Vive la liberté d’expressionotron

Voilà déjà quelques temps que mon twitter bot expressionotron a dépassé le nombre hallucinogénatoirement élevé de 30 followers. On en est même à 36.

Comme promis dans cet article, j’ai libéré le code source de cette incommensurable œuvre.

C’est sur mon compte github : tout bien documenté, avec la config de mise en production, la doc de conception, etc. J’aime la doc.

bande dessinée de Gaston Lagaffe documentation

Au départ, j’avais prévu de ne libérer que le code source, sans les listes de morceaux de phrases utilisés pour créer les expressions. Sauf que je me suis vautré et j’ai tout balancé d’un coup dans github. J’aurais pu supprimer les listes après coup, mais ça aurait toujours été possible de les retrouver en fouillant les logs. J’aurais également pu effacer tout le repository et repartir de zéro, mais j’avais la flemme.

De plus, je n’avais pas envie de maintenir une version publique sans les morceaux de phrases et une version privée avec. Donc, ça suffit les bêtises, on libère tout, c’est beaucoup plus simple. Ça n’en est que mieux pour vous. (À condition d’admettre le postulat initial que ça vous intéresse).

Pour la suite

L’expressionotron continue sa quête de célébrité. La prochaine étape sera d’accorder les adjectifs avec les noms. En effet, actuellement, tous les adjectifs sont au masculin, alors qu’il y a quelques noms féminins. Ce qui peut provoquer quelques incohérences grammaticales, tel que :

Ça corrode de la prostate néo-myxomateux au point godwin !! CXI !!1!

Pour diminuer le risque de faute, j’ai intégré assez peu de noms féminins. Il serait maintenant louable de corriger ce problème et d’implémenter l’accord nom-adjectif, afin de pouvoir se permettre d’ajouter des noms de tous genres.

Pour 40 followers, je me lance dans cette tâche.

Suis-je un vilain ?

D’aucuns et d’aucunes diront que mon expressionotron est sexiste, puisque je l’ai créé par défaut au masculin, et que ce n’est que bien plus tard que je songe à féminiser ses composants. Ouais c’est possible.

Je vais me permettre de poser la question : le masculin et le féminin, est-ce que c’est pareil que l’homme et la femme ?

Il existe des langages (l’anglais par exemple), dans lesquels le masculin et le féminin a moins d’importance : chaque nom d’objet est neutre (« it ») et les adjectifs sont invariables. Quelles sont les différentes manières, à travers le monde et les âges, de prendre en charge le féminin et le masculin dans une langue ? A-t-on absolument besoin d’y intégrer cette notion ? Comment est-ce pris en compte dans le langage des signes ? Est-ce qu’on se touche les seins ou les testicules à chaque fois qu’on veut accorder un adjectif ?

Je sais pas. Il faudrait peut-être chercher les réponses auprès des langages épicènes, dont nous parlerons peut-être dans un autre article.

De toutes façons, ce blog lui-même est sexiste, vu le type de photo incorporé à chaque article.

tumblr_o6utq94hzd1uaiz32o1_1280

Mais c’est comme ça. C’est vraiment ces images là que j’ai envie de vous montrer, que vous soyez une femme, un homme, ou entre les deux, ou totalement autre. J’espère que ça vous plaît.

Alors c’est un français, un taliban, un lépreux,

un arabe, un belge, un hippie, une blonde, une chauve, un fonctionnaire, un pédé, un sado-maso, un œuf, une vache qui fabrique du pétrole, une gouine, un suisse, un noir, un sumo, une mère juive, un génie dans une lampe, un morpion, un dentiste, le petit Grégory, un dictateur, un geek, une vieille, un nazi, un bébé, un alzheimer, un séropositif, une clocharde, un japonais, un clown, un ingénieur, un pétomane, une femme, une Lada, un pygmée, un pédophile de 14 ans, un somalien, une joueuse de rugby, un syndromisé de la Tourette, un transsexuel, une licorne, Mark Gormley, Saint-Pierre, un tétraplégique et Dominique Strauss-Kahn qui vont dans un bar à putes.

