Pour les 4 ans, j’aurais pu user d’un symbolisme adéquat. Quelque chose du genre « squarity » -> « 4 côtés d’un carré » -> « 4 ans ». Mais j’y ai pensé après avoir écrit la célébration officielle dans le Discord, donc trop tard. Cet article est un à-peu-près copié-collé à l’arrache, car la vraie date d’anniversaire est le 17 septembre.
C’est pas grave. Au fait, pour les gens qui débarquent : http://squarity.fr
Je viens de réaliser que j’ai mis en place DEUX rituels réguliers dans ce blog : l’anniversaire de Squarity et le Raffarin Pète-Gonade Memorial Day. Ça fait trop. Les rituels donnent une ronronnante routine et une impression d’obligatoiritude qui mènent aux dictatures. En tant qu’anarchiste de classe moyenne ayant virtuellement investi dans des SICAV, je ne dois pas laisser ce virus grandir. J’annonce en mon âme et conscience que j’annule le rituel du Raffarin Pète-Gonade Memorial Day. Vous verrez au prochain mois de juin, l’article mensuel parlera d’autres choses. Tagazblork, ainsi soit-il.
En attendant, on garde le rituel de l’anniversaire de Squarity. Ça arrive tous les ans, ça n’arrive qu’une fois par an et ça a presque eu lieu aujourdhui !
🍰 🕯️ 🎁 🎈 🎉 🎂 🥳
Cette année fut sans doute l’une des plus productives jusqu’à présent. Nous avons :
terminé les gifs de la road-map,
ajouté la gestion des clics de souris,
refondu le code du moteur, de la version 1.0.0 à la version 2.1.0, avec :
des transitions progressives d’une case à une autre,
des agrandissements/rétrécissements/décalage d’objets,
une librairie python « squarity » plus pratique qu’avant.
Voyez à quel point ça a été productif ! J’ai dû recourir à une liste à puce dans une liste à puce pour raconter toutes ces folies.
Tellement productif que j’estime n’avoir même pas besoin de vous donner une liste d’excuses justifiant pourquoi je n’aurais pas été assez productif. Vive le travail !
La suite ?
Finir la petite doc de référence de la version 2.1.0. Ça ne devrait pas être long.
Continuer de participer du mieux que je peux aux Ludum Dares, le prochain est le 4 octobre.
Créer quelques jeux un peu plus conséquents que les jeux existants, j’ai des idées sympa à concrétiser.
Améliorer le point d’entrée du site. Ça fait deux ans que je dis ça, on va peut-être y arriver.
Ajouter l’affichage de textes dans l’aire de jeu (à spécifier plus précisément).
Ci-dessous : allégorie représentant le point d’entrée actuel du site, notez les carrés sur la porte.
Merci à qui ?
Merci aux personnes qui mettent des emojis de réaction dans les messages d’annonce sur Discord. Vous ne vous rendez pas compte à quel point je m’accroche à ces petites choses pour nourrir mon ego et me donner la force de continuer le projet. Si vous voulez le détail des mercis et savoir qui a fait quelle gentille action (écrire un message, parler de son propre projet, proposer des idées, …), rendez vous sur ledit Discord.
Merci générique aux gens qui passent sur Twitch et font des petits coucous pendant mes lives. J’ai pas tous les noms en tête et je ne suis pas censé les citer ici. Vous vous reconnaîtrez.
Merci, bien évidemment, aux lecteurtrices de ce blog. Je ne sais pas combien vous êtes ni combien reviennent régulièrement. Quoi qu’il en soye, je vous fais des gros bisous.
On continue. Même si nos cerveaux saturent, que nos oreilles vomissent des lignes de python et que nos yeux pleurent des pixels, on continuera quand même !
Et hop, image érotique
Blague !
Il va sans dire que ce n’est pas suffisant comme image de nichons. Voilà bien un rituel que je ne supprimerai jamais : il faut toujours au moins une image de femme ronde dans chaque article. Voici donc voilà Kayla Paolini :
Il y a de cela quelques décennies, j’ai eu accès à un ordinateur Pentium doté de Windows 95. Le principal atout de ce système d’exploitation était le pack Office, qui conférait un air sérieux, adulte et professionnel à toutes personnes l’utilisant. J’ai très vite cherché à repasser en MS-DOS, afin de tester les jeux qui fonctionnaient mal, voire pas du tout, sur l’ancien ordinateur de la famille. Je me suis bien éclaté sur Descent 2.
Dans un moment de nostalgie (dont je me souviens maintenant avec méta-nostalgie, ha ha), j’ai eu envie de rejouer à quelques vieilleries, tel que Prehistorik ou Xenon.
Certains de ces jeux ne fonctionnaient pas sur le Pentium, pour une sombre histoire de mémoire. Il en existait de différents types (EMS, XMS, …), dont certaines n’étaient pas présentes en assez grande quantité sur le Pentium.
Windows 95, qui me semblait peu utile, m’apparaissait maintenant comme une évolution destructrice. Pourquoi ce truc nouveau ne me permettait pas d’utiliser de vieux logiciels ? On m’expliqua que l’intérêt de Windows était de faire abstraction de la configuration matérielle (la présence d’une carte son, d’un joystick, le type de la souris, etc.)
On dira ce qu’on voudra de Windows, mais les quelques années qui suivirent le prouvèrent : installer des jeux était devenu plus simple. Plus besoin de sélectionner le mode graphique (CGA, EGA, VGA, …) ni de spécifier la config de la Sound Blaster (port = 220, IRQ = 5 ou 7, DMA = 1). Et même si ça n’a pas duré éternellement, les jeux compatibles Windows 1995 restaient utilisables sur les ordinateurs plus récents, dotés de la dernière version de Windows à la mode.
J’en avais conclu que les galères pour faire fonctionner les jeux étaient définitivement terminées. Le prix à payer étant que les très vieux jeux disparaîtraient progressivement, en même temps que les très vieux ordinateurs qui étaient les seuls sur lesquels on pouvait les exécuter. Les jeux créés avec Windows resteraient jouables et disponibles pour l’éternité, quelles que soit les fantaisies technologique qui s’ajouteraient sur les machines futures.
La réalité
Ce que nous vivons actuellement est exactement le contraire. Moyennant l’installation d’une DosBox ou d’un émulateur, vous pouvez (re)découvrir un bon nombre de vieilleries.
Mais beaucoup de jeux récents nécessitent une connexion vers un serveur distant, soit pour permettre de jouer à plusieurs en réseau, soit pour vérifier un abonnement ou un achat de licence. Lorsque la société éditant le jeu n’a plus envie de s’en occuper, elle enlève les serveurs correspondants et vous ne pouvez plus jouer, même si vous avez payé le jeu !
Prehistorik a plus de 30 ans, vous pouvez y jouer tout de suite, sans rien installer, à l’aide d’une DosBox intégrée dans le navigateur web. (Pensez à cliquer vraiment sur le texte « Click to start » et pas juste dans le cadre gris, sinon ça démarre pas).
La première version de World of Warcraft a moins de 20 ans, mais elle n’existe plus. Ça peut se comprendre, le fonctionnement des serveurs a un coût. De plus, les personnes ayant acheté un abonnement ne furent pas arnaquées, car elles eurent un accès immédiat à la nouvelle version. Il n’empêche, on perd un petit quelque chose.
Il existe des cas plus graves. La plate-forme FrutiParc, créée il y a 16 ans par la Motion Twin, a été supprimée alors qu’elle n’hébergeait que des jeux solos. La Motion Twin n’a même pas l’excuse que ces jeux n’auraient aucun intérêt sans leurs serveurs, dont l’unique but était de vérifier que vous aviez payé. J’avais payé. J’aime beaucoup la Motion Twin, mais la fermeture de FrutiParc, je l’ai mal prise.
(Merci à « Ananax » pour ce screenshot, allez voir son site perso, wesh).
Le moteur de jeux ZZT (cité plusieurs fois dans ce blog) a été le terreau fertile de la création vidéoludique adolescente durant les années 1990. Grâce au Museum of ZZT, vous pouvez jouer aux épisodes officiels et aux créations de la « communauté » (on n’utilisait même pas ce mot à l’époque). Là non plus, rien à installer, ça se passe dans votre navigateur.
Le code source a été perdu. Tim Sweeney, son créateur, se justifie par l’explication suivante : « Meeeh, il était sauvegardé sur l’ordinateur de mon papa et le disque dur a pétay ». Malgré cette bourdinette, ZZT est toujours utilisable, il y a même un projet de reconstruction du code source (en Pascal, s’il vous plaît).
(Edible Vomit, faut que je teste cet ovni psychédélique).
Le moteur de jeu Roblox a été créé en 2005. Il est l’actuel terreau fertile de la création vidéoludique adolescente, les jeux sont codés en Lua, un langage de programmation bien plus standard que l’exotique « ZZT-OOP ». La version la plus récente de chaque jeu Roblox auquel vous jouez se télécharge automatiquement, pour être sûr de profiter de la meilleure expérience possible. À votre avis, que va-t-il se passer lorsque les serveurs de Roblox s’éteindront, pour une raison ou une autre ?
(C’est franchement bien pensé… Mais ça va pas durer).
Rien à voir avec le Revenu de Base Inconditionnel
Pour lutter contre la désactivation intempestive des jeux, une Initiative Citoyenne Européenne a été lancée. C’est comme une pétition, mais plus officielle que les trucs inutiles de Avaaz. Si un million de signatures sont récoltées dans l’ensemble des pays de l’U.E., la Commission Européenne doit étudier la proposition (sans pour autant être obligée de la mettre en place).
Voici un copié-simplifié-collé de la description de cette ICE:
Cette initiative demande d’imposer aux éditeurs qui vendent des jeux vidéo aux consommateurs de l’Union européenne l’obligation de laisser ces jeux vidéo dans un état fonctionnel (jouable).
Plus précisément, l’initiative vise à empêcher le blocage à distance des jeux vidéo par les éditeurs et à fournir ensuite des moyens raisonnables de faire en sorte que ces jeux continuent à fonctionner sans la participation de l’éditeur.
Elle ne vise pas à acquérir la propriété de ces jeux vidéo, des droits intellectuels associés ou des droits de monétisation, pas plus qu’elle ne s’attend à ce que l’éditeur consacre des ressources aux jeux vidéo qu’il aura abandonnés.
(Une sculpture de « ICE » (même si c’est de la neige et pas de la glace)).
Je suppose que ça nécessite une reformulation avec des termes juridiques plus précis. En attendant, on peut imaginer ce que donnerait mes exemples précédents :
Exemple 1 : Les personnes ayant payé au moins un jeu ou un abonnement sur Frutiparc auraient la possibilité de télécharger une version offline. Les fonctionnalités nécessitant une communication avec les serveurs de la Motion Twin seraient désactivées (le classement des meilleurs scores, les niveaux quotidiens), mais le reste serait utilisable.
Exemple 2 : Les personnes utilisant Roblox pourraient, elles aussi, jouer aux jeux sans êtres connectées. On suppose que tous les bonus, skins et autres babioles achetées avec du vrai argent risqueraient d’être supprimées. Mais ça devrait être toujours possible de jouer en solo avec la dernière version téléchargée.
Exemple 3 : Pour World of Warcraft, je ne sais pas ce que ça donnerait. Une version solo perdrait beaucoup de son intérêt, ce serait un MMORPG sans le « MM » (Massively Multiplayer). Blizzard pourrait vendre des mugs personnalisés avec le visage d’un avatar, son nom et son niveau ? Ou bien des certificats d’authenticité prouvant que l’on a passé XXX heures à développer son personnage ?
L’ICE n’oblige pas les sociétés éditrices à mettre gratuitement à disposition en abandonware les jeux qui ne se vendent plus. Certaines sociétés veulent garder les droits, pour pouvoir vendre des bundles quelques années plus tard aux nostalgiques. Évidemment, on préférerait que ça devienne gratuit, mais on ne peut pas tout avoir.
Elle n’oblige pas non plus à continuer de proposer les jeux à la vente pour l’éternité. Si vous vous réveillez trop tard, tant pis pour vous. C’est la même situation que pour n’importe quel autre produit qui ne serait plus en vente (un livre, un DVD, une série sur NetFlix, …)
Sur ce, je vous invite à signer l’ICE. Vous n’avez même pas besoin de vous inscrire ou de créer un compte. Vous donnez seulement votre nom et votre adresse. C’est la Commission Européenne qui récupère ces données, on peut donc espérer qu’elle ne va pas les exploiter pour envoyer à votre domicile des échantillons d’anti-diarrhéique ou autres produits promotionnels embarrassants.
Oh, un dernier exemple : les personnes ayant joué à Prehistorik (même si elles n’ont pas acheté le jeu) seraient en droit de demander un déguisement d’homme ou de femme préhistorique.
Comme promis il y a quelques semaines, la sauvegarde de ce blog est maintenant directement consultable sur le néo-site Néocities.
Fun fact: après avoir importé tous les fichiers, mon site apparaissait comme il faut dans la liste Néocitienne. La recherche par tags fonctionnait à merveille. Ensuite, j’ai coché la case « 18+ » et pouf ! J’ai disparu des radars. L’accès à mes écrits-images restera donc réservé à un cercle de personnes dans la confidence.
