« Raffarin pète-burne » Memorial Day #3

Le devoir de

mémoire !!

Eh, monsieur disque dur, t'as fait tes devoirs ?

M’sieur disque dur, t’as fait tes devoirs ?

Le 30 juin 2004, Raffarin décide de transformer le lundi de pentecôte en un jour « férié, mais non chômé, donc travaillé ». On sait pas précisément ce que ça veut dire, mais le but principal étant « se faire enculer ». Merci !

Je me permet d’honorer ici ce jour perdu, ce petit bout de temps libre que j’avais et que je n’ai plus. Oh ce n’est pas une perte gigantesque. Du temps libre, j’en ai encore. Seulement voilà, si j’oublie qu’on m’a spolié, ça risque de recommencer. Il est donc indispensable pour moi d’effectuer ce petit hommage un peu triste.

D’aucuns me diront que l’expression « devoir de mémoire » est normalement réservé à des événements plus grave, avec au moins un mort (si y’en a des millions, c’est mieux). Je répondrais à ces aucuns qu’ils n’ont pas le monopole de cette expression. J’ai, moi aussi, le droit de l’utiliser pour des choses qui me sont importantes. Je suis capable d’honorer plusieurs « devoirs » les uns après les autres, y compris les plus officiellement reconnus.

De plus, mon devoir comporte malgré tout un fragment de mort. En effet, je considère que cet enfoiré de Raffarin m’a tué à un taux de 1 / 365,25. Encore merci, monsieur le un 365,25ème de connard !

Vous allez bosser gratuit. Lol !

Vous allez bosser gratuit. Lol !

Un peu d’histoire …

EN 2004, la canicule fait des milliers de morts parmi « nos aînés ». Raffarin, qui n’en a strictement rien à branler des vieux, décide de faire semblant de voler à leur rescousse, en forçant les salariés à travailler gratuitement une journée par an. Le bénéfice ainsi dégagé par les entreprises est récupéré par l’État, sous forme d’une espèce de taxe prélevée par l’URSSAF, ou quelque chose comme ça.

Quelques années plus tard, on se rend compte que, malgré cette canicule, « nos aînées » sont encore décidément bien nombreux, et nous coûtent encore bien cher. Le successeur de Raffarin décide alors de foutre en l’air tout le système des retraites. Mais ceci est une autre histoire.

On voit donc ici l’habileté de notre grouvernement. Face à deux problèmes qui se seraient annulés par eux-mêmes, il décide de les résoudre séparément l’un de l’autre, à chaque fois en volant le temps ou l’argent du peuple.

En effet : le problème de la canicule, en tuant les vieux, aurait résolu tout seul le problème des retraites. Mais non, le gouvernement a décidé de faire chier tout le monde, parce que ça les fait bien rigoler.

Il semblerait donc qu’il soit moralement acceptable de tuer un 365,25ème de tous les salariés de France, mais qu’il ne soit pas acceptable de laisser mourir en entier quelques milliers de vieux. Bof, je suis pas convaincu.

Oui je sais, c’est pas gentil. Oh comme c’est inhumain de dire que les vieux doivent mourir ! Je ne suis qu’un petit connard de jeune arriviste qui ne pense qu’à son petit confort.

Seulement voilà :

J’ai une vie de merde. Je n’ai pas d’avenir. J’ai un travail de merde qui n’a aucun sens, qui pollue la planète pour rien, que je déteste, qui est mal payé, mal reconnu par « mes supérieurs », pas stable, et pour lequel je dois faire 2 heures de transport par jour. Ce temps de transport risque d’empirer du fait de la non-stabilité. Ce temps de travail risque de s’allonger à cause de cette histoire de retraites. À partir de là je dis ce que je veux et je vous emmerde.

Autre fait amusant : pour toutes les personnes (jeunes ou vielles) qui sont mortes dans mon entourage, je n’ai jamais réussi à être triste ni vraiment affecté. J’allais à l’enterrement, je faisait la tête de circonstance (d’enterrement), mais dans mes pensées personnelles, je laissais vagabonder mon cerveau où bon lui semblait. En général, je me retrouvais à calculer ma moyenne de mathématique, ou à élaborer des règles de jeux de rôles ou de jeux vidéos.