vache qui fabrique du pétrole

Le génie demande au sydromisé de la Tourette de faire un vœu, il le fait et tombe dans une piscine de merde. Le petit Grégory dit à Saint-Pierre : « Grégory Lemarchal est au paradis, et moi en enfer, y’aurait pas eu confusion ? ». Le somalien bouffe le pygmée car il avait un petit creux. La licorne encule le pétomane, qui pète, provoque un courant d’air dans le pas de vis de la corne, la faisant tournoyer et projeter des arcs-en-ciel. Ça colore le noir, du coup il s’aperçoit que le morpion est sur lui. Il le gratte. Le morpion saute sur le dictateur, qui le condamne à mort. Le nazi dit que c’est dommage, on aurait pu le tuer au gaz mais le pétomane a déjà été utilisé. La mère juive en profite pour lui demander où est passé son fils. Il répond qu’il est vivant et que c’est le monsieur-alzheimer, sauf qu’il se souvient plus qu’il est son fils. La joueuse de rugby mange le hippie et fait un ballon avec sa peau. Le séropositif éjacule dans la bouche du clown, heureusement le dentiste lui fait un lavage labial intégral avec le pétrole de la vache. Mais y’a une goutte de sperme qui traverse l’espace-temps, suite à une distorsion créée involontairement par Mark Gormley alors qu’il fredonnait un petit air pour réconforter la clocharde.

Le sperme atterrit 1 seconde plus tard dans le futur, dans l’urêtre du lépreux. Les virus du SIDA attrapent la lèpre. Le sado-maso se précipite sur eux en beuglant « Faites-moi mal ! Faites-moi mal ! ». Les virus lépreux répondent « Non ». La femme essaie de conduire la Lada mais elle y arrive pas. On sait pas si c’est parce que c’est une femme, ou parce que c’est une Lada. L’œuf s’écrie « Ah au secours ! Un œuf qui parle ! » et il se suicide en se jetant sur l’ingénieur. Crasplash. Le japonais pleure ce décès, car c’est un camarade jaune qui quitte ce monde. La gouine et le pédé baisent ensemble et disent : « tant qu’on est entre homosexuel, c’est permis ! »

Dans ma benne ! benne ! benne !

Dans ma benne ! benne ! benne !

Le transsexuel baise avec lui/elle même. Le belge lance l’arabe et le français par la fenêtre en gueulant : « dehors les étrangers ! ». Le pédophile de 14 ans se tape la vache qui n’a que 8 ans. Dominique Strauss-Kahn demande au sumo : « Mais elles sont où les putes dans ce bordel ? ». Le geek finit en tôle (lui qui se croyait en acier), parce qu’il a téléchargé la vidéo « One swiss, one cup », montrant le suisse en train de manger un petit suisse. La chauve dit en souriant : « Hey, je suis pas chauve de partout ». La blonde répond : « la chauve souris ! ». Le tétraplégique se demande combien il faut de tétraplégiques pour changer une ampoule. Le taliban fait le bilan. Et le Petit Prince de répondre : « avant y’avait la croûte, maintenant c’est le pus ! »

Moralité : on peut rire de tout, à condition de ne pas être n’importe qui.

Cependant, moi, je suis n’importe qui. Mais je peux vous assurer que je n’ai absoluement pas ri en écrivant le texte ci-dessus. Et je m’attends à ce que de votre côté, vous ne rissassiez pas. Tout ceci est très sérieux, ok ?

Cependant-bis, être n’importe qui ne doit pas m’empêcher de faire n’importe quoi. C’est pourquoi, j’écris et j’imagifie à qui mieux mieux dans le magazine 42.

Le numéro du mois dernier avait pour thème : Internet.