Ça va encore me faire des stats pourries. C’est le prix à payer pour avoir le plaisir d’associer des images pornographiques avec des textes d’analyses de fond sur des sujets de société à la crucialité incommensurable. Un prix que je paye sans hésitation. La pornographie informative est l’âme de ce blog.
Encore meilleur que le nom du groupe de musique « Bang Gang ». Fuck la SEO.
La sauvegarde que j’avais faite ne gérait pas les gifs animées, je n’avais que la première image à chaque fois. On perdait des œuvres majeures telles que le chien surfant sur une barre de progress, l’engrenage-marketing bloqué et bien sûr, des mouvements de seins. Rassurez-vous, c’est corrigé.
La sauvegarde sur dropbox a également été corrigée, à laquelle j’ai ajouté mes chansons pipi-caca. Vous savez certainement de quoi je parle. Le player de ces chansons ne marche pas dans Néocities. Faudrait que je fasse l’effort de. Là, non.
Ce sera tout. C’est un petit article, mais vous en aviez déjà eu un ce mois-ci, pouet.
Maintenant que j’ai parlé de gif animées et que mon précédent article en comporte une de 8Mo montrant une belle femme twerkant son boule, que vais-je pouvoir vous proposer comme image ? Inévitablement : une autre gif animée, d’au moins 50 Mo, montrant une rangée de femmes agitant leurs én◎◎rmes seins nus.
Néo-surprise, néo-lecteurtrice ! Puisque, à quelques lettre près, Néocities peut s’écrire « Néotitties », ce sera une image pas animée de néo-néons-nichons futuristes.
Voici une autre image qui tient dans moins de 10 Ko. Il s’agit de la très belle Chyna Chase. néo-cliquez néo-sur néo-l’ néo-image néo-pour néo-avoir néo-la néo-version néo-originale.
Pour une petite démo utilisant cette v2, cliquez sur le diamant vert, à côté des deux jeux d’exemples du magicien et de H2O. C’est pas vraiment une démo, c’est les bouts de code que j’écrivais à l’arrache pour tester les fonctionnalités au fur et à mesure que je les ajoutais.
Résumé des nouveautés :
Le code python pour créer vos jeux est plus simple à écrire, il y a moins de « boiler plate ».
Les layers permettent plus facilement de définir quels objets sont au dessus de quels autres. Par contre, à l’intérieur d’un layer, l’ordre d’affichage n’est pour l’instant pas configurable.
Les objets peuvent se déplacer de manière « smooth ». On ne peut pas les mettre entre deux cases, (et on ne pourra jamais), mais ils se déplacent pixel par pixel de la case source vers la case destination.
Les callbacks permettent d’exécuter une fonction prédéfinie après X millisecondes, ou quand un objet a fini ses déplacements.
Les jeux existants en v1 fonctionnent toujours. Il est fortement conseillé d’indiquer la version dans la config json : "version": "1.0.0" ou "version": "2.0.0". Sinon, vous aurez un warning dans la console. D’ailleurs faut que j’ajoute cette info dans tous les jeux que j’ai créés.
C’est les mêmes images et les mêmes niveaux que le Soko-ban que j’ai créé il y a quelques temps. Mais ce n’est pas du tout le même code. Et le personnage fait une danse de la victoire à la fin d’un niveau !
Ça m’a permis de m’apercevoir qu’il manque plein de fonctions helpers (cloner une coordonnée, vérifier la présence d’un GameObject, itérer sur des coordonnées, …).
J’aurais aimé annoncer quelque chose du genre: « le code du Soko-ban v2 est X fois plus court que son équivalent en v1, ce qui est la preuve que c’est maintenant bien plus simple de créer des jeux. Youpi ! ». Sauf que le code de la v2 est plus long que celui de la v1. On avance, on avance, on ne s’arrête jamais, même si c’est très lent.
Prochaines étapes :
Créer ces fameuses fonctions dans la librairie python squarity, pour que ce soit réellement plus simple de coder en v2.
Rendre possible l’affichage de sprites dépassant d’une case, ou décalés par rapport aux cases, ou avec une taille différente.
Documenter tout ce bazar.
Voici une autre danse de la victoire, proposée par Johana Amaya (dans une gif animée de 8 méga-octets, et que les low-techs aillent se faire twerker le coquillard chez les low-grechs).
Afin de faciliter les formalités administratives et de me gaver de trois semaines de vacances-chômage, j’avais programmé mon changement d’incarnation professionnelle début janvier (de l’année dernière). J’avais donc proposé de perpétrer mon pot de départ vers mi-décembre. Méga-Chef Forgeron suggéra de le faire le vendredi de la semaine d’après, en même temps que l’orgie corporate de fin d’année, afin de ne faire déplacer qu’une seule fois les personnes qui ne sont pas sur site. Une idée intéressante.
Le bazar officiel
Le lieu est juste à côté de chez moi, j’y vais donc en vélo. Il est loin le temps de Merluchon où je devais prendre des métros, des voitures et des rollers pour me rendre aux corporgies. C’est beaucoup mieux maintenant.
Petit déjeuner dès l’arrivée. Gavage traditionnel.
Nous portons comme il se doit nos pulls estampillés « projet POILS_PUBIENS ». Je le trouve mal foutu, il remonte et serre trop à la taille. On a l’impression de porter un pull-crop-top.
Méga-Chef Forgeron nous propose l’une de ses activités-icebreaker dont il a le secret : un jeu de rôles où nous dirigeons une maison close et où nous devons choisir d’investir ou pas dans des filières groenlandaises. Je joue le « responsable inclusivité » et j’insiste sur le fait qu’il faut recueillir l’avis des phoques et des ours blancs dans le choix des escort boys·girls. Nous débattons. Je finis les gâteaux du petit dèj’.
Révélation finale à l’issue du jeu. La situation était inspirée de faits réels, mais pas avec une maison close, évidemment. En vrai, c’était un groupe de trafiquants de cartes pokémon qui devaient faire le choix d’investir ou pas dans une abbaye de moines copistes capable de contrefaire n’importe quoi. Spoiler alert : ils l’ont pas fait et ils auraient dû.
Méga-Chef Forgeron nous offre des cure-pipes en acier qu’il a forgé lui-même. C’est super nul. Y’a plus de bouffe du petit dèj’. J’aurais préféré qu’il nous offre des gâteaux.
Le cure-pipe, en 3D des années 90.
Ensuite, blabla corporate que j’écoute d’une portugaise distraite. Je pourrais me permettre de n’éprouver aucune culpabilité à ne pas écouter, puisque je vais partir, mais même sans partir, je n’aurais pas écouté et n’aurait pas éprouvé de culpabilité. Je suis un rebelle (ou bien une grosse feignasse à la masse).
Je dessine des rigoloteries au dos des assiettes en carton. Je suis bien. Je me sens vraiment bien. Les moments de transition entre deux incarnations professionnelles sont vraiment les meilleurs. Aucune responsabilité, aucun stress. Pas autant de glandouille que ce que je voudrais, car il faut archiver et documenter les conneries qu’on a faites pour réaliser la « passation de connaissances », mais les soucis pour l’avenir sont temporairement en trêve. C’est comme des grandes vacances, d’ailleurs la durée est à peu près la même (deux mois). Par contre, ça n’arrive que tous les 3 ou 4 ans.
Vient ensuite le moment du traditionnel potlatch d’échange entre collègue·tte·s, chacun offre un cadeau, d’une valeur limitée pour éviter de mettre mal à l’aise. Mon cadeau vaut zéro euro, mais quatre heures de temps. C’est bien évidemment un jeu Squarity. Il est pour Collègue Aquafootball le front-ender.
Miam-miam du midi dans le restaurant d’à côté. Collègue Capibara est amusé par mes dessins sur les assiettes et décide de les garder pour lui. Je suis très flatté qu’il s’intéresse à mon art, mais également un peu embêté, car je n’ai pas pu scanner les assiettes. J’ai l’habitude de balarguer mes dessins dans des articles, vous ne verrez pas ceux là. Désolé. Si ça vous turlupine, veuillez vous adresser à Collègue Capibara.
Pour l’après-midi : re blabla corporate, bâffrage de nourriture random, on finit pas trop tard puisque je dois aller dans les locaux boîtaux pour préparer mon pot.
Dessin sur les assiettes en carton.
Pot de départ
J’avais fait du mass mailing pour prévenir tout ConcreteWorld.🌍. Une quantité honorable de boustifaille et de piache est prévue. Ma conne-jointe Coccinelle-Verte est présente, ainsi que nos enfants. Oui, nous sommes parents, même si je ne garantis pas de la qualité de notre éducation.
Ce n’est pas si peuplé. Beaucoup de gens sont partis en fin d’après-midi pour faire leur trajet. Les personnes habitant dans le coin peuvent plus facilement rester jusqu’au bout de la nuit, mais comme c’est le vendredi avant les vacances de Noël, beaucoup ont prévu de « partir dans la famille » dès le lendemain. Fusionner mon pot avec une corporgie n’a donc pas eu l’effet escompté. Ce n’est pas grave.
Ça ne m’a pas empêché de respecter les attendus sociaux, à savoir :
Cocktailiser et servir la marquisette, avec l’aide de Coccinelle-Verte.
Raconter que j’ai découvert une faille de sécurité dans l’outil Pochtronarr suite à une séance de masturbation dans les toilettes en pensant à Colléguette Sérendipité.
Tant qu’on en est à faire des listes à puces, j’ai eu plein de chouettes cadeaux :
Splendor, un jeu de société de bon aloi.
Un python (d’ailleurs faut que je le nourrisse).
Du glouglou.
Un T-shirt promotionnel de la société Pochtronarr, qui trainait depuis des mois dans le tiroir de Semi-Chef Pez et qui a estimé qu’il me revenait de droit. J’ai trouvé ça très drôle et l’ai pris de bon cœur.
J’aurais aimé partir en grande pompe, en un titanesque pot-de-départifice qu’une partie des collègue·tte·s n’auraient jamais oublié de toute leur vie, et dont l’autre partie n’auraient eu aucun souvenir pour cause d’apocalyptique cuitage de gueule aux mélanges outrageusement entropiques. Ce n’est pas arrivé. Je suis parti juste comme ça, avec un minimum de panache, d’humour et de nostalgie différée. « Différée » parce que je savais à l’avance que j’éprouverais de la nostalgie en repensant à ces moments, au moment même où je les ai vécus. Voilà.
Le lendemain, je suis repassé récupérer les restes, ranger le bronx de la cuisine commune (qui de toutes façons allait être démantelée) et discuter avec Collègue Rave qui était d’astreinte de surveillance des incidents de réalité.
Marquisette géante.
Mon tout dernier jour de Travail
C’était le mardi d’après. Je me suis bien évidemment fendu d’une journée sur site, puisque je devais rendre mon ordinateur et d’autres bidules. Je suis venu avec mon tout nouveau T-shirt Pochtronarr et non pas le pull-crop-top POILS_PUBIENS.
J’ai passé une bonne partie de la journée à regarder des vieux sites web sur Might and Magic 6. C’était donc ni du télétravail, ni vraiment du travail. J’ai quand même terminé mes docs de passation juste à temps, comme il faut.
Juste avant de partir, j’ai semé des post-its un peu partout :
Sur mon ex-bureau, à l’endroit où je posais la petite figurine de python que m’avait offerte un stagiaire (les gens n’arrêtent pas de m’offrir des pythons).
Sur la grande vitre où on avait dessiné plein de schémas avec un feutre spécial-vitre facilement effaçable (on n’a jamais réussi à effacer).
Dans les toilettes, à l’endroit où j’avais caché le message secret d’un précédent hackerspace.
Re dans les toilettes, à l’intérieur du gros bidule métallique à rouleau de PQ.
Dans la cuisine en instance de démantelage, pour lui faire mes adieux car j’étais l’un des derniers à m’en servir encore.
Re dans la cuisine, à côté de quelques paquets de gâteaux que je laissais. J’en avais toujours en réserve et il m’arrivait d’en partager de temps en temps.
Sur le bureau de Colléguette PositiveAttitude, acompagné d’une ancienne plaquette présentant les débuts du projet POILS_PUBIENS.
Sur la porte du bureau de Colléguette Golfe, pour lui demander si elle voulait bien s’occuper de ma dernière chaussette-marionnette que je laissais accrochée à la poignée (la première ayant été confiée depuis longtemps à Colléguette Mousse).
Puis j’ai envoyé le traditionnel mail d’adieu, agrémenté de blagues et de bons sentiments. Je n’ai pas manqué de souligner que nous étions le 21/12/2022. Mon départ a eu lieu 10 ans après la fin du monde des Mayas, jour pour jour !
Après tout ça, j’étais tellement à l’arrache qu’il a fallu que je demande à un collègue de me ramener. On a bu des bières à la maison, au cours d’un re-mini-pot de départ. Pour finir, je me suis préparé aux orgies familiales de fin d’année, comme tout un chacun.
