Événement corporate : les Temps Forts de Pochtronarr (2/2)

Re-coucou. Voici la suite de ce récit. Nous en étions resté au moment du repas de midi, juste avant ne que sonne le signal d’autorisation de se goinfrer gratos comme des gougnaffiers.

Le signal d’autorisation de se goinfrer gratos comme des gougnaffiers sonne.

Nous nous répartissons de manière aléatoire. Mes amis de tablée sont :

  • Monsieur Mucarpet de Carglass, dont nous avons déjà parlé,
  • Monsieur Gratiche de la Compagnie des Indes,
  • Monsieur Filaud de la Compagnie des Indes aussi,
  • Madame Oseffe de Global Oseffe,
  • Fournisseur-Sous-Mega-Chef Mick-Jagger,
  • Fournisseur-Développeur Drache-Code 2.

Madame Roupy est allé s’asseoir ailleurs, ce qui n’est pas plus mal, je l’entendrai pas glousser.

Monsieur Gratiche monopolise toute la conversation, vraisemblablement parce qu’il lui manque la moitié des dents. Il lui est donc plus facile de parler que de manger. Ça me va très bien, je n’avais rien à dire.

Florilège de ses propos corporatiste et post-colonialistement condescendant :

« Les Soudanais sont de très bon techniciens de centre d’appel. En revanche, ils ne prennent aucune initiative. »

« Nos amis africains … »

« Les gens en intérim, c’est pas facile à gérer. On tombe toujours sur un syndicaliste qui va râler et demander des notes de frais rapport à l’utilisation de son téléphone personnel dans le cadre du télétravail. »

« J’occupe mes loisirs à construire un précisomètre dans mon garage avec des Raspberry Pi. Et j’élève également un bébé-gorille qui parle, sur qui je tente des expériences de programmation neuro-linguistique ».

Les autres convives (#sous_le_signe_de_la_convivialité) ainsi que moi-même nous contentons de participer en gloussant (mais virilement) et en sortant des petites phrases d’acquiescement. Seules deux personnes se comportent différement :

  • Monsieur Mucarpet, qui ne décrochera ni mot ni gloussement de tout le repas. Sa seule utilité aura été de passer le sucre au moment du café.
  • Mick-Jagger, qui nous verse à piacher dans le but de mettre la tablée un peu moins mal à l’aise que ce qu’elle n’est au départ. Dans un moment d’égarement/mâchouillement de Monsieur Gratiche, il parvient même à placer une petite phrase sur un sujet de son choix, par une pirouette associative qui m’a échappée.

Mick-Jagger :

« Pour avoir fréquenté un tout petit peu le monde des stars, je peux vous dire qu’ils se dopent tous à la nandrolone. Je me souviens d’un type défoncé au crack, juste après il est mort. »

Merci, mais c’était pas la peine de préciser que t’as fréquenté le monde des stars. T’es quand même Mick-Jagger.

Ensuite on mange le dessert et je le trouve dégueulasse. Mais c’est gratuit et comestible, donc je bouffe sans chichis.

Hey, Mick, on get pas de no-satisfaction ?

Tables rondes

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Nous devons nous répartir en petits groupes et deviser sur l’un des sujets proposés afin de présenter en fin de journée le résultat de nos réflexions. Pour éviter le partage-en-gonade, des responsables de groupe seront nommés, qui auront pour charge de recadrer la discussion dans l’éventualité où celle-ci chercherait à s’enfuir on ne sait où.

Semi-chef Pez choisit le sujet « retour d’expérience client ». Il veut profiter de cette occasion pour rappeler aux ploucocratiens les bugs qu’on se coltine depuis le début, et leur mettre le nez dans leur propre merdassasse.

De manière aléatoire, je me greffe sur « propositions de nouveautés pour les briques constituantes des interfaces de doléances nobiliaires ». C’est un peu flou, mais on n’est plus à ça près.

Mes autres co-table-rondes sont constitués de :

  • Fournisseur-Consultant Frigo.
  • Monsieur Prossot, du Ministère de l’Administration. C’est lui qui est proclamé Gardien du Cadre de la Discussion.
  • Les autres on s’en fout.

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Au fait, pourquoi l’autre s’appelle Frigo ?

Il a eu l’occasion d’intervenir sur notre instance de Pochtronarr pour une montée de version. Pour ce faire, il avait pris le contrôle de mon PC par TeamViewer. Dans ce genre de situation, je reste en continu devant l’écran à surveiller ce qu’il se passe, car on a vite fait de se laisser voler des informations gênantes (aussi bien personnelles que professionnelles).

La prise de contrôle a duré la journée complète. Durant la pause de midi, alors que je geekouillais sobrement, je fis un copié-collé anodin. Quelle ne fut pas ma surprise d’obtenir le mot « frigo » ! Le gars était en train d’écrire un texte et ses copié-collés se transmettaient par TeamViewer.

Je me suis amusé à refaire des collés réguliers, ce qui m’a permis de reconstituer partiellement ce qu’il écrivait. Je vous en fait part tellement c’est amusant :

« Il y a une pléthore de choses indéfinies et grand-anciennes dans le frigo commun. Cela devient traumatisant. Merci d’arrêter votre harcèlement olfactif et de débarrasser les victuailles qui vous ont appartenues à l’époque de leur gloire passée. Ce vendredi je fais une rafle. Respect et robustesse. »

La leçon du jour, c’est qu’avec TeamViewer, y’a pas que le contrôlé qui laisse échapper des informations.

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Un préjugé naît dans mon esprit, à l’encontre de Monsieur Prossot. Il me semble complètement avoir la tête du gars qui se la pète et se croit un super-devinateur de ce que souhaitent « ses utilisateurs », alors qu’en fait c’est un pigeon géant.

On s’installe donc à la table-ronde (la même que celle du repas), la discussion commence. Frigo ouvre le feu en demandant quelle genre de briques doléanciales on voudrait voir avoir. Monsieur Prossot ouvre sa gueule et nous blablate les cas spécifiques occurrant à son Ministère. Il a conscience que la discussion s’égare et invite les autres à participer. Quelques personnes émettent de vagues suggestions (pas moi). Frigo autorise Monsieur Prossot à continuer de raconter ses trucs brumeux n’intéressant personne. La suite de la table-ronde sera constituée d’un dialogue entre eux deux.

Expressions rigolotes relevées :

  • « effet tunnel »,
  • « le panier moyen » (répété plusieurs fois, mais la signification n’en a pas été moins brumeuse),
  • « vaste sujet » (comprendre : « j’ai pas envie de parler de ça, alors je lèche un peu ton cul en te laissant croire que tu sais repérer les choses intéressantes dans ce dont on est censé discuter),
  • « c’est un projet à part entière » (pareil),
  • « le n+1, oui c’est bien ça, le n+1 ».

La discussion s’était échappée au loin, vers de grandes étendues de champs lexicaux et sémantiques. Je la voyais courir nue sous un soleil rieur et se rouler dans les foins tel un couple d’homosexuels libérés. À côté, mon esprit personnel vagabondait comme d’habitude dans diverses pensées vidéoludiques et programmatoire.

Fournisseur-Sous-Mega-Chef Mick-Jagger, qui passait de table-ronde en table-ronde pour voir si tout se déroulait bien, débarque, se rend compte de la gabegie, et commence à tancer le Gardien de la Discussion. Monsieur Prossot répond que c’est Frigo qui l’a autorisé à gabegiter et même à rejeter la faute sur lui. Mick-Jagger reporte son tançage sur Frigo. Celui-ci répond : « oui mais moi je m’en moque ».

Dans ce cas, pourquoi t’es là, connard ? Pourquoi on fait une table-ronde ? Pourquoi je suis là à écouter les conneries d’un pigeon ? Et surtout, surtout, POURQUOI A-T-ON ENLEVÉ LES BOUTEILLES DE VIN QUI ÉTAIENT LÀ PAS PLUS TARD QUE Y’A 5 MINUTES SUR CETTE PUTAIN DE TABLE-RONDE AU SUJET DE DONT À LAQUELLE ON NOUS SERINE DEPUIS LE DÉBUT ?

Bweuuuuheuu-heuuu-heuuuu. Je pleure mentalement. La table-ronde se termine. On passe à l’activité suivante.

Pas de vin tant que vous avez pas traité l’ordre du jour ni équeuté les haricots !

 

Témoignages de divers clients

Tous les Clients disent tous qu’ils sont globalement super contents de ce super outil. J’appelle ça le principe du marabout. Attention, instant vocabulaire.

Principe du marabout : vous avez un problème (amour, argent, travail, taille de zizi, grosseur de seins, …). Vous allez voir un marabout. Il dit que pour 50 euros, il peut tout régler. Vous le payez. Ça ne règle rien. Vous retournez le voir. Il vous dit que votre problème est compliqué. Un second rituel plus puissant est nécessaire, nécessitant 100 euros. Vous vous sentez obligé de repayer, sinon ça voudrait dire que vous avez initialement dépensé 50 euros pour rien. Et ainsi de suite. Vous claquez tout votre pognon et surtout, vous ne racontez cette histoire à personne, car vous auriez honte de passer pour un imbécile qui s’est stupidement fait arnaquer.

Les Clients de Ploucocratt s’étant fait marabouter, aucun d’eux n’ira dire que cette entreprise fait de la merde.

Mais laissons de côté ces considérations déprimantes et listons les choses rigolotes qui se sont dites.

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Fournisseur-Sous-Mega-Chef Mick-Jagger :

« Le browser qui nous a posé le plus de problème, c’est IE ».

Première nouvelle. Du coup, fallait pas mieux faire vos démos de la matinée avec un autre navigateur ?

