Un jeu de connexion en D3.js et du non-cis-genrisme

Au cours de mes diverses tâches dans le monde de Le Travail, j’ai dû utiliser à l’arrache la librairie graphique D3.js.

C’est plutôt rigolo, même si je n’ai pas tout compris. À un moment, je trashe puis reconstruis de zéro toute la structure de données définissant ce qui doit être représenté à l’écran. Sans sourciller, le D3 me fait une gentille petite animation de transition entre l’ancienne et la nouvelle structure. Très pratique, mais très étrange.

Notons cependant que ça reste du putain de javascript, c’est à dire un langage comportant 6 façons différentes de parcourir un tableau, pas forcément équivalentes entre elles.

(ici on pourrait mettre une image faisant un jeu de mot entre « D3 » et « Detroit », mais ne sommes-nous pas au-dessus de tout ça ?)

J’ai profité de ces connaissances joyeusement glanées pour créer un tout petit jeu.

Il s’agit d’un hommage à Eye Of The Beholder. Vous devez associer les armes, armures et objets aux différentes classes de personnages qui savent les utiliser. Attention, malgré le fait que j’ai regroupé certaines de ces classes, il y a des objets qui doivent être associés plusieurs fois. De plus, je ne peux totalement garantir que mes souvenirs soient restés exacts, s’il y a des oublis ou des erreurs, n’hésitez pas à me le hurler dessus.

Le jeu peut fonctionner en local, et il est configurable assez facilement. Les associations à trouver pourraient être entre des gens que vous connaissez et leurs hobbies, entre des fruits et leurs couleurs, entre des recettes de cuisine et leurs ingrédients, etc. Toutes les explications et les ressources sont dans le repository github prévu à cet effet.

Réflections à 2 centimes sur le cis-genrisme dans les jeux vidéos.

« Cis-genrisme » est un mot que j’ai plus ou moins inventé, sans trop savoir exactement ce qu’il pourrait signifier. Débrouillez-vous avec ça.

Et tant qu’à tout mélanger, j’ai aussi balargué de l’écriture inclusive dans le jeu. Il y a des gens qui n’en ont rien à foutre de l’écriture inclusive, donc ils ne l’utilisent pas. Mon but est de montrer que je n’en ai encore plus rien à foutre, à tel point que ça ne me dérange pas de l’utiliser.

Ouais bon bref.

Il ne vous aura pas échappé qu’il existe différents types de jeux vidéos :

  • Ceux qui sont tellement azimutés et vaporeux qu’ils ne peuvent être ni pour ni contre le cis-genrisme. Par exemple : Osmos, un jeu dans lequel vous êtes une bulle (https:// www. osmos-game.com/).
  • Ceux qui montrent explicitement qu’il existe d’autres manières de penser que le cis-genrisme. Par exemple Dys4ia, de Anna Anthropy (https ://fr. wikipedia.org/wiki/Dys4ia).
  • Ceux qui s’en foutent complètement.
  • Ceux qui sont explicitement cis-genre, voire explicitement sexiste, sans forcément l’assumer.

Eye of the Beholder irait plutôt dans la catégorie « qui s’en foutent ». Mais, sans le faire exprès, il a peut-être un tout petit peu contribué à faire évoluer les esprits.

Comme dans tout bon jeu de rôle qui se respecte, vous devez initialement créer vos personnages, définir leur métier, leurs attributs, leur genre et leur trombine. Le panel de choix est le suivant :

Certes, il y a moins de femmes que d’hommes, une partie d’entre elles montrent leurs nichons, et je vous laisse débattre sans moi concernant la présence d’un voile.

Pour autant, ces femmes que nous voyons ne sont pas toutes à sourire bêtement et ne sont pas toutes féminisées à outrance, certains visages sont mêmes suffisamment marqués pour laisser imaginer des personnalités spécifiques (une borgne, une toute verte, etc.). À l’heure des polémiques sur les princesses Disney qui ont toutes la même gueule, un jeu vidéo vieux de plus de 10 ans a essayé de diversifier les personnalités des femmes dans un espace délimité par un rectangle de 257×100 pixels (https ://every-flavored-bean.tumblr.com/post/112569173199/every-woman-in-every-disneypixar-movie-in-the).

C’est toujours ça de gagné.

Les têtes, les genres et les noms que vous choisissez pour vos personnages n’ont aucune incidence dans la suite du jeu, mais ça en a peut-être sur vous-même.

Si vous n’êtes pas trop débile, vous placerez systématiquement votre guerrière en première ligne et votre prêtre à l’arrière, vous confierez le livre de sorts à votre magicienne et les outils de crochetage à votre voleur. Ces choix sont contraints par le fonctionnement du jeu.

Mais qui attaque en premier ? Qui est placé derrière qui ? Comment organisez-vous les objets dans les inventaires ? Qui(s) stocke(nt) la nourriture ? et les potions ? et les bijoux ?

Comme ces choix sont mineurs et sans grandes conséquences, peut-être que vous les prendrez en vous laissant inconsciemment influencer par d’autres détails mineurs. Les noms et les visages de vos personnages ne changent pas le jeu, ils changent la manière dont vous allez vivre le jeu. Et puisque notre comportement global d’humain est déterminé par nos expériences passées (réelles ou virtuelles), ils changeront aussi votre vie, même infinitésimalement.

Mais ce n’est pas exactement de ça dont je voulais vous parler.

Re-regardez bien tous ces portraits, aussi bien les hommes que les femmes. Deux d’entre eux apparaissent dans les deux genres :

Dans Eye of the Beholder, vos personnages peuvent avoir un aspect physique ne permettant pas de déduire si c’est un homme ou une femme. Appelez-ça comme vous voudrez : hermaphrodite, neutre, asexué(e), non-cis-genrifié-e, inclusi(fve), inclusifive, inclusisix, inclusiseven, …

Il est probable que l’intention initiale n’était rien de plus qu’augmenter artificiellement le panel de choix, sans nécessiter plus de travail pour les graphistes. Mais c’est là. On peut s’amuser à penser que ça ait hypothétiquement aidé quelques personnes à entrevoir plusieurs possibilités d’être.

En ce qui me concerne, ça m’a rappelé que je n’ai jamais vraiment joué aux jeux Eye of the Beholder 2 et 3. Faudrait que je trouve le temps de m’y mettre, même s’il paraît que le 3 est pourri.

Youhou !