Qu’y ais-je contribué à ? (qui mieux mieux)

Page 11 : les fausses-pub

Mon éthique m’oblige à avouer que le jeu de mot honteux avec le chien ne vient pas de moi.  C’est un pote qui l’avait trouvé, à un moment où il était sobre, et corse, et breton. Les potes de mon pote s’étaient moqués de lui. Alors qu’en fait, il venait d’ouvrir un pan entier du domaine de l’humour canin. C’est un visionnaire (en peau de vison).

Les pages du magazine qui viennent juste après sont encore de moi. Et cette-fois ci, sans l’aide d’un pote à la nationalité chaotique.

Page 12 : article sur les jeux de Tower Defense en flash

J’ai essayé énormément de jeux appartenant à ce genre vidéoludique, que j’apprécie beaucoup. Je suis donc en mesure d’en décortiquer les mécanismes, dégager les thèmes récurrents, repérer les bonnes idées et déterminer les stratégies qui payent.

Se vanter dans le vide, c’est rigolo, mais l’impact est faible. Donc allez lire l’article, et puis c’est tout.

Tower Defense ! Haha ! (J'en ris de tout, même si je suis n'importe qui. Désolé.)

Tower Defense ! Haha ! (J’en ris de tout, même si je suis n’importe qui).

Page 53 : roman-photo. Les aventures de PouikPouik le dauphin et son papa Jean-Findus.

Je vous l’ai dis et redis, que j’allais développer l’art du roman-photo, de la satire sociale subtile, de l’expression transcendée par l’image. Bon eh bien voilà. Dans cette histoire, je prête des tares humaines aux animaux. C’est pas aussi fort que Futurama, (où c’est le prêt de tares humaines aux objets qui est de rigueur, et qui est, qui plus est, perpétré avec maestria, je parle de Bender, là. Suivez un peu). Mais quand même.

Page 57 : Mes premiers contacts avec l’internet.

Nous, à la rédaction de 42, on est des vieux. Ce qui fait qu’on a vu les débuts de l’internet, comment il est « entré dans les chaumières » et tout ça. Alors on a chacun raconté nos souvenirs du web 0.0.

Personnellement, ça me fait toujours bizarre de me rendre compte que j’ai une histoire. Aussi inintéressante soit-elle. On m’a toujours dit que j’étais un gamin, même après que je n’en étais plus un. Or, les gamins n’ont pas d’histoire. Mais on s’éloigne un peu du sujet, n’est-ce pas ?

Et après ?

Faut que je raconte mes derniers déboires chez Brouilis Consulting + Merluchon Corp + Deus Unlimited. Avant que je ne parte, ils ont tous réussi à me faire quelques espiègleries, remplies d’un humour bien à eux.

Tout cela est maintenant fini. Pour fêter ce changement professionnel, je vous propose de prendre un verre avec la charmante Dominican Poison. Vous avez peur que le verre soit empoisonné ? Quelle importance ? « Voir des gros seins et mourir », comme on dit.

Dominican Poison miss issy

Le « Raffarin Pète-Burnes Memorial Day ». #2

Vous me connaissez, je râle régulièrement sur l’injustice de ce monde, qui fait que je suis forcé de faire l’ouvrier-codeur 8 heures par jour alors que mon cerveau mérite bien mieux.

Par conséquent, j’ai décidé que chaque année (si ce blog tient la route encore quelque temps), je commémorerais, par le biais d’un article dédié, le lamentable génocide de notre jour ferié de la Pentecôte.

Mesdames et messieurs, voici donc pour vous la deuxième édition du

Raffarin

pète-burnes

Memorial

Day

RAFFARIN 001

Rappelons que c’est ce connard qui est à l’origine du massacre de notre (et surtout de mon) temps libre.

Deuxième édition, déjà ? Oui oui, la première est ici : lien.

Voilà qui est bien. Mais de quoi allons-nous parler donc ? De Raffarin ? Que nenni. A l’heure où je vous écrit il sera certainement déjà mort. Passons à autre chose. Allez, une petite histoire.

– Bonjour monsieur le Responsable des Affectations aux Emplois de Glande, avez-vous étudié ma candidature ?