Il faut bien préciser que j’applique également à moi-même cette distance par rapport à la mort. Au train où vont les choses, il est possible que je crève la gueule ouverte, entre deux poubelles, avec des morceaux de vomi de dégoût séchés dans le coin des yeux, tout cela bien avant d’avoir atteint un hypothétique âge de la retraite. Je n’en aurais rien à foutre que ça m’arrive. Voilà.

Sur ce, place à la fantaisie et au rire, et revenons à notre devoir de mémoire.

Pourquoi un jour férié ?

Si le but c’est juste de récupérer de l’argent pour le donner aux vieux et/ou se le mettre dans sa popoche de popoliticien, pourquoi ne pas avoir tout simplement augmenté un impôt existant quelconque ? Ça aurait fait râler les gens, mais certainement moins que de se faire enculer un jour férié.

Que non ! Trop simple ! Pas assez alambiqué ! Ici, on ajoute un intermédiaire, ce qui permet au gouvernement d’arroser allègrement les vilaines grandes n’entreprises de le monde de le Travail. En effet, le bénéfice de faire travailler les salariées une journée gratuite est plus important que l’impôt supplémentaire reversé à l’État (http:// fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_de_solidarit%C3%A9_envers_les_personnes_%C3%A2g%C3%A9es#Cons.C3.A9quences).

Rigolo n’est-ce pas ? Oui mais comment justifier un tel stratagème ?

L’Europe bien sûr ! Il semblerait que les autres pays européens aient moins de jours feriés. Donc y’a qu’à s’aligner sur eux, et ta daaaaa ! C’est vendu !

Je me souviens de l’époque où je lisais les revues Astrapi et Phosphore. L’Europe était alors une « formidable aventure humaine », « un rapprochement des peuples sans précédents », « la garantie de la paix et de la prospérité ».

À un certain moment, je ne sais pas exactement lequel, l’espoir et la magie de l’Europe s’est effrité. Elle est maintenant devenue la justification politique de tous les trucs qui emmerdent les gens : le pourrissage de l’agriculture, le pourrissage des services publics, et bien d’autres choses encore. Ce n’est pas grave, y’a lui qui va certainement nous sauver de tout ça :

"I am in ur country, ... borf. Nothin' more."

« I am in ur country, … borf. Nothin’ more. »

Et la Pentecôte dans tout cela ?

Mon devoir de mémoire ne saurait être accompli jusqu’au bout si je ne racontais pas l’histoire originelle de cette célébration. Allons-y donc.

Jésus arriva déguisé en femme devant ses disciples. Il leur dit : « Clovis, roi des francs, demande aux chrétiens un impôt en poule, afin de financer la dévaluation de la monnaie unique qu’il vient de créer. Des poules, nous allons lui en donner, mais pas comme il l’entend. Apôtre Jean-Edern, toi dont le bras est le plus fort, verse-moi ce tonneau d’eau de pluie sur le visage ». Jean-Edern ne comprit pas, mais avec Jésus, il ne s’étonnait plus de rien. Il s’exécuta.

Jésus changea l’eau en vin au fur et à mesure qu’elle lui tombait dessus, et devint ainsi ivre. Il se mit alors à caqueter et à sauter à qui mieux mieux, tout en braillant : « Voyez, disciples. Je suis une vraie poule maintenant ! Bonne pour me trémousser le derrière dans les soirées branchées ! Livrez-moi à Clovis, comme si vous payiez l’impôt. »

Jesus bourré déguisé en poule. (il brille)

Jesus bourré, en poule. (il brille)

Lorsque Clovis vit la belle poularde bien montée qui s’offrait à lui, il s’écria « che panteu, che panteu ». Ce qui signifiait, dans son alsacien natal : « Je bande ! Je bande ! » De son côté, Jésus continuait de faire « cot cot cot !!! ». Ensuite, il accepta de se faire sodomiser par Clovis pour sauver toutes les poules de la Terre, et c’est ainsi que fut instauré le jour de la « Panteu-cot-cot ». Au fil des siècles, et sous l’action des moines copistes qui écrivaient en langage SMS, l’orthographe se modifia pour finalement devenir « Pentecôte ».