Je vous laisse avec MechaLilith, en une not-so-related-pic.

Dessins de l’Ovuliaire 2019

Yo-ho-hoooo.

Comme promis le mois dernier, voici mes petits dessins réalisés lors du dernier événement corporate : l’Ovuliaire 2019.

Tout d’abord, une tour. À noter que les trois oiseaux sont une référence très lointaine à la série de BD Rork, de Andreas Martens.

Dessin d'une tour de magicien avec des oiseaux et une Lune géante

Et ensuite une algue géante croisée avec un poulpe. Mascotte À-Fleurs, en voyant ce dessin, m’a dit : « oulàlà, mais c’est un peu du hentaï, ça ».

Euh… Non. C’est juste que récemment, je venais de me refaire le jeu Day of the Tentacle. Mais bon, qui suis-je pour juger les pensées hentaï de mes collègues ?

Comme toujours quand je publie un article avec des dessins, j’en ajoute un qui n’est pas de moi et qui représente des femmes rondes. Celui que je vous propose aujourd’hui est un Robert Crumb, dessinateur de comics américain underground. Je l’ai découvert dans les BD de Scott McCloud. Il aime et dessine des amazones avec des jambes musclées et des seins tout à fait honorables.

Zouplaï.

L’article de ce mois-ci est un peu petit. Mais celui du mois précédent était long, alors pouet-pouet.

Événement corporate : l’Ovuliaire 2019

Préambule (de savon) : l’entreprise qui m’emploie a retravaillé son nom. « ConcreteWorld.🌏 », avec un point, ça faisait bizarre, car on avait parfois l’impression que c’était un point de fin de phrase, alors que c’est un point genre comme ceux des urls. Du coup, elle se nomme maintenant « ConcreteWorld-🌏 », avec un tiret. Je rappelle que le caractère final se prononce « 1F30D ».

L’entreprise a également retravaillé le nom de son gros événement corporate annuel. « le Semencinaire » dont je vous avais narré le déroulement s’intitule maintenant « l’Ovuliaire », par souci d’écriture inclusive.

Les présentations-blablatages

Au programme, point de Corporate Bullshiste ni de jeu de la multi-biscotte. Juste des présentations sous forme de cours magistraux, dans un amphithéâtre avec des tablettes repose-bloc-notes, parfaites pour réaliser des petits dessins.

Initialisation des cours avec la présentation de notre MegaChef. Au fait, ce monsieur a maintenant un nom : MegaChef En-Même-Temps. C’est d’un macronisme totalement assumé.

Explication : un MegaChef a intrinsèquement tendance à pousser ses employés à travailler au taquet. Cependant, ce serait trop frontal de dire « finissez-moi ce projet en deux fois moins de temps que nécessaire », or, comme il y a toujours des tonnes de projet à faire, sa solution à lui consiste à dire « finissez-moi le projet A en un temps normal, et ‘en même temps’ finissez-moi aussi le projet B en un temps normal ». L’incitation à mettre les bouchées doubles est toujours présente, mais un peu plus subtilement. Ça lui apporte également l’avantage de ne pas avoir besoin de prioriser les projets. Ils ont tous la priorité « super-haute, à faire en même temps ».

Cela dit, ce genre d’injonction n’a que peu d’implications sur moi, puisque je ne suis pas directement sous ses ordres. Mes chefs directs ont divers défauts, comme tout le monde, mais les incitations subliminales à travailler n’importe comment n’en font pas trop partie.

Rien de spécial à dire sur la présentation d’initialisation. On passe à celle de Colléguette PositiveAttitude, la nana du marketing.

Elle demande à la cantonnade si nous serions en mesure de citer une phrase d’un livre qui nous aurait marqué. Mon cerveau en trouve deux :

Les rats sont les seuls créatures véritablement underground. (Charles Bukowski, Journal d’un vieux dégueulasse).

La sexualité est un système de hiérarchie sociale. (Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte).

Mais je n’ose me manifester pour les énoncer. Personne d’autres ne moufte, à croire que nous avons tous les mêmes lectures.

Ensuite, elle redemande à la cantonnade une citation d’un film. Des phrases de Fight Club, ainsi que le « Tu te masturbais ? » de American Beauty me viennent à l’esprit. Collègue TuLaBoucles me devance, et sors la phrase à la con de Forrest Gump : « la vie c’est comme une boîte de mon cul sur la commode ».

American Beauty, excellent film.

Colléguette PositiveAttitude nous explique alors que cette petite démonstration est la preuve que nous nous souvenons plus facilement d’images et de sons que de textes. Waouw. Impressionnant.

Sauf que c’est complètement biaisé. N’importe quel charlatan de spectacle de rue sait très bien qu’un public ne réagit jamais à une première harangue, et qu’il faut la répéter. D’où la fameuse technique du « Est-ce que ça va ? Je n’ai pas bien entendu ! EST-CE QUE ÇAAAA VAAAAAA ?? ». De plus, la recherche de souvenir est un mécanisme que le cerveau met un petit temps à déclencher. Il est donc normal que les informations ressortent plus nombreuses à la deuxième sollicitation.

Si elle nous avait demandé d’abord une citation de film, puis une citation de livre, on aurait répondu uniquement aux livres et sa démonstration nounouille se serait vautrée.

Pour finir, elle nous parle de l’infobésité, un concept intéressant même s’il n’est pas spécialement nouveau.

C’est le moment de la récréation, avec bâffrage croissant-confiture-café. Cool.

Collègue Pez s’approche de Collègue TuLaBoucles. Les deux se sont récemment fâchés à cause d’un truc à la con, qui ne mérite même pas d’être raconté ici.

− On se serre la main ou pas ?

− Ben non. Tu peux pas faire comme s’il s’était rien passé.

− OK. Alors tu la boucles.

Et c’est comme ça que Collègue TuLaBoucles s’est appelé « Collègue TuLaBoucles ».

Sur ce, il faut retourner en cours.

Étrangement, aucun power-point n’est doté d’une image ou d’une animation d’engrenages mal foutus et ostensiblement non fonctionnels. Nous avons juste droit à une sorte d’atomium-planète avec des petits machins gravitant autour. Je suis déçu.

C’est pas une gif, mais c’est déjà un atomium.

Chef Nightwish nous autorise à dire « ooooooh, c’est mignooooon » durant sa présentation, car il l’a ponctuée de photos de chats.

