? la fenêtre de sélection d’un fichier ? L’automatisation pour faire plusieurs fichiers à la fois ? »

Je lui réponds : « vous n’avez jamais demandé ça. Mon programme fait du jpeg, rien de plus ».

Et là, bim ! Il me sort sa réponse toute faite : « Vous voulez avoir une démarche d’ingénieur ? Alors vous devez toujours chercher à faire plus que ce qu’on vous demande ! ».

Quelques années plus tard, je travaillais péniblement à Merluchon Corp (je vous renvoie vers mes premiers articles de blog à ce sujet). Dans cette boîte à viande d’ouvriers-codeurs, on m’a bien précisé dès le départ que si je finissais une tâche plus tôt que prévu, je ne devais pas en commencer une autre, car ce serait un travail pour lequel la boîte ne serait pas payée. Je devais immédiatement le signaler au chef, qui lui, serait en mesure de me trouver une autre tâche, lucrative.

On peut prendre des initiatives quand on est ingénieur, et proposer de nouvelles choses qui vont améliorer des trucs. Mais on ne commence pas tout seul une tâche dans son coin « pour faire plus ».

À Merluchon Corp, j’avais parfois pris l’initiative de coder des bouts de python pour automatiser des bidouilleries internes. Mais lorsque je finissais une tâche plus tôt que prévu, je ne disais rien et je gardais le temps supplémentaire pour moi-même, pour glander et coder des projets persos. C’est une démarche d’ingéglandeur.

Cela dit, on se fout un peu de cette anecdote cafardeuse et de l’à-côté-de-la-plaquisme de ce prof. Ce qui m’a vraiment choqué chez lui, c’est la taille de ses narines.

Il a un gros pif, ce qui est une condition nécessaire pour avoir des grosses narines. Mais j’ai déjà vu des gens avec un pif aussi gros et des narines bien plus raisonnables.

Les siennes sont vraiment énormes, et en plus, il a une extension à chacune d’elle. Voici un schéma :

Pendant les cours, je trouvais ça vraiment déstabilisant. J’ai été obligé d’en parler à mes potes pour catharsiser cette vision irréelle.

Retournez à la vidéo précédemment mentionnée, positionnez-vous à 3:16. Vous verrez en gros plan l’une de ses narines, avec l’extension. On a presque l’impression que la vidéo met volontairement en exergue cette géo-curiosité nasale.

Est-ce là l’UTBM qui a pris la décision de reconnaître officiellement l’existence des hypernarines extensionnées de ce prof ? Je pense que oui.

 

La nostalgie

Je racle les fonds de tiroir de mes anciennes outrecuidances créatives. C’est vraiment le fond du fond, car j’en suis à mes vieux programmes Turbo Pascal que je faisais au lycée et à l’UTBM.

Ce faisant, j’apprends l’existence de dosbox-js. Un émulateur DOS en javascript.

[Insérer ici une image de faisan, rapport à l’expression « ce faisant »]

Alors je me suis dit que ce serait amusant de mettre le tout dans un mini-site internet, vous permettant d’exécuter mes vieux trucs directement dans votre navigateur. Rien à installer, configurer ou compiler. Il vous faut juste un ordinateur consentant.

Je n’ai pas encore tout fini, ce qui est déjà fait est par ici : http://recher.pythonanywhere.com/prog_pascal/main_pascal.html

Certains programmes sont très très lents. Le pauvre petit émulateur fait de son mieux avec mon code Pascal pas toujours bien foutu.

Il y a peu de documentation, ça ne le mérite pas. En revanche, j’ai ajouté des petites notes et des petits souvenirs à chaque programme (cliquez sur le lien « code source » de chaque page). Désolé pour, une fois de plus, le ton nostalgique.

Si vous avez le courage, installez l’émulateur Dosbox et exécutez mes programmes dedans. La vitesse sera bien plus raisonnable.

J’ai aussi le github qui va avec : https://github.com/darkrecher/prog_pascal

C’est en cours de raclage, je rajoute des choses au fur et à mesure. Je vous dirais quand j’aurais vraiment tout fini.

Je pascalais pas sur Atari, mais c’est marrant de voir que c’était possible.