Clovis sodom' Jesus. (épée = allégorie de la bite)

Clovis sodom’ Jesus. (épée = allégorie de la bite)

C’est également à la suite de cette événement que Henri 4, qui était un mec bien, décida qu’au lieu de faire des impôts en poule, on pourrait faire des poules en pots. Et c’est de cette idée simple, mais très forte que naquit l’allocation universelle (http:// appelpourlerevenudevie.org/).

Voilà

Bon, il était un peu noir-politique cet article. Le prochain sera plus dans le thème geekeries, ce qui m’évitera de partir à la dérive. Je vous parlerais du vide dans les langages de programmation. (Mais entre temps y’aura l’article récapitulatif de 42, comme d’hab’).

Ah j’allais oublier : Gloria Sutters, la nouvelle égérie de mon blog :

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Pour les anciens « Raffarin pète-burne » Memoriaux days, allez ici #1 et ici #2.

Edit 2011-07-03 : cet article avait été momentanément placé sous curatelle, dans la corbeille de mon blog. Il n’est réapparu dans le monde réel qu’aujourd’hui. La raison de cette neutralisation préventive vous sera donnée plus tard, peut-être.

Moi et mon boulot

Un lundi de y’a pas longtemps, c’était férié, et j’étais au boulot. J’étais un peu énervé, enfin, rien de bien original. Mais voilà.

Vous savez, ma vie a l’air super chouette, vue comme ça. Je m’éclate à faire du code, j’écris des bêtises sur ce blog, je cherche des images de cul sur Internet… J’ai même réussi à arrêter d’être puceau. La crise mondiale étant ce qu’elle est, cet « achievement » n’était pas forcément chose aisée. Enfin bref.

Ce que je voulais dire, c’est que tout ne va pas aussi bien que ça.

Vous voyez, le problème, c’est tout ce qu’il y a dans mon cerveau. J’ai plein d’idées de textes, d’articles, de livres, de jeux vidéos, de dessins animés, et d’autres choses… Ça prend du temps de faire sortir tout ça sous une forme à peu près présentable. Et le temps, je trouve que j’en ai vraiment pas assez.

Déjà j’ai ma « dépendance aux jeux vidéos » (comme on lit dans les journaux des grandes personnes). C’est assez chronophage (comme on lit dans les sites internet branchés). Je suis cleric lvl 47 à Maple Story quand-même.

maple story brocolis

(Je m’appelle Recher03 parce qu’avant, j’ai fait 2 persos tout pourris).

En fait, c’est surtout ce travail. Oh, il ne me déplaît pas. Pisser du code et de la documentation, ça m’a jamais dérangé. Et puis je trouve amusante cette idée que tout ce que j’y produis aboutit dans un gigantesque magma que je ne comprends pas. Je suis une espèce d’ombre dans un coin que peu de gens remarquent et j’aime bien. Plus de la moitié de ce que je pisse sont des informations que personne n’utilise. Si un ahuri s’amusait à tout imprimer, on obtiendrait sûrement assez de papier pour envelopper toutes les femmes rondes que je mets sur ce site.

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Un jour, il faudra que je vous raconte une journée de travail. C’est l’un de mes projets d’article et évidemment, je n’ai pas encore trouvé le temps de l’écrire.

Je vous raconterai les délais idiots que nous sommes censés tenir, que l’on ne tient pas et dont je n’ai que faire. Tous ces chiffrages bancals qui ne tiennent pas debout.

Je vous raconterai la petite lueur d’espoir que j’ai chaque fois que j’entends sonner l’alarme incendie. « Peut-être va-t-il enfin se passer quelque chose de rigolo ici? » Et ma déception quand elle s’arrête immédiatement. Rien qu’une stupide fausse alerte.

Je vous parlerai de toutes ces belles et fraîches femmes que je fixe par la fenêtre de mon bureau, avec mes yeux de bovins. Oh, Karo et son visage parfait. Fumigène et son énorme poitrine qu’elle darde vers l’avant. Et d’autres nanas dont j’ignore les noms, qui roulent des fesses et font flotter leurs cheveux.