Quelques derniers trucs-en-vrac
*)
J’avais promis de ne plus vous parler de Zarma.pro, la boîte où je bossais avant, parce que ça a été la pire incarnation pro de ma vie et j’ai craché tout ce qui me restait de bile dans l’article « solde de toute catharsis« . Je me vois dans l’obligation de ne pas respecter cette promesse, mais j’ai une excuse. Zarma.pro est une entreprise cliente de ConcreteWorld.🌍 ! Si je vous en reparle, c’est uniquement par ricochet collatéral.
Comme vous le savez, Zarma.pro paye mal ses employés (aussi bien en argent qu’en respect de la personne humaine). Figurez-vous qu’elle oublie aussi de payer ses fournisseurs. ConcreteWorld.🌍 transmettait ses factures à Zarma.pro (des légitimes, pour un service incontestablement rendu), mais après plusieurs mois d’attente : rien, pas de soussous, no pépèttes, nibz brouzoufs. Il fallait alors envoyer une mise en demeure. Et là, surprise ! D’un seul coup comme par hasard, les brouzoufs arrivaient.
Colléguette ComptableGénérique m’a expliqué qu’une mise en demeure nécessite une quantité non négligeable de labeur. En gros, ça consiste à prévenir les autorités adéquates qu’une entreprise agit de manière incorrecte et illégale. Il faut apporter des preuves, des justificatifs, remplir des formulaires en ligne sur des plates-formes pas toujours pratiques, etc.
Colléguette ComptableGénérique avait ironiquement proposé de facturer à Zarma.pro le temps de réalisation de ces mises en demeure. Sauf qu’ils auraient pas payés ça non plus, et il aurait refallu faire une mise en demeure pour les forcer à payer la facturation des mises en demeure initiales.
On m’a également rapporté qu’ex-Collègue SuperFlamby, de Zarma.pro, avait parfois des propos « malvenus » lors de ses échanges avec les personnes du support. J’ai pas le détail et c’est bien dommage.
Tout ça pour dire que même quand on ne travaille pas chez Zarma.pro, cette entreprise de merde arrive quand même à vous emmerder. Bande de connards.
Une très grosse demeure qui sera mise (dtc).
*)
Colléguette Pauline avait mal à la gorge et prenait de temps en temps une cuillère de miel. Elle a dit : « je vais avoir une gorge intacte, mais un cul énorme ». Ça m’a mis des images dans la tête et je suis allé me masturber dans les toilettes.
*)
Quelques mois après mon départ, je suis revenu passer un petit bonjour, car Collègue Guerilla-Poubelle m’avait invité pour son départ à la retraite. C’était très sympa. Il y avait des chips, de la bière et il a eu des bons de réducs pour du matériel de pêche. Un cadeau typique pour un retraité.
Requalification du titre de noblesse, cette personne se nomme maintenant « Retraité Guerilla-Poubelle ». Félicitations à toi, mec !
*)
Colléguette Doctoresse-Chaussure était une personne bizarre et très susceptible. Elle s’améliora au fil du temps et apprit à se comporter correctement en société, mais avant ça, je l’ai quand même vu essayer de taper des collègues et balancer sa chaussure dans la gueule de son voisin de burlingue (d’où le nom « Doctoresse-Chaussure »).
Je ne travaillais pas directement avec elle, elle ne m’a donc jamais posé de problème. Je ne sais pas comment j’aurais réagi si elle avait tenté de m’agresser physiquement. Je suppose que je me serais enfui, comme d’habitude.
Elle m’appréciait et me trouvait gentil. Voulez-vous savoir comment je suis parvenu à ce petit exploit ? Les collègue·tte·s s’étaient aperçu assez vite qu’elle ne supportait pas les blagues, et elle s’était certainement aperçu elle-même de cet aperçoivage général. Alors, lorsque j’avais l’occasion de discuter avec elle en présence d’autres personnes, je racontais des blagues dont j’étais sûr qu’elles ne seraient pas choquantes, tant pis si elle n’étaient pas drôle et issues de sources aseptisées telles que le journal Astrapi.
Personne ne riait mais personne ne s’offusquait non plus. J’apportai la preuve publique que Colléguette Doctoresse-Chaussure avait la capacité de ne pas systématiquement s’énerver pour des blagues. Je lui offrais sur un plateau sa petite caution personnelle au sujet de l’humour.
Ah ah, que suis-je fort en intrigues socialo-diplomatiques !
*)
Colléguette Charline-Xavière se déplace en fauteuil roulant. Divers petits détails n’étaient pas pratiques pour elle, en particulier les portes blindées-coupe-feu-anti-intrusion-anti-statiques-en-chêne-massif-imitation-Louis-15. Elle galérait à les ouvrir toute seule.
Le coulissoir de la porte coulissante pour se rendre sur la terrasse de la salle de pause était également compliqué à franchir en roulettes. Comme elle ne voulait pas déranger à demander tout le temps de l’aide, elle sortait rarement sur la terrasse. Quand il faisait beau, elle se retrouvait à manger toute seule à l’intérieur pendant qu’on était dehors.
Je ne sais jamais trop comment réagir dans ce genre de cas. C’est pas cool de la laisser toute seule, mais ça peut aussi être mal pris de proposer de l’aide. J’avais trouvé un compromis : je rentrais boire mon café avec elle et on discutait un peu. C’était des moments sympas, quoique moins épiques que mes recherches de vulnérabilités WTF ou Collègue DocteurMaboul qui fume du shit.
Je précise que c’est seulement APRÈS avoir commencé de discuter avec Colléguette Charline-Xavière que j’ai réalisé qu’elle avait des seins intéressants à reluquer. Au départ, je n’avais pas démarré ces discussions dans ce but.
*)
Et la nouvelle boîte ?
J’en ai déjà écrit quelques petits articles et je vous ai expliqué son sacerdoce. La suite viendra petit à petit.
Ça fait un an et demi que je bosse dedans, ça se passe globalement bien. Des trucs corporates, des trucs débiles et des trucs socialement gênants ont déjà occurrés. J’ai pris du retard pour vous les raconter. C’est normal, on reste dans les habitudes !
Pas vraiment Charline-Xavière, mais vous voyez l’idée.
Au revoir tout le monde !
J’ai passé 7 belles années dans cette boîte (3,5 ans à ConcreteWorld.🌍, puis 3,5 ans sur le projet POILS_PUBIENS). C’est le moment de citer tous les gens que j’ai croisés pour les saluer, mais avant, je dois corriger quelques-unes de mes erreurs. En effet, il n’est pas rare que je mentionne une personne, puis je l’oublie et quelques articles plus tard, je la rementionne sous un autre nom. Désolé, c’est ma mémoire virtuelle-fictive qui flanche.
J’ai relu touuuus les articles de cette incarnation professionnelle pour lister mes erreurs. Ça vous fera bizarre, parce que vous pensiez que certaines personnes étaient deux alors que c’en est une seule. Vous conviendrez avec moi qu’on est plus à ça près.
Il n’y a pas de règles précise pour les renommages. Parfois, c’est l’ancien nom qui prévaut, parfois le nouveau. Liste !
« la Rarache » -> re Cheffe-DRHette Prout-prout (la pauvre, elle a eu trois noms différents, je lui présente toutes mes excuses)
Collègue WouWoush -> Collègue[s] Blougryne[s], à l’époque où je n’avais pas encore réalisé qu’il·s pouvai·en·t possiblement être plusieur·s
La stagiaire générique avec son mail de blabla d’adieu -> Stagiairette Pas-pompière
Recrutator -> ATS-ale (erreur de nommage sur un outil informatique et non une personne).
Autre petit détail : Collègue BifidusActif n’existe pas. C’était juste l’archétype du collègue à qui on aurait hypothétiquement piqué de la bouffe dans le frigo commun. Borgl, Rosetta D. Wasp, IAmRokMetal et rectal_key_hic n’existent pas non plus, mais vous l’aviez compris.
Ces rectifications étant faites, commençons par saluer un groupe de personnes peu importantes de ces récits corporate : les Travailleurs de la société Ploucocratt et leurs pigeon·ne·s de client·e·s (j’en faisais partie, comme vous le savez).
Et maintenant, saluons toutes les autres personnes, de ConcreteWorld.🌍, du pojet POILS_PUBIENS et d’ailleurs, qui ont eu une importance plus conséquente. Vos noms resteront gravés dans mon cœur et dans d’autres parties de mon corps !
Au revoir Collègue Kouing-Amann, Gitouille et Branchouille (mes deux marionnettes-chaussettes), Lourdée Louloute, Semi-Chef Pez, Collègue Inuit, Stagiaire АБВГДЕЁЖ (qui m’a offert la figurine python), Chef-Démissionné Peyotl, Collèguette Platona, Collègue Pagne, Collèguette Punkette, Prestataire Impoli, Collègue Pioupiou-Géant, Semi-Chef Lucène-Lapin (rebaptisé en Lula pour faire plus court), Collègue Lionel-Astier, Lourdée Carnea, MegaChef En-Même-Temps, Colléguette-Semi-Cheffe PositiveAttitude, Collègue TuLaBoucles, Chef-Démissionné Nightwish, Cheffe-DRHette Prout-prout, Mascotte À-Fleurs, Lourdé DocteurMaboul (meilleur collègue de tous les temps), Viril Virgile, Collègue Machin, Collègue GrandBlondAvecPasDeChaussureNoire, Colléguette Pauline, Colléguette Babiole[-Poétique], Colléguette Doctoresse-Chaussure, Lourdée Rosemonde (la grande sœur de tout le monde), DRHette-Lourdée Bourgeoise-Rappeuse, Lourdé Rocker, Lourdé Megabite, Lourdé Kirikou, Lourdé Bo, Lourdé Monstro-Plante/FautLireLaDocQuExistePas, Collègue Huître, Collègue Fêtard, Collègue HumourBlanc, Collègue Aquafootball, Stagiaire SuperCSS, Collègue « Bibi » BarryWhite, Semi-Chef Capibara, Collègue BlackJack, MégaChef Forgeron, Stagiairette Pas-pompière, Formateur Voiture, SuperMegaFondateur Béquille, Colléguette Sérendipité, Collègue Blougryne-expert, Collègue Blougryne-hippie, Collègue Blougryne-Blougryne, Collègue Blougryne-relations-humaines, les autres Collègues Blougrynes que je ne connais pas, Colléguette Plateforme, Collègue Clavier, Conf-Hydro de Droite, Compagne Clownette, Compagne Rigolote, un bébé (qu’est-ce qu’il foutait là ?), Collègue Blasé, Professeure Cataclop, Cheval PoivreVert, Collègue Générique, Jument Imen, Jument Æthelflæd, Cheval Blanc-De-Henri-4, Colléguette Chapelet, les tocards de Pétaboulard Un-un-unlimited, Colléguette Mousse, Apprenti SporExtrême, Collègue Rave, Colléguette Golfe, Colléguette ComptableGénérique, Retraité Guerilla-Poubelle et Colléguette Charline-Xavière.
Sans oublier Compagne Coccinelle-Verte. Mais elle, je ne lui dis pas au revoir puisque je continue de la voir tous les jours. C’est ma Conne-Jointe !
P’tite photo de Colléguette Pauline, telle qu’elle se voyait elle-même après avoir soigné son rhume avec du miel :
En route vers de nouvelles aventures, même si c’est déjà en cours.
Vous allez rire, la situation de cette année est la même que celle du RPGMD de l’année dernière. À savoir :
J’ai pas le temps de diatriber sur le sujet, surtout que je le fais depuis 15 ans.
La gentille entreprise Toyrrid··· nous a offert du non-travail pour cette journée. Ça me fait très plaisir. Merci vraiment beaucoup !! Je n’ai aucune garantie que ça durera les années suivantes, pourvu que !
Je suis toujours dans ma rétrospective des trucs rigolos et gênants qui se sont passés à ConcreteWorld-🌍.
Quand on a démarré un rituel (par exemple, le RPGMD), on se force parfois à le péricliter, même si son utilité s’est émoussée.
Fort heureusement, la rétrospective touche à sa fin. Il ne me reste plus que l’article narrant mon pot de départ, et il est dans les starting-blocks. Promis juré, je le publie le premier du mois. (« Un article dans les starting-blocks », ça ne veut rien dire).
Donc, à part pour le rituel, ce présent article ne sert à rien. Mais il a le mérite de vous être livré en avance. En effet, la date exacte du RPGMD est demain. N’êtes vous pas heureux et surpris d’avoir votre dose de Réchèr en avance ? Le fait qu’il n’y ait rien dans la dose ne devrait être qu’un détail.
Le rien c’est le vide, le vide c’est l’espace. Voici donc une image tirée du film « Space Boobs in Space ».
Le mois dernier, je révélais des choses mondialement inavouables, en particulier des failles de sécurité dans des applications informatiques de renom. Tel un Edward Snowden dérangeant et indomptable, je risque de me faire museler par le techno-consuméro-capitalisme.
