J’ai changé de crémerie (2/3)

Voici la suite du patch-work bizarristique de ma précédente incarnation professionnelle. Se référer à l’article précédent pour le début.

Je vais maintenant vous décrire …

Mes chefs

Cheffette Gothique

Il s’agissait de ma cheffette directe, dans notre fameuse équipe de personnes (A, B, C, D) au graphe complet de déblaterration-les-uns-sur-les-autres. (cf. vocabulaire de la théorie des graphes (https: //fr.wikipedia.org/wiki/Graphe_complet)).

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Je l’aimais bien. Par respect pour elle, j’ai vraiment essayé de modérer mon cerveau et de l’empêcher de me faire fantasmer sur ses nichons. Je ne peux pas prétendre y être totalement parvenu. On va dire que le fait d’avoir essayé suffit à constituer une marque de respect.

Là où j’ai moins aimé, c’est quand elle a commencé à attraper une ‘schizophrénie cheffale’. Vous connaissez ? Y’a le chef qui vous dit : « tu n’es pas obligé de faire toutes ces heures supplémentaires ni de travailler les soirs et les week-ends », et juste après il vous dit : « L’important c’est l’Engagement. Quand tu nous donnes une estimation de temps tu dois t’y tenir. Le MégaChef m’a prévenu qu’il donnerait des avertissements si on ne tient pas nos Engagements ».

C’est cette dernière petite phrase terrible qui a contribué à ce que je m’auto-force à pourrir mon temps de vie personnel par du temps de travail en rabiot, jusqu’à ce que mon ras-le-bol déborde et provoque mon départ. Mais je n’ai pas eu de méchants avertissements. Je suis un gentil petit soldat.

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Cheffette Gothique

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J’ai eu à inspecter une partie du code de Cheffette Gothique. Pas très beau à voir. J’ai bien conscience qu’on a toujours tendance à trouver que le code des autres est pourri. J’essaye de tenir compte de ce sentiment pour modérer mes envies de quolibets et de destructions par la foudre. Mais là, quand même, elle avait réussi à me foirer un calcul de distance dans un espace de dimensions infinie. En karmagraphie, c’est un peu la base de tout, quand même.

J’aimerais bien rencontrer en vrai une femme qui code bien et que ça passionne. Je sais qu’il en existe. Parmi les vilains sentiments qui surgissent dans mon cerveau et dont j’ai infâmeusement honte, celui de « c’est une femme donc elle code mal » tient une place significative. Cheffette Gothique n’est pas une personne qui m’a aidé dans la lutte contre ce sentiment. Tant pis, peut-être une autre fois.

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Chef Random

L’ex-chef de ma cheffette. C’était un tocard social de taille assez conséquente.

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Réunion concernant le projet fou avec les relevés automatiques et massifs d’acariens. On en était au début, j’avais commencé à digérer les specs et voyais à peu près comment architecturer le bazar. Random me demande : « la réalisation, ça prendrait combien de temps ? ».

C’est toujours sympa de devoir faire une estimation alors qu’on n’a pas été prévenu qu’il fallait en faire une. J’y réfléchis à fond pendant deux secondes. Comme d’habitude, une partie de mon cerveau me hurle d’annoncer trois fois plus long car c’est de toutes façons le temps que ça prendra réellement même si personne ne veut encore le reconnaître. Je rabat le caquet à cette partie de cerveau. Je me tourne vers Collègue Nounours avec un regard de pitié et donne un délai qui ne me semble pas trop pourri. Nounours n’affiche aucune réaction, montrant bien que je suis seul à m’Engager sur ce sujet (en même temps, je le comprends).

Entendant mon estimation, Chef Random pousse instantanément un râle de mécontentement : « Rrrraaah putaaaaaiiiiiin !!! ». Il n’a rien ajouté de plus. La demi-dizaine de personnes présentes à la réunion n’a absolument pas su comment réagir face à un comportement aussi bizarre. Il y eut un blanc de conversation tout comme j’aime, puis on est passé à autre chose.

Le bramement de Random était tellement immédiat qu’on a tous plus ou moins réalisé qu’il avait prévu de le pousser quelle que soit mon estimation. Il a dû penser que cela ferait ainsi naître en moi un sentiment de culpabilité et me forcerait à mettre les bouchées doubles d’heures sup’ pour terminer le plus vite possible. C’est un crétin peu respectueux.

Inévitablement, la réalisation a été quatre fois plus longue que mon estimation initiale. Je tiens à (re)préciser que je n’ai que très peu truandé de temps libre, chez Zarma.pro en général et pour ce projet en particulier. Par contre, bosser avec des scientifiques fous, ça aide pas à terminer dans les délais. Mais vous saviez certainement déjà cela.

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Voyager dans le temps, non. Voyager dans les délais, oui.

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Chef Random ne priorisait jamais les actions. J’avais souvent plusieurs choses à faire sur des sujets relativement différents, à moi de choisir l’ordre que je préférais. Ça fonctionnait pas trop mal. Disons que lorsque je me faisais engueuler, ce n’est pas parce que j’avais incorrectement ordonné mes tâches, c’est juste qu’il trouvait que globalement tout allait trop lentement et son humeur du moment l’invitait à m’engueuler.

D’ailleurs il ne m’engueulait jamais explicitement. Il suggérait juste de manière non-subtil que c’était pas le moment de prendre des congés ni des RTT. Ça aussi, ça a fortement contribué à mon ras-le-bol global.

À un certain moment de son incarnation professionnelle, Chef Random a été progressivement démis de ses fonctions de chef. J’ai pas suivi tous les détails car je m’en branlais. Vu de mon balcon, je dirais simplement que les autres MégaChefs se sont aperçus que Chef Random était un tocard.

Il y eut donc une période de transition durant laquelle nous avions deux chefs : Random et «  ». (Je parlerai de Chef «  » juste après).

Je me suis dit : « nouveau chef, nouvelle façon de travailler ». Un jour que mes tâches en cours était quelques peu hétérogènes, je me fendis d’un mail aux deux chefs, (le plus court possible, 6 ou 7 lignes à peine), dans lequel je résumais ces tâches et demandais un ordonnancement éventuel. J’obtins une réponse immédiate de Chef Random contenant des priorités claires et explicites. J’étais plutôt content.

Un peu plus tard, réunion avec des collègues et Chef Random. Ce dernier explique que Chef «  » va assurer le suivi d’un petit peu tout (voilà un périmètre d’action très clair et très défini). J’en profite pour dire que du coup j’ai bien fait d’écrire ce petit mail pour demander les priorités. Chef Random répond alors « Non, Réchèr. Pas bonne idée. Chef «  » m’a contacté ensuite et a rouspété comme quoi ‘ce sont des vrais gamins’. C’est pour ça que j’ai répondu très vite en fixant les priorités. C’était pour vous sauver la vie. S’il avait eu à répondre par lui-même, il vous aurait dévissé vos gueules et chié dans vos cous ».

Ah d’accord. Bon eh bien je vais continuer de m’auto-fixer mes priorités. Mais ça m’a permis d’apprendre que Chef «  » me considère comme un gamin. Vraiment super.

Je veux bien admettre que les chefs, lorsqu’ils sont entre eux, parlent de leurs ouvriers-codeurs en termes insultants. On fait pareils lorsqu’on parle entre nous de nos chefs. Mais la moindre des choses c’est de ne pas répéter tel quel les propos proférés durant ces dialogues privés. Chef Random a donc bien tocardisé sur ce coup là.

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Il a vilainement encaissé le démettage de responsabilités qui lui a été imposé, il était tout triste de ne plus se sentir important dans la boîte. Il s’en est épanché auprès de différents collègues. Pas moi, mais j’ai fini par l’apprendre indirectement.

Il a été très bien inspiré de ne pas effectuer ses épanchements sur mon épaule, sinon je lui aurais rentré dans le lard direct. Sérieusement quoi ! Il gardait son salaire pharaonique de MégaChef avec une charge de travail très inférieure. Moi j’avais un salaire très bas au départ, qui l’est resté puisque je n’ai jamais été augmenté en 4 ans de boîte, par contre ma charge de travail et de pression culpabilisatoire, elle, a bien augmentée.

En fait ça m’a fait chier d’apprendre qu’il s’était plaint, sans qu’il soit venu se plaindre directement auprès de moi. C’est presque comme si j’avais eu à subir ses jérémiades sans avoir eu l’occasion de lui rentrer dans le lard. C’est la faute des gens qui ont véhiculé ses plaintes. D’autant plus que les gens en question ont eu l’indécence de compatir à ses problèmes. Ouais, j’avais quelques collègues un peu lèche-culs.

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Finalement, la plus haute charge qui est restée incombée à Chef Random était « responsable du site ». (On ne sait pas en quoi ça consiste). C’est ce qui lui a permis de provoquer le moment le plus globalement merdique que j’ai vécu à Zarma.pro.

Pour une raison quelconque, on avait dû déménager dans une autre pièce. Moi et mes collègues l’avions arrangée d’une certaine manière. C’était pas forcément très optimisé ni très feng shui. On avait fait un simple gros carré de bureaux en plein milieu, avec une zone spéciale pour notre bordel de matos karmagraphique (les extrapoleurs de champs et autres quincailleries). C’était viable, et vu la quantité de bastringue matériel requis à portée de main, il était difficile de maximiser le feng shui.

Chef Random nous tournait autour en inspectant nos actions et nos décisions, sans véritablement nous aider. Je suppose qu’en tant que « responsable du site déchu de toutes ses autres fonctions », il s’est senti investi d’une mission divine de décorateur d’intérieur. Il a passé toute la matinée à nous houspiller et à dénigrer notre agencement. « C’est moche », « C’est pas raccord », « Ça fait pas rangé », … On a senti en lui la volonté de vouloir faire évoluer ces dénigrements en attaque personnelle. Il arguait que même dans son atelier personnel chez lui, c’était mieux organisé, et que si c’est comme ça dans ce bureau, il serait curieux de savoir comment c’est chez nous. Blabla blabla.

Moi je m’en fichais. Mais ça a justement ajouté au problème, car il s’en est aperçu et m’a regardé bien dans les yeux en m’interpellant : « Vous vous en fichez, à vrai dire ? ». J’ai pas su quoi répondre. Il avait tellement raison.

Ce sketch qu’il nous a fait, je l’ai toujours en travers de la gueule. Cheffette Gothique a essayé de réduire l’hémorragie en nous conseillant de ne pas nous formaliser sur ses écarts de comportements. Eh bien si justement, je préfère me formaliser. Il nous a vraiment jeté inutilement des morceaux d’excréments, tout ça parce qu’il voulait se donner l’illusion qu’il possédait encore un petit pouvoir.

Sur ce coup là, Il a magistralement tocardisé.

Le feng shui, ça prend de la place sur une table.

Le feng shui, ça prend de la place sur une table.

Quelques semaines plus tard, alors qu’il passait dans notre tout nouveau bureau, il me demande « Eh bien Réchèr, vous me faites la tête ? Ça fait un petit moment que vous ne venez plus me dire bonjour ».

Je ne crois pas avoir eu la volonté de le snober. En tant que chef, il avait son beau bureau à lui tout seul (magnifiquement bien agencé par lui-même, of course). Je n’allais pas le saluer lorsque sa porte était fermée, car il pouvait avoir envie de ne pas être dérangé, pour cause de conversation importante de chef. C’est ce que je lui ai répondu et c’en est resté là.

J’ai scanné mes souvenirs des derniers jours, j’y ai effectivement trouvé que sa porte était souvent fermée, provoquant une suite de non-bonjours pouvant être assimilée à un faisage de tête. Ceci dit, il est fort possible que j’ai inconsciemment décidé de le snober réellement, et que mon cerveau m’ait caché cette décision interne car mon cerveau est une putain de petite fiotte.

Que mes actes aient été inconscient ou pas, Chef Random a cru que je lui faisais la tête, ce qui tend à prouver qu’il avait quelque chose à se reprocher. Tocard.