S’il y a bien une chose que je dois reconnaître à Merluchon Corp, c’est la prestigieuse brouettée de nenettes greluchassement bien assemblées, avec une finition au poil. Tout n’est pas à mon goût, mais on sent une volonté de cohérence esthétique au niveau du recrutement.

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Je m’amuserai à rajouter quelques phrases bibliques:

  • Et lorsque j’aurais purifié ce fichier de toutes les ordures dont il est parsemé, alors peut-être pourrais-je enfin graver du code de mes propres mains.
  • Dans ton petit espace personnel, tes sauvegardes, tu conserveras. Car il est bon de garder à l’esprit que tous les possibles dispositifs de sécurité orchestrés par tes prochains sont amenés à tomber.
  • N’achète jamais rien avec une fermeture éclair en nylon.

Ce ne sera pas forcément très ressemblant, car je n’ai pas (encore) lu la Bible. Aucune importance.

Je vous parlerai de la précision remarquable de mes techniques de contraction du sphincter, qui me permettent de ninja-péter dans mon siège de bureau. Même avec des pets qui auraient dû être bruyants à l’origine. Ça n’empêche pas les odeurs, mais ça, c’est plus un problème pour mes collègues que pour moi. Personne n’osera dire tout haut: « Arrête de péter, bordel! »

lysistrata acropole

Je ferai une liste de tous les petits textes bizarres que j’ai l’intention de post-iter dans les toilettes. Des choses qui ne veulent rien dire mais qui pourraient interpeller les gens. J’ai déjà placé un classique « the cake is a lie », et un plus mystérieux « si vous êtes arrivé ici, c’est que vous avez encore échoué ». Ça m’amuse beaucoup.

Au sujet des toilettes, il faudra que je me modère, que j’évite de donner trop de détails sur les moments de masturbation que je m’offre en ce lieu secret. J’ai bien conscience que tout ça ne vous intéresse pas énormément. Vous voyez, j’essaie, le plus possible, de ne pas transformer ce blog en un « 36 15 my life ».

Ah, au fait, la phrase « si vous êtes arrivé ici … » n’est pas de moi, mais de Chuck Pahlaniuk. Elle est dans « Journal intime », qui n’est pas du tout un journal intime. Enfin vous vous en doutiez.

C’est pas son meilleur bouquin. En ce moment, je lis « À l’estomac », qui trash-cartonne bien plus. J’en suis au passage avec les poupées anatomiquement correctes (en italique dans le texte). Mais je ne dois pas vous raconter, évidemment.

anatomically correct family

De quoi est-ce que je parlais moi ?

Pas la peine de s’en faire, i suffit d’oublier
Demain je s’rai funky, rastaquouère et blindé.
(Hubert-Félix Thiéfaine)

Mon rêve serait de trouver un travail de planqué. Je sais, annoncer ce genre de chose fait de moi un gamin stupide et irréaliste. Le problème, c’est que quand vous postulez pour quelque emploi que ce soit, vous ne pouvez pas demander au type en face de vous: « quel est le taux maximum de glandage autorisé dans votre entreprise? » Il n’ira jamais vous l’avouer, même si lui-même va 5 fois par jour aux toilettes, avec un préservatif rempli de framboise caché dans sa poche de chemise, et qu’il a le rang d’Archimage au jeu web-glande NaturalChimie.

Je dois faire un article sur les boulots de planqué. Ces petites perles…

Vous vous souvenez de Corinne Maier? La nana qui a écrit « Bonjour Paresse ». Elle explique qu’il n’y a plus rien à espérer de l’entreprise, de vos perspectives de carrières ou de votre « vie professionnelle ». Il ne vous reste plus qu’à vous asseoir sur votre siège et attendre. Scott Adams ajoute que l’idéal, c’en est un avec accoudoirs, pour une sieste plus confortable.