Par ailleurs, ça faisait quelques mois, voire années, que je n’avais pas fait de grosse sauvegarde de mon blog. J’utilisais un aspirateur de site web mal fichu (httrack), qui suivait aveuglément tous les liens et avalait tout tel je-vais-pas-finir-cette-phrase. Je me retrouvais avec 2 Giga de données d’articles en multiplons. J’ai donc décidé d’employer une méthode plus intelligente.
Enfin, pas tant que ça. J’ai installé l’extension « Save Page WE » (qui s’appelle ainsi car elle ne fonctionne que le week-end), puis j’ai sauvegardé mes articles un par un. 231 articles et 2 pages. 466 clics. Ouais, y’avait sûrement plus intelligent. En tout cas, ça a bien fait monter les stats de visite du blog.
C’est pour ça que je préfère avoir des commentaires de vrais humains pour gonfler mon ego, parce que les stats c’est total cramé.
Save Page WE crée un seul fichier par page sauvegardée, en y incluant le javascript, le css et les images sous forme d’url-data. Ça fait moins de bazar, mais je ne suis pas fan des url-data quand elles sont trop longues. J’ai toujours peur que le navigateur pète en essayant de charger des attributs de plusieurs milliers de caractères.
Alors j’ai codé un petit script python qui :
ressort les images sous forme de fichier, tout en gardant le lien,
vire un tas de bazar inutile dans le code HTML,
crée une petite page de sommaire avec des liens vers tous les articles.
J’ai tout zippé et enregistré dans Dropbox. Vous pouvez donc télécharger l’état actuel de mon blog en une seule fois et le lire entièrement hors connexion, pendant que vous êtes dans les toilettes sèches du festival druidique de Morcabouille-en-Grognassard. Pas besoin d’avoir de compte Dropbox, cliquez simplement ici.
Il y a 3 fichiers :
blog_recher_processed_no_img.zip : le blog nettoyé avec mon script, sans les images (7 Mo).
blog_recher_processed.zip : le blog nettoyé avec mon script (75 Mo). Prenez celui-là si vous ne savez pas quoi prendre.
blog_recher_raw.zip : le blog sans aucun nettoyage (352 Mo)
prune_article.py : le script de nettoyage, pas documenté et avec des dépendances pas listées (débrouillez-vous)
C’est là qu’on se dit que WordPress rajoute un tas de trucs inutiles. Quand on passe des url-data aux images, on économise environ un quart de la taille (soyons fou, disons qu’on économise carrément la moitié). Faisons un amusant calcul.
Taille du HTML épuré = 7 Mo
Taille des images sous forme de fichiers = 75 – 7 = 68 Mo
Taille des images en url-data = 68 * 2 = 136 Mo
Taille du bazar inutile ajouté par WordPress = 352 – 136 – 7 = 209 Mo.
C’est à peu près le même bazar tout le temps et j’ai 233 articles.
Donc, dans chaque article, WordPress ajoute 209 Mo / 233 = 896 Ko.
896 000 caractères dans chaque fichier HTML, pour la mise en forme, la colonne à droite affichant les catégories et les mois, le motif de fond, etc. Un beau bazar dont l’utilité reste discutable.
Voilà pourquoi le professeur ploum (éminent blogologue) et tous ses amis ont décidé d’utiliser le protocole gemini. En ce qui me concerne, je n’en suis pas encore là. J’ai la flemme de monter mon propre serveur et de geminiser dedans. Mais une sauvegarde de 74 petits méga-octets récupérable facilement dans un Dropbox, c’est déjà ça !
Je vais aussi trouver le temps de mettre cette sauvegarde dans un site neocities. J’aime bien neocities, c’est une version nostalgique de geocities, pour les vieux qui l’ont connu. Rah zut, je ressors encore ma pauvre nostalgie, alors même que j’ai jamais créé de site sur geocities.
Ce blog contient une partie du jus de mon âme. Il me semblait important de le garder dans au moins deux endroits différents.
L’image précédente est dans les tons blancs et rouge. On va rester sur les mêmes couleurs. Dites bonjour à Yuval Levy !
Veuillez trouver ci-joint le dernier étron de rétrospective de mon incarnation professionnelle à ConcreteWorld.🌍. Promis, il n’y aura pas d’épisode 3,5/3. Mais celui-là est super long.
Nous terminons avec un feu d’artifice de victoires chamarrées, puisque je vais vous raconter les actions dont je suis le plus fier. Il se trouve que la plupart sont des découvertes de failles de sécurité dans des outils utilisés en interne. C’est amusant, je ne suis pas spécialement fier des tâches effectuées via des directives officielles, mais je le suis des tâches officieuses. Des psychologues du Travail sauront certainement l’expliquer. On s’en fout.
1. Un ATS troué de partout
ATS = Applicant Tracking System. Il s’agit d’un outil pour gérer les offres d’emploi, les personnes qui postulent, les CV, les refus/embauches, etc.
Ce bidule était sous forme d’un site web intégrable dans le site de l’Entreprise, grâce à une configuration DNS ad hoc (oui mon capitaine). Stagiaire SuperCSS et moi étions chargés d’adapter au mieux son design graphique pour que ça colle avec la charte et tout ça.
Comme d’habitude, ce mini-sous-projet « n’était pas censé prendre plus d’une journée ». Comme d’habitude, nous fûmes enlisés dans un gluant marasme de plusieurs semaines, principalement parce que la société fournisseuse était constituée d’un ramassis de tocard·e·s.
Juste pour la marrade, les personnes ayant créés cet outil étaient initialement bourrées à la bière, elles l’ont donc appelé « ATS-ale » (ale signifie « bière » en anglais).
Suite à ma rencontre avec l’outil Pochtronarr, (narrée quelques paragraphes plus loin), je me piquais d’effectuer des mini-audits de sécurité informatique, selon une motivation proportionnelle à la pourritude du machin audité. Ici, elle était grande. Et ça en valait la peine. En quelques heures, j’avais élaboré un joli scénario d’attaque.
J’ai appris le mot « ale » grâce à ce jeu.
Étape 1
Une personne quelconque (que nous appellerons Borgl) se rend sur ATS-ale et postule à une offre d’emploi. Borgl insère du code JavaScript dans l’un des champs du formulaire, car ceux-ci ne sont pas protégés contre les failles XSS.
Étape 2
Un personne en interne consulte l’offre d’emploi. Mettons que ce soit DRHette Bourgeoise-Rappeuse.
Le cookie d’authentification est très facilement trouvable, puisqu’il est dans un paramètre de l’url. Lorsque vous êtes sur ATS-ale, votre barre d’adresse affiche un texte de cette forme :
J’avais fait le test de copier cette adresse et de la coller dans un autre navigateur web. Je m’étais instantanément retrouvé connecté. Les serveurs de ATS-ale considèrent que quelqu’un qui connait le texte secret « zxgrlb123pouet » est forcémement moi, puisque ce texte a été communiqué à moi seul.
C’est normal, c’est comme ça que fonctionnent les cookies d’authentification. En revanche, lorsque c’est fait correctement, ces cookies sont en mode « HTTP-only », c’est à dire que le code JavaScript s’exécutant sur une page ne peut pas y accéder. Dans notre cas, le cookie est dans l’url, il est donc allègrement accessible, en plus de l’ếtre par une foule d’autres manières non souhaitables : screenshot, vidéo, historique de navigation, quelqu’un qui regarde votre écran…
Vous me voyez venir, la faille XSS fait exécuter le code JavaScript de l’étape 1, sur la page web ouverte par DRHette Bourgeoise-Rappeuse. Ce vilain code récupère le cookie et l’envoie à Borgl.
Étape 3
Borgl peut maintenant se connecter à ATS-ale en se faisant passer pour DRHette Bourgeoise-Rappeuse. C’est bien, mais insuffisant. Borgl ne pourra plus se reconnecter lorsque le cookie aura expiré.
Alors, Borgl change simplement le mot de passe du compte. La fonctionnalité est mal faite et ne nécessite pas de retaper l’ancien mot de passe. Borgl a maintenant un accès d’administration permanent à ATS-ale.
Étape 4
Cependant, ce n’est pas très discret car DRHette Bourgeoise-Rappeuse réalisera que son mot de passe ne fonctionne plus. Mais Borgl ayant maintenant les droits pour créer un nouvel utilisateur, Borgl en profite.
Avec un peu de chance, lorsque DRHette Bourgeoise-Rappeuse échouera à se connecter, elle ne fera pas le lien avec un possible incident de sécurité. C’est tout à fait plausible vu la quantité de bugs et de comportements bizarres de ATS-ale. Elle se contentera de rénitialiser son mot de passe et n’ira pas vérifier la liste des utilisateurs.
Et voilà, Borgl a un accès permanent et assez discret à ATS-ale, avec les droits d’administration ! Borgl peut :
publier des offres d’emplois,
consulter, refuser et accepter des candidatures,
envoyer un message à DRHette Bourgeoise-Rappeuse pour l’inviter à prendre un verre parce que cette femme est magnifique,
etc.
Bien joué Borgl !
C’est à la mode de fantasmer sur des femmes géantes. Voici donc une photo de DRHette Bourgeoise-Rappeuse.
Ah t’es sale, ATS-ale !
Je me suis fendu d’un joli mail à Collègue Yoga, le RSSI, pour lui faire part de mes découvertes. J’ai gagné des compliments et de la flatterie d’ego, mais aussi la tâche de suivi des corrections que devaient effectuer Pétaboulard Un-un-unlimited, la société éditrice de ATS-ale.
C’était insupportable. Un tocard m’appelait à répétition pour me demander d’où venait tel bug, si je pouvais tester telle correction, etc. Ledit tocard précisait systématiquement le nom de sa boîte claquée de la fesse. Il est long ce nom ! Quand j’entendais « Peta » dans mon téléphone, je savais que j’allais perdre les 5 prochaines secondes de ma vie à devoir entendre « boulard Un-un-unlimited ».
J’ai appris que Cheffette-DRHette Prout-prout s’était fait engueuler pour son choix d’outil pourri, qu’elle a effectué seule dans son coin, sans demander d’expertise technique et en payant d’avance. Ça m’a bien fait goleri.
Quelques années plus tard, alors que je glandais dans le burlingue open-space, je me mis à fouiner dans un sac plein de bazar qui trainait là depuis plusieurs jours. Je découvrai des mini-colis adressés à diverses entreprises clientes et fournisseuses. Noël étant passé depuis longtemps, j’ignorai ce que ces trucs fichaient encore là. C’était soit des retours, soit des colis non envoyés. De manière prévisible, je fouinai encore plus jusqu’à en dénicher un adressé à Pétaboulard-mon-cul.
Je l’ouvrai sans scrupules. Ces imbéciles ne méritaient aucun cadeau. J’y trouvai de délicieux chocolats que je partageai avec Stagiaire SuperCSS et quelques autres collègue·tte·s, en expliquant bien d’où ils venaient et pourquoi je les avais pris. Ça m’a fait plaisir.
Pour finir, je signalai à Colléguette Sérendipité la présence de sympathiques friandises dans un sac et que ce serait bien, soit de se renseigner pour savoir s’il faut les envoyer, soit d’en faire quelque chose. Ils furent progressivement jetés en pâture dans la salle de pause, ce qui me permit d’en re-profiter un peu. Une consécration heureuse pour ces chocolats.
2. Soirée CTF avec un bouquet de vulnérabilités internes
Nos signatures de mails étaient gérées par un plug-in Outlook fourni par la société MarketoMail. Chaque personne définissait ses propres infos (nom, téléphone, titre de noblesse, …). Le template commun contenait du blabla marketinge, régulièrement mis à jour par Colléguette PositiveAttitude.
Un beau jour, les serveurs de MarketoMail déconnèrent. Ça arrive. Mais leur plug-in était tellement beurkesque que cette déconnade eut pour conséquence qu’il n’était plus du tout possible d’envoyer des mails, même sans signature. Cela éveilla mon radar à pourritude et me donna envie de mini-auditer.
Je récupérai la dll C# du plug-in et inspectai son code source grâce à dotPeek. Je n’avais pas spécialement l’intention de comprendre la déconnade en elle-même. Je comptais simplement explorer et découvrir ce qui était découvrable.
Au démarrage, le plug-in envoyait une requête, avec en paramètres mon adresse mail ainsi qu’un mot secret. Je la renvoyai via une simple commande curl et obtins des détails sur ma signature, dont une url super-secrète et unique, menant à l’interface de modification de mes infos. Jusqu’ici, rien de stupide. Mais dans le code source, le mot secret initial était défini en dur.
Je renvoyai une requête avec l’adresse mail d’un collègue et le même mot. Tagadzim ! Me voilàtai en possession de sa propre url super-secrète unique. Je n’osai tester avec d’autres clients de MarketoMail, mais à mon avis ça aurait fonctionné itou.
Je fis une petite démo de la faille à Collègue Yoga. Je changeai son titre de signature en « éleveur de kangourous ». Nous prévînmes MarketoMail, qui corrigea sa bêtise. Je gardai la dll du plugi-n sous le coude, même si elle ne permettait plus d’exploiter la faille.
Je pris le temps de chercher d’autres vulnérabilités dans d’autres outils. J’en trouvai suffisamment pour imaginer un joli scénario fictif d’intrusion qui allait donner lieu à un sympathique « hackerspace/CTF ».