Encore quelques semaines plus tard, on voulait faire déménager Collègue NinjaBlingBling dans notre toujours-aussi-nouveau bureau (on lui avait fait une place au milieu de notre bastringue). On l’a dit à Chef Random, qui n’a pas spécialement donné son avis. On l’annonce ensuite à Collègue NinjaBlingBling, qui rétorque « Je ne peux pas travailler à proximité de vous. Vous êtes tout le temps au téléphone avec des clients, moi je bosse sur des nouvelles technologies, j’ai besoin de me concentrer ». Ça nous embêtait un peu.

On a signalé ce refus à Chef Random, qui a continué de ne pas donner son avis. En tant que fameux ‘responsable du site’, il aurait dû, soit être d’accord et obliger Collègue NinjaBlingBling à déménager, soit ne pas être d’accord et nous dire dès le départ qu’il n’était pas question de le déménager. Il n’a fait aucune des deux actions, car « il s’en fichait, à vrai dire ».

C’est donc bien un tocard social, doublé d’une petite fiotte.

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Un jour que j’étais seul dans la pièce, Chef Random débarque et regarde le bureau de Collègue Drache-Code. D’un ton blasé, il lâche : « C’est le désordre. Il y a un énorme tas de stylos, des feuilles de partout, une fourchette en plastique cassée et des gobelets vides ». J’avais envie de troller quelque chose comme : « Au fait, les capotes usagées que j’ai mis dans ma corbeille, ça se recycle ? ». Mais j’ai juste dit « Oh lala, c’est pas classe. Vous voulez que je lui en parle pour qu’il range un peu ? ». Il m’a répondu que ce n’était pas la peine et a ajouté, sur son ton toujours aussi blasé, que ‘chacun vit comme il veut’.

En fait il n’osait pas demander ça directement à Collègue Drache-Code, et n’osait pas non plus le dire aux autres collègues. Il s’est adressé uniquement à moi car il savait que de manière générale, j’ouvre pas trop ma gueule. Son intention devait être que je transmette cette remarque à Drache-Code. Comme ça, il se mouille pas, mais il a quand même le sentiment d’avoir accompli son travail de ‘responsable de site’.

C’est donc bien un tocard social, doublé d’une petite fiotte. (J’aime bien copier-coller des phrases).

Je n’ai bien évidemment absolument rien transmis à Collègue Drache-Code.

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Pour finir avec Chef Random, je mentionnerais rapidement les trois heures de déplacement professionnel que j’ai dû faire avec lui, coincé dans la même voiture.

C’est des choses qui arrivent et je ne peux en vouloir à personne. Mais quand même, c’était horriblement décrépissant. On essayait de trouver des sujets de conversation pour meubler, tout en restant dans la banalité car on ne se connaissait pas assez pour savoir si on avait des intérêts en commun.

J’ai du me retenir de péter pendant trois heures. En arrivant à la maison, mes gaz, ne pouvant s’échapper, s’étaient répartis dans mes tuyaux internes. Ils n’ont donc pas pu tous sortir d’un coup et j’ai passé la soirée à pourrir mon chez-moi. Dur dur.

Moi et Chef Random souriant, durant notre road trip qui a créé une amitié éternelle entre nous deux.

Moi et Chef Random souriant, durant notre road trip qui a créé une amitié éternelle entre nous deux.

Chef «  »

Le Chef de Cheffette Gothique et de plein d’autres gens. Il s’appelle «  » car je n’ai eu que très peu d’occasions de lui parler directement, et en général c’était plus lui qui parlait tout seul pour nous engueuler. Ce sentiment d’absence de contact s’est propagé dans son propre nom, qui est lui aussi devenu absent.

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En fait je suis un peu mauvaise langue : j’ai eu l’occasion de lui parler directement. Lorsqu’il voulait joindre Cheffette Gothique et qu’elle n’était pas disponible, c’est parfois moi qui décrochait. Il me demandait : « Ça va ? ». J’avais 2 secondes pour trouver un sujet cool pouvant potentiellement aboutir à une conversation cool de 30 secondes. Évidemment, comme j’étais concentré dans d’autres trucs qui étaient rarement cools, je ne trouvais rien à lui dire et répondais juste : « ça va ». Je ne suis peut-être pas assez doué pour l’improvisation.

Mais lui était tellement fan d’improvisation qu’il aimait provoquer des réunions là-tout-de-suite-maintenant. On avait des maintenance prévues avec des clients, on était en déplacement ou en congés. Osef. Si tu peux pas être à la réunion, c’est tant pis pour ta gueule. (Ou tant mieux, puisque dans ces réunions on se faisait principalement engueuler).

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Chef «  » tenait à ce que nous soyons soudés comme ‘une équipe’. C’est fort louable. Mais je ne sais pas si ça a bien fonctionné (cf le fameux graphe de déblaterration complet).

Soudés ou pas, il ne voulait pas entendre parler de nos éventuels problèmes internes. Pour lui, l’interlocuteuse principale était Cheffette Gothique et personne d’autre. Il nous a bien répété plusieurs fois qu’on n’avait pas à le contacter ‘en direct’. J’ai rien contre les structures pyramidales (je me contrefous de savoir comment une entreprise peut être organisée), mais ce serait tout de même gentil de ne pas trop insister sur le caractère immuable de ladite pyramide, surtout auprès des gens qui sont au rez-de-chaussée, voire à la cave, voire à la chambre funéraire.

Phrase rigolote : « La structure pyramidale est gravée dans le marbre ». Amis géologues, bonjour.

Un jour, Collègue Eurod’ a fait une connerie assez volumineuse. Suffisamment pour que Cheffette Gothique estime qu’il méritait d’être pourri au point d’inclure Chef «  » ‘dans la boucle’. Mais elle ne pouvait pas le faire, puisque Chef «  » ne voulait pas qu’on l’embarrasse avec des problèmes individuels.

Elle a donc fait un mail de pourrissage général de l’équipe, citant la connerie faite par Eurod’, sans mentionner que c’était lui. Chef «  » a bien évidemment renchéri d’un mail hurlant que toute notre super-équipe devait respecter à la lettre les recommandation re-serinée par Cheffette Gothique. On top of the market, Collègue DRH était ‘en copie des mails’, histoire de bien enfoncer la vis à coup de marteau-piqueur.

Cheffette Gothique m’a ensuite précisé que j’avais le droit de répondre à son mail pour donner mon avis personnel. Le fait qu’il s’agissait d’un pourrissage général me donnait ce droit. Je m’en fichais un peu, mais j’ai décidé de le faire quand même, afin de passer pour un bon élève auprès d’elle, obéissant docilement à ses suggestions, par contraste avec Collègue Eurod’ le vilain mauvais élève du moment.

Je me fends donc d’un ‘répondre à tous’ et tente de nuancer le pourrissage de la manière la plus courtoise et la plus objective possible. Cheffette Gothique lit ma prose et ne la trouve pas trop déconnante. J’étais plutôt heureux.

Et là, Chef «  » nous répond-à-tous, en caractère gras : « veuillez immédiatement arrêter cette joute verbale, on fera une réunion pour mettre tout ça au clair ». Génial.

Évidemment, Cheffette Gothique n’est jamais allé dire à Chef «  » que c’est elle qui m’avait incité à joute-verbaler. Ça c’est de la bonne soudure d’équipe.

Évidemment²,on n’a jamais fait de réunion pour mettre tout ça au clair. Et même si on en avait faite une, la date aurait été choisie à l’arrache par Chef «  », on aurait pas tous été disponible et il se serait réuni tout seul pour nous engueuler virtuellement, au cours d’une mono-joute verbale des plus magistrale.

Oh ! J’ai dit ‘mono’, je viens de faire une Euroderie !

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Verbal joust ?

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Réunion téléphonique à laquelle j’étais semi-disponible (je codais des trucs qui n’étaient en retard que de deux mois, et je n’avais pas de maintenance client en cours). Celle-ci s’éternise et Chef «  » commence à en avoir assez. Il nous annonce alors que « il passe trop de temps avec nous par rapport à ce que nous rapportons » et laisse à Collègue SuperCommercial le soin de terminer la réunion.

Il avait sûrement raison et il était en droit de nous dire ça. Mais du coup, je suis parti sans la moindre once de regret.

Une fois, Collègue Nounours l’a appelé directement. Ils ont discuté, se sont pris le bec, et Chef «  » a dû se dire que Nounours rapportait tellement pas assez que ça ne valait même pas la peine de consacrer quelques secondes pour lui dire qu’il ne rapportait pas assez. Il lui a directement raccroché au nez.

C’est terriblement prétentieux et méprisant envers les autres de présenter les choses de cette manière. Je ne vous apprends rien en vous disant que la vie d’une personne n’est rien de plus qu’une quantité finie de temps. Chef «  » a une si haute opinion de son propre temps, donc de sa propre vie, qu’on ressent bien qu’il pense que la pauvre vie de nous autres ouvriers-codeurs n’est pas aussi précieuse.

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On résultait de la liquéfaction de deux mini-équipes, ayant chacune leur nom. Chef «  », au début de sa prise de pouvoir, nous suggéra d’en trouver un nouveau par nous-même, qui nous plairait et ferait naître en nous un puissant sentiment d’appartenance corporatif.

Personne n’a moufté que d’alle. J’ai proposé à mes petits camarades : ‘équipe Chou-fleur’, parce que les légumes c’est bien, et que le chou-fleur c’est une très jolie fractale naturelle. Ça n’a pas eu l’écho que je voulais.

Quinze jour plus tard, on reçoit un mail de Chef «  » :

Là tout de suite ce matin, réunion pour Test-0-Steron.

On s’est tous demandé ce que c’était que ce nouveau projet ‘Test-0-Steron’ dont on n’avait jamais entendu parler. Collègue Eurod’ a commencé à râler : « Non mais c’est n’importe quoi, on est déjà charrette-brouette sur tous nos projets, et on nous en colle un de plus. Ça va partir en cacahuète-soufflette ! »

(Ce n’était pas exactement ce qu’il a dit, mais sa façon unique d’utiliser la langue française fait qu’il est difficile de retenir et retranscrire ses propos avec fidélité).

Intérieurement, cette nouvelle m’apportait une petite bouffée de bonheur. Un nouveau projet, ça voulait dire une chance de travailler autrement, moins de temps consacré à faire des maintenances sur les projets existants (dont je n’en maîtrisais pas la moitié), d’autres clients, et peut-être même, comble de la félicité, pas de clients du tout durant les premiers temps du projet. Ça signifiait également une raison légitime d’avoir du retard sur un petit peu tout, puisqu’on nous augmentait d’un coup notre charge de travail.

Mes espoirs se volatilisèrent lorsque j’appris, (complètement à l’arrache évidemment) que c’était le nouveau nom de notre équipe. Il est sorti de nul part. J’ai jamais vraiment su pourquoi on avait ce nom.

En même temps, on s’en est pas trop mal sorti. Une autre équipe gérée par Chef «  » avait pour nom ‘Cleveland Steamer’. Il n’y avait aucun rapport avec ça, mais personne n’a pu s’empêcher de faire le rapprochement. ().

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Chou-fleur fractal

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Je suis obligé de reconnaître qu’une fois, une seule fois, Chef «  » nous a félicité. On avait commencé la nouvelle version de Modeli-Morvax, un logiciel assez innovant qui pouvait texturer des volumes karmagraphiques constitués par l’ensemble des sous-points de gens ayant des personnalités similaires. On stockait dans des bases SQLite des images d’une infinité de pixels répartis dans une infinité de dimensions. Sans déconner, c’était pas trop mal branlé comme truc.

Je dois avouer que quand je l’ai entendu nous féliciter, ça m’a fait plus peur qu’autre chose. Déjà, j’avais pas énormément participé à cette nouvelle version. Mais surtout, ça voulait dire qu’il était capable de féliciter les gens. Ça aurait été bien plus rassurant qu’il nous engueule en continu, on aurait fini par faire abstraction et il aurait totalement disparu de nos esprits. Déjà que son nom avait disparu.