Au passage, Mick-Jagger n’articule pas. Il a pas le temps. C’est un Sous-Méga-Chef, chaque seconde de sa vie vaut plusieurs milliards. Tous les mots de plus de 3 syllabes sont donc coupés au milieu.

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Les effets démos ne manquent inévitablement pas à l’appel.

« On avait préparé un PC sur lequel tout s’affichait. Un quart d’heure avant, on s’est aperçu qu’il ne pouvait pas se connecter au vidéo-projecteur. L’écran n’affichait rien ».

Tiens, ça me rappelle une expérience douloureuse vécue à Zarma.pro.

Et il y a eu aussi cette page web (à priori assez simple et sans plug-in) qui a marché sur un PC, mais pas sur un autre. Pourtant les deux étaient connectés de la même manière.

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Diverses demandes plus ou moins fantaisistes apparaissent :

Un Client : « Avez-vous prévu de faire une version de Pochtronarr en portugais ? »

Fournisseur-Consultant Frigo : « Vu ce qu’ils nous ont fait à la dernière coupe du monde, on n’est pas parti pour. »

Le public : « Hu hu hu. Que de lol. »

Un Client : « y’aurait moyen d’avoir des champs textes avec une mise en forme et dans lesquels on pourrait faire des recherches ? »

Fournisseur-Consultant Frigo : « On va essayer, mais c’est compliqué à faire. »

Moi : « Vous pourriez mettre du mark-down. C’est un texte brut recherchable, avec quelques caractères spéciaux pour la mise en forme. »

*Frigo semble intéressé, et note sur le tableau blanc « Mark DOWN ». (sic pour la casse).

Un Client : « ce serait bien qu’on puisse directement prendre une photo avec la tablette ».

Ha ha ha ! Les ploucocratiens savent déjà pas faire des pages web qui s’adaptent à la taille de la fenêtre du navigateur. Et tu leur demandes de faire du HTML5 qui va piloter la caméra de la tablette ? T’est un fou, toi.

Fournisseur-Consultant Frigo : « Les tablettes, c’est pas pratique car y’a pas de clavier. »

Ben oui. Une tablette, c’est pas un outil de travail. Tout le monde s’en est rendu compte.

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On retrouve quelques phrases de bourgeois condescendants

« L’informatique, pour le personnel routier, c’est un peu du chinoix ».

Je vous rassure, c’est aussi le cas pour certains informaticiens. Cette phrase bourgeoise est d’autant plus amusante que l’encodage de Pochtronarr ne gère pas les caractères chinoix. Mais je crois l’avoir déjà dit.

« Cette fonctionnalité est plutôt destinée à des cols blancs ».

La bonne vieille lutte des classes des années 60 ! Arlette Laguiller, tu peux venir s’il te plaît ?

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Témoignage de Monsieur Flapin, de AdopteUnPêcheur.com. Il nous explique que dans sa société, il y a des super-intendants et des super-super-intendants. Les intendants tout simple, ils sont où ?

Son collègue prend l’écran en photo, sur lequel est projeté le power point de présentation de sa propre boîte. J’ai pas compris.

L’un des raccourcis à l’écran était intitulé « VIRGINIE ». Bizarre.

Virginie ? Coucou !

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Ces conférences-témoignages sont une occasion de plus de se passer de la pommade.

« On n’est pas des gourous en terme d’organisation. Mais là, le consultant ITIL de notre Client avait pondu quelque chose de beaucoup trop fumeux et trop décalé par rapport à la réalité ».

« Oui, ça on sait faire, mais en standard ».

Euh… Pardon ? Si c’est en standard ça veut dire que c’est dans le produit de base, donc disponible pour tous les Clients. Pourquoi il y a un « mais » dans la phrase ?

Mick-Jagger : « Notre Client utilisait un outil équivalent à Pochtronarr, mais le coût de maintenance annuel était de XXXX euros. »

Le public (avec un air scandalisé) : « Ooooooohhhhh ».

Fournisseur-Consultant Frigo : « Pour ce besoin spécifique, on a fortement modifié et tordu notre outil ».

Fournisseur-Mega-Chef TecNoTIC : « Oui, on est très fort pour ça. »

Pour le coup, je ne crois pas que cette phrase soit un compliment ou de l’auto-satisfaction. C’est même un dénigrement de l’équipe technique : « le moteur interne de notre outil est tellement mal foutu qu’on est obligé de le tordre fortement pour lui faire faire ce que l’on veut ».

Cette remarque est d’autant plus gênante que ni TecNoTIC, ni les développeurs de Pochtronarr ne se sont rendus compte que ça pouvait être pris comme un dénigrement. Keep It Simple, Stupid !

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On finit ce chapitre sur un passage possiblement sexiste (parce qu’il y a écrit « ma bonne dame » à la fin).

Frigo : « Vous avez également la possibilité de créer automatiquement une doléance lorsqu’un utilisateur envoie un mail pré-formaté. »
Madame Roupy : « Oulala, on ne veut surtout pas cela. Sinon les doléances pleuvraient. »

D’accord. Mais du coup, tu sers à quoi ? Parce que si ton métier consiste à répondre aux doléances des gens, mais que tu préfères leur limiter les moyens d’en créer, il y a un petit problème, non ? Il est possible que tes collègues finissent par te voir comme la glandue assise à un bureau exécutant un travail mystérieux et hypothétique dont on ne distingue aucun résultat concret.

Et là tu vas me répondre que si on facilite le doléançage, des dizaines de clampins vont générer des doléances random totalement à côté de la plaque. Il faudra que tu leur expliques en long et en large ton périmètre d’action, à quel type de doléances tu es censée répondre, et de quelle manière elles doivent être formulée pour qu’elles soient réalisables. Je suis d’accord avec toi que c’est très chiant.

Malheureusement, ça fait partie de ton métier. Si tu as pour tâche de rendre un service à un groupe de gens, tu dois également leur apprendre la manière dont ils doivent procéder pour te demander correctement ce service. Tu dois former les clampins pour qu’ils ne fassent plus les clampins, au moins avec toi. Et si tu tombes sur des super-clampins qui comprennent vraiment rien où qui le font exprès, tu as alors le droit de répondre de manière plus violente : fermeture de leur compte, signalement aux chefs, chiage sur leur bureau, etc.

On est d’accord que sur un service ouvert au public, on ne peut pas trop faire comme ça, car le monde est beaucoup trop rempli de clampins, sur qui ont a une influence trop limitée. Mais quand le service que tu rends est à disposition uniquement de tes clients, ou en interne, à toi de te démerder, ma bonne dame.

« Nous souhaiterions avoir un bouton de couleur verte, permettant d’insérer un power point sous forme de vidéo. Ce sera prêt quand ? »

Compte-rendu de la table ronde

Chaque Gardien de Discussion vient déclamer son gentil bla-bla, de manière propre et obséquieuse bien comme il faut. Je ne parviens pas à repérer de remarques qui auraient pu émaner de Semi-Chef Pez dans le bla-bla du groupe « retour d’expérience client ». Peut-être qu’il a dit des choses trop dérangeantes et pas assez propre.

Vient le compte-rendu de mon groupe. Monsieur Prossot et Fournisseur-Consultant Frigo n’ont pas grand chose à dire. Comme prévu, Prossot charge Frigo un max, et Frigo montre de manière totalement assumée que ça ne lui fait ni chaud ni froid. (Vous avez saisi la blague ? « Frigo », « ni chaud ni froid ». Non ? C’est pas grave).

Ils s’en sortent scandaleusement avec des phrases à l’emporte-pièce :

Les gens du Métier, de toutes façons, ils changent tout le temps d’avis.

Oui, c’est pour ça qu’on a inventé l’AGILE, espèce de gros nul.

Il faut bien définir le besoin avant.

Contradiction spotted avec la remarque d’avant.

On peut pas plaquer un logiciel tout fait sur une entreprise avec un historique et une culture.

Je maintiens que pour une conclusion de cette qualité, on aurait pu laisser les bouteilles de vin sur la table-ronde.

Distribution des prix du quizz

Les cadeaux sont assez sympas : un système de positionnement karmagraphique (ça m’a rappelé mon ancienne boîte, comment je l’avais quitté et comment je me sens mieux maintenant) et un iPhone garanti sans huile de palme. Le tout annoncé par TecNoTIC d’un espiègle : « vous allez voir, c’est de la technologie ».

Il n’a pas mis de guillemets autour du mot « technologie », mais c’était pas loin.

Tous nos petits papiers-réponses sont dans une grand coupelle. Je ne suis même pas sûr qu’ils aient fait un pré-filtrage pour ne garder que les bonnes. Mick-Jagger prend deux papiers au hasard et annonce les noms. Si j’étais mesquin, je dirais que rien ne prouve que c’est ceux écrits sur les papiers.

La gagnante du karmaPos est Madame Raupy. Elle glousse sous les applaudissements de la salle.

Le gagnant de l’iPhone est Monsieur Gratiche. Il nous gratichie d’un sourire incomplet sous les re-applaudissements de la salle.

Dernier petit moment social empiffratoire, avec du café et des cookies. On discute un peu, je signale à l’un des Fournisseur-Développeur Drache-Code qu’il y a des fautes de frappe dans les noms des fonctions de leur API. Il me répond que surtout je n’hésite pas à le leur signaler. J’y crois pas une seconde. On dit au revoir à tout le monde et on se casse.

Avant de partir, Fournisseuse-Commerciale Jacquotte nous demande de rendre nos petits cartons avec écrit « Monsieur Réchèr » et « Monsieur Pez », ce que nous effectuons sans résistance. Pas cons les Ploucocratiens, ils les gardent pour nous les redonner l’année prochaine, ça leur fait des économies.