Entre temps, une stagiaire générique envoya un mail de blabla d’adieu : « Wesh, c’était top-psartek de travailler avec vous tous, hashtag kiffancitude ! » . Je me permis un « répondre à tous » pour énoncer qu’elle était céans une personne fabuleuse et que bonne chance dans la suite de ses aventures magiques. D’autres collègues se moquèrent gentiment de ma flagornerie, c’est de bonne guerre.
Étape du mexicain secret
Quelques mois plus tard, je déclenchais une petite soirée hackerspace avec les collègue·tte·s que mon CTF intéressait. Le scénario est très alambiqué, car il sert surtout à présenter les failles. C’est long et vous risquez de ne rien comprendre. Tant pis, je vous raconte quand même !
L’énoncé initial était présenté sous forme de logs de conversations. La découverte de flags intermédiaires permettaient d’accéder aux logs suivants et ainsi de suite.
Ça commence avec une discussion entre une commanditrice d’intrusion appelée « Rosetta D. Wasp » et un mercenaire pseudonymé « IAmRokMetal ».
IAmRokMetal se fait embaucher par ConcreteWorld.🌍 pour voler des informations. Il repère une machine vulnérable, mais a besoin d’un assistant qui distraierait les employés pendant son attaque. Rosetta fait appel à « rectal_key_hic », un mystérieux mexicain dont personne ne connait le nom ni le visage. (L’histoire aurait fonctionnée avec un espagnol, mais un mexicain est plus rigolo).
rectal_key_hic parvient lui aussi à s’introduire dans ConcreteWorld.🌍. Les deux hackers doivent se parler entre eux pour coordonner leur attaque, mais rectal_key_hic veut conserver son anonymat. Avant de couper toute communication avec Rosetta, il lui a indiqué que c’est à IAmRokMetal de se débrouiller pour mettre en place un canal sécurisé, puis de se manifester avec le mot de code « carré ». C’est un mexicain fan de carrés.
IAmRokMetal découvre la faille du plug-in de signature de mail et modifie celle d’un clampin quelconque, en l’occurrence, moi-même. Il remplace mon numéro de téléphone par 09 16 25 36 49, c’est à dire des carrés. Il ajoute à la fin de mon nom des espaces et des « soft hyphens » (code HTML ­). Un comptage de ces caractères et une petite conversion en ASCII révélaient une url sur pastebin contenant un message secret.
Les personnes effectuant le CTF devait inspecter la dll trouée que je leur fournissais et débloquer des indices qui les menaient à mon mail de répondre-à-tous envoyé plusieurs mois auparavant. La signature contenait les modifications.
rectal_key_hic trouve ce message. Celui-ci indique qu’un papier est caché dans les toilettes, lui-même indiquant un chemin de répertoire dans l’espace de stockage partagé que tout le monde utilise.
La communication est maintenant initiée entre IAmRokMetal et rectal_key_hic. La suite des logs se trouvent dans de simple fichiers texte de ce répertoire.
Étape justifiant la nécessité d’un mexicain
Le premier fichier de log est en clair et en espagnol. Les deux hackers se mettent d’accord sur l’algorithme qui chiffrera la suite de leurs échanges. rectal_key_hic place la clé dans PasswordState, notre gestionnaire de mot de passe officiel.
IAmRokMetal récupère facilement cette clé, mais elle ne fonctionne pas. La discussion entre eux contenait des indices permettant aux personnes du CTF de découvrir un bug.
Et là, attention, lecteurtrice, je vais te révéler un réel bug du réel logiciel PasswordState (mais qui a peut-être été corrigé depuis le temps).
En général, les échanges d’informations entre une machine cliente et une machine serveuse utilisent un standard appelé JSON. Pour enregistrer un nouveau mot de passe, le client (votre navigateur web) enverrait un texte de ce genre :
Le mot de passe est écrit en clair, mais c’est normal. C’est un gestionnaire de mot de passe, il doit pouvoir vous les ressortir tel quel. Avec le HTTPS et tout, c’est sécurisé.
En réalité, PasswordState utilise un format d’échange pas standard et mal fichu, comme ça :
Vous la voyez venir la connerie ? J’ai testé l’enregistrement d’un mot de passe contenant un caractère « ¿ » (point d’interrogation à l’envers). Lorsque j’ai voulu le récupérer, le texte situé après ce point d’interrogation avait disparu ! J’avais perdu un morceau de mon mot de passe.
Or donc, rectal_key_hic avait créé le mot de passe "uno;dos!tres:cuatro¿cinco", mais seul le texte "uno;dos!tres:cuatro" avait été enregistré. C’est pour ça qu’il me fallait un mexicain/espagnol, car leur langue comporte des points d’interrogation à l’envers !
Au passage, on trouvera un commentaire amusant dans le code JavaScript de PasswordState :
// Can't put the normal split("¿") routine here // as it doesn't work. var commandArgs = trigger.getAttribute('commandargument').split( String.fromCharCode(191) );
Finalement, le mot de passe complet est retrouvé. La suite des échanges entre les deux hackers est maintenant chiffrée comme il se doit. Étape suivante !
Étape où le héros meurt à la fin
Dans les locaux de ConcreteWorld.🌍 se trouve un écran géant affichant un dashboard global, via l’application web RealityCheck. Rappelons que le sacerdoce de l’entreprise est de tracer et corriger les incidents qui surviennent dans la réalité.
De temps en temps, l’écran ou l’application plantait. Ça ne posait pas de problème, au redémarrage, la page de RealityCheck se rechargeait automatiquement et l’authentification se faisait à l’aide d’un mot de passe pré-enregistré dans le navigateur. C’est ce qui intéresse IAmRokMetal.
rectal_key_hic invite tous les gens de la boîte au resto, ce qui permet à IAmRokMetal d’agir sur l’écran géant sans se faire voir et de récupérer le mot de passe. IAmRokMetal peut alors se connecter à l’appli RealityCheck et voler beaucoup d’informations : documents internes, accès, autres mots de passe, etc.
La fin du scénario est une apothéose de rire. Voici le dernier log:
IAmRokMetal : Et si on testait ces mots de passe un peu partout ?
rectal_key_hic : Bonne idée.
IAmRokMetal : Argh ! Argle !
rectal_key_hic : Tout va bien ? Que vous arrive-t-il ?
IAmRokMetal : Une personne s’est approchée de moi par derrière, elle est en train de m’étrangler !! Aaaarrgghh !
rectal_key_hic : Mais défendez-vous, au lieu de perdre du temps à écrire « Argh » dans ce fichier et à le chiffrer !
IAmRokMetal : Arghhh ! Arrggghh ! Au secours !
rectal_key_hic : Dites-moi physiquement où vous êtes et je viens vous aider !
IAmRokMetal : Argh ! Trop tard ! Adieuuuuuuu ! blaaaaaaaaaaarghh.
Rosetta D. wasps : Merci pour votre travail. Mon ex-coéquipier IAmRokMetal vient de subir un regrettable incident. Je vais prendre les fichiers et les mots de passe. rectal_key_hic, je vous invite à quitter prestement la société ConcreteWorld.🌍 avant qu’un autre regrettable incident ne survienne.
Révélation finale
Le write-up (la solution du CTF) contenait une ultime blague :
IAmRokMetal est une anagramme de MarketoMail,
Rosetta D. Wasps est une anagramme de PasswordState,
rectal_key_hic est une anagramme de RealityCheck.
Ha ha ha ! Lolilol !
Les collègue·tte·s ont globalement apprécié, même si je sentais une baisse de motivation vers la fin. C’était peut-être un peu long. (Comme cet article, mais je m’en fous c’est mon article).
Résultat d’une recherche avec les termes « Rock Metal Wasp »
3. Pochtronarr
Résumé des failles
Pochtronarr a été, durant plusieurs années, notre « outil de gestion des trucs ». Rappelez-vous, j’avais assisté à un événement corporate convivial organisé par Ploucocratt, la société éditrice. J’avais narré cet événement dans cet article et celui-là.
Je n’ai pas la prétention d’être un super-expert en cybersécurité et pentesting, mais cet outil comportait TOUS les types de failles de sécurité que je connais. Vous vous imaginez comme je me suis éclaté lors de mon mini-audit personnel.
En voici une liste rapide. Je ne vais pas détailler plus, il me faudrait 3 articles volumineux comme celui-ci.
Faille XSS, soupçonnable rien qu’en regardant les urls dégueux d’une de leur vidéo promotionnelle.
Directory Listing, sans même avoir besoin de se créer un compte.
Injection SQL « by design ». Si vous voulez les corriger, vous devez recoder plus de la moitié de la partie front-end et une bonne partie du back-end.
Broken Access Control, permettant à n’importe quel client de ConcreteWorld.🌍 de récupérer très simplement les informations de tous les autres clients.
Mot de passe des utilisateurs chiffrés avec un espèce de double XOR à la con, que je n’ai pas entièrement compris, mais que j’ai cassé avec un oracle. J’ai changé mon mot de passe en « aaaaaaaaaaaaa », puis en « bbbbbbbbbbbbb » et ainsi de suite, jusqu’à avoir toutes les combinaisons de caractère et de positions.
Exécution de code arbitraire par le serveur. La payload devait être écrite en SmallTalk. Ce n’est pas très pratique mais ça permet au moins de lancer des commandes shell.
Ah non, je suis mauvaise langue, il n’y avait pas de Remote File Inclusion !
Il y en avait tellement que certaines failles étaient rendues inintéressantes par d’autres failles. Par exemple, le mot de passe du super-user de la base de données était stocké en clair dans une table quelconque. Mais de toutes façons, les injections SQL étaient effectuées par un user qui avait déjà accès à tout. Ça ne valait même pas la peine d’essayer de devenir super-user.
Je vais quand même vous détailler la plus belle faille. La toute première que j’ai découverte et testée. Elle est assez unique, je ne connais aucun autre outil doté d’un comportement aussi élaboré crétinairement parlant.
Comment j’ai trouvé la faille la plus chabraquée du monde
Je testai le formulaire de déclaration d’un « PRI » (point de réalité intrigatogène) avec un fichier joint. Je cliquai sur le bouton ‘Ajouter’ et sélectionnai un fichier quelconque, par exemple une image « arq.jpg ». Après quelques secondes d’attente, le champ texte correspondant (qui n’était pas directement éditable) se mit automatiquement à jour, avec la valeur:
C:\Program Files\Pochtronarr\uploads\arq.jpg
Je validai le formulaire. Le PRI s’enregistra correctement. Je vérifiai que toutes les informations avaient bien été gardées, y compris mon fichier, que je retéléchargeai. Test validé, je passai à autre chose.
Quelques jours plus tard, Colléguette Mousse, la dame de l’accueil, démissionnait pour une raison quelconque. Elle fut remplacée par Colléguette Sérendipité. Je ne suis plus très sûr de son titre, c’était peut-être « Intérimaire Sérendipité ». Ce n’est pas très important. Le fait est qu’elle avait des fesses magnifiques. Inévitablement, je me rendis dans les toilettes boîtales et me masturbai en pensant à elle.
Colléguette Sérendipité
Un quart d’heure plus tard, une pensée me vint à l’esprit. Le champ texte du formulaire de PRI indiquait bien l’emplacement du fichier joint, mais sur le serveur ! Que se passerait-il si je le changeais ?
Ce champ était verrouillé, mais un bout de JavaScript plus tard, il devenait éditable. Après quelques essais et une petite analyse de ce qu’il se passait sur le serveur, je pouvais décrire le processus (claquay au sol) d’attachement d’un fichier.
Le fichier est envoyé au serveur lorsqu’on le sélectionne dans le formulaire.
Il est enregistré dans l’espace temporaire C:\Program Files\Pochtronarr\uploads.
Le serveur renvoie le chemin complet du fichier uploadé dans cet espace temporaire.
Ce chemin complet est écrit dans un champ du formulaire, que l’on n’est pas censé changer.
Lorsque le formulaire est validé, tous les champs sont envoyés au serveur.
Le serveur prend le fichier à l’endroit indiqué par le champ et l’enregistre sous forme d’objet binaire dans la base de données.
Lorsqu’on redemande le fichier, c’est l’objet en base de données qui est renvoyé.
Et donc, si j’écris un autre chemin dans le champ, je peux récupérer n’importe quel fichier du serveur. Ça s’appelle une vulnérabilité « Local File Inclusion ». Mais celle-ci est particulièrement dégueue, car elle permet en plus de pourrir la base avec des objets binaire énormes juste pour foutre le brin, (par exemple si j’indique C:\pagefile.sys).
En tout cas, je remercie Colléguette Sérendipité pour sa contribution au renforcement de la sécurité du système d’information de ConcreteWorld.🌍 !
Bien évidemment, j’ai organisé un autre hackerspace pour présenter ses failles, à la suite duquel il y eut des discussions entre chefs. L’outil Pochtronarr fut progressivement abandonné, mais j’en garderai un souvenir impérissable et très drôle.