Dans ma paranoïa personnelle, je m’imagine qu’il ne souhaitait pas réellement nous féliciter. En fait on était à quelques heures d’une grosse présentation de cet outil devant tous le monde de la boîte. Il voulait juste nous mettre en confiance pour éviter qu’on finisse dans un magistral fail publique et que nos conneries éclabousse sa réputation personnelle.

Ou alors il nous a félicité une seule fois pour légitimer toutes les engueulades qu’il nous éructait. « Je sais reconnaître un travail bien fait, mais je sais aussi reconnaître de la mayrde, et là, vous faites de la mayrde en continu !! »

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Voici quelques phrases d’engueulade qui ont provoqué des moments bizarres dans mon corps et mon esprit.

« Modeli-Morvax, il fait n’importe quoi ! »

Il n’avait pas tout à fait tort. C’était la version 1.1, et elle était méga-buggée, car réalisée par Collègue Drache-Code (je parle de cette personne un peu plus loin).

« Je ne veux plus entendre parler de problème de discipline au sein de l’équipe. »

Là non plus il n’avait pas tort. Une fois de plus, c’était pas de ma faute. Mais Chef «  » tenait à s’adresser à l’équipe dans son ensemble. Donc on s’est tous ‘pris ce tir’ dans la gueule. Ça fait vraiment bizarre de (ré)entendre le mot ‘discipline’.

*me regarder bizarrement après que j’ai dit ‘bataille navale’.

Ouais bon, je suppose que c’était de ma faute. Collègue Drache-Code discourait sur la notation Shiva-Lingamienne des coordonnées karmagraphiques, c’est là que je me suis immiscé dans la conversation pour énoncer une remarque rigolote : « ça ressemble à la bataille navale ».

Chef «  » m’a regardé d’un air « qu’est-ce qu’il me veut ce connard ? ». Je ne savais plus comment réagir et ais préféré me tourner vers mon écran sans rien dire. Quelques secondes plus tard, j’ai voulu voir si le moment bizarre avait été acquitté. Nos regards se sont alors re-croisés, mais cette fois-ci il avait un air « qu’est-ce qu’il me veut ce connard, à pas avoir compris ce que j’ai voulu lui signifier la première fois que je l’ai regardé d’un air ‘qu’est-ce qu’il me veut ce connard ?’ ? ».

C’est bête. Je la trouvais super drôle, la blague de la notation Shiva-Lingamienne qui ressemble à la bataille navale.

Bataille navale !

Bataille navale !

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Lorsqu’on quitte une entreprise, la convention veut qu’on ait droit à un petit dialogue privé avec la hiérarchie. On remonte ainsi la chaîne alimentaire, on découvre ce que chacun des chefs avec qui on a travaillé pensaient de soi, et on peut dire ce qu’on pense d’eux. Ça reste hypocrite et langue de bois, car on ne veut pas se griller au cas où on aurait besoin de reprendre contact avec l’entreprise, mais on a une petite marge de lâchage.

Amélie Nothomb a déjà décrit ce remontage de chaîne alimentaire dans ‘Stupeurs et Tremblements’.

C’est une sorte d’entretien annuel final. (Ça rattrape le fait que je n’ai eu qu’un entretien annuel en 4 ans, et que j’en aurais eu zéro si je n’avais pas trépigné et envoyé des mails, mais c’est une autre histoire, osef).

J’ai eu l’occasion d’avoir ce petit dialogue final avec Cheffette Gothique et MégaChef Storitel (j’en parle tout de suite après). Mais Chef «  », nullement. Comme quoi, il s’appelait vraiment «  », et je ne saurais jamais ce qu’il pensait de moi. Donc : osef.

I have no mouth and anyway I have nothing to tell you

I have no mouth and anyway I have nothing to tell you

MégaChef Storitel

Le Chef de Tout. On dit aussi ‘Président du directoire’ ou ‘Directeur du présidoire’. Il s’appelle comme ça car c’est un grand fan de story-telling :

  • Lorsqu’on fait une démos à des clients, il faut leur raconter une histoire.
  • Le travail qu’on produisait pour l’entreprise constituait aussi une histoire qu’on racontait, et pas juste des actions aléatoires dans le but d’avoir un salaire.
  • Par extension, pour nous signifier qu’on avait qu’à partir si on était pas d’accord, il disait : « dans ce cas on ne raconte plus la même histoire ».

Du coup, on a l’impression qu’il s’appelle MégaChef Sofitel. Et on ne peut s’empêcher de faire des rapprochements scabreux. Mais en fait non, rien à voir.

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Lui et ses amis chefs n’ont eu de cesse de nous dire que lorsqu’on estime un temps de réalisation, il faut s’y tenir (Le fameux ‘Engagement’). La raison officielle étant que ça complique la gestion des plannings et que ça ne permet pas de décider correctement du lancement ou du non-lancement d’un projet car sa rentabilité ne peut être fiablement calculée. « Sinon on navigue à vue, et vous comprenez bien que c’est pas possible ».

La vraie raison c’est qu’il sait très bien que c’est humain de sous-estimer le temps que prendra une tâche. Il nous laisse nous planter tout seul pour ensuite nous forcer à tenir nos promesses humainement irréalistes et à faire des heures sup’ d’esclaves.

Bataille navale dans laquelle on navigue à vue !

Bataille navale dans laquelle on navigue à vue !

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MégaChef Storitel demande à Collègue NinjaBlingBling de faire une estimation. Celui-ci fournit quelque chose qui semble tenir la route.

Réponse de MégaChef : « Je trouve que ce chiffrage est un peu protectif ».

Oui, le mot ‘protectif’. Il existe et pis c’est tout.

C’est génial. Dans tous les cas, on se fait verre-pilo-sodomisé et ça finit avec des heures sup’ d’esclaves. Soit on chiffre bas, on se plante et on fait des heures sup’ parce qu’on est censé ‘tenir nos Engagements’. Soit on chiffre haut, on s’entend dire que c’est protectif, on rechiffre plus bas, go to étape précédente.

Chef «  » nous assénait les mêmes coups. Il m’avait répondu (par le biais de Cheffette Gothique puisqu’il ne me parlait pas directement), que telle estimation « était inadmissible ».

C’était devenu très très drôle. Finalement, plus personne n’osait estimer quoi que ce soit. Aucun d’entre nous ne se mouillait, on s’était métamorphosé en gens flippés de nos mères. Pour le coup, l’esprit d’équipe était présent : on était tous dans la même merde. Et donc on était dans la merde. Merde alors.

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Le jour de mon pot de départ, j’installe la bouffe et la piache comme il faut sur les tables, puis je bat le rappel pour prévenir tout le monde que ça y est, c’est l’heure de s’en coller une gratuitement. Je termine par le bureau de MégaChef Storitel. Il me dit « tu as 5 minutes qu’on parle un petit peu ? », je dit que oui, et c’est là qu’a eu lieu mon petit dialogue de départ avec lui. J’étais arrivé au bout de la chaîne alimentaire de la hiérarchie.

Sauf que j’ai pas trouvé ça très sympa de sa part, parce que tout le monde m’attendait et ils n’avaient pas osé mettre les bouteilles en perce sans moi. J’ais dit à plusieurs reprises à MégaChef que les estomacs des collègues devaient gargouiller famine et que leurs yeux injectés de sang allaient sortir de leurs orbites pour se plonger d’eux-mêmes dans l’alcool libérateur et expiatoire. Il m’a répondu que se faire attendre et désirer, c’était une bonne technique pour augmenter le bonheur des gens lorsque on apparaît enfin.

J’ai apprécié cette conversation avec lui. Mais ça m’a fait chier qu’il la prenne sur le temps de mon pot de départ. Le pot de départ, c’est un peu le quart d’heure de gloire final d’une incarnation professionnelle. On discute avec les gens, ils demandent ce qu’on va faire après, on peut se lâcher un peu (tout en respectant le minimum d’hypocrisie de sécurité, comme d’habitude). À la fin, on part dans une superbe gerbe d’étincelles pyrotechnique, laissant à ceux qui restent un bon gros sentiment de jalousie bien dégoulinant de cafardisme.

Il m’a volé une partie de ça et je le regrette un peu. (J’ai dit quelques paragraphes plus haut que j’étais parti sans la moindre once de regret, mais j’ai jamais dit les propos de cet article seraient entièrement cohérents).

Mes collègues mourant de faim

Mes collègues mourant de faim

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Quelques petites phrases amusantes durant ce fameux dialogue d’entretien annuel final.

« Tu travaillais bien. Mais tu aurais pu être plus proactif. »

Ça, en dialogue corporatiste de Chef, ça veut dire : « On n’a jamais pris le temps de s’occuper de toi et de la façon dont tu aurais pu évoluer dans l’entreprise. Alors tu aurais dû faire tout ça par toi-même. »

Je trouve au contraire que j’ai été très proactif. Quand j’ai senti que ça puait dans cette boîte et que je continuais de ne pas être augmenté, j’ai cherché les entreprises alentours qui émettaient des signes d’embauche, fait un bon nombre de candidatures spontanées, dont la plupart on échouées sauf une qui est magiquement réapparue après avoir mariné pendant un an, et je l’ai saisie au vol.

Prévoir les choses à l’avance, agir par moi-même, puis attendre patiemment et sans s’énerver que le monde extérieur daigne effectuer un retour sur les actions effectuees, tout en continuant de prévoir et d’agir : c’est du proactivisme.

« Tu aurais pu nous le dire avant que tu voulais partir, on t’aurais aidé. »

Ha ha ha ha ha ! Ha ha ha ! Pauvre naïf ! Quel idiot annoncerait qu’il veut partir alors qu’il n’est pas encore sûr de partir ?

Durant les grosses réunions corporate rassemblant toute l’entreprise, Storitel nous faisait des petits discours et des petites présentations. C’est durant ces moments intenses qu’il nous a appris que « on n’était pas dans le monde des bisounours ». Merci du tuyau.

Un ouvrier-codeur qui prévient qu’il va se barrer parce qu’il en a marre du bordel, du salaire de merde et des heures supp’ alors qu’il n’a pas encore de piste tangibles pour se barrer, c’est pas un peu du bisounoursisme de patron ?

Ah ah, quel tanche géante ! J’en ris encore dans mon cerveau.

« Tu veux partir parce que tu en as assez de faire des heures supplémentaires ? Mais ce sera pareil dans la nouvelle boîte. Durant ta période d’essai tu vas devoir travailler un peu plus que la normale si tu veux qu’ils te gardent, et si ensuite tu baisses le rythme, ils vont pas comprendre pourquoi. »

Là j’ai répondu : « on verra bien ». Je voulais ajouter « ta gueule » et « de toutes façons ça pourra pas être pire », mais j’ai fait comme ce que je fais la plupart du temps dans ma vie, je l’ai bouclé et je me suis barré. Je ne suis qu’une ombre qui passe et je vous emmerde.

Sur ce, passons à autre chose.

MégaChef Storitel le raconteur d'histoires

MégaChef Storitel le raconteur d’histoires

Collègue Drache-code

Le pourrisseur officiel de toute librairie, toute classe, toute ligne de code ; passée, présente et à venir.

Je l’ai vu faire, il pisse le code dont il a besoin à l’endroit où est son curseur. Entre ses mains diaboliques, des fichiers sont devenus d’horribles monstres de Frankenstein de plusieurs milliers de lignes et traînant des lambeaux de code mort encore accrochés à leurs commentaires, des fonctions courtoises et prévisibles sont devenues folles à lier et se sont mises à courir frénétiquement sur les murs et au plafond. Une fois on a appelé un collègue exorciste pour essayer de sauver l’un des projets qu’il avait massacré, le pauvre en a chié dans son froc en continu pendant plusieurs heures.