Chef Nightwish s’appelle ainsi car c’est un fan du groupe éponyme. Draxxx, le métalleux attitré de feu le magasine 42 détestait Nightwish. C’est assez rigolo. Il semble que ce groupe soit controversé. Bon, supposons que je veuille être un métalleux conventionnel, je devrais dire que j’aime ou que je déteste Nightwish ? Oh on s’en fout. En tout cas, « c’est mignooooon ».

Grâce aux efforts continus d’innovation et de recherche, la technologie évolue progressivement, et les supports de cours ont pu ne pas être exclusivement constitués de powères-pointt. Une petite vidéo sympa nous est dispensée, montrant des collègues répondant à des questions existentielles comme « qu’est-ce qui vous plaît à ConcreteWorld-🌏 », « que voudriez-vous changer ? », etc.

Certains collègues sont interviewés par deux. Ils se répondent l’un l’autre, sur un ton inhabituel et chargé de non-sens. Ça fait très Kaamelott.

Cette journée est tellement fofolle en terme d’innovation post-power-points que nous avons droit à un quizz ! En effet, le compte-rendu de l’Action Bisounours nous a été restitué sous ce formalisme.

Explication : l’Action Bisounours est un badge social-et-sociétal, comme une norme ISO-truc, garantissant qu’une entreprise agit de manière gentillounette avec ses parties prenantes : clients, employés, fournisseurs, etc.

Le quizz comportait des questions telles que : « l’Action Bisounours définit-elle un indice de visibilité de minorité, permettant de savoir, par exemple, si les Noirs seraient plus discriminés ou moins discriminés que les Mormons, les Jeunes ou les Gauchers ? ». La bonne réponse était « Non, bien sûr. Les humains sont tous différents et tous égaux, sauf l’empereur Néron qui était vraiment un superconnard. »

Un smartphone était nécessaire pour participer au quizz, ce que je ne possède pas. On nous avait demandé de prévenir à l’avance si nous étions dans ce cas, afin de mettre en place des smartphones de secours. J’avais prévu de m’en tamponner complet. Malheureusement, le nombre d’inscrits s’affichait publiquement et en temps réel. Collèguette Choucroute, l’une des organisatrices, attendait de pied ferme que celui-ci corresponde au nombre de gens dans l’amphi. J’ai donc demandé un smartphone à l’arrache et je me suis fait gronder. Je suis un Boulet (indice de visibilité de minorité : 42%).

Je m’inscrit sous le pseudo « ‘;drop database », histoire de tenter une injection SQL et d’amuser la galerie. La galerie a été amusée. Youpi.

C’est Mascotte À-Fleurs qui claque le meilleur score. Bravo à lui. Il s’appelle ainsi parce qu’il met parfois un splendide pantalon bizarre avec des fleurs dessus. Son titre de noblesse est ‘Mascotte’ et non pas ‘Collègue’, vous avez compris pourquoi.

Il gagne un cadeau-surprise en différé, qui lui sera offert au prochain goûter corporate. Spoiler Alert : le cadeau-surprise est un bonnet en forme de Bisounours.

Vient ensuite la correction du quizz. Colléguette Choucroute explique chaque bonne réponse en débutant toutes ses phrases par « effectivement ». Il y a du brouhaha. Elle nous rappelle régulièrement à l’ordre comme si nous étions des petits-enfants-bisounours.

La suite de la journée se déroule classiquement. En résumé :

  • Un autre quizz, sur le sujet « les gens de la Bizness Iounite ‘Protection de la Réalité' ». Cool.
  • Réalisation de deux magnifiques dessins grâce à la tablette repose-bloc-notes. Je vous les montrerai dans un prochain article, afin de séparer les catégories blogales « dessin » et « univers fascinant du travail ».
  • Repas-buffet gratuit le midi, très bon, mais sans alcool.
  • Discussion à propos de CodinGame avec Collègue Docteur-Maboul, dont l’un des amis est un fondateur du site. Je me garde cette info sous le coude, au cas où.
  • On nous demande régulièrement de partager sur les rézosocios tel article ou tel nouvelle, pour « transmettre » et pour « que l’on parle de nous ». Je n’ose pas dire suffisamment fort que ça va rajouter de l’infobésité.

Twit ! Twit ? J’ai faim !

La présentation finale

Celle-ci nous est offerte par Viril Virgile, l’entraineur de l’équipe régionale d’aquafootball chilien.

Viril Virgile, dans les vestiaires pro du stade officiel.

Explication : l’aquafootball chilien n’est pas très connu en France, excepté dans notre région. La Chevalerie du Ballon d’Airin (c’est le nom de l’équipe) est parvenue au fil des ans à se forger (ha ha ha) une renommée internationale. La plupart des gens du coin sont des supporters-évangélistes de ce sport. Vous pouvez pas chier dans la rue sans en croiser un.

ConcreteWorld-🌏 étant sponsor officiel, nous avons régulièrement des places gratuites pour aller voir des matchs, en tribune VIP, s’il vous plaît. Ça a l’air tellement important que c’est compté comme avantage social pour les employés.

Personnellement j’en ai rien à foutre de ce sport à la con, rien à foutre de la VIPerie, et rien à foutre que Viril Virgile nous gratifie de sa présence et soit venu décharger en nous sa sagesse d’entraîneur. Le seul truc dont j’ai pas rien à foutre, c’est les mails envoyés régulièrement « à tout le monde » annonçant les places disponibles pour le prochain match. Ça m’agace car ça rajoute de l’infobésité à ma boîte mail boîtale. Je ne dis rien sous peine de passer pour un gros naze qui ne s’intéresse pas « aux valeurs du sport ».

Je reconnais que cette présentation m’a appris des choses, car j’endosse parfois le rôle d’anthropologue toujours prêt à découvrir des modes de vie de catégories socio-professionnelles différentes de la mienne. Je découvre également le personnage de Viril Virgile, et là c’est une expérience bien moins captivante, du fait de son côté « gros ours mal taillé dans un bloc de parpaing lui-même mal taillé dans un bloc de parpaing plus gros ».