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4. D’autres petites victoires en vrac
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Pour les hackerspaces, Apprenti SporExtrême avait installé la plate-forme CTFd. Elle est simple et considérée comme un standard « dans le milieu ». Mais elle ne gère pas les challenges avec des flags intermédiaires, alors j’ai développé une petite extension qui le fait. C’est du python, évidemment.
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J’ai aussi réalisé un gros challenge d’OSINT que Collègue Yoga avait beaucoup apprécié. Je le cite: « c’était un kiff ! ». Je ne vais pas décrire ce challenge ici, ce serait trop long. De plus, il était disséminé sur de nombreux sites (copainsdavant, webarchive, …), je ne suis pas sûr que tous les comptes et informations soient restées en place. Data rot…
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Un mini-outil de formatage de mail que j’ai dû coder en urgence. J’ai choisi la stack (un bien grand mot) « python-tkInter-pywin32 », ça a beaucoup plu. Les mails formatés étaient des analyses de fausses alertes d’incidents de réalité, qui constituent de simples hallucinations. J’aimais beaucoup l’expression associée : « cet incident n’est que dans notre crâne ». Alors j’ai décidé d’appeler ce mini-outil « Recartonne », qui est un anagramme de « Notre crâne ».
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Nous avions aussi besoin d’une application pour gérer les configurations de méta-nommage quantique. Par ailleurs, nous étions en cours d’installation de NextCloud, afin de nous doter d’une gestion de documents moins rustique qu’un énorme NAS où tout le monde fout son bronx dedans. J’ai codé une jolie extension pour piloter un outil de méta-nommage qui ne fonctionnait qu’avec des vieilles requêtes SOAP. Au final, nous avions des IHM sympas et qui s’intégraient bien dans NextCloud. J’étais heureux d’avoir réussi à faire communiquer deux trucs pas spécialement prévus pour et qui œuvraient dans deux domaines vraiment différents. Même si j’ai dû coder en PHP parce que NextCloud. Aux dernières nouvelles, cette application est toujours utilisée ! Youpi !
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Mes participations et contributions à la THCON, que j’ai déjà racontées, ainsi que le NorthSec, qui m’a téléporté dans un autre monde le temps d’un week-end même si j’ai pas bougé de chez moi.
Voilà comment on fait des requêtes soap.
5. Une phrase classe et distinguée
Comme dans plein d’autres boîtes, nous avions une offre de stock options. J’y ai souscrit pour la forme, avec une quantité de pognon raisonnable. Ces stocks options offraient la possibilité d’assister à une réunion des actionnaires tous les 6 mois, soit un droit de glandage officiel d’environ une heure. J’ai sauté sur l’occasion.
Durant l’une d’elles, arriva sur la table le sujet d’une subvention étatique pour innovance qui nous avait été récemment accordée. Le fonctionnement et le but de cette subvention mériteraient d’être détaillés, mais je vais vous les résumer en une phrase : pendant que je me masturbais dans les toilettes boîtales, j’étais en partie payé avec l’argent de vos impôts.
L’un des grands argentiers stock-optionniques posa cette magnifique question :
Où en est-on du décaissement de la subvention ?
Moi qui croyais que le mot ‘décaissement’ ne pouvait être utilisé que pour creuser des trous dans le sol (décaisser un terrain), quel ignorant fus-je ! Il est possible de l’employer pour des sommes d’argent récupérables progressivement.
Le grand argentier ayant posé cette question était rasé de près. Mais j’ai bien senti que spirituellement, il avait une petite moustache fine d’homme classe des années 30, un lorgnon, une canne avec un pommeau en diamant, et au moment où il a posé la question, il a spirituellement lissé cette moustache tout en dégustant spirituellement un verre de brandy spiritueux.
Ce sera tout pour cet article, ça suffit amplement et spirituellement !
Le mois prochain c’est Ludum Dare, et ensuite je vous raconte mon pot de départ. Ce sera moins long.
Voilà du réchauffé, que je glisse discrètement entre deux articles corporates.
Pour les personnes ayant adhérées au Discord de Squarity https://discord.gg/D5SYnk8u3j , vous connaissez déjà le topic « bouillonnement créatif ». J’y balance des liens randoms : tilesets, jeux vidéos implémentables dans Squarity, images, … Le but étant de donner des pistes d’inspiration pour que les gens créent des choses avec/pour Squarity.
Ça a fonctionné une seule fois. Une personne du nom de Ellisa a créé un mini-clone de Terraria. C’est pas parce que les choses fonctionnent une seule fois qu’il ne faut pas les refaire plusieurs fois. Oui, je suis fou.
Le problème de Discord, c’est que si vous n’avez pas de compte ou si vous ne souhaitez pas vous joindre à mon serveur, vous n’avez accès à rien.
C’est aussi pour cette raison que j’annonce les avancées du projet sur un mastodon : https://mstdn.io/@recher . Vas-y lecteurtrice, suit ce lien. T’as pas besoin de compte, ni rien. Tu y découvriras, entre autres, que j’ai ajouté la gestion des clics dans Squarity.
Or donc, c’est dommage que ce bouillonnement créatif reste enfermé dans Discord. Alors je vous ai copié-collé les 12 premiers messages ici. Ça peut déclencher des tilts dans votre cerveau et surtout ça me fait un article à peu de frais.
Je n’ai pas ajouté dans cet article les conversations que j’ai eues avec d’autres membres de Discord. Il y a des échanges intéressants, mais dans le principe, je n’ai pas l’accord pour les diffuser au reste du monde. Si ça vous intéresse, eh bien allez sur Discord.
C’est parti!
Tileset : blocks de Match-3
2021-01-04
Si vous avez testé le premier jeu d’exemple de Squarity, vous connaissez déjà l’artiste Buch. Il a dessiné le tileset avec le magicien vert, le nain, etc.
Vous trouverez d’autres de ses créations sur le site OpenGameArt.org.
Créer un jeu de type Match-3 avec Squarity, ce ne serait pas l’idée la plus originale du monde, mais ça peut être un point de départ pour s’entrainer, pour imaginer des variantes, des objets spéciaux, des super-pouvoirs dans le jeu, etc.
Jeu de réflexion : DROD !!!
2021-01-07
Est-ce que vous connaissez le jeu Drod (Deadly Rooms Of Death) ?
Le concept de base est très intéressant et très jouissif, puisqu’on tue des cafards géants par centaines, avec le sang qui gicle.
Ce jeu a été créé il y a plus de 20 ans, par Caravel Games, une boîte qui existe toujours. Elle produit régulièrement de nouveaux épisodes, ou d’autres concepts de jeux.
Il n’a pas de licence explicitement précisée, mais d’après les commentaires, je pense qu’on peut le reprendre librement. Dans le doute, demandez-lui directement.
Pixeljoint est une source très foisonnante en tileset. C’est pas évident de faire des recherches dans le site, mais on tombe souvent sur de très belles pépites. Je vous conseille d’y trainer de temps en temps, si vous êtes en recherche d’inspiration.
Il est également possible de demander des créations de tileset sur le forum. Ça donne des bons résultats (H2O par exemple).
Je suis toujours en train d’avancer sur la rédaction du tutoriel, et pas sur Squarity en lui-même. C’est bien embêtant, mais ainsi va la dure vie d’un side-project : tout est lent.
Cette pérégrination rédactionnelle me fait tomber sur quelque chose d’inattendu : un wiki sur les jeux de types soko-ban ! Celui-ci définit une norme de description des niveaux. Bien entendu, le tutoriel respectera cette norme.
L’inspiration du jour sera Elemental Tiles. Un petit jeu de réflexion sympa sur Armor Games.
Il y a une ressemblance avec H2O, puisque le personnage que l’on dirige peut changer d’état, non pas en liquide/solide/gazeux, mais en eau/air/terre/feu.
Ce jeu est tout à fait « squaritable ». Mais si vous décidez de le recréer, il sera de bon ton de demander la permission avant.
Moteur de jeu : Bitsy
2021-01-20
Pour aujourd’hui, on va s’intéresser à la « concurrence » de Squarity. Je vous présente Bitsy, un outil de création de mini-jeux vidéo que l’on peut ensuite télécharger sous forme de stand-alone, ou publier sur le web.
Ça a l’air bien sympa, tout simple mais très abouti quand même. J’ai joué à quelques jeux pour tester, il y en a des biens fichus.
Pour l’instant, j’ai pas trop le temps de m’intéresser à l’éditeur en lui-même. Alors je vais vous laisser le découvrir. À plus !
Jeu de réflexion : Soko-ban non-euclidien
2021-01-27
Encore une inspiration sokobanienne, mais cette fois-ci, sous forme de n’importe quoi (ça a littéralement une « forme de n’importe quoi »). Un soko-ban dans un espace non-euclidien.
Les cases adjacentes à votre position sont plus ou moins des carrés. Mais celles qui sont plus loin ne le sont pas du tout. Les formes des cases changent selon vos déplacements. Ce n’est pas évident à décrire, vous devriez essayer par vous-même.
Un jeu comme ça n’est pas du tout squaritable. Mais faut bien rigoler de temps en temps.
Tileset : Terraria / MineCraft 2D
2021-02-01
Hey ! Ça fait longtemps que je vous ais pas sorti un petit tileset de derrière les fagots.
Allez hop, une autre fournée de tileset. Je vous invite à aller voir ce compte flickr. Plein de choses variées, dont des tilesets.
Par contre les images semblent être en jpeg. Ça veut dire que les couleurs des pixels sont approximatives. C’est pas vraiment exploitable en l’état, mais ça peut servir d’inspiration.
Jeu de rapidité/réflexion : Pipe Mania
2021-02-25
Un petit jeu sympa, qui a été décliné sur beaucoup de machines : Pipe mania.
Évidemment, en français, le titre est ridicule. En vrai, c’est « pipe » dans le sens « tuyau ».
Vous devez tracer un chemin, mais attention de ne pas laisser l’eau sortir du tuyau !
Un jeu fortement squaritable, avec possibilité d’ajouter plein de nouveaux éléments : des téléporteurs, des boutons qui actionnent des portes, des liquides de différentes couleurs, des mélangeurs de liquides, des feux à éteindre, des pelouses à arroser, …
C’est un tileset en vue de côté, mais on pourrait à la limite s’en servir pour une vue de haut.
Les jeux en vue de côté sont moins évident à faire dans Squarity, parce qu’on s’attend à avoir un personnage qui peut sauter. Or, des sauts en case par case, c’est pas top.
Jeu de réflexion : Laser Tank
2021-03-13
Pour démarrer le week-end, voici un petit jeu pas très connu, mais doté de centaines de niveaux et d’une communauté foisonnante : LaserTank.
Déplacez votre tank, tirez dans les objets pour les détruire ou les pousser et atteignez le drapeau avec le moins de mouvements possible. J’ai testé rapidement la version web, c’est sympa, même si certains enchaînements d’actions simultanées sont un peu compliqués à comprendre.
Le site officiel est en pur design des années 70. Manifestement, il a été créé avant même l’invention d’internet. Mais qui cela dérange-t-il ?
Comme vous vous en doutez, ce jeu est fortement squaritable. Bon pioupioutage à tout le monde !
C’est tout pour ce mois-ci !
Il reste un gros tas de messages de bouillonnement créatif après ceux-ci. Hypothétiquement, lorsque Squarity sera doté d’un petit CMS (Content Management System), j’y transférerais tout ce bazar, en le catégorisant. Ce sera pour dans vraiment très longtemps.
Je vous laisse avec growingellex, parce que bouillonnement érotique.
L’article du mois prochain sera corporate. C’est celui que je vous promets depuis quelques mois (la fin de la rétrospective de mes aventures à ConcreteWorld.🌍).
C’est par ces phrases que l’intervenante débuta la conférence corporate à laquelle j’assiste actuellement.
Visuellement, un hydraulophone est un instrument de musique comme ça :
La dame qui nous parle se nomme « Conf-Hydro de Droite ». Elle exerce le métier de « hydraulophoniste d’entreprise ». Elle va nous expliquer, via plusieurs interventions égrénées durant ce week-end motivationnel, qu’il est possible de vivre ses rêves d’enfants de droite, à condition de persévérer.
J’ai un verre de champagne à la main et la main de ma compagne personnelle dans l’autre main. Visuellement, il s’agit d’une nana comme ça :
(Non, je ne peux pas mettre de photo d’elle ici).
À 6 ans, Conf-Hydro de Droite dessine un faux hydraulophone sur la table du salon et appuie sur les trous en mimant la musique. Plus tard, elle travaille dans le marketing, mais sent au plus profond à droite d’elle même que ce n’est pas ce qu’elle souhaite apporter au monde. Petite pause musicale dans son récit : Nocturne Opus 72 de Chopin de droite. Ma compagne personnelle a la gentillesse de me donner des coups de coude chaque fois que je manque de m’endormir.
Fin de la conférence. Par entropie, je m’engouffre dans la zone de buffet et bâffre gratuit des verrines de droite et de l’alcool.
Chaque Collègue a pu apporter son Con-joint ou sa Conne-jointe (une seule personne, polygamie non autorisée). La mienne se nomme Compagne Coccinelle-Verte, juste parce que.