– Oui. Et je suis au regret de vous annoncer que nous n’avons rien pour vous. On croule sous les demandes, vous savez.

– Attendez, j’ai une bonne Valeur Créative Non Marchande, qui vaudrait le coup d’être exploitée ! Je tiens un blog de plutôt bonne facture, je suis rédacteur permanent au magazine 42, j’ai commis quelques œuvres ces dernières années : un dessin animé, un livre. Et j’ai des jeux vidéos bizarres en projet. Le tout disponible gratuitement, sous les licences libres qui vont bien !

Message à caractère informatif

– Ça ne vaut pas grand-chose. Il existe d’autres personnes, beaucoup plus créatives et prolifiques, qui méritent plus que vous nos Affectations.

– Mais il n’y a pas que ça ! J’ai aussi une forte Capacité de Travail Volontaire. Je suis bénévole dans l’association culturelle Alternateuf depuis plus de deux ans. J’ai une liste gigantesque d’aides, barmaneries, nettoyages de soirée, organisations d’événements et divers hauts fait, réalisés durant mes années étudiantes. Et une fois, j’ai bêché le jardin de ma vieille voisine de 75 ans.

– Oui bon. Ce n’est pas phénoménal. De plus, vous n’avez pas de savoir-faire lié à un Travail Volontaire spécifique. Par exemple, vous ne savez pas faire les vendanges, ni vous occuper d’handicapés, ni jouer d’un quelconque instrument de musique.

– Ca fait plus de 5 ans que je fais du théâtre. Je commence à être bon, et ça me plaît sacrément. Je pourrais donner des cours.

– Ha ha ha !! Vous croyez avoir le niveau d’un vrai prof de théâtre ?

– Bien sûr que non. C’est pour ça que mes cours seraient gratuit. Si je n’étais pas constamment obligé de gagner de l’argent pour vivre, je pourrais me consacrer à cette activité. Sans oublier tous les autres trucs cools dont je vous ai parlé au début, que je continuerais à faire encore plus intensément.

– Euh… C’est pas plus simple de devenir vraiment prof de théâtre et de vous faire payer ? Si ça vous plaît tant et que vous vous pensez suffisament bon.

– Mais, tonnerre de merde ! Je suppose que dans ce putain de pays, il existe des gens qui ont envie d’apprendre le théâtre, mais qui n’ont pas assez d’argent pour se permettre un tel luxe. Est-ce que je ne pourrais pas être leur chance ? leur moyen de réaliser ce rêve ? Alors ? Alors ?

secretaire black nichons

– OK, admettons. Mais même avec tout ce que vous avez dit, votre Potentiel de Génération d’Externalité Positive reste faible. Vous ne pouvez pas prétendre à mieux qu’un Emploi de Glande de classe 4. Et vous devrez le mériter !

– Oh merci mille fois ! À quoi correspond la classe 4, exactement ?

– Votre Marge de Glande sera d’approximativement 50% de votre temps de travail. Vous resterez donc ouvrier-codeur. Nous allons vous placer au poste d' »informaticien à la con », dans une agence immobilière tentaculaire. Par contre, votre accès internet sera limité aux sites non pornos, et restreint à un quota corporativement décent.

– Pas de problème. De toutes façons je n’ai pas un besoin constant d’internet. Lors de mes moments de création, mon cerveau me suffit. Mon écran sera-t-il visible par des collègues depuis le couloir ou un autre bureau ?

– Non rassurez-vous. Le Code des Emplois de Glande oblige à vous fournir une situation non constamment surveillée, quel que soit votre classe.

– Voilà qui est bien.

– Vous devrez nous faire un compte-rendu mensuel de vos activités libres et non marchandes, afin de justifier de ce cadeau que la société vous aura fait.

– Ah, vous allez m’espionner ? Je vais vous abandonner une partie de ma liberté ?

– Si vous tenez tant à cette fameuse liberté, peut-être que vous devriez continuer votre emploi d’ouvrier-codeur 8 heures par jour.