Spoiler alert : on reviendra pas l’année prochaine. Mais peut-être l’année d’après.

Rendez-moi les cartes, j’en ai besoin pour m’habiller.

Trajet de retour et conclusion

Le trajet se passe mieux qu’à l’aller, puisqu’on échange les rôles pilote-copilote. Semi-Chef Pez aura quand même eu le temps de chier un peu d’huile, et de faire clic-clac avec son chargeur de Pez. À un moment, il me dit : « Désolé, je te donne des consignes, j’ai l’impression de faire un cours de conduite ». Fallait vraiment pas qu’il se sente désolé pour ça.

Le moment le plus bizarre, ça a été quand il a pété dans la bagnole. Sans blague, lecteur ! Il a pété ! Ça m’a déprimé au plus haut point.

Ce n’est pas l’incommodité de l’odeur ni l’impolitesse de l’acte qui m’a déprimé. C’est par rapport à ma relation personnelle avec les prouts. Je suis quelqu’un qui pète énormément, avec des pets qui sentent souvent très mauvais. Ne me demandez pas pourquoi, j’en sais rien.

Par conséquent, dans les moments sociaux un peu coincés, surtout quand ils sont à huis clos, je fais attention de ne pas péter. Et je me sens toujours terriblement coupable lorsque j’en laisse échapper un. Je tente régulièrement de prononcer des vœux de non-flatulence, que je ne parviens jamais à tenir. Vous vous rappelez mon road-trip avec Chef Random, dans mon ancienne crémerie ? 3 heures de voiture sans péter. J’en ai gazeusement souffert, mais je m’en suis sorti la tête haute et l’anus innocent.

Et lui, il pète et semble n’en éprouver aucun remords. Ça m’a déprimé car j’aurais vraiment aimé avoir sa force de caractère.

Ah et sinon on a croisé une pute sur le trajet, avec des formes magnifiques. J’ai pas pu m’empêcher de la regarder plusieurs fois pendant de longues secondes. J’ai sûrement dû passer pour un adolescent attardé qu’a jamais vu de nichons en vrai dans sa vie, mais j’assume sans problème.

(insérer ici l’image d’une pute).

Ensuite on est rentré dans nos chez-nous respectifs.

C’était un événement corporate très chouette, que j’ai beaucoup apprécié car c’est mon premier en tant que Client. Je n’avais pas le stress de devoir passer pour un mec bien, d’essayer de vanter nos produits, d’essuyer les provocations en duel de clients mécontents, etc.

Si on veut chipoter, on dira que je n’y étais pas que en tant que Client, mais également en tant que « Client qui s’est méchamment fait arnaquer en achetant un logiciel tout pourri ». C’est un détail.

Maintenant, que j’y pense, tous les autres Clients avaient des têtes de pigeons qui n’y connaissent rien à l’informatique. Ce n’est peut-être qu’un préjugé. De plus, si c’est des pigeons, j’en fais partie.

C’est pas grave. Je me suis bien amusé !

Moi, incommodé par le prout de Semi-Chef Pez.

Événement corporate : les Temps Forts de Pochtronarr (1/2)

Hey vous, voici le récit d’un événement corporate.

Y’en a une tartine, donc je l’ai coupé en deux.

Contextualisation rapide

Je travaille à ConcreteWorld.🌏, une société qui a pour mission de conserver la réalité dans l’univers.

Nous détectons et corrigeons les événements de non-application des lois de la physique avec une réactivité et un soin exemplaire. Vous avez entendu parler des bugs dans la Matrice ? Eh bien dans les mètres-cubes-seconde de coordonnées spatio-temporelles dont nous avons la charge, il en est survenu très peu. Notre activité grandit progressivement, car la confiance de nos clients, la ténacité de nos commerciaux et l’abnégation de nos techniciens nous font remporter de plus en plus de m³.s.

Cette description provient de notre site internet. J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop pour le corporate bullshit.

Comme toute entreprise qui se respecte, nous utilisons un « outil de gestion de trucs ». Celui-ci supervise, entre autres, les latences de causalité, les pertes d’euclidianité, la localisation des relais de synchronisation d’entropie, la surveillance de la machine à café, les stocks de papiers toilette, etc.

Très souvent, le fameux outil « pour tout gérer » ne gère finalement rien, mais ce n’est pas intrinsèquement de sa faute. C’est juste qu’il faudrait finir de le configurer, le maintenir, saisir les données nécessaires, mettre à jour les processus, etc. Bref, tout ce qui a été malencontreusement pas mentionné ni prévu lors de son achat. L’outil végète donc dans un coin et est utilisé pour 0.05 trucs sur les 1000 imaginés au départ. Pour achever le tout, il est souvent indisponible et avec un temps de réponse décourageant, car le serveur sur lequel il a été installé héberge maintenant 10 autres applications qui elles, sont utilisées réellement.

À ConcreteWorld.🌏, c’est un peu différent. Si l’outil qui gère tout ne gère rien, ce n’est pas uniquement à cause de son environnement, c’est aussi et surtout la faute de l’outil lui-même, buggé jusqu’à la garde. Je ne vais pas vous faire la liste complète des aberrations de ce charnier de code, j’en aurais pour une bonne douzaine d’articles de blogs. Retenez juste ces 3 informations principales :

  • L’outil se nomme Pochtronarr.
  • Il est édité (et vendu à un prix non négligeable) par une société appelée « Ploucocratt ».
  • Il est tout pourri.

Le décor étant planté, je peux maintenant vous narrer l’événement corporate dont il est question : Ploucocratt nous a convié à un rassemblement de leurs Clients, afin de nous présenter les évolutions des produits, d’échanger entre nous, de participer à des tables rondes, de bouffer gratuit, etc. Ils ont baptisé cette journée : « Les Temps Forts de Pochtronarr », en précisant bien qu’elle serait placée « sous le signe de la convivialité ». Youpi.

L’invitation à ces Temps Forts nous est arrivée sous forme d’un mail, dont la première ligne était :

Bonjour, cher {nom_du_contact}.

Petit souci de template de mass mailing. M’étonnerait pas qu’ils aient programmés ça avec Pochtronarr.

J’étais moyen chaud pour faire le déplacement, mais Semi-Chef Pez y tenait grave taquet, alors j’ai fini par dire « banco ».

Semi-Chef Pez est le responsable de la mise en place de Pochtronarr. En fait c’est un Collègue, mais Chef Peyotl m’a donné pour ordre de suivre ses directives, ce qui l’a donc promu au grade de Semi-Chef.

Il s’appelle Pez car il a une dépendance au sucre. Il a toujours un chargeur de ces petits bonbons, et en ingère un de temps en temps dans un petit bruit de « cla-clak ».

Chef Peyotl s’appelle ainsi car il a visité tous les pays du monde pour trouver l’alcool qu’il apprécierait le plus. Ça s’est révélé être le peyotl.

 

En route !

Nous voilà donc partis en road trip, Semi-Chef Pez et moi, en direction du fief de Ploucocratt.

Comme précédemment révélé, je suis une grosse quiche au volant. Il existe des conducteurs qui maîtrisent, mais qui aiment les sensations fortes, ce qui les rend dangereux. Moi c’est plus simple, je maîtrise juste pas.

Semi-Chef Pez est une grosse quiche en guidage de conducteur, car il ne sait pas se servir d’un Tom-tom.

Nous avons donc très intelligement attribué le rôle de conducteur à moi-même, et celui de copilote à Pez. Plusieurs mois après, il m’a avoué que mon style de conduite chaotique lui avait fait « chier de l’huile » durant tout le trajet.

On devrait avoir le droit de dire sur son CV qu’on est, voituralement parlant, un handicapé saltimbanque cyclothymique.

Rien d’autre de notable à dire sur ce passage de ma vie. On arrive à l’hôtel, on s’installe, on se retrouve pour bouffer, on a une discussion conventionnelle, on se retire chacun dans notre chambre-bungalow respectif. Je trouve un scolopendre dans le lavabo, mais osef.

 

Le matin

Mini-trip en voiture, mini-chiage d’huile par Pez et nous arrivons au prestigieux lieu des Temps Forts. Nous sommes accueillis par des Ploucocratiens habillés en semi-formal, ce qui souligne la convivialitude de l’événement, tout en montrant qu’ils ont fait un petit effort pour nous, car un peu de lèche-bottage ne fait jamais de mal.

On nous donne à chacun un sac à goodies contenant du bla-bla de présentation, un formulaire de participation à un quizz stupide, un polo et un chargeur universel de trucs rechargeables. Ce serait des objets intéressants s’ils n’étaient pas estampillés « Pochtronarr ».

Nous nous voyons également offrir un petit carton à notre nom, à accrocher à notre boutonnière, afin de savoir qui est qui et de quelle boîte. Nonobstant le fait que la police de caractère utilisée est le Comic Sans MS, les prénoms ne sont pas écrits. C’est « Monsieur Machin », « Madame Truc », etc. C’est pas ce qui aide le plus à se placer « sous le signe de la convivialité ».

On prend place pour les premières démonstrations, le thème étant « les nouveautés de la nouvelle version ». Je ne vous conte pas tout en détail, ce serait lourdingue (autant que le fait que cela nous est présenté sous forme de Power Point). Voici donc un florilège des moments les plus amusants.

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Diapo de remerciement général, avec les logos de tous les gentils clients, disposés de manière à former le mot « merci ». Celui de ConcreteWorld.🌏 n’y est pas. On ne doit pas être assez prestigieux, ou alors ils nous détestent parce qu’on arrête pas de relever leurs bugs et leurs failles de sécurité.