Compagne Clownette, la Conne-jointe de Collègue[s] Blougryne est également présente. Collègue[s] Blougryne, bien qu’il·s soi·en·t potentiellement plusieurs personnes comme je l’ai décrit dans un précédent article, a·ont tout de même respecté les conventions sociales. Il·s a·ont une seule Conne-jointe au total. Elle s’appelle Clownette parce que c’est son métier.
Dans un de ses livres, Chuck Palahniuk raconte que les clownes féminines font souvent l’objet d’avances déplacées car les détraqués sexuels pensent qu’elles sont des détraquées sexuelles. Je ne sais pas si c’est vrai. Ça me fait penser que je devrais vérifier si Chucky a écrit de nouvelles œuvres.
Compagne Clownette et ses tatouages bizarres en forme de watermarks.
Compagne Clownette et Collègue[s] Blougryne discutent à bâtons rompus avec Conf-Hydro de Droite, à propos d’art, musique, spectacle et autres hippizeries.
Il y a beaucoup de Compagnes et très peu de Compagnons, car l’informatique est peuplée de mâles-cis-hétéro-blanc-adorateur-de-gros-nichons. Si tu veux, tu peux changer la société.
L’événement se passe dans un haras, où nous aurons le loisir de participer à une séance de « médiation animale ». Ça va chier corporate.
Compagne Coccinelle-Verte dit au revoir à tout le monde, me fait un gros bécot et nous quitte. Elle ne pouvait pas rester plus car ce week-end a lieu une compétition de Gems of War. En tant que cheffe de guilde, elle a des responsabilités qu’elle se doit d’honorer.
À partir de ce moment, je n’ai donc plus besoin de passer pour quelqu’un qui essaye de passer pour quelqu’un de bien auprès de ses collègues, auprès de sa compagne (relisez cette phrase deux fois). Je m’enfile cul sec un Jéroboam.
Je saisis une occasion de me distinguer par une prestation culturelle et humoristique. Je squatte la sono et le micro de Conf-Hydro de Droite et chante une chanson d’étudiants de l’UTBM : « Les Belfortaines ».
Elle est sur l’air des « Lorientaises« , avec les paroles adaptées. Voici le refrain :
—
Les belfortaines sont des comme les homards,
elles ont toutes un ruban rouge et noir.
Nous les gars de l’UT, on voudrait bien les voir,
pour les embrasser sur la douche ce soir.
Savez-vous ce qu’il y a deux ?
Savez-vous ce qu’il y a deux ?
Y’a deux testaments, l’ancien et le nouvôuwôwôuwôôô, hey !
—
Et voici les paroles. La chanson est cumulative, c’est à dire qu’on répète à chaque fois toutes les paroles précédentes.
—
Y’a Troie en champagne
Y’a Catherine de Russie
Y’a Saint-Pétersbourg
Y’a système métrique
Y’a c’est épatant
Y’a huîtres au vin blanc
Y’a neuf à la coq
Y’a distillerie
Y’a on se fait chier (ou ‘on s’ennuie’, selon le contexte)
Y’a douze apôtres
Y’a très étroit
Y’a 14-18
Y’a quinze de France
Y’a 1664
—
J’en étais à peine à « Catherine de Russie » lorsque je sens un léger refus musical de la part de Collègue[s] Blougryne. Il·s crie·nt « Yeah Réchèr ! Super Réchèr ! » sur un ton ironique. Je ne comprends pas le message et continue de chanter.
Lorsque j’arrive à « C’est épatant », il·s coupe·nt le micro (car il·s a·ont bien évidemment le contrôle de la sono). Je ne comprends toujours pas et chante plus fort, sans l’aide du micro. Arrivé à « Distillerie », il·s s’avance·nt vers moi, me chope·nt par les jambes et m’emmène·nt loin de la scène, alors que je suis toujours en train de chanter.
Manifestement, cette chanson était un choix artistique non adapté. Étais-ce trop de droite pour lui·eux ?
Y’a plus de champagne. Je me rabats sur un fût de bière. Collègue BlackJack ouvre sa mallette de jeu de cartes professionnelle et initialise un tripot, auquel je me joins. Semi-Chef Lula sort les alcools forts.
Soudain, Stagiaire SuperCSS nous fait remarquer que MégaChef Forgeron et Compagne Rigolote (sa Conne-jointe) sont déjà parti·e·s se coucher.
Le mot « parti·e·s » est écrit en inclusif masculin/féminine, puisqu’on parle d’un homme et d’une femme. Il est aussi écrit en inclusif singulier·e/pluriel·le (« parti·e » ou bien « parti·es »), car on ignore si les deux personnes concernées sont en train de baiser, donc on ignore si ça fait un ou plusieurs corps.
Mes parties de BlackJack n’ont pas été concluantes (ce mot « parties » n’est pas sous sa forme inclusive, car on ne baisait pas pendant qu’on jouait). Stagiaire SuperCSS et moi sommes d’avis qu’il est bien trop tôt pour avoir faussé compagnie à ses collègues.
Un cheval-bâton-jouet traine dans un coin, je l’attrape.
Nous sortons tous deux de la baraque principale, à la recherche du bungalow de MégaChef Forgeron et Compagne Rigolote. Le cheval de bois s’ébroue et galope dans la nuit de manière fort bruyante. Je ne parviens pas à le calmer. Nous toquons à un bungalow au hasard, tout en henissant. Une personne totalement inconnue et pas totalement réveillée ouvre la porte. Nous nous excusons platement de nous être trompé, tout en précisant que c’est la faute du cheval de bois, dont l’instinct et le flair nous ont faussement amené ici.
Nous continuons notre cavalcade endiablée et sonore. Nous n’avons besoin de réveiller les occupants que d’un seul bungalow supplémentaire avant de trouver celui que nous cherchons. Mais, malgré tous les efforts et tambourinements du cheval pour signaler notre présence, MégaChef Forgeron et Compagne Rigolote décident de ne pas nous ouvrir. Nous retournons au tripot, la queue (de cheval) basse.
Semi-Chef Lula a fait boire du Ricard à Conf-Hydro de Droite, afin qu’elle révèle sa véritable personnalité et qu’elle avoue faire ça uniquement pour l’argent et pas la musique. C’est un échec. Elle est actuellement en train de lui révéler son projet secret de mélanger l’eau de son hydraulophone à de la cyprine, en prévision d’un colloque pour femmes entrepreneuses.
Collègue BlackJack a eu la gentillesse de pas rafler tout le pot. On va se coucher.
La cyprine est un coquillage, entre autres.
Journée du samedi
Je me réveille, prends une douche et crache un demi-litre de glaire parce que j’ai un rhume. Je suis trop en vrac pour me masturber, tant pis. Je débarque dans la salle commune de la baraque principale. Un bébé est allongé par terre sur des coussins. Quelqu’un est venu avec sa Conne-jointe et son bébé. On n’est plus à ça près.
MégaChef Forgeron donne un cours de forge. Collègue Blasé et moi frappons sur des plaques de métal, qui constitueront les pièces d’un hydrolauphone personnalisé. Le bruit des marteaux me donne un peu mal à la tête.
Conf-Hydro de Droite continue le récit motivationnel de sa vie. Là c’est le passage où elle contacte une enfilade de producteurtrices et d’artistes, mais ses prestations n’intéressent personne. C’est difficile. Elle doute, elle déprime, songe à abandonner. Heureusement sa famille de droite continue de la soutenir alors elle trouve le courage de s’accrocher de droite.
MegaChef Forgeron nous propose l’un de ses ice-breakers dont il a le secret. Nous devons chacun noter 6 informations à propos de nous-mêmes, l’une d’elles étant fausse. Nous les lisons à voix haute, les autres doivent trouver l’intruse. La technique est d’indiquer des infos vraies les plus bizarres possible, pour que la fausse n’ait pas l’air aussi bizarre par contraste.
Voici ce que j’ai annoncé :
Pendant mes études à l’UTBM, j’ai eu l’occasion de m’asseoir à côté de Victor Stinner, l’un des grand chefs actuels du python. Mais on n’était pas plus pote que ça car j’étais très occupé à maintenir ma réputation de faiseur de conneries.
À ce sujet, lors de la réunion de rentrée en troisième année à l’UTBM, j’ai fait un slam dans l’amphi. Les gens me jetaient progressivement de rang en rang, j’ai finalement atterri devant le responsable du département Génie Informatique.
Lors d’une journée de Travail, il m’arrive de glander en plein milieu de l’après-midi. Je m’y remets en début de soirée et j’en profite pour envoyer un message sur le chat boîtal. Ça fait croire que je suis sur le pont jusqu’à très tard, avec ferveur et abnégation.
Dans la base de code du projet POILS_PUBIENS, il existe un fichier python d’environ 200 lignes ne comportant aucune lettre « E ». Le fichier fait ce qui est prévu sans aucun problème, mais je me suis arrangé avec des astuces du langage pour ne jamais avoir besoin du « E ».
J’utilise la disposition de clavier bépo, mais avec un clavier normal. Toutes les lettres sont mélangées. Par exemple, la touche « O » écrit un « L ».
À l’école primaire, j’étais persuadé que NE PAS toucher les seins des filles pendant la récréation me donnerait la possibilité de faire crac-crac avec elles quelques années plus tard. Cela n’a pas fonctionné.
Le responsable du Génie Informatique, blasé par ma stupide prestation.
Lecteurtrice, parviendras-tu à trouver l’information fausse ? Réponse ci-dessous.
Repas de midi. On bouffe, on piache, on discute, le bébé biberonne. Compagne Rigolote trouve tout super génial. Collègue Blasé ne supporte pas ce genre de personnalité. Moi j’adore, je sais bien que c’est totalement surjoué, mais je m’amuse dans ma tête à imaginer que c’est vrai et ça gonfle mon ego.
Je lui parle de Squarity, elle écoute attentivement et me souhaite toute la réussite du monde pour ce projet. Elle ne comprend probablement que la moitié de ce que je raconte, ce dont je fais fi. J’ai besoin de ces encouragements, ces petits cadeaux psychologiques, pour continuer Squarity. Ça avance lentement, c’est la vie.
Café, puis digestif que Docteur Maboul nous avait laissé avant son lourdage. On le boit à sa mémoire.
Conf-Hydro de Droite continue le récit motivationnel de sa vie. Par hasard, un jour qu’elle attendait un train en grève, un virtuose quelconque se mit à jouer sur le piano libre-service de la gare. Elle se propose de l’accompagner à l’hydraulophone. La musique transcende le public, qui se fait de plus en plus nombreux. Des gens prennent des vidéos. Elle balance tout ça sur « lérézaux ».
Elle nous raconte de sa voix douce de droite :
« Ma famille repartage les vidéos. 500 vues … 1000 vues … 2000 vues. Je vais me coucher à l’hôtel. »
« Le lendemain, un message de mon manager-imprésario m’annonce que j’ai plus d’un million de vues … Et voilà. C’est grâce à ce buzz magique que j’ai pu embrasser le métier de Conférencière-Hydraulophoniste d’entreprise. »
WTF ? C’est ça ta conclusion ?
Tu nous expliques, en trois épisodes, sur un total de 5 heures dont 2 de musique classique de droite, qu’après avoir galéré et persévéré de droite pendant plusieurs années, tu t’en es sortie grâce à un gigantesque coup de bol aléatoire ? C’est avec ça que tu vas nous motiver ? Mais c’en est tellement stupide que c’est ni de gauche, ni de droite, ni du centre. Ça n’a aucun sens !!!
Au passage, le pianiste virtuose qui t’accompagnait, il en a tiré des bénéfices de ce buzz moisi ? Il semblerait que non, il est malchanceusement resté dans l’ombre.
J’ai envie de hurler et de vomir la gnôle de Docteur Maboul dans son hydraulophone. Mais je préfère la garder dans mon corps, afin d’anesthésier le mal de tête qui se propage dans mon cerveau.
Cela étant, avec cette histoire lamentable, il appert (du verbe apparoir) que la SNCF et ses pianos en libre-service sont de droite. Pas la peine de faire illusion avec tes grèves, SNCF, on t’a cramé en flag’ !
Enfin, la musique finale de son récit pourritationnel s’achève. Nous sortons et nous nous dirigeons vers l’activité suivante : la médiation animale.
Nous faisons la connaissance de Professeure Cataclop. Elle nous présente des chevaux et des juments dans un enclos (« présenter » dans le sens « donner leurs noms »). Nous devons nous mettre par groupe de trois, deux personnes humaines et une animale, « avec qui nous semblons nous accorder le plus ».
Collègue Blasé, Collègue JackBlack et Cheval PoivreVert se mettent ensemble. Les deux humains se sentent spirituellement proche de ce cheval qui est bon glandu. En effet, il minimise ses mouvements de tête pour attraper l’herbe qu’on lui donne à bouffer.
Je me retrouve avec Collègue Générique et Jument Imen. Cool. Je devrais dire plus de choses intéressantes sur Collègue Générique, mais flemme.
