Toujours plus de n’importe quoi concernant ma précédente incarnation professionnelle ! Le lot du mois est encore plus en vrac que d’habitude car je vais vous raconter des trucs divers et variés. Let’s gogue !
Tutoriel de python scientifique
À une époque, on essayait de se faire remarquer par la communauté scientifique. (Hell yeah ! Science !) J’avais alors écrit des petits tutoriels sur les librairies python utilisées par ces gens. Je présentais en particulier numpy, avec pour fil conducteur la création de la fractale de Mandelbrot. J’ajoutais de jolies images générées par matplotlib et seaborn.
Cette tentative de se faire remarquer a été abandonnée. Mes tutoriels ont été publiés, mais à la crade : du markdown converti en HTML puis mal converti en PDF, lui-même intégré dans une frame mal foutue d’un document re-HTML.
Ça m’avait bien plu de les écrire, j’en étais assez fier. J’aurais aimé vous les donner, mais je suppose que je n’en ai pas le droit. Ce sont des documents créés pendant les heures de Travail, dont j’ai automatiquement cédé la propriété intellectuelle. Déjà qu’une partie de ces heures de Travail étaient détournées pour de la glandouille et des créations personnelles, je vais éviter d’abuser.
Je vous mets juste les images produites, sans les codes sources. C’est ce qui est le plus fun. Youpi !


Âne à gramme
Lorsque je créais une nouvelle application ou un outil interne, je le nommais par un anagramme rigolo en rapport avec sa fonction. Chef Peyotl trouvait ça génial. Tout le monde ne saisissait pas forcément l’astuce, ce qui était encore plus amusant.
Quelques exemples :
- Un outil de détection des délais d’entropie. Je l’ai appelé « protéine ».
- Un forum pour recenser les variétés de cornichons. Je l’ai appelée « roc nichons ». L’icône était un gros plan sur les seins d’une statue. Ha ha.
- Mon outil interno-interne de recherche d’anagramme s’appelait inévitablement « a gamer man ».
- Une application repérant les particules subatomiques à l’origine d’une anomalie de réalité. On peut donc dire que ces anomalies étaient provoquées « by some subatom » (il faudrait un « S » à la fin, mais zut). Je l’ai appelée « busty ema bosom ».

%%%@@@@ !!!
La gestion documentaire était constituée d’un immense disque dur partagé dans lequel tout le monde balarguait son bordel. La racine était une garganto-anarchique liste de répertoires où se côtoyaient des noms de projets, d’outils, de personnes et de départements boîtaux.
Certaines personnes avaient des difficultés à retrouver leur petit répertoire rien qu’à elles, alors elles mettaient une arobase devant leur nom, afin de le faire remonter en haut de la liste. Une idée tout à fait intéressante, jusqu’au moment où une trentaine de répertoires se sont retrouvés affublés de une, voire plusieurs arobases.
Le summum fut atteint lorsque Colléguette Pauline créa le répertoire %Pauline (le signe « pourcent » est avant l’arobase dans le code ASCII). Dommage que l’encodage des caractères du système de fichiers ne soit pas le CP-437. On aurait fini par voir apparaître le visage « Char-1 » de ZZT.
Semi-Chef Lula était lui aussi adepte de cette technique de « triche-tri » (appelons-la comme ça). Il l’utilisait pour son arborescence locale. L’un de ces répertoires contenait par exemple ces 4 sous-dossiers :
@@@articles_scientifiques
@@@comptes-rendus
@@@planning
@@@projets_test
Et rien d’autre. Je vous laisse admirer la brillance et la perspicacité de cette technique, qui n’ont d’égales que sa mise en application par Semi-Chef Lula. C’est audacieux.