Liste de ses gros-oursitudes :

  • « Bon, je vois qu’il y a des femmes. Désolé, vous vous ennuierez peut-être un peu. » (Du coup, t’aurais dû venir avec une cargaison de cartes-cadeaux Zara et des boules de geisha, pour distraire ces pauvres dames. On n’est plus à un cliché près).
  • « Et aussi, je vais parfois dire des gros mots. » (Apporte-aussi des écouteurs diffusant en boucle du Vianney, du Katy Perry ou n’importe quelle autre soupe girlie, on n’est plus à deux clichés près).
  • Son support de présentation en est resté au stade du power-point. Qui plus est, avec des transitions moches en 3D. Certaines diapos sont présentes en double, voire triple exemplaire.
  • À croire qu’il aime les (répétitions)³, ou alors qu’il se prend pour le Général de Gaulle à l’appel du 18 juin, car il redit parfois trois fois de suite la même phrase.
  • Certaines diapos montrent des fiches de compte-rendu de match. Il y a des smileys content et pas-content dessiné en gros, pour bien montrer aux joueurs ce qui a été bien et pas bien. On a l’impression d’être chez les super-teubés.
  • Mini-vidéo les montrant en visite dans une usine locale de lacets de chaussure. L’un d’eux se prend un carton rouge car il s’énerve durant le quizz final. On peut voir en arrière-plan un grand écran affichant la dernière réponse du quizz, à savoir : « les chaussures ». Laissez-moi deviner la question : « que permet de lacer les objets fabriqués dans notre usine ? ».
  • Pour que les joueurs de l’équipe se sentent impliqués et se comportent correctement avec les journalistes et les gens normaux, Viril Virgile les nomme « Les Chevaliers ». « Tous les membres de l’équipe doivent avoir l’esprit de la ‘chevalerie’ ancré en eux ».
  • Photo de joueurs se serrant dans les bras durant un match, dans une franche, chevaleresque et virile camaraderie. Je dis : « Oooooh, c’est mignon ». Mais ça ne fait pas rire beaucoup de gens autour de moi. Tant pis.
  • Une saison sportive d’aquafootball chilien étant jalonnée d’événements et matchs divers, il est utile d’effectuer une analogie avec une autre histoire, en faisant correspondre leurs étapes respectives. Voilà une idée intéressante. L’année dernière, l’histoire choisie était : le tournoi des 5 nations du rugby. Euh… WTF ? C’est quoi l’intérêt de faire une analogie entre la saison sportive d’un sport et la saison sportive d’un autre sport ? En tout cas, ça va pas aider à diminuer l’impression qu’ils sont super-teubés.

Un collègue sort de la salle. Vraisemblablement parce qu’il en a marre ou qu’il veut aller aux toilettes.

Un peu plus tard, une diapo-power-point affiche le texte « homo numericus ». Viril Virgile nous raconte qu’en voyant cela, l’un de ses Chevaliers a rétorqué en riant : « Hurr hurr huuurr, je préfère être numericus que homo. Hurr hurr huuurr. ». L’assemblée rit légèrement. Viril Virgile ajoute : « Bon, il a dit ça comme ça. Mais je suis assez d’accord. Pas de pédés dans mon équipe. » L’assemblée re-rit à nouveau. J’écoutais à moitié, puisque je dessinais. Je n’ai pas su déterminer s’il disait cela sur le ton de l’humour ou pas.

Collègue Machin dit à ses voisins : « Mais pourquoi les gens rient ? C’est pas drôle. On se targue d’être Action-Bisounours-Compliant, et on rigole à des blagues comme ça ? ».

Je passe quelques minutes à réfléchir à la situation, puis je décide que Viril Virgile ne blaguait pas, que de toutes façons sa présentation commence à me gonfler, et que vu qu’une personne est déjà sortie, j’ai bien le droit de faire pareil.

J’embarque mes dessins et je me casse. Je me retrouve seul dans le hall d’entrée à finir de gribouiller. Je suis un peu inquiet quand même. J’ai peur de devoir me justifier par la suite, et de passer pour le gros boulet qui se permet de monter sur ses grands chevaux juste pour se donner un peu de personnalité.

Lorsqu’enfin la présentation se termine et que tout le monde sort, je découvre que je n’ai rien raté de notable. Ça s’est terminé avec des questions de l’assemblée, dont un bon chapelet de questions chiantes par Collègue GrandBlondAvecPasDeChaussureNoire.

Je me sens obligé d’exprimer pourquoi je suis parti. Je suis agréablement surpris car personne ne désapprouve. Certains s’en tamponnent, d’autres me disent qu’ils ont eux aussi hésité à sortir sans oser le faire, et d’autres encore ont relevé ses remarques introductives de merde à propos des femmes et des gros mots.

Potlatch d’échange

Le lieu de l’orgie dînatoire n’est pas très loin du lieu des présentations, ce qui me permet d’y aller tranquillement en vélo. De plus, je pourrais m’alcooliser sans scrupules puisque pour rentrer chez moi, je ne serais dépendant ni d’un véhicule à moteur ni d’une autre personne.

Comme l’année précédente, un potlatch d’échange est organisé. Chacun vient avec un cadeau et repart avec un autre. En revanche, pas de collègue déguisé en Père Noël. Dommage. On a des collègues noirs, j’aurais trouvé ça super classe et tellement Action-Bisounours-Compliant d’avoir un Père Noël noir.

− T’es pas vraiment fringué en père Noël.
− Et t’es pas vraiment un Bisounours.

Ma contribution à ce potlatch était Boulonix, le chien-robot qui fait caca. Vous l’aurez deviné, le but de ce cadeau était uniquement de me la péter auprès de mes collègues, qu’ils voient comment je suis trop créatif et ingénieux.

Et ça marche. Les gens défilent pour voir ma création, je performe plusieurs fois de suite la démonstration de la nourriture qu’on met dans la bouche de Boulonix et qui ressort par le trou-du-luc.

Les deux nénettes du Département boîtal « Pollinisation de l’entropie réalitoire » sont admiratives. Je suis très content. Dans mon cerveau un peu bancal, ces deux personnes sont des fantasmes platoniques, comme Colléguette Platona dont je vous ai parlé lors du Semencinaire 2018.

Ce serait un peu impersonnel de les appeler « Platona 2 » et « Platona 3 », alors, comme elles s’occupent de pollinisation et que je suis un mec super drôle, la première s’appelle Colléguette Pauline. La deuxième aurait pu s’appeler Colléguette Paulette, mais ça aurait été du second degré tellement naze que ça en serait devenu du zéro degré. Alors en fait elle s’appelle Colléguette Babiole. C’en est presque poétique.