Professeure Cataclop nous précise que nous n’allons pas monter. Le but est de pratiquer des activités pour établir une connexion mystique entre les membres d’un groupe humain·animal. Ça me va très bien. La dernière fois que j’ai monté un truc, c’était ta mère et ton père un poney, en colonie de vacances il y a plus de 20 ans, et j’avais trouvé ça horriblement inintéressant. C’était pas spécialement compliqué, ni effrayant, ni désagréable. Mais qu’est-ce que je m’étais fait chier.
Nous effectuons diverses activités :
guider Jument Imen sur un parcours balisé par des plots,
guider Jument Imen alors qu’on a les yeux bandés, tout en étant guidé par l’autre humain,
guider Jument Imen alors qu’on a les yeux bandés, mais l’humain qui guide donne des indications contraires (« à gauche » au lieu de « à droite »), et sans faire de phrases négatives parce que c’est trop facile à décontrairiser.
Jument Imen exécute le tout de bon cœur, Collègue Générique aussi. Le bruit des sabots augmente mon mal de tête, même si on est sur de la terre et que ça fait un gentil « schprouf-prouf » et non un violent « clac-clac ».
Compagne Clownette, Collègue[s] Blougryne et Jument Æthelflæd sont à fond et courent partout au milieu des plots.
Collègue Blasé et Collègue JackBlack s’affalent sur le flanc de Cheval PoivreVert. Il accepte son sort sans problème, car il a bien compris que sa propre glanditude s’est propagée sur les deux humains de son groupe.
MégaChef Forgeron et Compagne Rigolote se font des papouilles plus ou moins scabreuses, sous l’œil jugeatoire de Cheval Blanc-De-Henri-4.
Conf-Hydro de Droite est pas là, elle a préféré rester discuter musique avec Semi-Chef Lula (possiblement autour d’une bouteille de Ricard).
La séance se termine. Il faut ramener les chevaux·juments dans un pré. Wesh, t’as vu lecteurtrice ? point médian inclusif avec « chevaux·juments » !
Professeure Cataclop nous propose de les monter à cru (ça veut dire sans selle). Je décline gentiment l’offre, de peur de me retrouver dans l’horrible situation de la colonie de vacances où je m’étais magistralement fait chier. Collègue Générique nous laisse, car il doit s’occuper d’un bébé.
En route pour le pré. Les autres groupes sont assez loin devant. Là, je me sens bien, même si je ne suis pas sûr de ressentir une connexion mystique entre Jument Imen et moi. De trois choses l’une :
Soit elle a ressenti que je n’en avais rien à faire de cette médiation animale, alors elle se comporte comme si elle aussi n’en avait rien à faire, par empathie.
Soit elle n’a rien ressenti du tout par rapport à moi, et se comporte comme si elle n’en avait rien à faire car elle n’en a effectivement rien à faire.
Soit je crois ressentir ce qu’elle ressent mais je me trompe complètement et en fait elle est hyper concernée par cette médiation humaine (et elle est de droite).
Ses sabots clac-claquent sur la route goudronnée et augmentent mon mal de tête.
Les chevaux·juments ayant été posé·es dans le pré, il faut maintenant ramener les humain·e·s. Professeure Cataclop nous enfourne dans une bétaillère, et après un petit trajet, nous voici de retour dans la salle commune. Les personnes ayant choisi de monter à cru ont l’entrejambe tout marron. Ha ha ha ! Force jaune devant et marron derrière !
Soirée du samedi
J’ai horriblement mal à la tête. Je me liquéfie sur la table, à côté des apéros qui commencent à spawner. Stagiaire SuperCSS me propose de la kétoprofène. Je suppose que c’est un mélange de kétamine et d’ibuprofène. Je le remercie grandement et gobe le cachet. Ça me regen progressivement.
Compagne Clownette avait proposé une soirée déguisée sur le thème : « Choc ! Olà ! ». J’ai bien vu le jeu de mot, pour autant, je n’ai pas compris en quoi consistait le thème. ‘Olà’ signifie ‘Bonjour’ en espagnol. ‘Choc’ me fait penser au jeu vidéo ‘System Shock’. Le jeu de mot à deux dogecoins me fait penser à la performance d’un pote lors d’une soirée à l’UTBM qui remonte à loin.
Disgression-souvenir: le thème de cette soirée était « Belfort ». Mon pote s’était intégralement recouvert le corps de chocolat pour se déguiser en chocapic, car « c’est FORT en chocolat ». Il en a foutu partout (les murs, les gens, …), c’était génial.
N’ayant pas compris le thème, je suis parti sur un déguisement par défaut : un tutu rose-transparent extrait d’un costume de princesse taille 12 ans. Sur moi, ça fait un mini-tutu, ça va très bien.
Les collègues et colléguettes me voient arriver ainsi et ressentent plus du désespoir et de la blasitude qu’un véritable choc. C’était dans les réactions possibles.
La soirée est accompagnée d’un spectacle concocté par Compagne Clownette : d’abord un sketch critiquant la bimbo-itude de certaines chanteuses, suivi de chansons pour enfants.
Voilà où on en est dans les milieux artistiques. Une personne interprétant de gentilles paillardes étudiantes se fait censurer, mais une personne interprétant des chansons pour enfants est portée aux nues. D’où la devise « aux nues soit qui bien-pensance« . Bande d’artistes à la prout.
Collègue BarryWhite est au bout de sa vie, Semi-Chef Lula est mort de rire, Semi-Chef Capibara s’évade spirituellement dans sa Géorgie-Du-Sud natale. Le spectacle se termine par « À La Claire Fontaine » en canon, où tout le monde peut participer. Je chante certainement faux, heureusement ma voix est couverte par celle de Conf-Hydro de Droite, qui chante étonnament juste par rapport à son haleine de cocktail Ricard-absinthe.
Conf-Hydro de Droite, qui prend le relais pour clôturer sa prestation égrenée :
« Merci pour ce week-end, qui fut très inspirant pour mes prochaines interventions en entreprise. Je vais mettre de l’eau dans des anus de chevaux et des vagins de juments, j’y brancherai mon hydraulophone, et je laisserai exprimer leurs fluctuations mystiques internes. Nous reconnecterons le monde du Travail avec la nature ! »
La soirée proprement dite peut démarrer. Les déguisements sont politiquement corrects et en accord avec le thème du chocolat : lapin de pâques, Willy Wonka, soutien-gorge en capsule plastique de Kinder Surprise, … Il n’y a que moi qui suis à côté de la plaque. Je danse le french cancan avec mon tutu pour me donner une contenance. Collègue BarryWhite se cache les yeux.
On mange, on danse, on boit, on rigole. Compagne Clownette nous montre la « danse des mains » : deux personnes face à face mettent leur mains en haut, à gauche ou à droite, en rythme mais sans se concerter. Lorsqu’elles ont leur mains dans la même direction, elles tapent dedans au tour suivant. C’est amusant, le tapage de mains mutuel donne l’impression d’une chorégraphie construite et élaborée, alors que c’est du random avec une seule règle très simple.
Colléguette Chapelet se sert une bière à la tireuse, sans la faire mousser. Compagne Rigolote, toujours égale à elle-même, s’exclame : « Oh, tu le fais trop bien ! C’est génial ! ».
Colléguette Chapelet s’appelle ainsi suite à l’une de ses présentations sur les valeurs de Shapley. C’est un vrai truc dans le monde de l’intelligence artificielle ou autre. Mais quand on l’entend prononcer sans le voir écrit, on croit que c’est un chapelet. En vrai, elle est ni religieuse, ni fan de saucisses.
Compagne Rigolote discute avec Collègue BarryWhite. Elle trouve qu’il n’a pas une tête à s’appeler comme ça. C’est exact, il a la voix à s’appeler comme ça, mais pas la tête. Compagne Rigolote, toujours égale à son égalité avec elle-même, propose de l’appeler « Bibi » parce que ça lui va mieux.
Ça me fait penser à la chanson « Initials B.B. » de Serge Gainsbourg. Collègue BarryWhite part noyer son chagrin dans du Coca-Cola sans alcool.
Extrait du clip de Therion ayant repris « Initials B.B. ». Cliquez sur l’image pour le voir, c’est de très bon goût.
On continue de manger-danser-boire. Étrangement, beaucoup de gens vont se coucher alors qu’il n’est même pas minuit. Collègue Blasé et Conf-Hydro de Droite sont parti·e·s en même temps, mais on ne peut rien en présupposer.
Les jeunes de la boîte (entreprise) veulent aller en boîte (de nuit) et tentent de racoler du monde. Ça me semble risqué et je vois pas l’intérêt de se déplacer à un endroit où l’alcool est payant, alors qu’on a du miam-miam et du glou-glou gratuit sur place. En plus faudrait que j’enlève mon tutu. Finalement, personne ne va en boîte.
On n’est plus que 4 : Stagiaire SuperCSS, Colléguette Chapelet, Semi-Chef Lula (qu’est pas un jeune) et moi (pas jeune non plus). On se pose à une table de la salle commune et on commence une belote. Je joue comme un pied à la belote.
Compagne Clownette, qui dort dans la pièce à côté, nous demande de faire moins de bruit.
Sans dec’, jure ! Il est super pas tard, elle nous a imposé des chansons pour enfants et de la bien-pensance, et après ça on n’aurait pas le droit de foutre le bordel ? Ça me rappelle quand j’étais petit. Je faisais du bruit le dimanche matin, ça réveillait toute ma famille et je me faisais engueuler. Ce que je raconte n’a aucun intérêt ni aucun rapport, mais zut.
On se translate dans une salle voisine plus underground. Semi-Chef Lula sort fumer des clopes. Comme je suis avec des jeunes, l’activité s’oriente naturellement vers une pyramide. Pas le jeu télévisé, le jeu à boire d’étudiants. Je suis nostalgiquement heureux.
Après deux pyramides dans le gosier, je sors et discute avec Semi-Chef Lula, qui s’était plus ou moins assoupi dehors. On évoque d’anciens souvenirs : comment j’ai été extrait de ConcreteWorld.🌍 pour intégrer le projet POILS_PUBIENS, comment on faisait n’importe quoi avec Collègue DocteurMaboul, comment Chef NightWish était un stéréotype de chef. Je suis re nostalgiquement heureux, d’une nostalgie plus proche.
Je dis au revoir aux gens qui restent et vais me coucher. C’était la dernière fois que je voyais Semi-Chef Lula en tant qu’employé du projet POILS_PUBIENS. Il n’a pas pu venir à mon pot de départ. Ça me fait penser qu’il faut que je lui téléphone pour échanger des nouvelles.
Du haut de cette pyramide, 40 siècles de jeux à boire nous contemplent.
Journée du dimanche
Réveil. Douche. Pas de mal de crâne, ouf.
Les gens qui se sont couchés tôt sont frais et fin motivés pour une promenade dans les bois. Wouhou, ça aurait vachement valu le coup de pas boire la veille pour aller dans les bois maintenant. Lolilol. Je décline poliment l’invitation. D’autres personnes préparent une voiture pour repartir. Je m’y incruste.
On dit au revoir aux gens qui sont réveillés, on va au bungalow de MégaChef Forgeron et Compagne Rigolote (je connais le chemin pour m’y rendre), on leur dit au revoir et merci pour l’organisation. On va voir les chevaux·juments et on leur dit de transmettre notre au-revoir à Conf-Hydro de Droite, qui n’est pas encore levée. On s’entasse dans la voiture et on part. Le trajet n’est pas très long, personne ne vomit sur la route. Je suis gentiment déposé devant chez moi et retrouve Compagne Coccinelle-Verte en plein tatanage de gortons malpolis dans Gems of War.
Épilogue : Collègue BarryWhite me racontera plus tard qu’il est allé faire la balade et que cela fut malaisant. Collègue[s] Blougryne et Compagne Clownette faisaient les farfadets en courant partout et en serrant des arbres dans leurs bras. Le pauvre, je le plains.
ils aiment aussi détourer leurs images à la cradingue.
Autre épilogue : quelques jours plus tard, alors que nous faisions une réunion quelconque, Collègue[s] Blougryne nous signale·nt que c’est la journée mondiale de l’Afrique. Comme je suis très drôle, je suggèwe que nous pouwions pawler avec l’accent afwicain duwant la wéunion, afin d’honower cette jouwnée. On me répond que non. Collègue[s] Blougryne me dit·s·ent avec sympathie que ma blague est du niveau de Conf-Hydro. Sous-entendu : en plus d’être de droite, elle est colonialiste et il·s ne l’aime·nt pas.
C’est un sentiment que je peux comprendre. Par contre c’est pas très cohérent avec le fait que lui·eux et Compagne Clownette ont discuté à bâtons rompus avec elle le vendredi soir. Mais qui suis-je pour juger ? Ni africain, ni musicien et à priori même pas de droite.
Voilà, c’était un super événement corporate. Encore merci à MégaChef Forgeron de l’avoir organisé et encore merci à Conf-Hydro de Droite pour ses interventions inspirantes !
À pas-bientôt pour un prochain article corporate. Celui là était assez volumineux, je vais donc me permettre un mini-article pour le mois prochain, et puis je dois avancer Squarity.
T’as cru que je mettrais une africaine avec des gros boobs ? Eh non !