La cryogénisation du blog Sam et Max

Il y a quelques années de ça, un chien et un lapin se rencontrèrent.

− Bonjour monsieur le chien.

− Bonjour monsieur le lapin.

− …

− …

− …

− …

− …

− …

− Mais, que nous arrive-t-il ? Je sens comme un arc de tension sexuelle s’établir entre nous deux.

− Moi aussi. Cela va être difficile de le contrôler.

− Pourquoi ne pas céder à cet amour qui s’offre à nous ?

− Je n’ai rien contre les homosexuels, mais je n’en fais pas partie.

− Qui parle d’homosexualité ? Vous êtes un chien et je suis un lapin. Il ne s’agit rien de plus que de zoophilie.

− Comme vous avez raison. Faisons l’amour !

(Quelques mois plus tard…)

− Je suis enceint !

− Moi aussi !

− Quel bonheur ! Nous mettrons au monde toute une marmaillerie de petits chien-lapins !

(Encore quelques années plus tard…)

− Qu’allons nous faire de tous ces chien-lapins et autres lapin-chiens ?

− Il est impossible pour nous de nous occuper d’un aussi grand nombre d’enfants.

− Achetons un congélateur et cryogénisons-les.

− Sage décision. Malheureusement, les techniques de réveil après cryogénisation ne sont pas encore aboutie. Nous risquons de tuer ces pauvres petites créatures lorsque leurs futurs parents adoptifs voudront les réanimer.

− J’ai une idée ! Il nous suffit de les cloner à plusieurs reprises et de cryogéniser ces clones dans plusieurs congélateurs. Nous pourrons ainsi tenter des réanimations au fur et à mesure que la technologie évoluera.

C’est ce qui fut fait.

Archi-archivisme

Le blog http://sametmax.com/ existe toujours, mais aucun nouvel article ne sera ajouté. Les commentaires ont été réouverts momentanément. Lorsqu’ils seront fermés, le blog ne changera plus.

Il n’y a aucune garantie future qu’il restera en ligne. C’est insupportable ces gens qui ne se sentent coupables de rien sous prétexte qu’ils mettent leur travail à disposition librement et gratuitement. Encore un coup des trotskistes.

Ces messieurs Sam et Max ont expliqué comment récupérer tout le contenu de leur blog. Je n’ai pas de moyen de lancer des commandes « wget » de chez moi (désolé, Windows, tout ça). Je pourrais le faire au Travail, mais ça me gêne de mobiliser du CPU, de la bande passante et de la place disque en quantité indéterminée pour quelque chose que je ne peux pas trop justifier.

Alors j’ai fait le gros bourrin avec l’utilitaire WinHTTrack. Ça a mouliné sa mère pendant des heures. Je ne suis pas sûr d’avoir tout récupéré. Certains articles semblent avoir échappé au moissonage, car leur titre est trop long (en particulier toute la partie sur la programmation orientée objet). Je les ai récupérés manuellement, en espérant que d’autres n’ont pas planté de la même manière.

Puis j’ai tout compressé et tout balancé dans dropbox. Vous pouvez télécharger un énorme fichier .zip avec tout dedans. C’est cadeau c’est bonheur.

Il y a aussi des autoblogs, vous permettant de consulter directement les articles sans vous embêter à tout télécharger en local. Mais ils ne sont pas forcément à jour, et ont le même niveau de non-garantie de continuité que le blog de Sam&Max lui-même.

Dropbox pourrait également décider de virer ma sauvegarde.

Internet n’est pas forcément durable.

Ni vos ordinateurs. Ni le réseau de distribution d’électricité. Ni vous-même. Tout fout le camp.

C’est pour ça que lorsqu’on tient à quelque chose, il faut en faire le plus de sauvegardes décentralisées possibles, dans le plus d’endroits différents. Ce dropbox est ma toute petite contribution à cela.

Le passage nostaltriste

Le blog de Sam&Max s’est offert à mon temps de cerveau, il y a quelques années de cela, par le biais de roro, un ami bizarre de l’internet. Je le salue au passage, s’il me lit encore.