Diapo de trombinoscope des fringants employés ploucocratiens. Le locuteur annonce : « je vais lister les gens de gauche à droite » et il les liste de haut en bas.

Nous avons :

  • Fournisseur-Mega-Chef TecNoTIC.
  • Fournisseur-Consultant Frigo.
  • Fournisseuse-Commerciale Jacquotte.
  • Fournisseur-Dir-Tech Ashereff.
  • Fournisseur-Sous-Mega-Chef Mick-Jagger.
  • Fournisseur-Support Jeunot.
  • Fournisseur-Consultant Craquelé.
  • Fournisseur-Développeur Drache-Code 1
  • Fournisseur-Développeur Drache-Code 2
  • etc.

Vous l’avez certainement déjà compris : leur titre de noblesse à tous est préfixé de « Fournisseur » car ils sont fournisseurs de ConcreteWorld.🌏. On aurait pu utiliser le préfixe « Sous-Traitant », mais c’est moins classe, et ça aurait fait des titres encore plus long.

Nous expliquerons au fur et à mesure du récit les noms de certaines de ces personnes.

Diapo animée vantant les fonctionnalités de Pochtronarr, avec des engrenages qui tournent. Ils ne sont pas synchros et se traversent. C’est très amusant et très représentatif de l’outil : à première vue tout fonctionne, mais dès qu’on fait le moindre simple test, des symptômes révèlent que tout va péter et que c’était totalement irréaliste de croire que ça allait marcher.

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Dans une présentation corporate, l’humilité assumée est le nouveau moyen de se la péter. On dit qu’on s’est planté, pour pouvoir ensuite insister sur le fait qu’on a été suffisamment observateur pour détecter le problème, suffisamment intelligent pour se remettre en question et suffisamment re-intelligent pour trouver une autre approche. Fusent alors des expressions comme : « on s’est aperçu que », « on a corrigé les erreurs de jeunesse », « on reconnaît que », etc.

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Expressions qui claquent :

« On se développe à l’international, nous avons maintenant des clients à Monaco. »

Ouais, sauf que la base de données de l’outil est encodée en Latin-1. Du coup, vous allez vous développer à l’international-anglais. Oublions les chinois, les arabes, les russes et les grecs.

« Nous éditons un ERP Métier ».

Le mot « Métier », ça impressionne toujours.

« Une solution adaptée au marché, avec les nouvelles technologies ».

En vrai c’est du C#, les pages web sont en asp.net, et le langage de script pour implémenter les process Métier c’est du … On verra ça plus tard, je vous laisse la surprise.

« On a un existant qui est lourd ».

Ça veut dire que leur base de code est pourrie, mais qu’ils n’ont pas la capacité intellectuelle et/ou financière de poser leurs gonades sur leur clavier et de tout remettre à plat. Donc ils rajoutent des couches de bordel, des patchs, des bouchons, des solutions de secours, des outils externes qui rattrapent les boulettes, etc. En tout cas, cet « existant lourd » est leur excuse par défaut à chaque bug que je leur signale.

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Un gros paquet de communication a été émis concernant la nouvelle version majeure de Pochtronarr, un paquet encore plus gros sur la refonte totale de l’aspect visuel, l’ergonomie et la convivialité. (Décidément, ce mot « convivialité », il claque, voire même il chabraque du brontosaure hydrocéphale à la scie égoïne).

Durant les différentes démonstrations, les impondérables suivants ont été relevés :

  • Un clic sur une option fait apparaître un sous-menu déroulant, mais celui-ci est masqué par certains éléments de la page. Petit souci de « z-bug ».
  • Un tableau de données s’affiche au même endroit qu’un autre texte. Il faut développer-réduire deux fois de suite ce tableau pour que ça se réorganise correctement.
  • La liste d’une combo-box est coupée par la limite du formulaire dans laquelle elle se trouve, et n’affiche que les deux premiers choix.
  • Une fenêtre d’alerte mal taillée, cachant la fin du texte du message.
  • Diverses fautes d’orthographe dans les formulaires, en particulier des terminaisons de verbe « er/é ». (Astuce futée : remplacer par un verbe du troisième groupe, le mieux étant le verbe ‘prendre’, car il permet de détecter le féminin avec ‘prise’).
  • Un mail envoyé automatiquement, comportant le mot « Mail » dans son sujet. Merci Captain Obvious.

Je dois toutefois modérer mon propos : plus tard, j’ai eu l’occasion de tester cette fameuse nouvelle version avec Chrome et Firefox, et la plupart de ces impondérables n’y sont pas apparus. C’est juste que là c’était sous IE.

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Madame Roupy, de la société Nil, glousse à chaque remarque prétendument humoristique.

Est-ce que c’est sexiste, de mentionner ce non-événement, ou pas ?

Ça ne devrait pas, puisque cet article brosse également le portrait d’individus masculins, en des termes aussi peu élogieux que ce que je viens d’écrire là. Mais le gloussage est une activité qu’on attribue péjorativement aux femmes, donc c’est sexiste de renforcer ce stéréotype. De plus, je mentionne beaucoup d’hommes, ce qui amène quelques petits passages avec des termes moins pas-élogieux que d’habitude. Or, je n’ai pas l’occasion de faire cela avec les femmes, puisqu’elles sont moins mentionnées. Là encore, c’est sexiste. Mais c’est pas de ma faute dans le sens où il y avaient beaucoup plus d’hommes que de femmes lors de ces Temps Forts.

Est-ce que je dois augmenter artificiellement la mention et la présence des femmes dans cet article, pour atténuer le sexisme et la non-parité inhérente aux métiers de l’informatique ? Est-ce que ça ne risque pas de rendre mon article bidon, encore plus irréaliste que ce qu’il n’est déjà, et entâché de bien-pensance niaise ?

Est-ce que c’est sexiste d’avoir écrit ce paragraphe de réflexion interne, qui sous-entend lourdement que si je me suis senti obligé de l’écrire, c’est justement parce que notre époque a changé et qu’on doit maintenant faire beaucoup plus attention à ne pas balancer des remarques relevant du sexisme ordinaire ?

Je ne sais pas. Passons à autre chose.

Où sont les femmes qui auraient pu faire de l’informatique ? Ah ben elles sont là.

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Ces Temps Forts sont également l’occasion pour les ploucocratiens de s’envoyer des fleurs entre eux et se faire des petites blagounettes de convivialititude.

« Le rendu des graphiques en mode image était très mauvais. Mais nos développeurs ont arrangé ça et j’ai été bluffé. »

« Je ne désespère pas qu’ils améliorent la fonctionnalité des récaps. (Hu hu hu, j’en profite pour leur passer des messages). »

« On est les seuls à faire un produit qui soit compatible Oracle, postgreSQL et SQL Server »

Oui, euh… ça s’appelle un ORM (Object-relational mapping). Django le fait, pour ne citer qu’eux. Sauf que vous, vous mettez les différences de dialecte SQL au niveau des scripts de process métiers, alors que ça devrait être à un niveau plus bas (dans le moteur de l’outil). Parce que là on doit tout se repalucher à chaque script. Dans les faits, on repaluche rien, on reste sur le SGBD choisi au départ, et on prie pour qu’on n’ait jamais besoin de le changer.

« Il reste un petit souci avec les indicateurs graphiques, mais les développeurs vont nous optimiser tout ça. Il y a eu un gros effort d’intégration. »

« Haha, quel rigolo je fais ! Dans le formulaire, je n’ai coché que des PC marqués comme étant ‘en panne’. »

« Oups, ça n’a pas marché. Mais c’est normal, le champ Description est obligatoire. Quel intelligent coquin cet outil ! Il me demande de me justifier. »

Fournisseur-Mega-Chef TecNoTIC annonce fièrement :

« on a entièrement restructuré nos méthodes de travail en interne, maintenant, on est AGILE. Les développeurs sont à fond durant leurs ‘ ‘ ‘sprints’ ‘ ‘. ».

Il avait tellement mis de guillemets autour du mot « sprint » qu’on a tous compris que pour lui, ça restait un terme très exotique. Et il avait tellement mis de guillemets autour des guillemets autour du mot « sprint », qu’on avait également compris qu’il revendiquait sa non-comprenance totale de la méthode AGILE.

TecNoTIC s’appelle ainsi car il travaille dans une entreprise de TIC, mais lui-même n’y connait rien. Vous avez peut-être déjà rencontré ce genre de chef. Ils se vantent de leur ignorance. C’est un comportement que l’on pourrait relier au concept de « l’humilité assumée qui est un nouveau moyen de se la péter. ».

Mais c’est aussi une insulte envers lui-même. L’informatique fait maintenant tellement partie de notre vie que même si vous ne travaillez pas dedans, c’est important de s’y connaître un minimum.

Et c’est aussi-aussi une manifestation de condescendance, voire de mépris, envers ses employés : « la programmation est un domaine pour les gueux travaillant au bas de l’échelle. Je suis au-dessus de ça, donc je n’ai pas besoin de m’y connaître ».

Petit édulcorage de mon propos : j’ai eu l’occasion, plus tard, de rediscuter avec cette personne, il se trouve qu’il s’y connait malgré tout un minimum. Disons qu’il sait ce qu’est un cookie et qu’il a une vague connaissance du concept de l’authentification décentralisée.

Allez les gueux ! Finissez-moi ces features et pondez-moi cette release ! *claquement de fouet

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Je profite de toutes ces démos pour remplir la feuille du quizz à la con.

Il est gavé de questions stupides et captain-obvioussesques. C’est limite un dénigrement de mon intelligence et de ma mémoire.