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Pouvoir se la couler douce ne me semble pas évident dans toutes les entreprises. Et je ne parle pas ici du clivage clichesque entre les fonctionnaires glandos et le privé où on bosse comme des dingues. Non, ce n’est plus aussi simple que ça maintenant. Les boulots de glande existent toujours, mais il n’y a plus de règle fiable pour les trouver.

Tu sais Corinne, dans certaines entreprises, on surveille vraiment le travail que tu produis. Il y a des délais. Des tâches à estimer en nombre de jours. Et si on ne respecte pas tout cela… Eh bien je ne sais pas exactement ce qu’il se passe. Je suppose qu’on se fait virer. Ou juste engueuler. Je ne le sais pas. Je n’ai pas encore suffisamment de courage pour essayer. Est-ce que ça veut dire qu’ils me tiennent déjà par la peur et le stress?

Le problème avec mon boulot, c’est qu’ils sont trop intelligents, ils savent faire la part des choses. Je peux jouer à des jeux vidéos à n’importe quel moment, personne ne m’en fera la remarque. Mais si je ne fais pas ce qu’on m’a demandé dans le temps imparti, là on me le signale. Je peux toujours essayer de tricher, annoncer qu’un truc va me prendre 10 jours là où ça m’en prendrait 2. Mais ça aussi ils savent le repérer. Trop intelligents je vous dis.

Si Corinne Maier avait mon emploi, est-ce qu’elle serait capable de le transformer en un boulot à possibilité de glandage? Est-ce qu’elle pourrait m’aider à ce que je le transforme moi-même? Est-ce qu’il existe des « consultants en glanding »? Je ne sais pas.

Glande

Mais je sais que je vais développer ce sujet le plus possible, afin de le détaboutiser. La « richesse » d’un boulot de glande est un concept de société qui me semble très important.

À suivre donc. (Mais je ferai une petite fiche-cuisine entre temps, histoire de conserver suffisamment de légèreté à ce blog).

Réunion annuelle d’étage, avec le buffet qui s’ensuit

Réunion

annuelle

d’étage,

avec le

buffet qui

s’ensuit

Vêtement et moi entrons dans l’amphi à réunion, nous nous posons au fond, tels des étudiants un lendemain de cuite. Braillou, le chef d’étage, fait les 100 pas sur l’estrade moquettée.

Mon collègue s’appelle Vêtement car il change jamais ses vêtements. Il est pas crade, il fait ses lessives, mais il a toujours les mêmes fringues. C’est un peu son bleu de travail, version ingénieur informaticien. (Il faudra que je vous explique, dans un autre article, qu’en réalité je ne suis pas ingénieur).

Le chef s’appelle Braillou car je l’entends souvent brailler, au téléphone ou sur des gens, à propos de trucs über importants, tels que le travail. Le nom ressemble un peu à « Bayrou » mais aucun lien.

Je n’ai été embauché que très récemment à Merluchon Corp. Je ne connais pas vraiment toutes les divisions et sub-sub-divisions auxquelles j’appartiens. Si j’ai bien compris, l’étage dont Braillou est le chef se nomme Atome-de-Calcium. Il s’occupe d’un domaine d’activités appelé le secteur « NOIR ». Je ne sais pas ce que signifient les lettres du sigle.

En réalité, je ne suis pas embauché par Merluchon Corp, mais par Berniques S.A., une société qui loue des gens à des sociétés qui fournissent de la task force à d’autres sociétés qui etc. etc. Mais ce n’est pas très important. Ici, quel que soit le nombre d’intermédiaires et de sous-traitants, le travail aboutit toujours chez Deus Unlimited, une énorme entreprise qui fait vivre toute la région, et plus.

La salle se remplit petit à petit. Telle la blonde du sketch de Florence Foresti, je compte les gens. Il y a environ 250 personnes, ça fait bien plus que ce que je croyais. Mentalement, je promeus Braillou de « chef d’étage » à « chef de comté ». (Comté non pas dans le sens fromage, mais dans le sens « zone ». Comme « la police du comté » des séries américaines avec des vrais bouts de Chuck Norris dedans). Par contre, le nom du comté reste Atome-de-Calcium. Et ça n’a toujours rien à voir avec du fromage. Ouais, prenez des notes, je le redirai pas tout ça.