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Frankencode ?

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Quand je codais, je mettais parfois des commentaires de TODO. Je trouvais ça plutôt correct. Ça permettait d’avancer assez vite et de ne pas trop exploser nos estimations de temps, tout en gardant une trace des trucs faits à l’arrache qu’il faudrait corriger après. (Comprendre : qu’on n’avait jamais le temps de corriger et pour lesquels on priait que ça nous pète pas à la gueule).

Un peu plus tard, j’ai fait découvrir à Collègue Drache-Code la notion de ‘dette technique’ : quelque chose qu’on décide de faire plus tard, ou jamais.

Du coup, il a voulu se la péter en réutilisant le mot que je venais de lui apprendre et m’a dit : « ne met plus de TODO dans le code, ça fait de la dette technique. Tu doit tout terminer bien comme il faut, du premier coup ».

Entendre ça de sa part, c’était très drôle.

Je précise aussi que certains TODO étaient là parce qu’il me manquait des éléments pour finaliser le bout de code (specs, config, données réelles, …), ça ne dépendait pas que de moi.

Bref, j’ai continué de coder en laissant des trucs à l’arrache, et j’écrivais mes TODO, non plus dans le code, mais dans un fichier à part que je gardais planqué dans un coin. Il ne s’est jamais aperçu de rien.

Et curieusement, sa remarque a été utile, car je me suis rendu compte que c’était plus intelligent de centraliser les TODO dans un même endroit. On les retrouve plus facilement, on peut les tagger, les classer, les prioriser. En fait c’est comme un bug tracker. Sauf que je ne pouvais pas mettre mes TODO dans le bug tracker qu’on utilisait, puisque Drache-Code les aurait vu et m’aurait dit « Nia nia nia dette technique ».

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Comme vous l’avez constaté, j’aime citer des phrases amusantes de mes collègues et de mes chefs. Concernant Drache-Code, quoi de mieux que de citer ses morceaux de code amusant ?

foreach (machin in aMachins)
{
    try 
    {
        // ici, Collègue Drache-Code utilise le machin
    }
    catch
    {
        // Ça arrive parfois. On passe au suivant.
    }
}

Il a vraiment écrit un bloc catch contenant uniquement le commentaire « Ça arrive parfois. On passe au suivant ». C’était génial, on était sûr que l’application plantait jamais. Par contre, comme le disait si bien Chef «  » : « ça fait n’importe quoi ». Ah, on ne peut pas tout avoir.

Et au passage, ça plantait quand même, mais pas à cause de ce bout de code en particulier. Mais on va pas chipoter pour ce genre de détail.

6-Mark-36-Nuclear-Explosion

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Collègue Drache-Code a programmé des threads qui faisait tout péter à cause d’accès concurrents sur une même ressource. Erreur classique, ça m’est arrivé aussi. Sauf que moi je m’en suis aperçu au bout de quelques heures. Lui, ce sont les autres qui s’en sont aperçus pour lui au bout d’une semaine, parce qu’il testait jamais rien.

J’étais donc chargé de dépatouiller son bordel de threads. Il me dit, la bouche en cœur : « j’ai un DataSet qui est accédé par un peu tout le monde. Ça vient peut-être de là. Met-le en ‘volatile’ pour voir ».

Un DataSet en volatile ! Mais bien sûr ! Ça va certainement régler d’un seul coup tous nos problèmes d’accès concurrents !

Pour ceux qui connaissent pas, c’est du C#. Je vous explique rapidement.

Un ‘DataSet’, c’est comme une mini-base de données en mémoire RAM. On peut y mettre des tables assez volumineuses, faire des sélections, des tris, des filtres, des jointures entre tables, etc. Ça marche super bien, mais toutes les opérations effectuées dessus ne sont pas atomiques, puisque c’est un objet assez complexe.

Le mot-clé ‘volatile’ peut s’ajouter à la plupart des variables. Il permet de signaler au compilateur que celle-ci sera lue et modifiée par plusieurs threads, et qu’il ne faut donc pas optimiser le code machine qui la manipule sinon ça fiche le bazar.

Le caractère volatile a une influence sur les actions effectuées sur la variable elle-même, mais ne change rien concernant les actions sur le bazar lié à la variable. Lorsque la variable est un type simple (entier, booléen, …), ça ne fait aucune différence. Un DataSet est une référence (un pointeur, pour les gens de la vieille école) vers un gros tas de trucs.

Les actions sur le pointeur en lui-même, on s’en branle. Il doit y avoir tout au plus une affectation initiale. Ce qu’il faut protéger des accès concurrents, c’est tout ce qu’on fait sur le DataSet après l’affectation du pointeur. Pour ça, je ne connais pas d’autres solutions que des locks de partout. Et va donc mettre des locks dans plusieurs milliers de lignes code pissées aléatoirement. Ça peut se faire, tout est possible, mais mes chefs me trouvaient des choses à faire qui étaient un peu plus tangibles et dont ils étaient un peu plus sûrs du résultat.

Un oiseau volatile

Un oiseau volatile

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Un truc dont je ne suis pas très fier car c’est quand même un peu de ma faute.

Dans Modeli-Morvax, on voulait ajouter une fonction de clusterisation de persona-pixels multi-dimensionnels. Bon, c’est quelque chose d’assez simple, vous pouvez trouver des algos plus ou moins tout fait sur stackoverflow.

Je chope un truc pas trop dégueux, je l’intègre à Modeli-Morvax et le teste sur des petits clusters. Ça marche. Je suis tout fier de moi et montre à Collègue Drache-Code comment ça fait trop joli à l’écran. Sur un ton vilipendieux, il m’interjecte : « tu plaisantes ? Je pensais que tu afficherais des clusters de personnalité entière ! »

Sur le coup, j’ai pas réalisé qu’il était vraiment colère. Mon cerveau a dû faire abstraction de son ton et de ses paroles. Je lui ais calmement répondu que c’était juste des données de tests, et que ça marcherait très bien avec plus de persona-pixels. Il s’est calmé et a dit d’accord.

Quelques semaines plus tard, les affectations de projet ayant changée (sinon c’est pas drôle), c’était à lui qu’incombait de continuer Modeli-Morvax. Il prend des gros clusters et les balance dans ma fonction. Ça marche pas. J’essaye de comprendre avec lui. Je re-teste la clusterisation de 3 pauvres persona-pixels sur sa version du code. Ça marche pas non plus, ça n’affiche rien. Il me dit que c’est pas grave et qu’il va recoder ça lui-même à partir d’autres morceaux piqués sur stackoverflow. Il y parvient sans problème.

Encore quelques semaines plus tard, les affectations de projet ayant encore changées, je devais afficher des clusters dans un écran tridimensionnel gélatineux. Je reprends son code, l’adapte à la gélatine, et voilà que paf ! Ça se plante en une boucle infinie (on a failli solidifier la gélatine). J’ai repris mon code originel que j’ai vaguement réussi à faire fonctionner. Je parvenais à afficher un cluster sur deux.

Je crois que ça venait de la façon dont on stockait les coordonnées des persona-pixels. Lui les avait ordonné par couleur, moi par densité. Mais je n’ai jamais réussi à comprendre où était le problème. Je ne pouvais pas afficher ses clusters avec ma fonction, il ne pouvait pas afficher les miens avec la sienne.

Mais je n’ai pas non plus complètement réussi à afficher des gros clusters avec ma propre fonction, et c’est pour ça que je ne suis pas très fier de moi.

Malgré tout, je me dis que ma façon de coder et de tester est dans l’ensemble plus sécurisée que la sienne. Lorsque ma fonction plantait, elle ne renvoyait rien. Lorsque sa fonction plantait, elle faisait une boucle infinie.

Un nuage de pixel

Un nuage de pixel

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Collègue Drache-Code crée une classe A contenant parmi ses variables membres une classe B, puis il ajoute dans la classe B des appels à des fonctions statiques définies dans la classe A. Ça fonctionne, ce n’est pas une dépendance circulaire (et encore moins une redondance cyclique, hahaha). Mais c’est un peu bizarre.

Ces fonctions statiques étaient assez génériques et méritaient d’être dans une classe statique C, qu’on aurait utilisé un peu partout. La façon dont il l’a fait montrait vraiment qu’il pissait son code là où y’avait son curseur.

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On avait un gentil stagiaire. Un mec plutôt dégourdi, qui avait par ailleurs marqué « musique electro » sur son CV (osef). Il a commencé par récupérer toute notre base de code. Son PC moulinait sa mère à la compiler, et soudain, boum ! Vautrage comme une otarie bourrée à la bière !

Je ne suis pas plus choqué que ça. Une recompilation complète à partir de 0, ça marche jamais du premier coup. Même en essayant plusieurs fois de suite, dans le but d’avoir plusieurs ‘premiers coups’.

Il m’appelle à l’aide, j’investigue (comme on dit en parler moche), et m’aperçois que les projets qui ont foiré sont ceux sur lequel Drache-Code travaille. Il m’informe alors de sa joyeuse voix auto-validatrice : « ah oui, j’ai committé des trucs qui compile pas ».

Je lui rétorque gentiment : « n’est-ce pas le mal absolu par rapport à ce qu’on avait décidé de nos processus de production ? ». Il me répond alors, toujours aussi auto-validatoirement : « je dois sauvegarder vraiment fréquemment car vu la vétusté de mon PC j’ai peur que mon disque dur crame d’un jour à l’autre ».

Génial ! Du coup tu mets quoi dans tes commentaires de commit ? « Morceau de code qui ne se suffit pas à lui même et dont je ne peux faire un commentaire cohérent » ? Ah non suis-je bête, tu mets rien dans tes commentaires de commit.

La prochaine fois, chers ex-collègues de Zarma.pro, vous utiliserez git ou mercurial et vous ferez des branches, bandes de paltoquets. Vous aimez faire les bûcherons, vous devriez aimer les branches, non ?

git merge *

git merge *

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Et on va finir par des expressions rigolotes, pas en code, mais en langage naturel.

« L’application a besoin d’être stabilisée. »

Moui… Pour moi, une application est soit finie, soit pas finie, soit buggée. Mais ‘instable’, c’est vraiment bizarre. Ça sonne encore pire que ‘buggée’. On sent l’aléatoire, on sent le « ça fait n’importe quoi ».

On peut faire des conneries quand on code, j’en fais plein. Mais on ne fabrique jamais quelque chose ‘d’instable’. La seule fois où ça m’est arrivé, c’est parce que je dépendais d’éléments tierces et c’est eux qui étaient instables (notre fameux middleware tantrique de merde dont j’ai parlé dans l’article précédent).

« Ça pète de partout !  »

« Ah ouais, il se merde. » (En parlant d’un truc qu’il a codé et qui plantait).

De jolis cris de détresse. À nouveau, on sent la notion de hasard complet, ainsi que le fait que tout ce qui arrive semble être complètement fortuit. C’est pas vraiment de sa faute, ce sont des éléments qu’il ne maîtrise pas et qui semble être doté d’une volonté propre. Drache-Code créait des programmes qui finissaient par être vivant.

« Je ne fais pas de démo, parce que ça marche jamais au moment de la démo ».

Ça, je peux comprendre. Le fameux ‘effet démo’, je me le suis pris dans la gueule plusieurs fois, dont des fois où c’était entièrement de ma faute. Mais ce genre de phrase, il ne faut pas l’annoncer directement à un Client ! Qui plus est un Client potentiel qui veut savoir ce qu’on crée, et à qui justement on n’a encore jamais fait de démo.

20-blue_screen_of_death

To be continued

J’ai encore un package de chose à dire, et je mentionnerais un peu comment ça se passe dans la nouvelle boîte (toujours aussi bien pour l’instant, mais je reste prudent). À bientôt !

J’ai changé de crémerie (1/3)

Where to ?

Where to ?

J’ai changé de boulot. Le nouveau est beaucoup mieux. J’espère que l’avenir continuera d’être aussi bien que le présent.