La dernière question :

Qu’y a-t-il dans la nouvelle version de Pochtronarr (multi-cochage possible) ?

– Une refonte totale et endoscopique de l’interface utilisateur.

– Un module d’analyse d’image vous obligeant à utiliser des photos de vous à poil pour votre image de profil.

– Un changement de paradigme intrinsèque dans le noyau du sous-moteur déterminant la couleur des graphes en camemberts.

Je rajoute une case en dessous, sans la cocher, et j’écris : « intégration du langage python, parce que les scripts métiers en Small-Talk avec l’IDE de Scratch, on a fait mieux depuis ».

Voilà comment ont programme les scripts. Ça valait le coup de l’annoncer avec un peu de suspens.

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Parfois, les ploucocratiens s’envoient de vilaines petites piques.

« Nombreux sont les consultants qui ont eu un peu de mal avec la nouvelle fonctionnalité de multi-affichage. »

« On a eu quelques mauvaises surprises sur les temps de réponses. »

(Après une remarque d’un ploucocratien random) : « Non mais c’est à moi de parler, c’est pas à toi ».

« Je suis pas commercial, je fais pas d’effet d’annonce. »

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Et bien sûr, nous avons les inévitables aléas dûs au célébrissime « effet démo ».

« Ah, mon poste n’est pas en forme. »

Le glisser-déplacer d’un fichier dans une zone d’un formulaire web qui foire.

Une belle petite erreur 500. On a les mêmes. Elles sont totalement aléatoires.

« Moui bon, il y’a un petit souci sur les abscisses. »

(Aspect visuel, convivialitationnitudité, tout ça…)

Tentative de faire un regroupement de champ avec un tableau de données de 3000 enregistrements. Boum, ça pète.

« Ça devient moins rapide au fur et à mesure qu’on rajoute des fonctionnalités. »

Euh, non. Quand le moteur interne est bien structuré et que la fonctionnalité est ajoutée correctement, ça ralentit pas tout le reste. Mais bon…

« Ouh, vous êtes un aventurier. »

C’est la réponse que j’ai obtenue après avoir demandé qu’on teste quelque chose de particulier (je ne sais même plus ce que c’était, et osef). À vrai dire, j’avais à peine énoncé une action préliminaire à ce que je voulais réellement voir testé. Rien que ça faisait déjà de moi « un aventurier ».

« Globalement, normalement, ça fonctionne. »

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Parfois, les problèmes ne viennent pas d’un vilain et inattendu effet démo, mais des fonctionnalités elles-mêmes, ou de la manière de les présenter.

« À la demande de beaucoup de nos clients, l’enquête de satisfaction a été intégrée dans les mails ».

Dit comme ça, c’est impressionnant. En vérité, c’est juste des urls ouvrant sur une page spécifique de Pochtronarr. Et comme les infos de connexion ne sont pas enregistrées dans un cookie comme dans tout site qui se respecte (me demandez pas où elles sont enregistrées, j’ai même pas cherché), eh bien il faut se relogger pour répondre à l’enquête. Passons…

Démonstration de cette fonctionnalité. L’exécuteur de la démo clique sur la note la plus mauvaise (un petit smiley pas content du tout, #on_est_trop_des_geeks) et indique en commentaire : « ça ne marche pas, gros nuls ». Voilà un story-telling couronné de conconvivivialiturpitude !

« Le champ ‘Remarques’, vous oubliez ».

Ce champ contenait du putain de SQL. Merci de ne pas nous prendre pour des débiles. S’il est là, à priori c’est pas pour rien et faut justement pas « l’oublier ». D’autres part, quelle décadence d’enchaînement d’événements a-t-on dû s’infliger pour se retrouver dans une situation dans laquelle un champ intitulé « Remarques » doit contenir du SQL  ?

« Wolk on line »

Il s’agit de la manière dont Fournisseur-Consultant Frigo prononce le terme « Wake on lan ». (Plus de détails ici : https :// fr.wikipedia.org/wiki/Wake-on-LAN).

De manière générale, j’ai remarqué que l’ensemble des interfaces et de la documentation de Pochtronarr montre des symptômes inquiétants de gloubiboulgatisation sémantique et de mauvaise maîtrise du langage (qu’il soit parlé ou de programmation) : fautes d’orthographes, homonymes dans les noms de concepts, code non factorisé, encodage et caractères spéciaux non compris, etc. Ce « wolk on line » en est une confirmation.

Vous vous rappelez de Collègue Eurod’, l’anti-Raymond Devos de l’ancienne crémerie où je travaillais ? Je retrouve un petit peu de lui dans Pochtronarr.

Sur ce, les fabuleuses démonstrations du matin se terminent, il est temps de se précipiter vers la boustifaillou-graillasse.

 

Repas de midi

Sauf que c’est pas tout de suite l’instant boustifaillou-graillasse. Là c’est « temps libre pour sociabiliser avec nos homologues d’autres sociétés ». Une idée fort louable, mais pour laquelle je n’ai que très peu de talent. J’envoie un SMS à une personne imaginaire pour me donner une contenance.

Semi-Chef Pez, qui est meilleur que moi à ces mondanités, parvient à choper « Monsieur Mucarpet », un techos d’apparat de chez CarGlass affublé de lunettes de la sécurité sociale. Oui oui, ils ont des techniciens informatiques chez CarGlass. Et leurs verres de lunettes sont très épais.

C’est une belle prise de la part de Pez, car nos deux instances de Pochtronarr ont un bug en commun. Une histoire de changement d’état d’un neuro-transmetteur virtuel qui est aléatoirement non pris en compte. On est à la fois rassurés de voir qu’on n’est pas les seuls à avoir une foule de problèmes avec cette merde, et inquiets de voir que ces problèmes ne semblent pas résolus, ni même pris en compte, ni même reconnus par les ploucocratiens.

On tente de le leur faire entendre. Fournisseur-Dir-Tech Ashereff répond : « chez d’autres clients ça marche », et « c’est la faute à vos scripts métiers, quand vous en codez un, il faut toujours mettre le changement d’état en dernier ». Je veux bien être d’accord, mais le bug a lieu lors de l’exécution d’un script standard fourni avec Pochtronarr. Donc soit ils respectent pas leurs propres consignes, soit ça vient pas de là. Bref, chou blanc pour tenter d’attirer leur attention sur ce bug.

Entre temps, Semi-Chef Pez alpague d’autres ploucocratiens pour les vilipender, comme quoi l’installation de notre Pochtronarr aurait été effectuée via un concours de lancers de seaux de vomi.

Les ploucocratiens alpagués admettent sans trop de résistance que le consultant qui nous a été affecté s’est révélé par la suite être un radiateur de la planète Radiateur, déguisé en humain et visitant la Terre dans le cadre d’une excursion « Tourisme authentique de galaxies panachées ». Il a été viré depuis, mais les séquelles de son passage parmi nous restent encore.

Je suis content que Ploucocratt avoue avoir copieusement merdé. Par contre le minimum aurait été de réparer. Or, la seule chose qu’ils nous proposent c’est : « on corrige vos bugs, on finit de livrer ce que vous avez demandé au départ, on tire un trait et on repart à zéro ». Mouais bof. Je trouve ça un peu léger comme réponse. Et de toutes façons, il n’ont pas spécialement corrigé leurs bugs (se référer à ce que je viens de raconter juste avant).

Dialogue entre Semi-Chef Pez et Fournisseuse-Commerciale Jacquotte :

− On aimerait aussi avoir une fonctionnalité d’arborescentisation des psycho-tropismes. Comment on peut faire ça ?
− Pour toute demande d’évolution, voyez avec votre consultant.
− Oui, et c’est qui ? Parce que ça a changé quatre fois depuis cette histoire de radiateur déguisé en humain.
− …

Jean-Rudy Radiateur, en train de se reposer.

Fini pour aujourd’hui

Comme annoncé, je coupe ce récit en deux. La suite arrivera le mois prochain. J’imagine qu’une multitude de questions cruciales hantent maintenant votre esprit :

  • Qui remportera les cadeaux du quizz idiot ?
  • Réchèr aura-t-il l’occasion de boire suffisamment d’alcool pour se désinhiber et dire ce qu’il pense vraiment de Pochtronarr ?
  • Quel est le secret du nom de Fournisseur-Consultant Frigo ?
  • Pourquoi ?

Vous le saurez au prochain numéro.

Bonne grosse galère avec le contrôle parental intégré à Windows 10

Il a fallu que j’installe un truc comme ça, pour des amis qui n’y connaissent rien aux ordinateurs et qui ont des enfants.

La famille, c’est important.

J’avais antérieurement décidé d’arrêter de parler d’informatique aux gens, car ça les saoule et ça me saoule que ça les saoule. J’ai accepté d’installer ce contrôle parental en échange de bières, mais je ne leur ai donné qu’un minimum d’explications. De toutes façons, les amis en question n’étaient pas plus intéressés que ça de savoir comment ça marche à l’intérieur et c’est bien leur droit.

Donc, ces personnes sont nantis d’un ordinateur avec Windows 10, ainsi que de deux enfants prénommés « Enfant_A » et « Enfant_B ». Au début, ils ont hésité à leur donner des prénoms originaux tel que « Enfant_1 » et « Enfant_2 », puis ils ont préféré opter pour du semi-classique.

Il s’est occurré un ensemble non négligeable de galères. Je vais vous les décrire sans screenshots, veuillez m’en excuser. Je n’ai pas pensé à les faire sur le coup et je n’ai pas envie de les refaire car ça m’a vraiment énervé.

Je débute par quelques recherches et tombe sur cet article à la con (http:// www. cnetfrance.fr/produits/logiciels-controle-parental-39807617.htm).