Je les aime bien ces deux nanas. Nous avons vécu des moments d’amitié intenses, à l’époque où nos burlingues étaient dans la même zone d’open space. Surtout lorsque je sortais des blagues débiles et des jeux de mots dignes de Michel Drucker s’il avait décidé de faire des jeux de mots.

En tant que geek-cliché, j’ai aidé Colléguette Pauline à résoudre les exercices de math de son fils. D’autre part, j’ai ouï dire que Colléguette Babiole faisait un peu de graphisme ou de dessin. Et c’est cool.

Une œuvre (en pixel art CGA) de Colléguette Babiole.

Notre amitié éternelle et légendaire a perdu un peu de son intensité lorsque j’ai déménagé de burlingue-open space. Mais on se croise régulièrement à la machine à café ou aux toilettes. Rappelons que je suis une personne qui se rend énormément souvent aux toilettes.

Et donc, ces deux dames trouvent Boulonix magnifique. Flattage d’ego, flattage d’ego. Elles me font promettre de leur en fabriquer un autre du même genre, pour mettre sur leur burlingue commun. Faudra que je m’occupe de ça à l’occasion.

En revanche, Colléguette Carnea n’accroche pas trop. Lorsque je lui fais la démonstration du cacatage boulonixien, elle a un petit sourire crispé sur un air « qu’est-ce qu’il me veut ce gamin avec son jouet scatologique ? ».

Je papillonne dans divers groupes de discussion, à montrer mon chien et/ou mes dessins (ego, ego, ego). Je retombe sur Collègue Docteur-Maboul. Je découvre que lui aussi connait Bukowski, ça fait plaisir.

Durant notre conversation, le contexte fait qu’il éprouve le besoin d’énoncer une expression de type « Avec des ‘si’, on mettrait Paris en bouteille ». Celle qu’il me sort est éminemment über-classe : « Si mon grand-père avait trois couilles, ce serait un flipper ». J’adore.

Le grand-père de Collègue Docteur-Maboul

Çay parti pour le showe !

L’année dernière, le show avait été assuré pas un magicien, que tout le monde avait trouvé tout pourri, mais que j’avais personnellement bien aimé, (je suis peut-être un peu con-con en terme de magie).

Revirement complet pour cette édition, puisque nous avons droit à un spectacle de cabaret, avec danseuses peu habillées. Excellent !

En apprenant cela, plusieurs personnes se sont posé la question de la pertinence d’un spectacle de type foire-à-la-greluche pour une soirée corporate. La cheffette du département boîtal « Orgies Internes » nous a expliqué que celui-ci avait été conseillé par un organisme partenaire, en qui elle avait entière confiance. Lorsqu’elle s’est renseignée plus conséquemment, elle a découvert la nature exacte de la prestation, mais il était trop tard pour chercher autre chose. Elle a malgré tout réussi à négocier quelques conventionnalisations, notamment le fait de ne pas trop montrer de bouts de seins.

Il faut reconnaître qu’elle a réussi à bien gérer la situation, avec les moyens et les infos qu’elle avait. Mais moi, j’aurais bien voulu les voir les bouts de seins. #BalanceTonCorps .

Et qui était donc l’organisme partenaire nous ayant bayé ce conseil ? La Chevalerie du Ballon d’Airin, bien sûr ! Ah nom de dieu de putain de couille de loup, qu’est-ce qu’on se marre.

Ce spectacle de cabaret avait pour thème « les cabarets de Paris ». Wouuuu !!! Une prise de risque artistique de malade !

Qu’à cela ne tienne, ça me plait beaucoup car il y a des femmes rondes.

Les modèles du spectacle

Je suis à la même table que MégaChef En-Même-Temps, du coup j’essaye de me tenir bien. Mais il part assez vite vers le fond de la salle, pour non-danser à côté de quelques personnes qui dansent.

Colléguette Doctoresse-Chaussure, ma voisine de table, est un peu mal à l’aise à cause de cette profusion de peau nue. Je dois avouer que je n’ai pas spécialement fait attention à elle, trop occupé à baver. Heureusement, Colléguette Platona est venue la voir.

Par contre, un type qui nous a lourdé pendant toute la soirée, c’est le chanteur de cabaret. Il apparaissait le temps d’un numéro pour nous pousser une de ses interprétations, tout en essayant de lancer l’ambiance avec des injonctions nazes : « vous pouvez taper dans vos mains si vous voulez ». Wéééééééé !

Je lui hurle dessus qu’on veut soit du Patrick Sébastien, soit les madames. Je tape des mains comme un orang-outang et passe tout le temps de ses chansons merdiques à faire tourner ma serviette. Entre-temps, je me fais une tâche de vin rouge, ce qui était hautement prévisible.

Pour son dernier numéro, ce super-tocard apparait sapé comme le capitaine de La Croisière S’Amuse. Collègue TuLaBoucles annonce : « Ah, on va avoir droit à du Michel Sardou. ‘♪ Quand je pense à la vieille anglaise ♫’. ». Je comprends pas du tout de quoi il parle, jusqu’à ce que super-tocard commence à chanter. On ne l’appellera plus jamais, celui-là.

Les interprétations musicales de super-tocard (allégorie).

Le show se termine sur une apothéose de plumes et de paillettes. Les dames descendent dans le public pour froufrouter leurs robes sur la tête des gens. C’est trop rigolo. On tape dans nos mains, mais cette fois-ci pour applaudir.

Je discutaille ici et là au fur et à mesure que les gens partent. On embarque chacun un super package-cadeau avec de la bonne bouffe et du pinard dedans. Chouette.

Finalement, je rentre tranquillement en vélo. Comme d’habitude, je me plante de chemin mais je ne fais pas demi-tour pour ne pas me taper la honte nucléaire ultime de recroiser des gens qui vont se rendre compte que je me suis planté de chemin. Je parviens malgré tout à rentrer chez moi, avec mon package de miam-miam et ma tâche de vin rouge.

C’était une super journée, riche en bouffe gratuite et en courbes généreuses. Merci ConcreteWorld-🌏 !

Jouez avec un phrase-bizarre-otron

Coucou !

Petit article rapide.

J’ai participé à un concours de code, sur le thème : « réalisez un truc qui ressemble plus ou moins à de l’intelligence artificielle ».

J’ai créé un programme qui lit un roman et génère des phrases bizarres à partir de ça. Elles sont (presque) grammaticalement correctes, mais n’ont aucun sens.