– D’accord, mettons que je n’ai rien dit. Par contre, avec ce que vous me proposez, je ne serais pas fonctionnaire ?

– C’est quoi ce cliché qui veut que les Emplois de Glande soient tous dans la fonction publique ? C’est faux, là. Regardez les postes à hautes responsabilités, les traders, les gens qui ont acquis un savoir-faire dans un métier très spécifique, les artistes qui ont créé une seule chanson ou un seul livre devenu à la mode on ne sait trop comment, et toutes sortes d’autres planqués, au fond d’un bureau. C’est de la Glande Royale ! Et c’est dans le privé !

Des yeux en décalcomanie. A se coller sur les paupières pour faire croire qu’on ne dort pas comme une souche au turbin.

– OK OK, Calmez vous. Désolé.

– Grmmblmm…

– Mais dites-moi, une question me taraude, monsieur le Responsable des Affectations aux Emplois de Glande.

– Quoi donc ?

– Comment se fait-il que votre système ne se casse pas la gueule ? Ces Emplois de Glande ne servent à rien. Pourquoi les entreprises ne les suppriment-elles pas ?

– Ce type d’emploi a toujours existé, et n’a jamais mis l’économie en danger. Les entreprises ne savent pas s’en débarrasser. Plus elles deviennent importantes, et plus elles se perdent dans des circonvolutions de processus alambiqués, laissant échapper de temps en temps des excroissances de tâches inusitées. La différence, c’est qu’avant, ce potentiel de glande était très mal exploité. Certaines personnes avaient le sentiment d’être inutiles et entraient dans des dépressions terribles. Tandis que d’autres avaient des idées plein la tête mais voyaient leur précieux temps gaspillés à devoir survivre. On a simplement optimisé tout ce bordel en donnant le potentiel à ceux qui en feraient le meilleur usage.

dilbert 01od4

– Merci. Je ne vous décevrais pas, monsieur le Responsable.

– Je l’espère. Et surtout n’en profitez pas pour vous droguer !

– Aucun risque. Je suis ma propre drogue.

Epilogue

Cette histoire est bien evidemment du grand n’importe quoi, et n’a absolument rien à voir avec le monde réel.

Cependant, il existe une autre idée, plus réaliste, plus équitable et plus efficace concernant l’optimisation et la rentabilisation de l’activité humaine. Il s’agit du Revenu de Vie, encore appelé Allocation Universelle. Ce sera l’objet de mon prochain article que je fais péter bientôt.

Petit détail qui a son importance : contrairement au bloc de fantaisie que je viens de vous narrer, le Revenu de Vie, lui, est défendu par des personnes autres que « moi-même tout seul dans l’univers ».

Je n’ai pas jugé utile de vous parler de l’allongement prochain de l’âge de la retraite. De toutes façons dans même pas 30 ans, la totalité de l’occident va changer, car y’aura plus de pétrole.

Et maintenant voici une secrétaire sexy qui va vous dire que le monde du travail, c’est trop le bien et la sensualité.

Peaches Larue 2

Peaches Larue

Apéro boîtal minimaliste

Ma vraie boîte, Berniques S.A., a organisé un petit apéritif pour tous les ouvriers-prestataires qui bossent chez Merluchon Corp.

Évidemment, ils ont décidé de faire ça dans un trou paumé, mais Grand-Gris (que je ne connais que par mail) m’a arrangé le coup en m’aiguillonnant vers Gonzesse, qui y va en bagnole et peut m’emmener.

Son bureau est au 3ème étage, j’y monte. Il y a une salle avec un bar. Au début, je pige pas trop pourquoi, lorsque je me rappelle que notre domaine d’activité: le secteur NOIR, signifie Néo-nouveaux Ordinateurs Informatiques Robo-bar. Par contre, on n’en a pas à notre étage à nous et ça c’est trop injuste.