On y dit que le meilleur logiciel est « Microsoft Family Safety », qu’il détecte tous les vilains trucs pas-pour-enfants et qu’il est « bien intégré au système », ce qui semble tout à fait plausible puisque produit par Microsoft.

Création du compte des parents

Le PC avait un seul compte en local. Il est précisé que Family Safety nécessite un compte connecté à Microsoft. Soit, ça a du sens.

Je dois donc transformer le compte existant. Pour cela, il faut une adresse e-mail. Je n’ai pas envie d’utiliser celle des parents, car ça voudrait dire qu’il faut que je leur demande de se connecter, de cliquer sur le lien de validation, etc, ça me lourde. Je veux faire ce qui m’est demandé en sollicitant le moins possible les demandeurs, sinon il va falloir leur expliquer des choses qu’ils ne vont pas comprendre et ça va durer des plombes. De plus, ils n’ont pas forcément envie que les vilains GAFAM prennent connaissance d’un lien évident entre leur ordinateur et leur adresse mail.

Je spécifie donc dans Windows une adresse en « yahoo.fr », puis je vais sur ledit Yahoo et je la crée vite fait.

Retour aux paramètres Windows, je clique sur « valider le compte », ce qui génère collégialement un mail comportant un lien, que je devrais cliquer pour prouver que c’est bien moi.

Sur Yahoo : pas de mail.

Après moult temps de galérage, je réalise que l’adresse est en yahoo.com et non pas yahoo.fr. J’avais vaguement vu, lors de sa création, qu’il y avait écrit « .com » et que je ne pouvais rien y changer, mais je ne m’étais pas affolé plus que ça. Je pensais que tout se redirigerait vers la même boîte. J’utilise quotidiennement une adresse en yahoo.fr qui fonctionne très bien.

Mes interrogations me mènent là dessus (https:// forums.yahoo.net/t5/Manage-your-account-settings/unable-to-create-a-yahoo-ca-account/td-p/38699).

Les mails nouvellement créés sont forcément en yahoo.com. Ça a changé à un certain moment, sans trop qu’on sache pourquoi. Merci Yahoo.

Je re-retourne aux paramètres de Windows et tente de changer l’adresse. Ça ne semble pas possible. Mais en fait si, sauf que c’est proposé au moment de l’envoi du mail de validation, et non pas directement dans les paramètres. Mais en fait non car quand je le fais et que je change en yahoo.com, j’ai un message avertissant que « l’adresse n’existe pas ».

Dans le doute, je me suis envoyé un mail de test, qui a fonctionné. Donc si ! L’adresse yahoo.com existe, espèce de connard !

Finalement, je suis reparti de zéro, j’ai créé un nouveau compte Windows connecté, avec une nouvelle adresse que j’ai définie en gardant les paramètres par défaut. Ça m’a balancé du outlook.fr, mais je suppose que vous l’aviez vu venir. En tout cas, ça fonctionne.

Au passage, j’ai dû ajouter un mot de passe au compte, ce que j’avais de toutes façons l’intention de faire, pour empêcher les enfants de s’en servir.

Création du compte des enfants

Afin d’éviter des prises de têtes supplémentaires, j’avais décidé que les deux bambins utiliseraient un unique compte Windows de type « enfant ». Celui-ci doit également être connecté pour que « Microsoft Family Safety Mes-Fesses » puisse fonctionner. Soit. On n’est plus à ça près.

Je crée ce compte. Il est possible de choisir : « cet enfant n’a pas de mail ». Très bien.

Et juste après, on me demande de spécifier une adresse mail !

J’ai été totalement WTF-isé. J’ai refait l’enchaînement des actions, j’ai essayé de voir s’il y avait des options ou des boutons que je n’avais pas vu, je n’ai rien trouvé de concluant. Je me suis peut-être trompé quelque part, mais il semblerait bien qu’on soit obligé d’avoir un mail même pour les comptes n’en ayant pas. Je suppose que c’est inévitable : si le compte doit être connecté, il faut forcément des informations d’authentifications, donc un mail.

Re-soit, j’en crée un.

Là je vous ais simplifié le récit. En réalité, j’ai tenté de créer le compte enfant et le compte parent en même temps. C’est à dire que la galère yahoo.fr / yahoo.com, je l’ai eu en double. Passons.

Je me retrouve finalement avec un compte enfant doté d’un nom à la con se terminant par « outlook.fr », qui s’affiche à l’ouverture de session et qu’on ne peut pas changer. De plus, il faut obligatoirement y associer un mot de passe. Super convivial ! Enfant_B a à peine 5 ans. Est-ce qu’on peut éviter de le faire chier à retenir un mot de passe, sachant que c’est ce qu’il fera à foison durant toute la suite de sa vie ?

Bon, c’est pas grave, re-« on n’est plus à ça près ». Je valide le tout et configure le contrôle parental dans l’interface idoine. Ça se passe assez bien, on peut configurer la durée et les plages horaires d’utilisation, des catégories de sites autorisés/interdits, une liste noire, une liste blanche. Je laisse la plupart des valeurs par défaut, les parents n’auront qu’à se démerder avec ces détails.

Edge deg’

Vient ensuite le moment du test.

Ah en fait non, je ne suis même pas arrivé jusque là.

Après avoir terminé la configuration, j’ai eu un petit message avertissant que le filtrage web ne fonctionne qu’avec le navigateur Microsoft Edge.

Les parents utilisent principalement Chrome et parfois Firefox (comme quoi ils ont un tout petit peu de culture informatique). En tout cas ils n’utilisent ni Internet Explorer, ni Edge.

Enculé de Family Safety de mon cul, et putasseries d’articles de top ten du contrôle parental. Vous pouviez pas prévenir dès le départ ? Je ne me serais pas pété les gonades à faire tout ça et je serais passé directement à autre chose ! Saloperie de merde de vieille pute camphrée de gangrène liquide de fasciite nécrosante de qksdmlf jksqmldj de mlkjmqlksdj de ʐʑʓʔʕʖʗʘʙʚʛʜʝʞʟʠʡ ʢʣʤʥʦʧʨʩ ʪʫʬʭʮʯ de য়ৠৡৢৣ০১২৩৫ ৬৭৮ৰৱ৲৳৴৵৶৷৸ ৹৺৻ਁਂਃਅਆਇਈਉਊ !!!!!

At the edge of the world avec Microsoft Edge : au bord du gouffre.

Finalement

J’ai pris le deuxième choix du top ten : Norton Family.

C’est beaucoup plus simple.

La version gratuite est à usage illimité, et contient les fonctionnalités les plus indispensables. Tout est clairement listé ici (https://  family.norton.com/web/?ULang=fra).

Je me suis inscrit sur leur site avec une seule adresse mail, comme n’importe où ailleurs. J’ai finalement pris celui des parents, sinon j’allais craquer. J’ai installé l’application. Dans les paramètres de Windows, j’ai créé un compte local avec mot de passe pour les parents, et un compte local sans mot de passe pour les enfants. J’ai défini les correspondances avec les comptes Norton Family. Pour finir, j’ai configuré le filtrage web et la durée d’utilisation.

J’ai ensuite expliqué aux parents et aux enfants qu’ils devaient systématiquement verrouiller la session quand ils n’utilisent pas l’ordinateur. Pour les enfants, la connexion est assez facile, il suffit de cliquer sur leur compte, puis sur « se connecter ». Celui-ci a été intitulé Miss Tomate, le nom d’une des peluches d’Enfant_B. L’image d’avatar est bien entendu appropriée. Nous sommes dans le fun et le convivial.

Durant la config, j’ai eu un message signalant que je devais installer l’extension de navigateur de Norton pour que le web puisse être filtré. Vous allez rire : elle est disponible pour Firefox, Chrome, IE et quelques autres, mais il est bien indiqué qu’elle ne l’est pas encore pour Edge !

Comme quoi, le contrôle parental, c’est soit que du Edge, soit tout sauf du Edge. (Veuillez vous référer à mon flot de jurons précédent pour mon avis à ce sujet).

La nécessité de cette extension est malgré tout un gros point de faiblesse. Le jour où Enfant_A et Enfant_B s’y connaîtront un peu plus en informatique, il la désactiveront et ce sera open-bar. Je l’ai expliqué aux parents, je ne suis pas sûr qu’ils aient compris. C’est leur problème.

Je suis quand même étonné qu’il n’y ait pas moyen de mettre en place un filtrage web plus sérieux, avec une sorte de proxy local ou un bidule du genre. Quand je vais sur des sites de cul, j’ai comme par hasard mon Avast qui m’avertit que je pourrais masquer mon activité en ligne. C’est bien la preuve qu’une appli externe peut déterminer ce que je fais sur le web.

Tests et conclustion

Ça s’est bien passé.

Je me suis connecté avec le compte des enfants et suis allé sur un site de pr0n. Le tout premier blocage a pris quelques secondes, ce qui est un peu inquiétant, mais à priori, c’était juste le temps que l’extension s’initialise. Les autres sites que j’ai testés ont été immédiatement bloqué, sans « affichage d’aperçu ». Les saisies sur la plupart des moteurs de recherches sont également surveillées et filtrées.

Petit détail rigolo : les blocages de sites déclenchent un mail d’avertissement aux parents, ce qui les a quelque peu interloqués par rapport à mes tests.

« Enfant_A, Enfant_B, vous pouvez venir voir 5 minutes ? »

Il y a peut-être mieux que Norton Family, mais il n’y a certainement pas pire que Microsoft Family Safety. Durant toute la tentative d’installation et de configuration de cette merde, je me suis senti comme un cafard kafkaïen dans une bureaucratie tentaculaire et mécanique, balloté d’une administration à l’autre sans ménagement ni effort de compréhension. On râle souvent sur l’administration française, son absurdité et son amour de la paperasse. Mais les sociétés privés et l’informatique parviennent tout autant à nous faire ressentir le même sentiment de frustration.