Miam-miam, glou-glou et mumuse
On ne va pas tout détailler, d’autant plus que mes souvenirs me font parfois défaut. J’ai pu profiter d’un nombre incalculable d’apéros, sorties bar-boîtes, repas, soirées kartings/bowling/lasergun, petit déjeuners, etc. Certains étaient officiels, d’autres pas. Le Covid a provoqué une grosse pause dans ces événements, mais ça a repris progressivement après.
Merci à Colléguette Rosemonde, Chef NightWish, MégaChef Forgeron et à tous les non-officiels d’avoir organisé ces belles choses !!
Si je ne devais retenir qu’un seul moment de tous ces plaisirs champêtres, ce serait le pot de départ de Stagiairette Pas-pompière. Pour une raison inconnue, elle avait changé de fringues et avait laissé trainer les précédentes. Je les lui ai piqués pour les mettre. Je me suis promené en jupe-débardeur-dentelle pendant une bonne partie de la soirée. Des photos circulent ici et là.
Je me suis re-retrouvé en jupe à une autre soirée, qui mérite un récit plus détaillé. Ça viendra.

Ainsi que dodo, évidemment
Sans surprise, je m’endors régulièrement au Travail, à force de faire des trucs la nuit. Je faisais en sorte que ça ne se remarque pas trop, en allant dans les toilettes. C’est encore plus facile en télétravail, où on peut se poser sur le canap’ juste à côté.
Mais parfois, on ne peut y couper, on est obligé de rester éveillé en continu pendant au moins trois heures. En particulier pendant les formations.
Il y avait ce type venu nous apprendre à utiliser le super framework Angular. Personnellement je préfère Vue, mais je n’ai que peu de connaissances en JavaScript. (Pourquoi, mais pourquoi, par le pouvoir du monstre de spaghetti volant, ce truc est le langage officiel des navigateurs web ?) (Ne nous lamentons pas trop, ça pourrait être pire).
Or donc, nous devions écouter ce monsieur. Appelons-le Formateur Voiture, parce qu’évidemment, le projet d’exemple à construire était un site de gestion de voiture. Je hais les voitures.
Inévitablement, mes yeux se fermèrent pendant quelques dizaines de secondes, du fait de mon continuel état dans le pâté. Je les ré-ouvre et vois que Formateur Voiture m’a capté. Je le regarde d’un petit air désolé. Je me dis qu’il va avoir pitié de moi, qu’il sait ce que c’est que d’être fatigué pour cause de créativité obsessionnelle. Il va se contenter de sourire ou de se moquer gentiment de moi.
Il m’a renvoyé un regard sérieux et dur. Je sentais son envie de me dire : « si ça t’intéresse pas t’as qu’à te barrer ». J’ai rien dit, j’ai baissé les yeux sur mon écran et j’ai passé le reste de la formation à tenter de rester éveillé, au lieu de me concentrer sur ses voitures à la con.
Il nous a donné un support écrit. Je me suis dit que je le lirais le jour où je devrais faire des vrais sites web interactifs. Finalement, j’ai lu la doc en ligne de Vue. (Même pas vrai, la doc de Vue je l’ai pas lue non plus. Le site de Squarity, je le code tout à l’arrache).

Microsoft Teams… Y u exist ?
On utilisait cette merde comme chat boîtal post-covid. Comme d’hab’, les gens de chez Microsoft veulent faire l’effort de remettre en question des choses établies, mais leurs efforts se transforment en prouts et leurs nouvelles choses sont moins bien que les établies. Pour des exemples connus, voir :
- l’antislash au lieu du slash pour séparer les chemins de répertoires, alors que l’antislash veut déjà dire quelque chose, à savoir : « ce qui vient après ne veut pas dire ce que ça veut dire d’habitude ». Mais vous saviez déjà tout ça.
- Dans les premières versions du Visual Basic : «
MaFonction = ValeurDeRetour» au lieu de «return ValeurDeRetour« .
- La base de registres au lieu de rien. Laissez-nous gérer notre config avec de simples fichiers.
Or, pour une fois, Microchiotte a décidé de s’intéresser aux standards instaurés par le reste du monde. Au lieu de considérer uniquement leur « rich text » et leurs stupides boutons de mise en forme, ils ont daigné porter leur royal œil sur le markdown. Joie ! Vous tapez un dièse et ça fait un titre, des étoiles et ça fait du gras. Noël ! Noël !
Sauf que c’est pas du markdown. Vous ne pouvez pas revenir au texte brut. Ce sont des raccourcis claviers qui se contentent d’activer les stupides sus-mentionnés boutons de mise en forme.
Autre point amusant. Les applications de chat privés (Slack, Zulip, …) considèrent par défaut que vous êtes un singe, c’est à dire que vous n’avez pas le cerveau nécessaire pour écrire un texte structuré en paragraphe. En effet, la touche Entrée envoie votre message, au lieu d’y ajouter un saut de ligne. Heureusement, la configuration vous permet de supprimer cette présomption de simiesquitude. Le message doit alors être envoyé via un bouton spécifique ou un raccourci clavier moins simpliste que « Entrée ».
Pas Microsoft Teams. Pour l’éternité et pour chacun de vos sauts de ligne, la combinaison Shift+Entrée utiliserez. Pour l’éternité et pour chacun de vos messages, le bouton « je ne suis pas un singe » cliquerez. Ainsi foutre-il.
Il y avait plein d’autres trucs pourris (recherche de message pétée-du-slip, composeur de meme débile dont personne ne veut, …) mais mon cerveau a préféré oublier ces traumatismes.