Je capte Gonzesse. Y’a un coefficient d’environ 1,25 entre la largeur de ses hanches et sa taille. C’est franchement bien.

hellahoes1

Vu qu’on se connaît pas du tout, on sociabilise un minimum. Elle est scribe-potiche pour un chef de multi-étage. Ça explique qu’elle ait une pièce pour elle toute seule. Elle-même doit certainement avoir le grade de chef de bureau.

Juste avant de partir, je fais le chevalier paladin lvl 69 en aidant un de ses collègues boulet, qui s’était coincé dans une fonctionnalité de Word moisie. Les gens ont toujours pas compris que Word, c’est juste pour faire des affichettes cradasses avec du texte arc-en-ciel.

burmese_word_art

Petit voyage en bagnole et on arrive dans une espèce de restaurant-bar. Les gens spawnent petit à petit. Y’a plein de têtes que j’ai déjà croisées à Merluchon. Je savais pas qu’on était employés dans la même boîte. C’est trop bien de se connaître entre collègues.

Je m’approche de la serveuse et demande ce que y’a. Elle répond un truc complètement absurde, du genre: « Coca, ou perrier, ou cocktail de jus de fruits ». Je suppose que l’alcool, on aura le droit d’en boire après le discours du chef-chef. Je m’oriente vers les trucs à bouffer.

Évidemment y’a une bonne dizaine de crevards qui font les crampons fixes devant la table à boustifaille, et je suis obligé de parler avec eux. Deux gars m’alpaguent, un avec une calvitie, l’autre, roux. Les gens savent vraiment plus quoi faire avec leurs cheveux pour se rendre intéressants. Sainte Hahn, patronne des coiffeuses, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.

J’essaie de me maintenir un niveau de cohérence sociale un peu mieux que juste médiocre. Ce n’est pas évident, j’ai un bon kilo de morve bloquée dans le tuyau entre le pif et la bouche. La solution la plus simple serait de ramasser cette saloperie d’un grand coup de reniflement + raclement de gorge, et de tout cracher par terre en une bonne grosse huître géante. Sauf qu’on ne peut pas faire ça. Alors je passe mon temps à faire des mini-honkr. Putain de corps humain, putain de conventions sociales.

Un quiproquo gratuit, que j’ai réussi à rattraper sans même m’en rendre compte:

un mec: « De toutes façons, si on bosse, c’est principalement pour prendre de la caillasse. C’est ce qu’on se disait ce matin avec mon collègue roux, alors qu’on était en train de pisser. »

Là, je comprends, « prendre la caillasse » dans le sens « se faire engueuler, traîner dans la boue, et lapider par Deus Unlimited, les donneurs d’ordres ».

[Lapidation: It rocks!]

Du coup, je réponds une banale phrase de condoléances: « Eh oui, ce sont des choses qui arrivent. C’est notre lot à tous. Ah! quel monde pourri. »

Le mec: « Ben ouais, faut être réaliste, c’est l’argent qui compte le plus. On va pas non plus bosser que pour l’honneur et la satisfaction d’accomplissement personnel. »

Donc, le mot caillasse, c’était dans le sens « argent », et non pas « lapidation ». La leçon à retenir de tout ça, c’est qu’il vaut mieux balancer des phrases le plus neutres et le plus banales possibles. Ça permet de se tirer de situation bizarre de manière complètement naturelle. Je suis trop fier de moi. Et à part ça, j’adore l’expression « donneur d’ordres ».

Quelques mini-cuisses de poulet plus tard, le chef-chef arrive. Je le reconnais parce qu’il est petit, a une raie sur le côté grisonnante, et qu’il dit bonjour à tout le monde en se présentant avec un prénom composé à la con plein de sonorités dentales. Mais à part ça, c’est la première fois que je le vois, et personne, y compris lui-même, n’est venu me dire que c’est le chef-chef. Je décide de l’appeler Fantôme. De toutes façons toute sa boîte est fantôme. Elle existe uniquement parce que la loi interdit les transferts trop directs d’ouvriers-prestataires d’une boîte à l’autre, à clause de causes de non-concurrence.