Vous pouvez l’essayer ici : https://repl.it/talk/challenge/FrankenPhrase/10740

Comme romans, j’ai mis :

  • En français :
    • 20 000 Lieues Sous Les Mers
    • Les Trois Mousquetaires
  • En anglais
    • Frankenstein
    • The Story of Nuclear Energy, de Isaac Asimov.
  • Plus, ceux que vous voulez, si vous prenez le temps de les uploader, tout en lisant la doc d’utilisation.

Ça fait parfois des phrases marrantes :

« Quelques explications, un coup de pintadines, je vous souhaiter que les oubliettes. »

« Que Votre Éminence, qui, et, le jeune femme que dit Aramis, traversant la reine. »

ou parfois des choses poétiques :

« C’était alors la conversation sur son sein des monocentres, plus facile. »

« La surface de latitude nord, je passerai sous nos yeux une grande dépense du fleuve de toi. »

Si vous avez le temps, inscrivez-vous sur le site et laissez-moi un petit upvote.

La méthode de génération est super simple : c’est juste des statistiques par rapport aux fréquences d’apparition des mots. Par exemple, le mot « géantes » apparaît plus souvent à côté du mot « fesses » que du mot « tripoter ».

Pas d’analyse sémantique, on ne cherche pas à identifier les verbes, les sujets, ou autres. Pas de réseaux de neurones non plus. En fait je sais même pas si ce que j’ai fait peut être considéré comme de l’I.A. ou même du machine learning.

En tout cas, c’est assez rigolo. Ça donne des textes surréalistes, un peu à la André Breton.

André Breton me fait penser aux bretons me fait penser aux bretonnes me fait penser à une vidéo intitulée « Dominique la grosse bretonne ».

Voilà.

 

Poupi et Boulonix

Il y a quelques années de ça, je brillais dans les salons parisiens.

Plus exactement, on se retrouvait à plein dans une coloc de potes et on piachait comme des otaries alcooliques ayant raté la 5ème étape de leur sevrage. C’est des bons souvenirs.

L’un des potes organisait des sortes de potlatch d’échange. Tu viens avec un cadeau, tu repars avec un autre. Les créations personnels étaient encouragées, même si dans les faits, la plupart des potes achetait un truc. Sauf moi, qui suis une otarie alcoolique très très créative.

J’avais fait ça :

La personne qui l’a reçu a décidé de l’appeler Poupi. Bon, chacun ses choix.

Il était très viril, avec sa machoire géante. Mais certaines pièces ne tenaient pas très bien et ses pattes étaient toutes molles. Il était systématiquement affalé. C’était une sorte de chien glandeur.

À présent, je brille dans les salons-événements corporate de ConcreteWorld.🌏, comportant eux aussi des potlatchs d’échange. Il y aura un prochain article relatant le dernier en date, en attendant, je peux déjà vous présenter la création que j’y ai apportée.

Il s’appelle Boulonix. Cette fois-ci, c’est moi qui ai choisi le prénom.

Le corps est une plaque métal d’un lecteur de DVD. Ça a été un peu compliqué à enrouler, mais l’avantage c’est qu’elle a plein de petits trous de vis, dans laquelle j’ai pu passer des fils électriques.

Les pattes sont des boîtes de thé en métal dont j’ai tordu un côté. J’ai percé des trous dedans pour faire passer un fil et l’accrocher au corps. Mais ça ne lui permettait pas de tenir. Les pattes s’écartaient et le chien se couchait par terre. Or, je voulais vraiment faire mieux qu’avec Poupi.

Alors, pour chaque patte, j’ai percé un trou au milieu, j’y ai fait passer un fil que j’ai ensuite accroché de l’autre côté du corps. C’est un peu bancal, il se tient dans une position bizarre, mais au moins il n’est pas vautré tel une otarie alcoolique.

La tête est une boîte en plastique de coriandre, périmée depuis 2015. J’aurais préféré un matériau plus noble, mais comme ça c’était facile de percer des trous dedans (pour les yeux, la bouche, etc.).

Les oreilles sont des cuillères à absinthes avec le manche plié. C’est amusant parce que ça sous-entend que je suis un mec qui boit de l’absinthe, à la Van Gogh peintre maudit. En vrai, c’est bidon. On trouve de l’absinthe un peu partout maintenant, car ils ont retiré le produit qui rend fou et n’ont gardé que l’alcool.

J’ai rempli l’intérieur du corps et de la tête avec du papier bulle, ça aide à donner l’impression que c’est un vrai chien avec des organes, et pas juste un squelette vide.

Il possède bien évidemment un collier à son nom. C’est une médaille de gosse que j’ai trouvé par terre, sur laquelle j’ai collé des bouts de fil. Le collier en lui-même est une lanière de badge corporate, estampillée ConcreteWorld.🌏. Ça a beaucoup fait rire les collègues quand ils ont vu ça.

Son petit manteau vert pour pas qu’il ait froid est également très stylé. C’est une chute d’un chemin de table provenant d’une orgie quelconque.

Je suis particulièrement fier du fait que je n’ai pratiquement pas mis de scotch (un matériau pas noble du tout, même pour de la récup). Tout ne tient que par les fils électriques.

Les seuls bouts de scotch utilisés sont sur l’un des trous de la boîte à coriandre (j’avais percé comme un bourrin, et ça a fait une sorte de fissure dont j’ai voulu limiter la propagation), ainsi que pour refermer le manteau. Je m’y suis autorisé, car le manteau n’est pas le chien en lui-même.

L’élément le plus hautement raffiné, c’est le flexible de douche traversant tout le corps, de la bouche jusqu’au trouduc’. On peut donc donner à manger à Boulonix. Il se nourrit de petites vis et de composants électroniques. Ensuite, on l’incline vers l’arrière et il cacate sa nourriture. Trop bien.

C’est par là que sortent les petites vis.

On notera que le flexible de douche est l’un de mes matériau de prédilection, puisque c’est également ce qui fait la queue de Poupi.

En voyant ce chef-d’œuvre, une Colléguette m’a demandé si elle pouvait en avoir un pour son bureau. Je ne vais pas pouvoir résister à une telle occasion de flatter mon ego. Il est donc fort possible que je fabrique un autre chien dans les mois à venir. Mais ce ne sera pas pour tout de suite, là j’ai envie de coder quelques trucs.