Un jeu en PuzzleScript : Jesus Respawns

Un jour, j’ai eu une conversation avec un gamin (ouais, il m’arrive des trucs bizarres des fois). Il m’a dit : « je suis trop triste pour Jésus, parce qu’il est mort ».

J’aurais pu répondre que suivant sa logique, il aurait également dû être triste pour tous les autres humains officiellement considérés comme « gens bien » et qui sont morts depuis les derniers millénaires, mais j’ai décidé de faire simple. J’ai dit : « c’est pas grave, après il ressuscite. Il est un peu comme Mario Bros. Quand on perd la partie, on peut recommencer tout de suite après ».

D’oeuf-il-en-est-grille, je me suis retrouvé à créer un mini-jeu vidéo mettant en scène Jésus. On y retrouve une bonne partie de ses super-pouvoirs.

Le scénario tient en une seule phrase, mais qui vaut la peine, puisqu’elle comporte un jeu de mot : Jésus doit retrouver ses madeleines.

Ha ha ha ! Les madeleines-gâteaux et Madeleine la copine de Jésus. Jeux de mot ! Jeux de mot !

Vous pouvez y jouer ici (version française) .

Et ici (version anglaise) .

Le jeu de mot n’est pas présent dans le texte en anglais. Not my fault.

Ne vous attendez pas à des énigmes pointues et intéressantes. J’ai créé ce jeu pour proposer au gamin mentionné initialement une approche différente de la religion chrétienne. Parce que, honnêtement, le mec cloué sur sa croix en train de saigner, je trouve ça d’assez mauvais goût. Après on s’étonne que les enfants aient des pensées violentes dans la tête, et on dit : « c’est la faute aux jeux vidéos ». Eh bien non, pas forcément.

Un autre jeu avec Jésus dedans.

J’ai mis le code source sur mon github :  https://github.com/darkrecher/PuzzleSalad .

Vous y trouverez également un petit script en python, permettant de convertir des images en tiles PuzzleScript. Tout à l’arrache, pas documenté, débrouillez-vous ou foutez-vous en.

Jésus et ses potesses

Je vous ais déjà dit que j’aimais bien PuzzleScript ? Oui, je crois. Je vais essayer de m’investir plus dedans, à l’avenir.

Dead Cells : pas de backwalk dans le Cimetière du Val

Définition, please ?

En tant que jeux-vidéologue de renom, il est de mon devoir d’en nommer les éléments récurrents. Ceux-ci créent des codes techniques et narratifs, et démontrent que le jeu vidéo est un art au même titre que les autres.

C’est un peu comme les figures de style en littérature ou les différents types de prises de vue au cinéma (ralenti, traveling, plan subjectif, …).

Voici donc la définition du jour :

Le backwalk est un type spécifique de passage secret, placé en général au début d’un niveau, dans lequel le joueur doit faire demi-tour et découvrir une zone située à l’opposé du déroulement normal du niveau.

Désolé pour l’anglicisme du terme, ça fait tellement plus mieux.

La plupart des backwalks se trouvent dans les jeux de plate-forme 2D, pour lesquels le déroulement normal est intuitivement fixé de la gauche vers la droite. Le fait de penser à aller voir ce qu’il y a à gauche n’étant alors pas forcément évident.

Donkey Kong Country, sur la Super NES, en contient un exemple des plus typiques (https ://www .youtube.com/watch?v=whp2Y_MjTXs).

Il est assez amusant car la zone secrète correspond à l’endroit d’où sort le personnage. C’est à dire que celui-ci aurait pu de lui-même y prendre les bonus, mais il est manifestement trop stupide pour le faire. Le demi-tour du backwalk implique d’aller là où on n’est pas censé aller ; ce n’est pas forcément l’endroit où se trouvait précédemment le personnage, mais dans cet exemple, si.

Des jeux moins connus s’en sont également dotés, comme Targhan (https ://www .youtube.com/watch?v=EDqCQScMvj8).

Ce n’est pas réservé qu’aux jeux en 2D, puisqu’on en trouve un dans l’épisode « Lunar Apocalypse » de Duke Nukem 3D (https ://www .youtube.com/watch?v=6HKjYgd3Z4k).

Comme pour Donkey Kong, la zone secrète se situe à l’endroit d’où vient le personnage. Duke serait donc aussi peu malin qu’un singe pas bien malin. Heureusement que le joueur est là pour fournir sa propre intelligence.

Terminons ces exemples sur un cas un peu particulier : l’épisode 4 de Commander Keen (https:// classicreload.com/commander-keen-4-secret-of-the-oracle.html).

  • Le backwalk est dans la carte globale du jeu au lieu d’être dans un niveau.
  • Il n’est pas vraiment sous la forme d’un demi-tour. Il faut penser à explorer son propre vaisseau alors qu’on est censé aller dans des spots situés plus loin.
  • Il ne permet pas de récupérer des bonus, mais seulement d’accéder à un élément de narration environnementale : une image détaillée du vaisseau de Keen.

Et donc, dans Dead Cells…

le Cimetière du Val (le niveau juste avant le deuxième boss) semble comporter un backwalk. On démarre en sortant d’une maison-crypte. On à l’impression qu’il serait possible de monter sur le toit pour ensuite continuer à gauche et récupérer quelque menu fretin. Malheureusement, le personnage ne saute pas assez haut. Plus à droite se trouvent parfois des plate-formes en hauteur, mais trop éloignées pour être utilisées comme point de départ d’un grand saut horizontal vers la gauche.

Étant très fort et plein d’astuces, je me suis doté de deux objets spécifiques :

  • Une amulette ajoutant un saut supplémentaire : ça ne permet pas d’aller plus haut, mais de rester en l’air plus longtemps, ce qui est déjà ça.
  • Le fouet électrique : une arme avec une cadence de tir rapide, conférant une lévitation momentanée à chaque coup. (Je ne sais pas si c’est encore le cas dans les versions plus récentes du jeu).

Je suis alors parvenu à réaliser quelque chose de ce genre :

Et j’ai atterri in extremis sur le toit, tout heureux.

Puis j’ai continué à gauche, et là, déception, on est bloqué par un mur.

Attention spoilers : il y a quand même des backwalks dans Dead Cells, placés ailleurs. Je vous laisse les trouver.

Et sinon, toujours à propos de Dead Cells

J’aime beaucoup. Voici en vrac les éléments qui me plaisent.

1) Du pixel art et une ambiance glauque, constituant la marque de fabrique de deepnight, l’un des membres de la Motion Twin. Prenez le temps d’admirer le décor de fond, vous y verrez des instruments de torture d’un mauvais goût tout à fait assumé : dame de fer, pilori, chaise de Judas, …

2) Une capacité à créer un monde riche et cohérent, en employant très peu d’éléments narratifs et une parcimonie de dialogues (de toutes façons, le héros n’a pas de tête, il ne communique que par signes). Je vous invite à vous rendre dans le Sépulcre Oublié, pour une discussion courte, mais assez énigmatique.

3) Le fait que le jeu soit annoncé comme « non terminé » (même s’il reste totalement jouable et très intéressant), et que chaque mise à jour apporte, non seulement son lot de nouvelles armes et niveaux, mais également des ajustements d’équilibrage, de gameplay, etc.

Ça prouve qu’ils travaillent intensément à peaufiner les moindres détails et à offrir des dizaines de styles de jeux possibles et viables, qui vont bien au-delà du choix « arme à courte portée / arme à longue portée ». Ce n’est pas les premiers créateurs à avoir ce genre de démarche, mais je le signale quand même.

4) Les « suspensions d’incrédulité » spécifiques au média du jeu vidéo ont été intégrées dans le scénario :

  • les niveaux sont générés plus ou moins aléatoirement -> un personnage explique au début que « cette île change constamment de forme ».
  • le héros meurt à chaque fin de partie -> on ne dirige pas exactement ce héros, mais une espèce de masse verdâtre qui prend le contrôle d’un corps, que l’on suppose ne pas être le même à chaque fois.

Ça m’a un tout petit peu fait penser à la manière dont Planescape Torment a pris en compte le thème de la mort, même si on en est très loin, car ce n’est pas le même jeu, pas le même budget et pas les mêmes prétentions.

Voilà

Et comme toujours, on finit sur quelque chose de sympathique. J’ai bien vu que les petites onomatopées du schéma de saut vous avaient plu. Voici donc à nouveau une image qui fait « dzoïng ».

Not Raffarin Pète-Gonades Memorial Day #9

Cette année, j’ai laissé passé la date du Raffarin Pète-Gonades Memorial Day. Je pourrais antidater l’article, mais ce serait à la fois malhonnête et inintéressant. Et je ne vois pas trop l’intérêt d’être malhonnête si ça ne m’apporte rien.

Voilà donc un paradoxe amusant. Pendant des années, j’ai travaillé dans des entreprises plus ou moins merdiques, dans lesquelles le RPGMD était une journée de Travail comme une autre. Malgré ce vol de temps libre, je ne manquais jamais ce rendez-vous et publiais un article le jour-même.

Maintenant, j’ai trouvé une entreprise dans laquelle je me sens mieux, avec moins de pression et qui nous offre le RPGMD. Et là, que fais-je ? Je foire le coche et publie l’article en retard. Je suis vraiment un vilain.