Et à part ça, je hais les sonorités dentales, c’est vraiment une affreuse spécificité de la langue française.

Mais l’arrivée de Fantôme a du bon, il va nous faire un petit discours, et après on aura enfin le droit de piacher de l’alcool. Il ferait beau voir que je couvrasse un évènement boîtal en échange de jus d’orange et de mini-cuisses de poulet! Pour l’instant, il discutaille avec Grand-Gris et HamsterPiercing. Je trompe mon impatience en continuant de piller la bouffe (le stock baisse dangereusement) et en essayant de gardé collé à moi mes lambeaux de cohérence sociale.

Moments bizarre:

un mec: « Ils font de l’off-shore, mais ils livrent tout: le logiciel, le support, la maintenance, etc… »
moi: « Ouais, et les indiens aussi! Ils sont livrés avec! »

408926289_5b30b94285

Tout le monde a gentiment fait semblant d’avoir rien entendu. J’ai fait un magnifique bide.

une nana: « nous, on fait de l’EPB »
Calvitie, à Roux: « Aaaahh ouaaaiiis. Tu vois, ils font de l’EPB. Hmmm hmmmmmmm……. »

Attends, c’est facile de sortir des phrases pourries comme ça pour se donner une contenance! Moi aussi je pourrais le faire si j’avais un pote roux à portée de main.

Au passage, la fille avait une coiffure de mec. Quand je vous disais que les gens font n’importe quoi.

J’apprends que AntiFumeur, mon ex-responsable, s’est barré de la boîte, et que c’est maintenant Grand-Gris le nouveau contremaître des ouvriers-prestataires. En vrai, j’aurais dû l’apprendre plus tôt puisque j’avais reçu un mail à ce sujet. Mais je l’avais lu en diagonale en buvant mon café et en pensant à des jeux vidéos. Forcément, ça aide pas à la mémorisation.

Ça me fait beaucoup rire. Lors de mon entretien d’embauche, AntiFumeur m’avait vanté les qualités de Berniques S.A. et de Merluchon Corp., à grands renforts de ventilation et de belles phrases violoneuses. Et maintenant, il s’est barré comme un voleur. Quelle pauv’ merde.

un mec: « Enfin tu vois quoi, on fait ce qu’on connaît. »
moi: « Oui ça vaut mieux. Si on fait ce qu’on connaît pas, ça donne n’importe quoi. »
le mec: « Mais non au contraire. Il faut faire ce qu’on connaît pas, comme ça on apprend, on évolue petit à petit, on gagne de l’expérience. »

Et d’une, je pige pas pourquoi il me cause de leveling alors que ça n’a rien à voir avec le sujet actuel, et de deux, il serait gentil de pas relever mes propos pour s’amuser à les contredire, parce que moi, si je fais des phrases, c’est pas  pour échanger des informations, c’est juste pour essayer de cacher le fait que je suis là que pour la bouffe et l’alcool. Merci. Ducon.

À propos d’alcool. Je sens bien que vous ne pouvez plus supporter le suspense que j’ai progressivement installé tout le long de mon article. Alors je m’en vais le tuer tout de suite:

Il n’y a jamais eu de discours de Fantôme, de réapprovisionnement de bouffe, et surtout d’alcool!!!

J’ai attendu-attendu, il n’est jamais venu. Zaï, Zaï, Zaï, Zaï. Tulu lulu tu. Zaï, Zaï, Zaï, Zaï.

Ça m’a rappelé mes boums de colonies de vacances (pas les boums du collège, on m’y invitait pas). Y’avait des pépitos, du Banga, de la dance, et des gens plantés là. Par contre, j’avais pas eu droit au CD de la schtroumpf party, il est arrivé trop tard sur le marché pour que j’aie pu en profiter.

photo_37839871

et hop, ça, c’est subtilement amené:

schtroumpf_nana1

Voilà. Il a eu donc fait beau voir que j’eus couvrassé un évènement boîtal sans alcool. Tout fout le camp.

À la fin, un mec m’a ramené près de chez moi.