J’y ai lu tous les articles paru depuis que je l’ai découvert. Je me suis promis de me faire une rétrospective générale des anciens non encore lus.

Certains de ces articles ont augmenté ma culture générale informatique et ma veille technologique.

L’un en particulier m’a directement fait économiser plusieurs heures de travail de mon vrai Travail. Il s’agissait de l’explication d’un concept générique : les itérateurs avec yield . Et en plus ça m’a même pas servi pour du python, mais du C#.

Je me suis fendu de quelques petits commentaires chez eux, plus ou moins pertinents, plus ou moins utiles.

Je leur ai proposé quelques articles, qu’ils ont gentiment accepté de publier. En voici la liste.

J’avais l’idée de deux autres sujets qui auraient pu être intéressants :

– comment créer un plug-in Sublime Text.

que se passe-t-il en interne quand on définit une variable en python ? (https ://nedbatchelder.com/text/names.html)

Je les écrirais peut-être ici, dans mon blog à moi. C’est dommage. L’audience y est beaucoup plus faible, je ne pourrais donc pas en retirer tout le flattage d’ego que j’aurais pu en espérer.

Ça me fait quand même un petit quelque chose de voir le blog de Sam&Max s’arrêter. Un peu le même effet que la fin du magazine 42, même si ce n’est pas du tout le même genre de création. Snif snif beuheu-beuheu ouin.

Finalement, peut-être que cette nouvelle m’apporte plus de réconfort égoïste que de tristesse. Tous ces « créateurs de contenus web », qui parviennent à obtenir plus « d’audience » et « d’attention » que moi, finissent par abandonner et passer à autre choses. Moi je suis toujours là, depuis plus de 10 ans, sur mon blog pourri avec à peine 30 visites non-uniques par jour, à publier un article par mois.

Je m’accrocherai autant que je le pourrais, comme un vieux chewing-gum dégueulasse à la chlorophylle oublié au fond d’une poche.

Sur ce, voici une dernière image de lapine pour conclure.

Jessica Rabbit !

Adieu à une boîte de nuit

Il y a une boîte de nuit qui va fermer, et ça me chagrine un peu. Alors j’ai écrit un petit poème.

À l’heure nocturne où terminent les bars,
on s’abîme en ce lieu ouvert sur le tard.

Au bas d’un grand escalier vertigineux,
s’ébroue un brouet de bons hobereaux scabreux.

Très soucieux de voir consommer, le patron,
fait dire aux inhabitués : « nous nous barrons ».

Dans les miroirs, reflètent l’absence d’espace,
la faune aphone dissout le temps qui passe.

La moyenne d’âge, c’est correct, est quarante,
Mais l’écart-type est étrangement de trente.

Collègues, amis, dont ce joyeux Long-barreau,
accoudés au bar, rond, nous étions les héros.

Disparu dans la fumée dont nous nous parons,
Notre whisky rituel, autre part, nous boirons.

Vous ne pouvez pas savoir de quel établissement il s’agit. Mais c’est possiblement celui-là :

À la prochaine !

Raffarin Pète-Gonade Memorial Day #11 : Hais-toi toi-même

Et voici comme chaque année notre petite commémoration, pour se souvenir de ce lundi de Pentecôte qui était férié à une époque, et qui nous a été mangé par Raffarin. (Qu’est-ce qu’il devient au fait ce cornard ? Oh on s’en fout).

Raff non contractuel

C’est l’occasion pour moi de faire un petit point sur mes conditions de travail, un changement non négligeable a eu lieu.

J’ai intégré une équipe de développeurs ayant un projet de ouf’patate. Un truc qui va au moins révolutionner le monde de la réalité, si ce n’est pas l’univers entier. C’est ultra-secret, même Mark Zuckerberg est pas au courant. Je ne peux pas vous en parler ici, j’utiliserais donc le nom de code secret « POILS_PUBIENS » pour le désigner.