Je Travaillais chez Zarma.pro, société éditrice de logiciel de karmagraphie. J’ai pas eu l’occasion de faire des articles corporates-bullshit à son sujet et je vous prie de m’en excuser. C’était une entreprise ‘familiale’ (ça ne veut rien dire mais c’est pas grave), elle produisait donc moins d’événements grandioses et alcoolisateurs que Merluchon Inc.

Pour me rattraper, voici un patchwork-vrac des choses marquantes ayant jalonnées cette incarnation professionnelle. Plein de petits moments magiques dans le désordre, un peu comme les films cucul-la-praline genre Amélie Poulain même si dans Amélie Poulain c’est pas dans le désordre, mais vous voyez ce que je veux dire.

Bugs de comportements et autres moments bizarres.

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Pot de départ de Collègue GenerationY. Il paye ses croissants/pains-aux-chocolats/pains-aux-raisins. Je demande : « quelqu’un prendra le dernier pain au raisin ? ». Il répond : « oui, je me l’étais gardé pour moi ». Là, je sais pas ce que fout mon cerveau mais il transforme espièglement les propos entendus en « vas-y, fais-toi plaisir, t’es un mec génial ». Je prends le pain au raisin en toute confiance et mords dedans. Collègue GenerationY s’exclame : « eh, mais je le voulais ! ». Je me confonds en excuses. Lui était là, dégoûté genre : « nan mais voilà quoi. Ouais bah c’est bon. Aaaaiin ». J’ai répété mes excuses. Il a refait son « pfffff… eeêêêêêaaaiiiinnn ».

De toutes façons il était bizarre ce mec. Il parvenait avec brio à bien me faire comprendre qu’il me considérait comme un gros boulet. Face à ce genre de personne, ça ne pardonne pas, mon cerveau panique et me fait me comporter comme un gros boulet encore plus que d’habitude.

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Collèguette Cuisse passe un petit coup d’éponge sur la table de la salle de pause (y’avait eu des croissants, une fois de plus). Je réalise que moi je ne la nettoie pratiquement jamais. Je me dis que c’est pas grave, je me rattraperai la prochaine fois.

À nouveau, je ne sais pas ce que mon cerveau a chié, il s’est mis à stresser en me faisant croire qu’il était possible que les gens se soient aperçus que je ne nettoyais jamais la table, qu’ils commençaient tous à médire sur moi, et que le fait que je regarde Collèguette Cuisse sans rien faire allait ajouter aux médisances.

Après de longues minutes d’un épique combat intérieur (durant lequel Cuisse quasi-termina de nettoyer la table), je décide qu’il est impératif de lutter contre tous risques de médisances, même minimes. Je prends alors une éponge, commence à frotter et demande : « t’as besoin d’un coup de main pour la table ? ». Elle m’a regardé durant un blanc absolu de plusieurs secondes. Elle ne savait pas du tout comment réagir tellement je venais de me comporter de manière buggée. J’ai remballé mon éponge et j’ai fui. Il est fort probable qu’après cela, elle ait généré une certaine quantité de médisances à mon sujet quant à ma boulettitude et mes bugs, soit tout ce que je voulais éviter.

J’ai mis plusieurs mois à me remettre complètement de cette histoire et à réussir à me comporter normalement avec elle, lui parler, etc.

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On devait tracer ce qu’on faisait chaque jour, jusqu’à une précision maximale d’un quart d’heure. Rien que de très normal, ça se fait dans plein de boîtes. Je déteste ça, mais c’est ainsi.

Un matin, j’ai trouvé un cadavre de lapin sur le parking, en décomposition relativement avancée. Je suis allé le jeter avec des gants et un sac en plastique. J’ai noté dans mon relevé journalier : « catégorie:improductif. description:enlever un lapin mort sur le parking. durée:0.25h ». C’était très drôle.

Doom-2-Daisy-Rabbit-Inferno-End-Screen-Feature

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Restons dans le thème de l’hygiène. L’une des activités préférées de Collègue Eurodance (dont j’ai déjà parlé dans d’autres articles) consistait à râler lorsqu’il découvrait des toilettes sales. Et vas-y que je proteste que c’est inadmissible, comme quoi les gens ne font pas ça chez eux alors ils n’ont pas à le faire ici, et blablabla-blabla.

Soyons clair, je suis d’accord avec lui. Mais c’est un combat perdu d’avance. Dans toutes les entreprises, il se trouve systématiquement des connards (ainsi que des connasses mais je ne peux pas le vérifier) qui pourrissent les toilettes. Ensuite, se trouve de pauvres naïfs comme lui qui se mettent à envoyer un mail à l’ensemble du personnel expliquant que CHACUN doit nettoyer son PROPRE CACA.

Ce genre de remarque me stresse, car j’ai toujours peur d’être le fautif, même si je vérifie toujours bien que je n’ai pas laissé de caca. Ça date d’un traumatisme de mon stage de fin d’étude. J’avais fait caca et j’avais nettoyé. Un peu plus tard, le chef y va à son tour. Il ressort instantanément avec un air dégoûté et déboule dans l’open space des ouvriers-stagiaires pour demander qui a fait caca le dernier. Tous les ouvriers me montrent du doigt. Je vais voir, persuadé que y’aurait rien et que c’est le chef qui fabule. Et voilà que je découvre des filaments liquides de caca particulaire ! Impossible de décrire précisément à quoi ça ressemblait. En tout cas, c’était clairement pas sorti de mon trou du cul sous cette (non-)forme. La seule explication possible que j’ai pu trouver à ce maléfice, c’est que mon caca se soit anthropomorphisé, qu’il ait remonté le tuyau à l’aide de ses bras en caca, pour finalement s’échouer, se dé-formifier et s’auto-liquéfier à la surface.

J’ai un rapport compliqué avec le concept du caca. Y’en a qu’ont un rapport compliqué avec la nourriture : ils sont anorexiques, boulimiques, etc. Moi c’est avec le caca. Évidemment tout le monde s’en fout et ce n’est pas un problème reconnu par la médecine.

L’expression ‘propre caca’ employée plus haut est vraiment très drôle, mais elle n’est pas de moi. Rendons à César ce qui appartiens à Je t’encule Thérèse. (http:// www. jetenculetherese.net/trucs-et-astuces/peut-on-ken-sa-collegue-de-bureau/)

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Restons dans le même thème. Un matin, je vais aux toilettes, et pour le coup, c’est moi qui ai râlé. Il y avait pire que des filaments particulaires auto-liquéfiés, pire que des traces pas raclées au fond, pire qu’un petit morceau flottant n’ayant pas voulu partir avec ses amis. C’était carrément la livraison entière de caca qui trônait au milieu du trou du trône. La chiasse avait pas été tirée.

Je prends même pas le temps d’entrer dans le lieu et commence à protester à voix semi-haute. Collègue NinjaScout qui passait par là me demande quelle est le problème. Je lui montre l’objet de mon courroux. Je m’attends à ce qu’il se contente de dire « rhoo, c’est scabreux, les gens sont sales », puis à ce qu’il reparte, me laissant littéralement dans l’excrément. Mais, surprise ! Il pénètre dans le petit coin, tire la chiasse et me répond : « eh bien tu vois, tu prends la petite bro-brosse et tu brosses ». Je réplique : « C’est pas le problème. J’allais le faire. Mais j’ai tenu à protester parce que c’est pas mon caca ». Et là, il prend lui-même la bro-brosse, brosse et repart comme un prince.

J’étais arrivé assez tôt le matin, la boîte était encore assez peu peuplée. Il y a donc de fortes chances pour que ce soit SON trou de balle qui soit à l’origine de cette livraison incongrue. Ça expliquerait pourquoi il a nettoyé alors que je ne lui avais pas explicitement demandé et que je ne cherchais auprès de lui rien de plus qu’une oreille attentive pour catharsiser mes névroses scatologiques.

Ça ne l’a pas plus déstabilisé que ça. Il a nettoyé sans avouer, sans s’excuser. Il a eu la force de ne pas s’effondrer en larme alors que j’avais mis ces méfaits au grand jour. Il me parlait de la bro-brosse comme si c’était un objet aussi banal qu’une souris d’ordinateur. J’ai été fasciné par son attitude. J’aurais tant voulu être comme lui, avoir sa force de caractère, être capable de laisser un bloc de crotte complet à la vue du monde entier, ne pas s’en sentir coupable, ne pas en avoir de souvenirs horribles qui remonteraient dans ma mémoire, tel des golems de caca auto-liquéfiés, s’accrochant aux synapses de mon cerveau, pour finalement se vautrer dans ma conscience avec une putréfiante auto-satisfaction. Je ne suis qu’un faible.

The Golem Entry 4

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Changeons de thème.

Les livraisons effectuées aux Clients impliquaient de fournir le CD du machin livré. (Parfaitement ! Des CD ! C’était pour le petit côté charmant et désuet). Collègue V-Brun devait les envoyer par la poste (désuettitude, quand tu nous tiens), mais a laissé traîner cette tâche pendant plusieurs mois. Cheffette Gothique s’est énervée et a étalé tous les CD sur son bureau.

Il n’a pas compris pourquoi. Ou il a fait semblant de ne pas comprendre.

Sinon, j’aime à mettre une majuscule en gras au mot ‘Client’, afin de souligner l’absurdité du monde du Travail. Cependant, je propose de ne pas faire ça tout le long de l’article, ça deviendrait vite chiant.

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Réunion avec MégaChef Storitel. Par inadvertance, il se gratte un bouton de la gueule et se fait légèrement saigner. Il tamponne discrètement l’hémorragie avec un mouchoir. On fait tous semblant de ne rien voir, comme exigé par les conventions sociales. Ça passe crème. Sauf que 10 minutes plus tard, c’est moi qui m’atomise un bouton tronchial et tamponne avec un mouchoir ! Tout le monde fait à nouveau semblant de ne rien voir, mais l’atmosphère devient extrêmement bizarrifiée. Je me met à m’imaginer que les gens vont s’imaginer que j’ais répété une action de MégaChef par pure mimétisme flagorneur, pour l’amener à penser que je l’admire tellement que je veux être exactement comme lui, jusqu’à la moindre petite cellule de pustule purulente éclatée.

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Tandis que j’envoyais des commandes à un serveur Linux via le petit outil PuTTY, je me suis dit que ce serait classe et distingué de tracer mes actions, par le truchement d’un copié-collé de la console. Je sélectionne le texte, puis fait un clic-droit dans le but d’ouvrir le menu contextuel et d’accéder à l’option ‘copier’. Et là : badaboum nucléaire ! des hecto-brouettées de commandes random s’exécutent à la vitesse de la lumière. Incompréhension, panique, peur. D’autant plus que j’étais root.

La blague avec PuTTY, c’est que dans sa configuration par défaut, la sélection d’un texte déclenche automatiquement l’action ‘copier’, et le clic droit déclenche l’action ‘coller’. Je venais de renvoyer dans la console tout ce que je venais d’exécuter (input et output compris).

Ça m’a un peu énervé. J’ai envoyé un mail au département ‘Synapseries Internes’ pour leur dire que cet outil est bien, mais dangereux. Y’avait l’expression ‘putain de copier-coller’ dans mon mail. J’avais vraiment besoin d’écrire ça.

Réponse du guru des synapseries internes : « Merci Réchèr pour ce récit des plus édifiants. Sinon tu pouvais aussi lire le manuel de PuTTY ».

Eh bien non, désolé. Avec un outil compliqué de prime abord, mais qui devient ensuite pratique et puissant (git, The Gimp, QGis, …), je suis d’accord qu’il faut ‘lire le manuel’, ou à la rigueur, lire des tutos sur internet. Mais avec un outil qui semble simple de prime abord, excusez-moi de ne pas m’imaginer que je doive obligatoirement lire le manuel afin d’être au courant des éventuels pièges qu’il comporte. J’ai pas lu le manuel de Paint ni celui de mon slip kangourou, pour autant ces deux outils ne m’ont pas arbitrairement explosé à la gueule.