En tout cas, je bosse au même étage que le chef de comté. Je dirais même plus: je bosse dans le même couloir. Cette proximité est un honneur pour moi.

Je fais ensuite une rapide évaluation de la quantité de gonzesses au mètre carré. Le ratio est étonnamment élevé, ce qui n’est pas pour me déplaire. Par contre: pas beaucoup de sein au mètre cube.

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Sur ces entrefaîtes arrive Jupette, qui vient faire la bise à Braillou.

Jupette, c’est la demi-cheffe de couloir, et je la trouve super rigolote. Elle fait souvent des rires d’éternuement étouffé, ou des rires de cochon asthmatique à répétition. Enfin moi je l’aime bien. Aujourd’hui elle est en jupe-sac.

Braillou fait une « tzitte » avec sa main dans le cou de Jupette, pour faire genre que même entre chef l’ambiance est hypra convivialo-décontractée.

Le retard sur la réunion est à présent suffisamment réglementaire pour qu’on puisse réellement commencer la réunion. Mais un autre mec fait son entrée et vient discutailler avec Braillou. Il s’agit de Rayures, (because costard à Rayures). Je sais pas trop quels sont son grade et sa fonction, mais c’est le fils d’un gars super haut placé, genre le quart-chef de pays ou un truc de ouf malade de ce style. C’est marrant de retrouver le triangle amoureux qu’il y avait dans mon ancienne boîte: Poulet Fils <-> Poulet Père <-> la te-boî. Je vous parlerai de ça dans un autre article.

Bref, Rayures va s’asseoir devant, et après les quelques minutes nécessaires de « Ah comment ça marche ce rétro-projecteur. Oh je ne comprends pas. Vous voyez, j’ai beau être le chef de comté, il y a quand même des choses qui m’échappent. Et ça fait de moi un humain. Oh, comment que je suis trop un humain. Wouahou. », Braillou commence à blablater.

Alors je vous rassure, tout va bien chez Merluchon Corp. Certes on a fait un tout petit peu moins de résultats cette année parce que ça va tellement bien qu’on embauche plein de gens, et qu’ils ne sont pas immédiatement optimalement rentables. Ça prend un peu de temps de « digérer » la croissance. Mais là bientôt, on va navoir des bénéfices titanesques grâce à tout le boulot que les gentils nouveaux embauchés vont abattre. Le fric coule à flots, youpi, on a le droit de bander et de faire pointer ses tétons.

En fait je m’en tape. Je n’aurai que quelques miettes de tout ce bonheur sociétal. Et de toutes façons je pige rien à ce qu’il dit le monsieur.

Au détour d’une phrase, j’apprends quand même la définition du secteur NOIR : Neo-nouveaux Ordinateurs Informatiques Robo-bar. Grammaticalement, le terme a du mal à survivre. Le pauvre, je le plains.

robot bar

Ouais et sinon on a monté de level dans une accréditation à la con. Un truc du type ISO 9001 mais en plus couillu. Hurra ! You have won a new award!

Différentes personnes défilent pour présenter du boulot. Jupette s’amuse à leur lancer des petites boulettes de papier. Elle se marre, elle est à fond, elle s’éclate et tant mieux pour elle.

Un mec avec une calvitie géante monte sur l’estrade. Il fait péter un slide avec des noms et des photos de gens ayant participé à son projet. L’un d’eux a le portrait de Zorro. Haha, trop marrant. Comment que c’est cool d’être dans une boîte où on peut trop se permettre des mega délires comme ça.

Nan ce qui est vraiment drôle c’est que le mec s’est mis une photo où il est plus jeune et sans calvitie. Ah ça te fait chier hein que t’aies plus de cheveux sur le caillou! Ha! Ha! Souffre petit bonhomme. Souffre! Tu n’es qu’un fétu de paille balayé par la méchanceté de la nature toute-puissante. Le poil ne t’aime pas! Le poil te fuit! Tu ne seras bientôt plus qu’un gros crâne luisant!

