Suite à un enchaînement d’événements aléatoires, mais notoirement inintéressants, quelques collègue·e·s et moi-même avons effectué une présentation sur le concept du vibe-coding.
(Note: j’ai décidé que le féminin de « collègue » serait maintenant « collèguee » et non plus « colléguette »).
Notre propos tenait à peu près la route, en revanche, nous étions à l’arrache pour le support de présentation. Pour y remédier, j’ai décrit des slides à une IA quelconque, puis je lui ai demandé de me générer les fichiers HTML correspondants.
Le résultat était légèrement daubé. Je voulais des images rigolotes, l’IA m’a généré des tags <img> aux sources bidons. Les urls étaient bien formées, mais ne menaient à rien. On n’était pas à une connerie près, j’ai laissé comme ça.
On n’était pas à deux conneries près, le dernier slide avouait que la présentation avait été générée par IA. Ce qui nous amène à la phrase amusante :
J’ai vibe-codé le slide dans lequel je révèle que j’ai vibe-codé mes slides sur le vibe-coding.
La présentation a bien fait rire l’auditoire. J’étais content.

Au fait, que pense-je de l’IA générative?
Tout le monde est tellement à s’écharper sur le sujet et ça a un rapport tellement étroit avec l’informatique, que je me sens obligé de donner mon avis.
D’abord, j’ai conscience que le terme « Intelligence Artificielle » désigne un vaste ensemble de concepts et de techniques dont l’IA générative et les LLMs ne constituent qu’une partie.
Ça impressionne toujours ce genre de phrase d’introduction. Celle-ci fonctionne avec plein d’autres sujets. Regardez :
D’abord, j’ai conscience que le terme « doigtage de camembert tout en poussant des petits cris de truie » désigne un vaste ensemble de concepts et de techniques, dont la décroûtisation topographique et la bruitozoologie ne constituent qu’une partie.
Pour en revenir à l’IA, j’en pense qu’il faut l’utiliser avec parcimonie et uniquement pour générer des éléments simples et vérifiables. Même un cerveau humain qui n’aurait aucune morale réalisera pragmatiquement que ces services d’IA ont un coût d’infrastructure très élevé. Il vaut donc mieux être le moins dépendant possible de ces services, en prévision du jour où ils deviendront, soit gavés de publicité inblocable et indétectable, soit payants.
L’IA au Travail
Comme vous vous en doutez, mon éthique au Travail opère en mode dégradé. Si on me dit d’utiliser l’IA, je m’en sers. Si on me dit de faire les choses le plus efficacement possible, j’évaluerai (vaguement) ce qui est le mieux, et si c’est l’IA, je m’en servirai aussi.
Le jour où les IA deviendront payantes, la hiérarchie qui m’enjoint de les utiliser se fera une joie de payer. C’est d’ailleurs actuellement le cas.
Honnêtement, si un jour un chef me donne comme consigne : « tu dois vérifier que tout le monde est bien entré dans la douche puis tu appuies sur ce bouton pour libérer le Zyklon-B », moi et mon éthique boîtale rapiécée ne réagirons peut-être pas de manière saine. D’autant plus que ce genre de consigne ne serait pas forcément donnée aussi explicitement. Peut-être même que ça s’est déjà produit et que j’ai indirectement détruit des vies sans m’en rendre compte.

L’IA pour les trucs persos
Je me limite à des sujets relatifs à la programmation. Je ne l’utilise pas pour générer des textes (je sais faire ça tout seul), ni des images (j’ai essayé de créer des tilesets pour Squarity, ça n’a rien donné d’exploitable).
Je demande parfois à une IA de m’expliquer un bug ou de générer un morceau de code, mais jamais du python. Lorsqu’il s’agit de mon langage préféré, je veux que mon cerveau personnel reste « vierge » de l’IA.
Cependant, je demande régulièrement à une IA de me donner une astuce python au hasard, qui serait peu connue. Ça me permet d’apprendre des nouvelles choses sans faire de recherches fastidieuses.
Je sollicite beaucoup l’IA pour le CSS. C’est un domaine qui m’intéresse peu, mais je suis bien obligé d’en faire pour mes projets. Avant l’IA, je copie-collais sans comprendre des bouts de CSS pompés sur StackOverflow, c’était paresseux, stupide et totalement assumé. Avec l’IA, je suis tout autant paresseux et stupide, mais plus rapidement. Un jour, je prendrais le temps de m’intéresser sérieusement à ce truc de zouzou bigarré qu’est le CSS.
Dans un moment d’égarement, j’ai essayé une seule fois d’utiliser l’IA comme ami·e avec qui dialoguer. Je n’ai pas l’intention de le refaire, c’était nulos. Je vous raconterai ce qui a provoqué cette situation.
Les lecteurtrices averti·e·s auront compris que si j’ai utilisé la forme inclusive du mot ami·e dans le paragraphe précédent, c’est tout simplement parce que je n’avais pas décidé si je parlais à une IA féminine, masculine ou autre.

L’IA pour les trucs masturbo-persos
Il y a 30 ans de ça, on allait sur le Minitel. C’était lent à charger, mais au bout d’environ 37 secondes, on récupérait ce genre d’image ASCII Art excitante :

Il y a 25 ans de ça, on utilisait les modems 56k. C’était lent à charger, mais au bout d’environ 37 secondes, on récupérait une image de ce genre :

Maintenant, on décrit quelque chose qui nous plaît dans un générateur d’images. C’est lent à générer, mais au bout d’environ 37 secondes, on récupère une image de ce genre :

Le délai d’obtention des images « de consommation en solo » est constant et indépendant des avancées technologiques. Ça a été calculé savamment et intentionnellement : 37 secondes, c’est le temps pour que votre sang se déplace de votre cerveau jusqu’à votre entre-jambe (quel·le que soit ce que vous avez à l’entre-jambe).
Je n’utilise pas l’IA pour générer des images de consommation solo, d’autres le font déjà pour moi. Allez sur le site deviantart, écrivez ce que vous souhaitez dans la barre de recherche, tout est à votre disposition.
Le point sur la situation
Je suis toujours dans la merde annoncée dans l’article précédent. Je m’étais dit : « si je m’en sors, je vous raconterais ça en rigolant, si je ne m’en sors pas, je vous le raconterais en angoissant ». Ça ne prend pas un chemin de sortie de merde. Vous aurez les explications dans mon prochain article, probablement associé d’angoisses et non de rigolades.

Bisous.