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Toutes les discussions sans fin sur l’ergonomie des outils, le placement des boutons, les icônes, etc. Ainsi que toutes les discussions sans fin sur les plaquettes de présentation des produits, les phrases-choc, la couleur du fond, la taille du texte, …

C’est incroyable le nombre de gens qui tiennent absolument à faire part de leur opinion sur ces sujets, tout en précisant bien qu’ils ne sont ni graphistes ni ergonomes. Je fais partie des gens qui n’y connaissent rien, mais j’ai la décence de ne pas péter les gonades de tout le monde avec mes avis pourris. Je ferme ma gueule et exécute docilement les élucubrations graphistico-ergonomiques passant par le trou du cul de tous ces tocards incultes et pompeux.

En tant que développeur, je me plains parfois des échanges avec les clients, comme quoi ils n’y comprennent rien, demandent n’importe quoi, ne savent pas ce qu’ils veulent, etc. Mais sur ce point, je reconnais que les graphistes doivent en chier beaucoup plus. La fameuse phrase « c’est moche », les graphistes doivent avoir envie de tronçonner des artères dès qu’ils l’entendent.

Et ces plaquettes ! Bon sang, ces plaquettes ! Que de papier et d’encre gaspillés ! Que de temps de vie foulé au pieds ! Tandis qu’à côté croupissait notre site internet boîtal officiel. Il avait 10 ans de retard, il a fallu attendre 5 ans pour se décider à les rattraper. (Faites le calcul, il n’a maintenant plus que 5 ans de retard, mais c’est pas les mêmes années qu’avant).

Fuck ergonomy !!

Fuck ergonomy !!

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Collèguette Cuisse n’avait pas toujours son téléphone mobile avec elle. Lorsqu’il sonnait, moi et d’autres collègues étions dérangés par Kendji Chirac (le fils de Jacques Chirac) et ses histoires de belle Andalouse. C’était un peu la lose.

Je suis allé sur Youtube et j’ai fait jouer la même chanson. Collèguette Cuisse a débarqué croyant que son téléphone sonnait. C’était très drôle.

(Bien entendu, j’ai fait ça plus d’une année après la désastreuse histoire de la table).

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Le projet où je me suis le plus éclaté, c’était un logiciel d’automatisation de relevés karmagraphiques de populations d’acariens. Un truc génial :

  • Des scientifiques fous pour clients, qui m’ont fait miroiter leur joli petit monde tout rose que j’aimerais tant atteindre.
  • Un contexte métier complètement différent des autres projets.
  • Une liberté totale pour l’architecture et le développement du bastringue (Collègue Drache-Code, dont je parlerai plus tard, intervenait uniquement en tant que lointain conseiller CTO).
  • Un potentiel de truandage non négligeable, du fait de l’affectation de Collègue Nounours à la fonction de Planificateur. Je lui disais que telle fonctionnalité prendrait 3 jours à coder, il sourcillait pas d’un poil. Mais comme il était vraiment sympa, je ne lui ai pas grappillé tant de temps de glande que ça.

Vint la démonstration d’une version intermédiaire du logiciel. Ça ne se passait pas très bien, il y avait des plantages aléatoires à cause du middleware mantrique de merde qu’on avait coutume d’utiliser.

C’est dans cette atmosphère tendue qu’est évoqué le sujet du code source, qui faisait partie des Livrables. Les scientifiques fous n’arrivaient pas à le compiler (à cause de leur Visual Studio installé à l’arrache, of course). Collègue Nounours leur dit : « le code source, on vous le donne, il est là ». Le client répond : « mais si ça se trouve, vous nous avez envoyé des vidéos… », il n’a pas osé finir sa phrase. Nounours a alors énoncé, sur un ton exagérément mielleux : « Vous n’êtes pas obligé de nous insulter. Pour qui nous prenez-vous exactement ? ». On sentait qu’il bouillait de l’intérieur. J’étais au milieu de tout ça et j’en menais vraiment pas large.

Quelques heures plus tard, j’ai consulté les logs, trouvé le problème et adapté le code au middleware mantrique pourri, qui avait, of course, été installé à l’arrache par les scientifiques fous.

Mad_scientist

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Pause de midi. Collègue Générique nous parle d’un service de location de vaisselle. Collègue Autre-générique demande : « on la rend propre ou sale ? ». Collèguette Hîhîhî, qui n’avait pas décroché un mot depuis le début du repas, répond du tac-au-tac : « sale !! ». Ça a créé un blanc de conversation pachydermique ! J’ai tenté de débizarrifier la situation en sortant une remarque neutre et inutile, sauf que je n’ai pas été assez rapide, Chef Chouchou m’a coupé la parole et a dit « Je sais ! » sur le ton de je-fais-comme-si-j-etais-Collèguette-Hîhîhî.

C’est un peu compliqué à expliquer (comme quoi, c’était vraiment un moment bizarre). Chef Chouchou a fait la blague de faire croire que Collèguette Hîhîhî répondait comme si c’était une question d’examen ou de jeu télévisé ou autre. C’était techniquement possible de jouer à faire croire ça parce qu’elle a répondu très vite, n’avait rien dit auparavant et n’a rien dit non plus auparaprès.

Chef Chouchou a dû se considérer très spirituel, mais moi je trouve ça pas drôle et carrément impoli. Sa fausse blague jouait sur les blancs de conversation et le mutisme temporaire, deux problèmes qui m’ont toujours épouvanté. Quand il y a des conversations autour de moi et que je n’ai rien à dire, je flippe ma race car je suis toujours en train de me dire que les autres sont en train de se dire que si je n’ai rien à dire c’est parce que je ne suis qu’un gamin qui connaît rien à la vie.

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Un jour que la météo avait annoncé du beau pour le vendredi suivant, on avait décidé de se lancer tous ensemble dans le projet d’une plancha hyper conviviale. Collèguette Hîhîhî (encore elle) nous avait élaboré l’inévitable fichier Excel pour déterminer les personnes apportant, qui une entrée, qui de la viande, qui des bouteilles de piache, etc.

Disgression : « qui, sa part de bouchée à la reine » (extrait de ‘Les damnés de la Terre Associé’, Tronchet) (http:// www. bedetheque.com/serie-3592-BD-Damnes-de-la-terre-associes.html).

Or donc, ce tableau Excel était assez mal branlé. Il comportait 5 fois trop de cases qu’on était censés remplir en diagonale. Durant la pause, plusieurs collègues en discutèrent en sa présence, se moquant gentiment d’elle. Moi j’étais déjà reparti pour faire du Travail. On m’a raconté par la suite qu’elle s’était énervée et était partie en balançant « vous me faites chier avec ce tableau, zut et fuck ! ».

C’était un moment bizarre dans lequel je n’étais nullement impliqué et qui n’était pas du tout de ma faute. C’est extrêmement rare. Je regrette un peu de ne pas y avoir assisté.

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J’ai travaillé dans une équipe avec 4 autres personnes, que nous appellerons sobrement A, B, C et D. La phrase suivante est vraie pour tout couple (X, Y) appartenant à (A, B, C, D)² avec X différent de Y :

« J’ai entendu X déblatérer sur Y. »

J’ai personnellement dit du mal de certains collègues A, B, C ou D, auprès d’autres collègues A, B, C ou D, mais je n’ai pas effectué toutes les combinaisons possibles.

Soit je suis quelqu’un de socialement très doué, qui est parvenu à devenir le confident secret de toute l’équipe, soit tout le monde déblatairait intégralement sur tout le monde. La deuxième option me semble la plus probable. J’en conclus aisément que X a déblatéré sur moi auprès de Y, pour tout (X, Y) appartenant à (A, B, C, D)².

Alice dit à Bob que Carol est une grosse nulle et Dave écoute cela avec délectation.

Alice dit à Bob que Carol est une grosse nulle, Dave écoute avec délectation.

Collègue Eurod’

Je vais vous présenter l’étrange capacité de ce monsieur à tordre et mélanger la langue française de façon à la rendre imprécise.

Le parler Eurod’

Vous avez peut-être eu vent du « parler moche » (https:// web. archive.org/web/20150329122000/http: //www. dicomoche.net/intro1.htm).

Eh bien ce n’est pas ce que fait Eurod’.

Les ‘parleurs moche’ me semblent agir de manière plus ou moins consciente. Leur utilisation de mots inhabituels, voire carrément inventés, à la place de mots habituels est voulue. Le but étant de provoquer l’illusion qu’ils maîtrisent profondément la langue française, à tel point qu’ils connaissent la subtile différence de sens entre tel mot inhabituel et tel mot habituel. Ils seraient ainsi capable, hypothétiquement, de justifier leur emploi de chacun de ces mots inhabituels.

Eurod’ est beaucoup plus idiosyncratique dans son parler personnel (même si ça veut rien dire). Eurod’ agit de manière plus ou moins INCONSCIENTE. Il est intimement persuadé de l’existence des mots et expressions qu’il a lui-même inventés sans s’en apercevoir. Il ne réalise pas qu’il est le seul homme au monde à s’en servir. Comment en est-il arrivé à ce méta-état de spiritualité sémantique auto-alimentante ? Je l’ignore.

Il remplace certains mots par d’autre. C’est un fait. Mais la méthode choisie pour ces remplacements est des plus obscures. Parfois c’est juste des sonorités voisines, parfois c’est le sens qui a un très vague rapport. Ce vocabulaire unique provoque un effet d’une sincérité poétique des plus déroutantes.

Les propos d’Eurod’ sont comme les paroles des chanteurs spécialisés dans l’étrangeté assumée (Noir Désir, Thiéfaine, Luke, …), ces paroles qui donnent l’impression d’osciller en permanence entre du n’importe quoi aléatoire et un profond sens caché impossible à atteindre.

Les propos d’Eurod sont comme les adorables petites perles des enfants découvrant le langage : ‘pique-mémé’ au lieu de ‘pique-niquer’, ‘jour fermier’ au lieu de ‘jour férié’, ‘le jus du pain’, ‘des épluchures de yaourt’, …

Les perles de nos enfants ?

Les perles de nos enfants ?

Eurod’ est une sorte d’anti-Raymond Devos. Ce dernier distillait le langage d’une façon experte pour en extraire toute la poésie. Ce premier essore le langage d’une façon terriblement non maîtrisée, avec un tel aplomb que l’anti-poésie qui en découle pénètre dans les plus bas-fonds de la notion même d’en type au hésies pour devenir de l'((anti)ᵃⁿᵗ ⁱ )-poésie, ce qui finit par sublimer la poésie. Raymond Devos devient le vide.

Ce sont là les meilleures explications théoriques du parler Eurod’ que je puisse vous donner. Je vous propose maintenant de les illustrer par :

Quelques exemples

 

« Ce bloc de code est rustre-syntaxique »

Mélange de ‘sucre syntaxique’ et de la tournure grammaticale où on accole un nom avec un adjectif pour faire un autre adjectif (exemple : Turing-équivalent, W3C-compliant, …). Signification eurodienne : ce bloc de code n’est pas très explicite ni très clair, les actions qu’il réalise sont difficiles à appréhender.

 

« Redondance cyclique »

Signification eurodienne : situation dans laquelle un module A dépend d’un module B alors que le module B dépend déjà de A (c’est mal, faut pas le faire, mais c’est pas le sujet). Le terme correct est ‘dépendance circulaire’. La redondance cyclique est une notion appartenant au domaine de la cryptographie. Le peu que j’en sais me vient de Wikipédia, mais me permet au moins de vous assurer que ça n’a rien à voir avec des histoires de dépendances.

 

« Ce programme est un polycode »

Mélange de ‘unicode’ et de ‘code informatique’. Signification eurodienne : le programme est capable de gérer des fichiers texte ayant n’importe quel encodage de caractère.