Et pour rester dans le thème, voici Ajay Rochester qui promène son chien.

 

#copinage : Ode à Caïssa

Coucou, et Joyeux Anniversaire-de-Isaac-Newton à tous !

Vous vous souvenez certainement de mon petit article sur le polar « Sans droit ni loi ».

Jacques-Yves Martin a réitéré son forfait, et nous a sorti l’épisode suivant des aventures de Boris Thibert le policier justice-holique.

Il a même re-réitéré son forfait puisqu’il a déjà pondu un troisième livre, mais je ne l’ai pas encore lu. On va donc rester sur « Ode à Caïssa » pour l’instant.

Dans cet opus, notre policier-justicier est plongé dans une enquête avec pillage de tombe maya, trafic mafieux d’objets d’art, recherches archéologiques, et vodka pour arroser le tout.

Comme je suis le critique littéraire le plus original du monde, je vous propose mon avis sous forme de plan basique j’aime / j’aime pas.

 

Les trucs qui m’ont énervé

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Parfois, pour désigner un personnage, l’auteur n’indique pas son nom, mais sa qualification ou son métier. Au lieu d’écrire ça :

Gilbert Trouzlup ouvrit la porte.

Il écrit ça :

L’universitaire ouvrit la porte.

Je suppose que ça part d’un bon sentiment, et que le but est d’éviter de trop nombreuses répétitions de « Gilbert Trouzlup ». Mais je trouve que ça ampoule fortement le style d’écriture. On se croirait dans un livre de grammaire du collège.

Le mec bizarre en noir ouvrit la porte noire bizarre.

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Le héros est assez tourmenté, et se lance souvent dans des réflexions et des songes alambiqués et turlupinesques. C’est tout à fait acceptable et c’est entièrement assumé. Ce qui m’énerve, c’est que lesdits tourments sont trop explicitement décrits.

On retrouve très souvent dans la narration le motif suivant : un dialogue de quelques phrases entre le héros et un autre personnage, puis un paragraphe expliquant les tourments que ce dialogue a déclenché dans son esprit. Eh bien ce paragraphe est à chaque fois un peu trop long et un peu trop détaillé.

On l’a compris que le héros était tourmenté, on arrive assez facilement à deviner ce que déclenche en lui chaque dialogue. Ce n’est pas la peine de le blablater en long en large en travers.

Quelques exemples (décrits assez vaguement, pour pas spoiler) :

  • Page 148 : dialogue entre Boris et Marion, suite au coup de fil « de l’universitaire ».
  • Page 153 : re-dialogue entre Boris et Marion, après l’invitation à dîner.
  • Page 158 : réaction de Boris à une remarque du mec de la BRB, au sujet de Marion.
  • Page 168 : turlupinage au sujet de l’affaire Dufrêne, suite à une mise en garde de son chef de service.

 

Les trucs qui m’ont plu

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Les tourments et les songes de Boris.

Je viens de dire dans le paragraphe précédent que le fait de les décrire trop explicitement m’énervait. Mais le fait qu’il ait des tourments et la nature de ses tourments me plaît, et donne de la profondeur au personnage.

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Le code indéchiffrable.

Il est relativement simple, mais l’idée est bonne. Et le lecteur motivé pourra essayer de le décrypter de lui-même. (Je dois avouer que je n’y suis pas arrivé).

Pour le coup, et en rapport avec le pinaillage que j’ai fait lors de mon article sur son précédent livre, je pense qu’il aurait fallu écrire « un code indécryptable », et non pas « un code indéchiffrable ». Mais je pinaille, je pinaille.

Un code indéscrichicryptiblable.

*)

La logistique autour de l’activité de fouilles et de trafic d’œuvre d’art.

C’est peut-être une conséquence des films d’Indiana Jones, mais on a souvent tendance à croire que la découverte de trésors archéologiques se résume à une aventure de quelques jours avec de l’action, des flingues, des explosions, un trou dans le sol, et hop c’est fini.

C’est évidemment un peu plus compliqué que ça. Les recherches préalables peuvent prendre des années, le transport et la vente (légal ou pas) peuvent prendre des semaines. C’est assez bien décrit dans le livre, et je suppose que c’est assez réaliste, même si je n’y connais rien dans ce domaine.

*)

Les relations entre le héros et les autres personnages, génératrice de tourments, bien évidemment.

Sa copine Camille, sa coéquipière Marion, son chef, ses collègues, les personnes qu’il interroge, etc. Boris est constamment en train de se demander ce qu’ils pensent, s’il est à la hauteur de leur confiance ou leur amitié, pourquoi ils ont réagi comme ci ou comme ça. Il y a un bon tas de psychologie là-dedans qui est tout à fait intéressant.

*)

Je suis mentionné dans les remerciements !

L’auteur salue ma « chouette » participation et mon coup d’œil aiguisé. Si ça c’est pas la classe !

 

Pour la suite

Les premières pages de « Sans Droit ni Loi » mentionnait (un peu par hasard), la cité maya de Chichén Itzá. Ce livre y accorde une part beaucoup plus importante. Je ne sais pas si ça a été fait exprès. Parfois, on place des éléments narratifs dans une histoire en se disant « ça servira peut-être pour après ».

Si j’ai bien tout suivi, le troisième roman de Jacques-Yves Martin ne fait pas intervenir Boris Thibert. Mais peut-être qu’une histoire prochaine remettra sur la scène ce héros et tous les éléments narratifs pré-installés. Nous avons maintenant à notre disposition un super-méchant, un changement important dans la vie personnelle de Boris, une nana paumée en cure de désintoxication, sans oublier Franck, l’ami d’enfance qui ne demanderait qu’à être réutilisé de manière plus conséquente. Tout cela promet d’être captivant.

Maya Milano, ça a presque un rapport avec la culture Maya

Ce blog a presque 10 ans et demi

Je-ne-sais-plus quand, je-ne-sais-plus quelle marque de voiture avait décidé de faire une campagne marketing sortant un peu de l’ordinaire, et avait fêté les « dix ans et demi » de sa caisse.

Le premier article de ce blog est paru en juin 2018. Je vous propose donc une campagne marketing qui méta-sorte de l’ordinaire, en fêtant ses « presque 10 ans et demi ».

Joyeux presque-demi-anniversaire, nom de dieu de bordel à cul de pompe à sperme d’enculerie de chiotte de Jérôme Cahuzac à merde de vieille pute borgne de blog !