Braillou revient sur scène et nous dit qu’on va s’orienter vers l’off-shore, parce que c’est mode. Alors je vous explique, c’est super simple, « off-shore », ça veut dire « louer des indiens pour qu’ils fassent le boulot à notre place, car ça coûte moins cher ».

Une fois j’ai discuté avec un collègue qui bosse avec des indiens. Il galère comme une vache hindoue désacralisée. En fait les indiens pigent que d’alle, codent comme des porcasses, et faut leur répéter trois fois chaque chose, avec menace de fouet. Voilà, c’était la minute néo-colonialiste.

shiva glamour red sari

Mon collègue ferait mieux d’inventer le concept du « return-shore »: tu fais le boulot toi-même et tu dis que c’est les indiens qui l’ont fait. Ça prendrait sûrement moins de temps que la triple-explication, le fouet et tout. Et l’avantage, c’est que si on s’aperçoit après coup que t’as fait que de la merde, t’as juste à dire que c’est la faute aux indiens. Tu sous-traites, non pas le travail, mais les engueulades.

Ce n’est pas ce que Braillou nous propose. Lui, il a mieux. Après l’off-shore, le near-shore et l’in-shore, il veut faire du my-shore. En gros, on deviendrait les indiens d’autres pays chez qui le travail coûte encore plus cher. Pendant ce temps, le réchauffement de la planète fait disparaître l’anticyclone des a-shore.

Sur ce, on sort de l’amphi et on se dirige vers les chapiteaux à bouffe et à piache. Pendant la minute d’attente réglementaire de politesse devant le monceau de victuailles qui nous attend, mon pote Vêtement amorce une conversation banale de contenance:

– Je trouve que y’a quand même pas beaucoup de filles à atome-de-Calcium.

– Ben, si ça te plaît pas t’as qu’à devenir transsexuel. Ça rééquilibrera un petit peu.

– OK, mais moi avant de me lancer dans un truc, j’ai envie de voir ce que ça donne.

– Pas de problème, je peux te trouver plein de mecs qui seraient prêt à t’enculer. Et gratuitement en plus.

– Non, je veux dire que tu devrais faire ça avant moi, pour que je me rende compte.

zohraclubsweblogbanner (il doivent en chier les allemands et autres langues avec des mots à rallonge, pour la SEO)

Sur ce, les hostilités s’ouvrent, je saisis un bout de poulet orange et une bouteille de rouge. J’alpague Skkrüüdeflüüü qui me la tire-bouchonne, et je rentabilise ma soirée.

À un moment je croise Super-Geek. Je l’aime bien ce mec, il est rigolo. C’est le gourou du langage Python. Par contre il a un rire de merde. Mais il est obligé, c’est un geek.

Y’a quand même vraiment vraiment plein de bouffe et de piache. Leur indécence dans l’abondance supplante largement mon indécence de la crevardise. Je pense aux pauvres petits Africains qui n’ont rien à manger, ce qui me permet d’être dans l’état adéquat pour m’en foutre plein la panse. (C’était la seconde minute néo-colonialiste)

Germaine, ma chef de bureau, se pointe et embarque plein de bequetance dans son sac. Sa religion lui interdit de manger durant les heures paires des jours impairs des mois pairs des années paires. Et comme il est 20 heures et qu’elle doit repartir bientôt, elle se fait son repas. Et elle a bien raison.

Et là je dois avouer que je merdoie un peu. Il est encore super tôt, mais j’habite loin et le dernier train va décoller. J’ai pas d’amis, personne ne pourra donc me ramener en bagnole. Alors j’embarque du pif et mon dessert, et je pars. Je ne verrai pas de gens bourrés raconter n’importe quoi jusqu’à deux heures du matin, je ne partirai pas avec une valise de restes, je n’aurai pas la possibilité de peloter des seins (même si y’en a pas beaucoup). Je sais, je m’assagis un peu.

En plus, une fois arrivé à la gare, mon train était en retard.

La prochaine fois, je ferai mieux, c’est promis. Dussé-je dormir sur place, recroquevillé dans l’herbe, avec pour seule couverture des cartons de bouffe graisseux et malodorants. On est un crevard ou on ne l’est pas.