POILS_PUBIENS est un projet super génial, mais j’avoue regretter un peu mon environnement de travail précédent, où j’étais le seul développeur. J’avais plein de boulot, mais j’étais le roi du pétrole. Dès que je créais un petit truc, le monde était génialement impressionné. À quelques exceptions près (voir mes deux articles sur l’outil Pochtronarr), j’avais suffisamment de liberté dans mes choix techniques. Si vous avez la possibilité de bosser en tant que développeur dans un milieu de non-développeurs, sautez sur l’occasion, c’est une place rare et en or.

Péquenologiquement parlant, je découvre actuellement le framework Symfony et le CMS Drupal. C’est plutôt bien ficelé, je pense que les personnes qui ont créé ces outils se sont franchement bien débrouillées. Il y a juste un point embarrassant : pourquoi ils ont écrit ça en PHP ? Craquage complet, là.

Dans cette nouvelle équipe, nous sommes en forfait à l’année. Dixit Colléguette Choucroute : « c’est plus adapté, car vous êtes en mode projet dans un environnement agile ». J’ai toujours pas compris ce qu’elle a voulu dire, possiblement elle non plus, on n’est plus à ça près.

Nous devons réaliser 1607 plombes de trawaille par an, n’importe quand, à n’importe quel rythme (en respectant quand même les contraintes légales tels que les heures de repos consécutives, etc). Ce calcul provient d’une moyenne à l’année, et tient compte des week-ends, jours fériés, jours de congés, etc.

Je me suis évidemment posé la question de ce 1607, semblant sortir de nul part. Il ne vous aura pas échappé que c’est un magnifique nombre premier. Pour une valeur censée provenir d’un lissage, où on s’attend à ce que des trucs soit multipliés par d’autres trucs, ça semble assez étrange.

Le calcul est décrit ici (https:// www. legisocial.fr/contrat-de-travail/duree-de-travail/savez-comment-determinee-duree-legale-annuelle.html).

La « vraie » valeur devrait être 1600, qui est un magnifique nombre pas-premier. Devinez d’où vient le +7 ? La chiottasserie d’enculerie de bite borgne de Raffarinade précédemment putain de mentionnée !

Il y aurait d’autres choses à dire sur le calcul en lui-même, bourré d’approximations allant toujours dans le sens de l’arnaquage du salarié, ce sera pour une autre fois.

Two wrongs don’t make a right, 10 000 « abouts » don’t make an « exact ».

Le forfait à l’année est une bonne idée dans son principe. Mais ça n’enlève pas le risque que si on ne vous laisse pas déclarer les heures que vous avez réellement faites, c’est sodomie-gravier gratuite. Ce risque est présent quel que soit l’organisation de votre travail. À vous de trouver des chefs qui sachent rester respectueux et corrects. En ce qui me concerne, pour l’instant, c’est ok. D’ailleurs ils nous ont redonné ces fameuses 7 heures de fériés.

Du coup, il nous a fallu un outil pour comptabiliser le temps de tra-tra effectué. Le truc que je déteste. Le truc qui force les employés à s’engager sur des délais de réalisation qu’ils sont contraints d’estimer à l’arrache en 5 minutes. Le truc qui fait qu’un chef vous demandera de « ne pas passer plus de 2 heures sur telle tâche », pour profiter des approximations et empêcher qu’elle soit tracée.

Devinez quoi ? C’est moi qui suis chargé de mettre en place cet outil. C’est moi qui ai créé le modèle des fichiers excel à remplir, c’est moi qui ai écrit le petit script python pour les parser, c’est moi qui ai envoyé un mail de rappel à l’ordre à mes propres collègues, pour dire de ne pas bidouiller leur fichier sinon ça pourrissait mon script, c’est moi qui ai refait un mail de rappel à l’ordre pour leur dire d’essayer d’associer un livrable à chaque tâche. Je hais Excel, mais on n’a pas le temps de coder une vraie appli. On n’a pas le temps de mesurer notre temps.

Tout ce que j’ai subi de la hiérarchie des entreprises précédentes, je l’ai imposé à mes collègues de l’équipe de dev dans laquelle j’ai été intégré. Je suis un vilain, je me hais, j’ai honte, je vais aller me cacher et vivre comme un ermite dans la forêt.

Peut-être que j’y rencontrerais Colors of Autumn.

Colors_of_autumnn, c’est son pseudo (avec deux N).

Tchô.