Quick-lose
Un jour, nous étions assis dans les fauteuils de la salle de pause. Nous donnions l’impression de glander, mais en vrai nous étions en réunion. C’est juste que y’avait plus de salle disponible.
Nous donnions l’impression d’être en réunion, mais en vrai moi je glandais, comme à chaque réunion.
Chef NightWish débaroule dans la salle, annonçant : « j’ai un péta-octet de données pétro-karmagraphique d’un Client potentiel. Il veut qu’on l’étudie et qu’on en sorte le plus de jus de choses intéressantes possible. C’est une occasion de nous faire bien voir : un quick-win ! »
On a vaguement répondu que : bof, pas sûr, pas le temps, non, désolé.
Chef NightWish est reparti fâché en maugréant : « C’est pas grave. Je vais dire à MégaChef En-Même-Temps qu’on n’a pas le temps. Je vous laisse bosser. »
Plus tard, Semi-Chef Lula a essayé de s’expliquer avec lui et a proposé de faire en sorte, ensemble, d’éviter de se retrouver dans ce genre de situation. Je n’ai pas les détails de cette discussion, mais le débaroulage était rigolo.
Pour Chef NightWish, ça a été une occasion de bien aller se faire voir : un quick-lose.

La cuisine
Il y avait une cuisine assez bien équipée : micro-onde, frigo, plaques électriques. Je m’en servais régulièrement pour :
- préparer ma fameuse approxi-tartiflette à l’emmenthal fleuri,
- confectionner mon non moins fameux gratin de courgettes/concombres de Schrödinger,
- autopsier mes aubergines moisites,
- etc.
J’ai été abasourdi par la très faible fréquence de bordel et de craderies résiduelles. Dans une partie commune de ce genre, vous vous retrouvez inévitablement avec le frigo garni de trucs qui puent, le micro-onde retapissé à la déflagration de sauce tomate, le lave-vaisselle vomissant sa haine du monde, sans oublier la partie de Cluedo grandeur nature organisée par Collègue BifidusActif pour retrouver qui a becqueté son yaourt.
Eh bien là non. C’était relativement propre et relativement rangé. J’ignore comment ce miracle a pu se produire. Peut-être tout simplement parce qu’il n’y avait pas tant de gens que ça qui s’en servaient.
Après le Covid, les locaux étaient assez vide (ah c’est marrant, ça rime). Je venais bosser sur place tous les mercredis, l’ambiance était étrange, mais j’aimais bien. Il y avait au maximum 4 personnes dans la cuisine à la pause de midi.
Épilogue : peu de temps après que je sois parti, la cuisine a été pétée pour être remplacée par un burlingue générique. J’ai été triste.

C’était pas un coupe-papier-toilette !
Vous souvenez-vous de ce récit corporate du semencinaire annuel ? Je vous ai raconté que j’avais contribué à hauteur d’un coupe-papier-toilette, lors du rituel d’échange de cadeau.
Je vous ai menti pour brouiller les pistes et garder mon anonymat. Ce n’était pas un coupe-papier-toilette mais une brosse à caca. Cet objet brillait par son absence dans les chiottes boîtales. Je voulais que la personne récipiendaire de ce précieux cadeau ait la gentillesse de le reverser à la communauté boîtale. Ce qu’elle a fait de bon cœur. Merci Collègue Second-Hand-Aquafootball !