J’avais pour habitude de profiter de l’occasion pour donner un peu d’actualité concernant le Revenu de Base Inconditionnel. Mais là, pas le temps et pas d’idée précise sur le sujet. À part dire que Benoit Hamon a baltringué et qu’il mérite pour cela la distinction honorifique du boulet de platine.

Et sinon quoi d’autre ?

Rien de spécial pour l’instant. Du coup, je voulais vous faire partager un ancien projet :

La page Facebook de Cruchard Barbemousse, zéroième secrétaire du Parti Pirate Grolandais.

(https:// www. facebook.com/Parti-Pirate-Grolandais-167128036813116/).

J’y mettais un post par jour, avec des analyses de l’actualité grolandaises, des liens intéressants, des « billets d’humeur », etc. Ça aurait dû être un truc génial qui m’aurait permis de rencontrer en personne toute l’équipe du Groland et qui m’aurait rendu célèbre. Et puis ensuite je me suis lassé et suis reparti dans d’autres projets plus ou moins intéressants et aboutis.

Je vous laisse regarder le tout, en espérant que le lien fonctionne toujours. Facebook a tendance à cramer les pages qui ne sont pas consultées depuis longtemps. Je pige vraiment rien à Facebook. Tu balances tes posts complètement à l’arrache, ça te fait un fil d’actualité long comme un jour sans nichons, tu peux rien classer, rien catégoriser, rien marque-pager pour plus tard, parce que fuck l’ergonomie.

Y’a des tas de gens qui ne sont pas sur Facebook par principe, parce qu’ils pensent que c’est le mal, parce qu’ils veulent pas nourrir les vilains GAFAM, parce qu’ils préfèrent « les vrais relations humaines », etc blablabla.

Personnellement, je ne suis pas sur Facebook parce que j’y panne nib et que je trouve ça pas pratique. Mais c’est pas pour ça que je suis bizarre, n’est ce pas ?

Toujours est-il que voilà une piratesse :

Unités, encodage et caractères spéciaux

Vous vous souvenez de ce prof de physique, au collège, qui n’avait pas tenu compte de vos réponses à un contrôle parce que vous n’aviez pas indiqué les unités ?

Vous aviez écrit « 63 » au lieu de « 63 grammes », « 2,83 » au lieu de « 2,83 mètres », etc. Ça vous avait valu un 5/20.

C’était un gros con ce prof.

Sauf qu’il avait raison.

C’était effectivement un gros con, concernant un tas d’aspects de sa personnalité. Mais pour cette histoire d’unité il avait raison.

En informatique, on a un problème équivalent avec les encodages et les caractères spéciaux.

C’est des centimètres ou des inches ?

L’encodage

Vous connaissez peut-être déjà. Il s’agit de la correspondance entre un caractère et la suite de nombre utilisée pour le représenter. Les ordinateurs ne savent rien faire d’autres que gérer des valeurs numériques. Une image, une application, des clics de souris, une connexion internet, les barrettes de RAM, tout ça c’est que des nombres. Il peut y en avoir énormément, et on ne fait pas toujours la même chose avec. Mais c’est des nombres.

Voici quelques exemples.

  • Le caractère é (e accent aigu) :
    • est représenté par la suite de nombres (195, 169) dans l’encodage ‘UTF-8’,
    • est représenté par le nombre unique 233 en ‘Latin-1’,
    • ne peut pas être représenté en ‘ASCII’,
  • la lettre A majuscule:
    • est représentée par le nombre unique 65, en UTF-8, Latin-1 et ASCII
    • est représentée par le nombre unique 193 en ‘EBCDIC’ (un encodage bizarre utilisé par IBM).

En détail, c’est un peu plus compliqué que ça, car l’encodage et le jeu de caractères sont deux notions différentes, je n’ai pas parlé du Byte Order Mark, et il existe plusieurs sortes d’EBCDIC (https:// en.wikipedia.org/wiki/EBCDIC). Mais on ne va pas se prendre la tête avec ça.

Donc une chaîne de caractères toute seule, ça ne veut rien dire et si vous ne connaissez pas son encodage, vous ne pouvez pas la manipuler avec certitude.

C’est ça qui fait que les accents sont parfois tout pourris dans une page web ou un fichier Excel. Le texte est dans un certain encodage, l’application qui le manipule croit que c’en est un autre, et paf pastèque.

Vous pouvez décider que « fuck les accents », et obligez vos utilisateurs à n’utiliser que les caractères ASCII. Mais il faut avoir conscience que cela implique « fuck tous les alphabets non latins » : « fuck les russes, les chinois, les arabes, les hébreux, les mathématiciens et les gens qui écrivent avec des smileys ».

À tout cela s’ajoute une autre couche de confusion possible.

Les caractères spéciaux

Alors voilà. Vous avez créé un site web ou une application dans laquelle l’utilisateur peut saisir du texte (par exemple pour ajouter un commentaire, décrire son chien, etc). Vous maîtrisez parfaitement ce que vous avez développé, et connaissez donc l’encodage dans lequel la chaîne de caractère a été saisie. Super ! Tout est OK ? On peut arrêter de se poser des questions ?

Que diantre nenni !

Il faudra peut-être appliquer une transformation pour protéger ou interpréter certains caractères spéciaux.

Vous voulez enregistrer cette chaîne dans une base de données ? Attention aux injections SQL, vous devez protéger les simple-quotes en les remplaçant par deux simple-quotes à la suite. (Les requêtes paramétrées permettent de le faire automatiquement).

Vous voulez la réafficher dans une page HTML ? Attention aux failles XSS et aux balises HTML. Vous devez protéger les caractères ‘<‘ et ‘>’ en les remplaçant par les HTML entities. Et comme les HTML entities s’écrivent avec le caractère ‘&’, il faut lui aussi le remplacer par son HTML entity.

C’est une URL ? Pensez à la convertir en ‘url-encoding’ : remplacer les espaces par des %20, etc.

C’est une ligne de commande ? Il va peut-être falloir protéger les antislashes en les doublant. Ou pas. Ça dépend de ce que vous avez décidé, mais il sera de bon ton de prévenir l’utilisateur des opérations appliquées.

C’est un chemin vers un fichier ? Très bien, vous n’aurez peut-être pas de conversion à faire. Mais si vous utilisez ce chemin dans une ligne de commande, n’oubliez pas de l’entourer par des guillemets, au cas où il comporterait des espaces. Vous connaissez, bien sûr, l’encodage de votre système de fichiers ?

Autres choses

Cette histoire d’unités et de vilains profs de physique est transposable à d’autres types de données : les dates.

Je ne parle même pas du format de représentation. « 02/03/14 23:45:56 », vous savez déjà que ça ne veut rien dire. Le ’02’ c’est le jour où c’est le mois ? (Au passage, merci les anglais de faire, une fois de plus, à l’envers de tout le monde). Le ’14’, c’est 1914 ou 2014 ?

Évitons ces pièges stupides, et indiquons les dates au format ISO 8601 : 2014-03-02 23:45:56. Voilà, et maintenant, plus d’ambigüité !

Perdu ! Elle est bien votre date, mais c’est quel fuseau horaire ? C’est l’heure d’été ou l’heure d’hiver ? Au fait, vous saviez que les américains effectuaient le changement d’heure, mais pas exactement au même moment dans l’année par rapport à nous ? Et les leaps seconds, on les prend en compte ou pas ?

La solution à cette histoire de date est de tout gérer avec des timestamps, et de convertir vers/à partir d’autres formats uniquement lors des entrées-sorties de ces dates dans votre programme. Le timestamp définit un nombre de secondes depuis 1970-01-01 00:00 UTC.

À partir de ce nombre de secondes, on peut retrouver toute la date. De plus, les opérations de calcul avec les intervalles sont grandement simplifiées. Par contre, ça met en incubation des bugs encore plus rigolos que celui de l’an 2000 (https:// fr.wikipedia.org/wiki/Bug_de_l’an_2038).

Quel bazar ces données ! Au moins, avec les nombres on n’est pas embêtés. Quoi que… Si vous faites de la programmation bas niveau (ce qui signifie « proche de la machine », et non pas « programmation pour les gros teubés »), un monde de normes et de notations peut vous jaillir à la figure. Comment vous représentez les nombres à virgules ? flottantes ou virtuels ? IEEE 754 ou autre chose ? Vos entiers, vous les voulez signés ou non signés ? Avec du complément à deux ou autrement ?

Même pour la donnée la plus simple possible : des nombres entiers positifs, vous devrez peut-être vous poser des questions : big-endian ou little-endian ? Des bits de contrôle ? de parité ?

Il y a encore un tas d’autres choses où le lien entre la donnée et la méta-donnée est indispensable. Vous avez récupéré un fichier, super, mais c’est pour en faire quoi ? C’est une image ? Un texte ? Autre chose ? Et sous quel format ? Et si vous tombez sur une vieille cassette vidéo, c’est du PAL ou du Secam ?

Tout ça pour dire qu’il faut faire attention aux données qu’on manipule, depuis la plus simple variable string jusqu’aux tera-octets de base de données. Il y a plein de programmeurs qui n’en ont pas toujours conscience, ça met le bazar, et je voulais vous sensibiliser sur ce sujet, tel le gros con de prof de physique que je ne suis pas.

Ce sera tout pour aujourd’hui

J’essaie de faire un article de blog par mois, et là ça a été un peu juste. Comme d’hab’, c’est la faute au monde réel, mais aussi à Dead Cells, le nouveau jeu de la Motion Twin. J’aime beaucoup, il y a énormément d’idées intéressantes, et une ambiance mignonne-glauque assez bien travaillée.

Du coup je vous laisse, je vais essayer de dégommer des Slashers au corps à corps.