De manière générale, Eurod’ aimait bien ajouter ‘mono’ et ‘poly’ un peu partout : « On a mono-standardisé les éléments de l’IHM », « c’est un poly-module », « le framework Mono est très poli », …

 

« Des expériences utilisateurs »

Vague rapport avec le terme ‘expérience utilisateur’, signifiant la façon dont un utilisateur appréhende une IHM. (Pour le coup, ce terme fait partie du parler moche). Signification eurodienne : les retours et les avis des clients à qui une démonstration d’un logiciel a été faite.

 

« C’est un be-have-your »

Prononciation commune avec le mot anglais ‘behavior’, bien que le sens n’ait rien à voir. Signification eurodienne : c’est un must-have, il faut l’implémenter obligatoirement car les clients le veulent à fond.

 

« C’est pas revenant »

Mélange de l’adjectif anglais ‘relevant’ et du ‘prix de revient’. Signification eurodienne : cela ne coûte pas trop cher.

Je me souviens d’une fois où il a sorti cette phrase au moins 10 fois en 5 minutes. Il venait d’inventer l’expression dans sa tête, il la trouvait géniale et tenait absolument à nous la marteler pour faire comme si c’était quelque chose qui existait pour de vrai depuis des millions d’années dans la langue française de la bouche.

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Autres subtilités en vrac

Eurod’ était friand des expressions effectuant une analogie entre concepts virtuels et objets réels, tel que ‘surfer sur internet’, mais en pire. Exemples :

  • « Il y aura un effet Doppler dans les mises à jour le temps de changer de serveur ».
  • « Chaque module de code est placé dans une cage de Faraday isolée des autres ».
  • « L’historisation en base de données permet de respecter la loi de conservation de l’information ».

Le but est de donner l’impression que chacune de ces analogies a été mûrement réfléchie et que s’il l’emploie, c’est qu’il en a bien pesé tous les aspects. Si nous on n’a pas tout saisi, c’est parce qu’on ne connait pas assez l’informatique, ou qu’on est pas assez intelligent.

Il y a des gens qui utilisent l’expression ‘entre guillemets’ pour marquer le fait qu’ils mettent quelque chose ‘ »‘entre guillemets' »‘. D’autres qui disent ‘point final’ pour insister sur un point final.. Eurod’ doit être la seule personne au monde à dire ‘deux points’ pour insister sur des deux points. Par exemple : « Eurod’ aime prononcer certains signes de ponctuation. Par exemple, deux points, les deux points ».

Eurod’ était également assez bon en vocabulaire d’enfumage de client :

  • « On a changé de paradigme ».
  • « L’application a été certifiée » (elle a juste été testée en interne, il n’y a aucune certification, ni pour cette appli ni pour d’autres).
  • « On est en train de traduire en anglais toute notre gamme de produits ».

Je vous passe les grands classiques déjà usités et validés par maintes autres personnes : ‘en termes de’, ‘sublissime’, ‘littéralement’, ‘volumétrie’ au lieu de ‘volume’, ‘méthodologie’ au lieu de ‘méthode’, ‘problématique’ au lieu de ‘problème’, etc.

Il codait pas trop mal, mais ses noms de variables étaient bien évidemment d’un ridicule achevé. ‘Treat’ pour dire ‘traiter’ (même en français, ce verbe est moche), ‘Perfectize’, ‘DechetOfFiltering’, … Le clou, ç’a été la variable indiquant si oui ou non un objet comportait la gestion du temps : ‘hasTimeGesture’. Ouais, ‘Gesture’ ça veut dire ‘Gestion’. Ouais.

Tu peux nous rappeler la définition de kawax, Liliane ?

Tu peux nous rappeler la définition de kawax, Liliane ?

Et quand il lisait un texte un peu long, il faisait ces petits bruits de ronronnement : « naiin-aiinhaaaiinn-haiin-haiin » (faudrait que je le refasse à la voix, là comme ça on se rend pas compte). Ça donnait l’impression qu’il avait vraiment besoin de toutes les particules de son cerveau concentrées à fond pour parvenir à lire tous ces mots si tellement plein de lettres.

À ce sujet, j’ai toutefois connu pire. Germaine-Germaine, mon ex-cheffe, lisait à voix haute en prononçant des phrases n’ayant pas exactement le même sens que ce qui était écrit, et parfois même, le sens totalement opposé. C’était assez flippant. On ne savait pas si elle avait compris la phrase du texte, mais qu’elle en disait une autre car sa prononciation à voix haute était défectueuse, ou si elle avait compris la phrase prononcée, et que c’était le module de cerveau servant à la comprenance qui était défectueux.

Oh, j’allais oublier. Une fois, Eurod’ a essayé de conjuguer le verbe ‘avoir’ au passé surcomposé. Ça lui a fait peur et il s’est arrêté en plein milieu de sa phrase pour finalement décider de le conjuguer au passé composé. Ben oui, ‘avoir’ au passé surcomposé, ça fait ‘j’ai eu eu’. Pour son système vocabulatoire, ça devait certainement créer une faille temporelle incompréhensible capable de l’engloutir tout entier. En tout cas, moi, ça m’avait trop fait goleri de le voir apeuré de la sorte.

L'anti-Ramyond Devos.

L’anti-Raymond Devos.

To be continued

J’ai encore plein de choses à dire, des chefs et des collègues à décrire, des cris à écrire. Je vous donne rendez-vous au prochain article.

Tondre un yak

Qu’est-ce donc que cela ?

En voici un exemple :

Il y a deux mois, j’ai voulu retirer des bitcoins pour faire des dons, ce qui a provoqué les problèmes que vous connaissez. J’ai alors créé mon propre service personnel de monétisation de liens (et plop). Ce service est hébergé sur pythonanywhere, lieu où officie également mon expressionotron. Cet ancien projet m’est revenu à l’esprit. Je me suis rappelé que j’avais promis une seconde version avec un panel de phrases élargi dans le cas où j’aurais suffisamment de followers sur le compte twitter associé. Je suis allé vérifier et il se trouve que j’ai récemment gagné le surcroît nécessaire à cette mise à jour. Youpi. Donc là je suis en train de bosser sur l’expressionotron, alors que l’action de départ consistait simplement à transférer des sous.

Et c’est pas fini, parce que pendant que je me penchais d’arrache-pied sur cet expressionotron, je me suis pris la tête avec la notion de package en python, et je me suis dit que ça mériterait un petit article ici ou sur le blog de Sam et Max, article auquel je m’attellerais ultérieurement, voire plus tard.

C’est ça la tonte de yak. On veut faire un tout petit truc au départ, censé prendre « juste 2 minutes ». Mais on s’aperçoit qu’il faut faire un autre petit truc avant, au sujet duquel on s’aperçoit qu’il faut faire un autre-autre truc avant, et ainsi de suite. On finit par devoir réaliser un truc pharaonique n’ayant aucun rapport avec le truc initial, et en général, ce truc, c’est tondre un yak.

La vie est faite d’enchaînement de ce genre. Mais j’ai l’impression que les activités liées à l’informatique sont encore plus sujettes à ça. Ça mériterait une réflexion plus approfondie, dans laquelle je ne me lancerais pas, sinon c’est pas un yak que je vais tondre, mais le troupeau entier.

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J’ai découvert ce concept dans un commentaire de commitStrip (http:// www. commitstrip.com/fr/2013/09/24/yen-a-pour-2-minutes/?setLocale=1).

Son origine se trouve (à priori) ici (http:// projects.csail.mit.edu/gsb/old-archive/gsb-archive/gsb2000-02-11.html).

Bien évidemment, ça émane de gens n’ayant rien d’autre à foutre que de disserter sur la façon dont on peut perdre du temps, ce qui est en soi une perte de temps, ha ha ha, so meta. Ces gens sont des chercheurs du MIT. Moi aussi je suis chercheur, un chercheur tellement meta que j’en suis encore à chercher mon domaine de recherche.

À côté de ça, voilà presque 4 mois que j’ai changé de crémerie, j’ai promis un article à ce sujet que je n’ai toujours pas commencé. Mais tout va bien, c’est pas de la procrastination, puisque je fais quand même des trucs !! (C’est juste pas les bons trucs).

Allez, je me remet dans le code de ce génial expressionotron.

Je vous laisse avec une femme exerçant le métier de cowgirl. C’est plus simple que d’être informaticien-ne, car les vaches ont moins besoin d’être tondues que les yaks.

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coinURL mmmppfffeeeuaarrgh

Salut les mononationaux, binationaux et tous les autres.

Comme promis, voici les détails de mes déboires avec mes dons en bitcoins, coinUrl, et autres.

(Tiens c’est marrant, ça fait deux phrases de suites qui se terminent par « autres », ah et du coup en voilà une troisième, ah non finalement y’en a que deux. Waahahhaawwwaaahhahaaaarrggl. Désolé.)

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Le fonctionnement de coinUrl

Comme déjà expliqué, il s’agit d’un service de publicitisation de lien internet. Je m’en sers sur ce blog, ce qui me permet de gagner quelques miettes de bitcoins.

Petit rappel : vous pouvez éviter cette pub si vous le souhaitez. Il faut faire l’effort de suivre manuellement les url directes, celles-ci sont à la suite des liens à pub ou dans le premier commentaire de chaque article.

Mon profil sur coinUrl affiche un compte en bitcoin, que je vois augmenter au fur et à mesure que vos cerveaux cliquent sur les liens. Ce compte n’est rien de plus qu’une valeur dans une base de données, il ne correspond pas à une véritable adresse bitcoin avec l’argent dessus. (Bien entendu, les gens de chez coinUrl ne sont pas complètement stupides, et possèdent en interne le flouze correspondant).

Lorsque je veux retirer des bitcoins, je leur indique l’une de mes adresses. Le compte coinUrl est immédiatement diminué de la somme demandée. Le transfert réel ne se fait pas immédiatement, mais il apparaît dans une liste en attente. L’aide du site précise qu’il est effectué dans les 24 ou 48 heures. À noter que j’avais oublié l’existence de ce délai.

 

Ce que je voulais faire

La moitié de mes recettes publicitaires partent à des organismes divers faisant le bien dans le monde mondial. C’est pourquoi, je voulais donner un centime de bitcoin à l’Electronic Frontier Foundation (EFF), ce qui correspondait, heureuse coïncidence, à la somme que je possédais dans mon compte coinUrl.

Je me suis dit que je ferais ce don sans passer par l’une de mes adresses. Une transaction de moins, donc des coûts en moins, c’est toujours bon à prendre. Il me fallait donc retirer ce fameux centime en indiquant directement une adresse de l’EFF.

 

Là où ça merde

Contrairement à la plupart des organismes, l’EFF n’a pas d’adresse bitcoin permanente. Un bouton sur leur site permet d’en obtenir une temporaire. Passé un quart d’heure, cette adresse n’est plus valide et tout ce qu’on y envoie se perd dans les limbes. (Plus exactement, ça atterrit chez l’entité tierce gèrant ces adresses temporaires, à savoir BitPay, on en reparlera plus tard).

Vous avez deviné la bourdasse : je génère une adresse temporaire chez l’EFF et fait une demande de retrait à coinURL. Ce n’est qu’après que je (re)découvre que les retraits ne sont pas instantanés. Fail !!

Je fais alors une demande de support auprès de coinURL, leur expliquant tout ce bastringue, et leur demandant d’annuler mon retrait. Je prie pour qu’ils consultent leurs messages de supports avant leur liste de retraits. J’attends avec patience et inquiétude.

 

Là où ça mega-merde

Quelques jours plus tard, je m’aperçois que je suis banni de coinURL, sans explications ni tambours ni trompettes.

Pan ! Banni le bagnard !

Pan ! Banni le bagnard !

Plus aucun de mes liens ne fonctionnent et je ne peux plus me connecter à mon compte. Mon cerveau tourne dans tous les sens pour trouver des raisons possibles : ma demande de support ? le fait que je mette le lien direct à côté de chaque lien à pub, ce qui peut être apparenté à un leak de leur base de données ? autre chose ?