Et comme le veut la presque-demi-coutume, voici une presque-demi-rétrospective en vrac.

Pendant presque 10 ans et demi, ce blog a amassé :

du texte, des images, des dessins, des seins, des fesses, des top modèles de femmes rondes, très rondes, très très rondes, du nu, de l’érotisme, de la pornographie, du pixel art, des réflexions sur le fabuleux monde du travail, des pétages de plombs, des jeux vidéos, de la culture jeu-vidéoludique, du théâtre, des maths, des algorithmes, du python 2, du python 3, du Korn Shell, du Pascal, du C++, un roman dont vous êtes l’héroïne, des contributions à feu le magazine 42, une campagne de crowdfunding, des chansons pipi-caca, des contes sur le Revenu de Base Inconditionnel, des récits corporate, de la masturbation physique et intellectuelle, du hacking, des bitcoins, de la monétisation hasardeuse d’urls, de l’alsacien, des commentaires intéressants/rageux/stupides/réconfortants/amicaux/constructifs/destructeurs/spammesques/sources-imagesques/chaotiques, des couleurs de textes vomitives, des fiches cuisines désespérantes, des liens vers mes articles chez Sam et Max, des souvenirs, des soupapes de sécurité nécessaires, de la karmagraphie, de l’alcool, des Collègues Machin, Des MégaChefs Bidules, des relectures à 3 heures du matin et des énumérations à rallonge.

Merci à toutes ces femmes aux formes harmonieuses qui offrent des images d’elles à l’internet, et que je collecte avec avidité.

Merci à Ginger BBW, Monique, Alicia Loren, Norma Stitz, Zohra, Shiva Glamour, Buffie, Sasha, Milena Velba, Curvy Nurse, Selene, Keisha Evans, Simone Fox, Eden Mor, Maritza Mendes, Charda XL, Jenny Hill, Diamond, Minka, Ice Kreams, Shauna Moon, Dawn Perignon, Stefani, Victoria, Viva La Valerie, Serenity Davis, Hitomi Tanaka, Ashley, Assshley, Rhonda, Cherrylicious, Chessie Moore, La Cicciolina, Honey Juggs, Teddi Barrett, Mandy Blake, Princess Lissa, Colette Pillow Boobs, Taylor Stevens, Bootyliscious, Victoria Secret, Scented Kisses, Amazon Kitty, Chelsea Charms, Thunder Thighs, Chloe Vevrier, Diana Doll, Lolo Ferrari, Miss Mina BBW, Sicilia Curves, Lady Snow, Busty Merilyn, Cassie Bombshell, Nadine Jansen, Karola, Lisa Lipps, Leah Jane, QT Pie, Melonie Rose, Anorei Collins, Renee Ross, Ariana Angel, Sofia The Rose, Busty Babydoll, Shameless Angel, Re-Victoria, Miosotis Claribel, Plump Princess, Haydee Rodriguez, Desiree Devine, Platinum Puzzy, Lana BBW, Tiffany Towers, Alice Webb, Juicy Jacqulyn, Beshine, Beth Ditto, Juicy Little Fat Girl, Jade 125Q, Dors Feline, Rachel Aldana, Denise Milani, Mya Jane, Uniquely Made Diva, Summer Lashay, Gloria Sutters, Dominican Poison, Lady Seductress, Re-Monique, Veronica Bottoms, Megan Belet, Velvet D’Amour, Cotton Candi, Miss D.G., Spicee Cajun, Kati, Maria Moore, Lacey Wildd, BBW Secret, Natalie Fiore, Mz Buttaworth, Shanice Richards, Roxxy, Kaori, Lailani, Mara Jane, Treasure Chest, Peaches Larue, Mary Boberry, Lisa Canon, Micky Bells, BBW Cajun, Lorna Morgan, Gigi Starr, Jezra Matthews, Poetry Travis, Disha, Clémentine Desseaux, Tweety Is Tumbln, Britt, Tess Holliday, Mistress Cathy, Winking Daisys, Kellie Kay, Xdragon Queenx, boundqueen, BBW Superstar XXX, Cassandra Calogera, Ashley Ellison, Miina Kanno, Whitney Thore, Joy, Courtney Pearson, Jordan Carver, Miss Twin Towers, Jamie Lopez, Tokyo Rose et une foule d’autres dames inconnues mais splendoyantes.

Certaines d’entre elles ont des vies pas aussi faciles et amusantes que ce qu’elles montrent sur leurs photos. D’autres sont carrément mortes. Essayons de nous en rappeler de temps en temps. Ceci est bien entendu valable pour toutes les autres personnes qui exposent professionnellement leur corps sur internet (hommes ou femmes, avec rondeurs ou pas).

Pour fêter ça, voici l’une des toutes premières images pornographiques que j’ai récupéré d’internet. Ça devait être en 1999. J’avais pas internet à la maison, mais je faisais un boulot d’été de prestige : développement d’un intranet en HTML statique, d’une base de donnée Access, ou quelque chose du genre. Il n’y avait pas de contrôle boîtal à cette époque transitive.

Par contre, je ne sais pas du tout qui c’est.

Tout au long de ces années, je vous ais fait de nombreuses promesses de textes et autres créations, dont une grande partie n’a jamais été tenue et est tombée aux oubliettes. Au début, j’essayais d’écrire au moins deux articles par mois, pour ensuite passer à un par mois. Et même avec cette diminution, cette cadence a, elle aussi, été parfois galvaudée de manière scabreuse. Le calendrier affiché à droite en est un malheureux témoin.

Mais je suis toujours là. Je m’accroche, comme un capitaine (crochet), comme une émission de télé (crochet), comme une pine (hochet), comme un brochet, comme un gros chais, comme un troquet, comme un torché. Et j’égrène mes énumérations. Il serait d’ailleurs très amusant que je vous énumère toutes les énumérations effectuées ici.

J’ai plein d’idées de code, de jeux vidéos et de sites web. Très peu arrivent à l’aboutissement. Certains n’arrivent même pas à l’étape de commencement. Mais autant que possible, je continuerais ce blog. C’est un fil conducteur dans la nébuleuse inachevée de mes projets et de mon histoire.

Merci de me lire et de m’avoir lu, de commenter et d’avoir commenté, depuis le moment où vous avez commencé de me lire et de commenter, jusqu’au moment où vous arrêterez / avez arrêté de me lire et de me commenter.