Ce serait tellement outrageant de ma part de vous faire une rétrospective professionnelle sans jamais parler de toilettes ni de caca, que j’espère bien que vous n’avez pas imaginé une seule seconde que j’allais commettre un acte si irrespectueux. Mais pensez-vous que ce chapitre que vous venez de lire est suffisant pour traiter le sujet ? Bien sûr que non ! Engouffrons-nous donc dans le chapitre suivant !
Le dernier cadeau de SuperMegaFondateur Béquille.
Il y avait parfois un vieux gars avec des béquilles qui errait dans les couloirs. Cette personne avait le titre le plus haut possible : SuperMegaFondateur. Il avait un bureau individuel, dans lequel il s’installait pour lire un dictionnaire à l’aide d’une loupe (?). Une rumeur circule : il aurait été vu admirant une image de femme brune aux formes généreuses sur un écran d’ordinateur. J’y crois pas, je l’ai jamais vu devant un ordinateur. Mais j’aurais été heureux de l’aider pour cette utilisation précise.
(Insérer ici une image de femme brune aux formes généreuses, même si ça a déjà été fait)
Un jour que je me rendais, devinez où, aux toilettes, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un superbe étron magnifiquement bien calibré, sur la lunette des chiottes ! Grand prince, je l’ai fait glisser à sa juste place, j’ai tiré la chiasse puis je suis parti utiliser les chiottes voisines. Je me demandais qui pouvait bien en être le ou la propriétaire. (Je devrais dire uniquement « le propriétaire », puisque c’était les chiottes pour hommes, mais dans ce contexte j’ai envie d’être inclusif jusqu’au bout). Qui pouvait avoir une personnalité si forte et si inébranlable au point d’être capable de commettre un tel exploit sans en éprouver aucune honte ?
Je croise SuperMegaFondateur Béquille et tout s’éclaire. Son trou de balle n’était pas parvenu à viser correctement à cause de ses jambes trop vieilles. Fier d’avoir résolu mon enquête, je me rends auprès de Colléguette Sérendipité qui s’occupe de l’accueil et je lui raconte ma petite histoire. Elle n’appréciait pas SuperMegaFondateur Béquille, car le seul mot qu’il lui disait était « café ! » lorsqu’il arrivait le matin. Elle était à la fois dégoûtée et heureuse d’obtenir une info croustillante sur lui, même si « croustillante » n’est peut-être pas le mot le plus adapté.
J’aurais une autre info croustillante au sujet de Colléguette Sérendipité, pour plus tard.
Si on reprend l’historique de mes histoires cacataires, dont le début est narré dans cet article, on constate une certaine gradation :
- En stage, on m’a accusé à tort d’avoir laissé du caca dans des toilettes alors que c’était pas moi.
- À Zarma.pro, j’ai révélé un caca laissé par quelqu’un d’autre, mais sans l’accuser ni le dénoncer.
- Et maintenant, à ConcreteWorld.🌍, je révèle un caca et dénonce son forfaiteur.
Je deviens de plus en plus fourbe et mesquin sur ce sujet. Quelle sera la prochaine étape ? Filmer quelqu’un pourrissant des toilettes et publier la vidéo sur internet tout en balançant son nom et son adresse ? Coudre des étoiles marrons sur les fesses de toutes les personnes qui laissent des cacas ? Devenir ministre de la délation fécale dans le gouvernement du maréchal Pet-Tain ? Cette gradation me fait peur.
Épilogue : quelques anées (un seul N) après cette métabolique histoire, SuperMegaFondateur Béquille est mort.
Je voulais vous parler encore d’autres trucs, mais ça fait un article déjà bien conséquent. Comme la dernière fois, je me garde ce qui reste pour un épisode 2.5 / 3. Bon mois de vacances ou de travail et à bientôt !




