Je leur envoie un mail. Quelques heures plus tard, j’ai une réponse heureuse, quoiqu’un peu laconique :

« Unbanned. Your site has been banned automatically for using cheat/autoserf/bot traffic. Please, check your traffic sources. »

WTF ? J’utilise pas de bots pour générer des clics sur mes liens. Soit c’est quelqu’un qui me fait une farce, ce dont je doute parce que, soyons réaliste, je n’intéresse pas grand monde sur l’internet. Soit c’est coinURL qui a subi une attaque massive sur tous ses liens, et dans ce cas fallait se protéger globalement plutôt que de bannir des comptes au hasard.

Mais mes liens remarchent, c’est le principal.

 

Là où ça continue de merder

5 jours plus tard, toujours aucune réponse à ma demande de support, mais la transaction s’effectue ! Mon centime de bitcoin part donc dans les limbes d’une adresse temporaire. Zut, flûte, saperlipopette. Et au passage :  48 heures = 5 jours chez coinURL.

À ce stade, j’avais perdu tout espoir et me préparais à considérer que le don à l’EFF avait été effectué, même si c’était pas vrai. Après tout, c’est aussi de leur faute à ces andouilles, tout ça ne serait pas arrivé s’ils avaient une adresse permanente comme tout le monde. Alors oui, c’est moins bien, parce que tout le monde voit tout l’argent qu’ils reçoivent, mais l’EFF, c’est pas un organisme qui serait censé prôner un minimum la transparence ? Hein ? Haha. Hein ? Non mais ho ! Alors ? Hein ? Hein ? Hein ?

 

Happy end

Histoire de pouvoir dire que j’ais tout essayé pour récupérer mon pognon et finaliser le don, je décide de contacter BitPay. Ils ont un mail de support, sur lequel on peut signaler des engloutissements dans leurs limbes internes. Cependant, il est bien précisé que pour les remboursements, leur politique de sécurité les oblige à rendre les bitcoins à l’adresse d’origine. En gros, même si ils acceptaient de m’aider, ils refileraient le fric à coinUrl et refuseraient de le mettre sur une de mes adresses personnelles ou même de le transmettre à l’EFF.

Je fais un petit mail à BitPay, récapitulant l’ensemble de mes déconfiturades. Vu les non-réponses de coinUrl, je ne m’attends pas à mieux de leur part et commence à rédiger un article de blog de râlage général sur les services créés autour des bitcoins, comme quoi c’est mal foutu, c’est de la daubasse et au moindre truc qui pète y’a plus personne.

Et là suprise, une réponse arrive ! Un gentil monsieur me dit qu’il a bien localisé ma transaction et qu’il est prêt à reverser mon précieux centime sur une adresse de mon choix. Je leur en donne une, et hop ! ka-tching ka-tching ! Les sous tombent dessus. En deux jours à peine, c’était réglé. Ça aurait même pu prendre moins de temps si j’avais été plus réactif pour leur répondre.

happy_end3

Je peux enfin claquer mon pognon. Si c’est pas malheureux de devoir faire autant de pieds et de mains rien que pour pouvoir * donner * du * fric.

Pour la peine, j’ai donné seulement 0.004781 bitcoins à l’EFF (0.005 – 0.000219 de coût de transaction) (https:// blockchain.info/tx/317a352332f97265acf9712a3e89db23266878b3e8fc3d02b766b3465f24c30e).

Le reste va à la Quadrature du Net (0.00491 – 0.000309 de coût de transaction) (https:// blockchain.info/tx/c12c44f73accd064eb0b7d69402a60979f7f9e49bd5407dcc1ed53edfac7b181).

Ajout de dernière minute : je ne suis pas sûr que l’argent destiné à l’EFF aboutisse. Le montant minimal d’un don est de 5 dollars. BitPay l’a converti en approximativement 0.012 bitcoins à payer. Or, j’ai envoyé une somme inférieure. Il est possible que BitPay considère que le paiement soit incomplet et décide de garder le tout. QU’ILS SE DÉMERDENT ENTRE EUX ! Je considère que le don a été fait.

 

Épilogue

J’en ai un peu assez de coinUrl. Je ne leur en veux pas spécialement, mais j’estime qu’ils ne sont pas assez fiables par rapport à mes exigences de dans mon cerveau. Je souhaite un service qui privilégie le côté souple, pratique et non-prise de tête, même si ça n’en fait pas le meilleur service existant pour la quantité d’argent gagné.

Une absence de réponse à une demande de support, des délais de retrait non négligeable et le risque de se faire bannir sans raisons, ce n’est pas pratique.

Je vais donc tenter de créer mon propre service personnel de lien avec intermédiaire publicitaire, en me greffant à des sites de pub existant comme CoinAd ou Bee-ads. Ça marchera ou pas, on verra bien.

En attendant, et puisque je pense que les créateurs amateurs comme moi méritent des encouragements, j’ai décidé d’encourager une top-model amatrice, qui met des photos d’elle sur internet. Le bonjour, donc, à Tweety Is Tumbln.

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Ouais et sinon j’ai promis que je vous parlerai de mon compte github, de Kingdom Rush Frontiers et d’un changeage de crémerie. J’ai pas oublié, non non. C’est juste que toutes ces histoires, « ça décale tout », comme disait mon vieux maître de stage désespéré de me voir glander en continu tel de la gélatine neutrino-gluonique.

 

Le don de la bisannée (en bitcoins)

Pré-message : j’ai été momentanément banni du site coinURL aujourd’hui. J’ai eu l’explication, mais elle est fumeuse. Je vous détaillerai ça dans un prochain article. En attendant, je vous mets cet article, que j’avais préparé depuis quelques jours.

Bonjour tout le monde, bonne année et bonne bisannée. Je vous aime. Tralala.

Les professeurs Sam et Max, éminents blogologues et orgasmologues, ont instauré le rituel du « don du mois » (http:// sametmax.com/tag/don/).

De mon côté, j’ai expliqué dans cette page que je transmettrai à des bonnes œuvres diverses la moitié de mes gains obtenus par le site coinURL (redirection de lien avec intermède publicitaire, le tout en bitcoin).

Le total de ces gains augmente lentement mais sûrement, et a récemment atteint le seuil stratosphérique de 0.04 bitcoins.

planète Terre avec une pile géante de billets de dollars

J’en avais déjà donné 0.005 (moins les frais de transaction) au site archive.org.

J’ai donc encore une dette de 0.015 bitcoins envers la caritativitude mondiale (0.04/2 – 0.005). J’ai laissé traîner cette dette pour deux raisons :

  • Je suis un vilain et me sépare difficilement de mes brouzoufs.
  • Je voulais supprimer, au moins momentanément, la publicité que WordPress ajoute à mon blog. Il me fallait donc attendre d’avoir une somme suffisamment conséquente pour acheter l’option Premium.

Concernant la première raison, j’ai ravalé ma radinerie. Concernant la deuxième, j’ai ravalé mes prétentions. En effet, l’option Premium pour une année coûtait 0.042 bitcoins, or coinURL m’en fait gagner environ 0.01 tous les deux ans. Ça vaut pas trop le coup de dilapider ainsi ce pognon si durement gagné.

De plus, il semblerait que les achats chez WordPress ne soient plus faisables en bitcoins (http:// www. coindesk.com/wordpress-removes-bitcoin-payment-option/).

On oublie donc cette histoire de Premium. Ami lecteur, accepte mes excuses, mais tu vas devoir continuer de supporter la publicité de WordPress.

En contrepartie, tu auras la satisfaction de me voir participer à des dons honorifiants et chevaleresques, que je viens de faire et que je liste ici :

  • DOSBox, des gens biens qui ont codé un émulateur MS-DOS. Je l’ai pas encore testé, mais ils méritent quand même mon argent. Les jeux MS-DOS, c’est tout simplement l’histoire de mon enfance. Tchi-tching (https:// blockchain.info/tx/759345d58def5f77403c26d78319d5c802ff9a3c89122ee37a9279046523093b).
  • Je voulais faire un don d’environ un centime de bitcoin à l’Electronic Frountier Fondation, mais je ne suis pas sûr qu’il va fonctionner. Dans tous les cas je considère qu’il a été fait, car si ça foire ce sera pas de ma faute. J’expliquerais ça en détail dans mon prochain article.
biggest-pc-games-collection-big-box-anne-bras gigantesque étagères avec plein de boîte de jeux MS-DOS

Lucius Malefoy et sa collection de boîtes de jeux MS-DOS.

Maintenant tout va bien, je n’ai plus de dettes. Je n’ai plus non plus de bitcoins sur mon compte coinURL, mais on peut pas avoir le beurre dans les épinards et l’argent du beurre dans le cul de la crémière.

Je vous dis à dans deux ans peut-être, pour un nouveau don bisannuel orgasmosphérique de 0.005 bitcoins !!

Beauti-Breast-of-Paris vieille publicité pour augmenter la taille des seins

Dans mon blog, il y a des photos de seins et de la publicité.

Et pan, banni.

J’ai été banni de coinURL. Il y a eu un petit souci que je ne comprends pas encore très bien.

Je suis en train d’essayer de les contacter pour leur demander pourquoi. En attendant, les liens à pub ne fonctionnent plus. Je suis vraiment désolé.

Heureusement que je mettais à chaque fois le lien direct. Pour suivre un lien, il faut manuellement copier-coller l’URL direct, en enlevant les espaces que j’ai mis dedans.

Sinon, bonne année quand même.

Tiens on va changer de thème visuel

Ouais coucou. Donc changement de thème.

On reste dans le sombre et le noir, afin de conserver mon style personnel sombre et noir. De plus, ça contribue à préserver les ressources de la planète, car ça diminue la consommation des écrans.

Les textes sont maintenant un peu plus gros. Ça fera plaisir aux vieux, toujours en train de se plaindre que tout est écrit trop petit.

La police de caractère reste simple, sobre et surtout sans empattements. J’ai jamais pu supporter ces putes de police de caractères à empattements. Elles sont complètement illisibles et c’est un vestige idiot des anciennes méthodes d’écriture. Eh les gens, Jules César vient d’appeler, il voudrait récupérer ses tablettes en marbre !

Il y a juste deux petits bémols à ce nouveau thème :

  • La trop grande ressemblance entre un lien et un simple texte souligné. Mais on s’en fout, j’ai pas tant souligné de texte que ça.
  • Les titres de niveau 1 qui ne sont plus aussi gros et flashy qu’avant. C’est bête, j’avais joué là-dessus dans mes premiers articles pour faire n’importe quoi. Faudra que je les reprenne. On verra ça plus tard.

L’omniprésence d’orange n’est plus. En même temps, d’où aurait-on un besoin inassouavable de cette couleur ?

Pour fêter ce coup de polish (ce n’est pas un gnon polonais, c’est un polissage), l’image érotique du jour sera en noir et blanc.

adipositivity

Ça m’a toujours fait beaucoup rire les gens qui prennent des photos en noir et blanc pour pouvoir dire : « Ouiiii, c’est mieux sur certaines imaaaaages. On ressent beaucoup plus intensément la bellitude de la visualitude, tu voaaaaaaas ! ». Eh ! Louis Daguerre vient d’appeler, et … bon, oubliez ça.

À part ça, je vous avais récemment parlé d’une quête annexe dans le monde réel. Sachez que je l’ai complétée avec succès ! Sauf que je ne peux toujours pas vous en parler, car pour l’instant je ne sais pas quoi faire de l’objet de quête obtenu. On verra plus tard, ou pas. Dans tous les cas, je n’ai plus besoin de mettre ce blog en pause dans le cadre de cette quête. Youpi !!!

Special quest for this level !!

Special quest for this level ! (c’est déjà écrit dans l’image, mais il le faut en texte pour accrocher les recherches).